Il existe deux phénomènes très intéressants qui ne sont pas directement en rapport avec le bicaméralisme, mais qui toutefois relèvent de la même mise en perspective.
En effet, ce qui est en jeu, ce sont les modalités du fonctionnement du cerveau humain.
Le premier phénomène est l’aphantasie ; il a été conceptualisé en 2015 par le neurologue britannique Adam Zeman.
Le principe est le suivant.
Chez la majorité des gens, penser fait apparaître des images mentales.
Quand on pense à une banane, on voit une banane en image dans son esprit.
Quand on se rappelle une personne, un lieu ou une situation, on voit quelque chose dans son esprit, un peu comme une image ou une scène intérieure.
Chez les personnes aphantasiques, ce mécanisme n’existe pas. Aucune image n’apparaît dans leur esprit.
Elles savent de quoi il s’agit, elles le conceptualisent, sans pour autant le visualiser.
Elles représentent vraisemblablement 2-3 % de la population, avec autour de 1 % d’aphantasiques complets.
C’est là un phénomène notable ; il n’est connu que depuis récemment et, dans les faits, en raison du manque d’information à ce sujet, les aphantasiques ne savent pas qu’ils le sont !
Le second phénomène consiste en les neurones miroirs.
Leur existence a été découverte par le neurologue italien Giacomo Rizzolatti et son équipe au début des années 1990.
Malheureusement, c’est lié à l’expérimentation animale, ce cauchemar.
Il a été constaté que, chez les singes, des neurones s’activent quand l’animal fait une action mais aussi quand il voit quelqu’un d’autre la faire.
Naturellement, du point de vue matérialiste dialectique, il n’y a absolument nulle surprise à ce que l’esprit fonctionne tel un miroir.
Depuis, il a été constaté que les neurones miroirs sont bien sûr présents chez l’être humain.
Et si nombre d’études ont été faites, elles n’ont jamais abouti à des résultats révolutionnaires.
Ce qui indique bien que la vision bourgeoise des choses a fait son temps.
Des découvertes sont faites grâce aux moyens techniques, mais la vision du monde obscurcit l’horizon.
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La dialectique du cerveau: le bicaméralisme de Julian Jaynes