Afghanistan: Lutte anti-impérialiste dans une néo-colonie soviétique (1980)

[Le MARXISTE-LENINISTE n°39 -février mars 1980- Journal Maoïste de l’UCFML]

L’HISTOIRE DE LA CONSTITUTION DE L’AFGHANISTAN.

L’Afghanistan est un vaste pays (un peu plus étendu que la France), peuplé d’environ 16 millions d’habitants.

Il y a près de 2 millions de nomades, 2 millions d’Afghans vivent à l’étranger (en Iran, au Pakistan et dans des pays arabes où ils sont très pauvres et maltraités).

C’est un pays très pauvre (pratiquement celui au monde où le revenu par habitants est le plus bas).

90% de la population vit à la campagne.

Sa situation géographique le met au centre de conflits géopolitiques.

Déjà au XIX ème siècle, il était l’enjeu de la rivalité des 2 puissances dominantes dans la région: l’impérialisme britannique et la Russie tsariste.

Les britanniques avaient comme politique générale de contrôler systématiquement et en profondeur toutes les côtes qu’ils pouvaient.

Ainsi ils ont occupé rapidement (à partir de l’Inde, leur principale colonie) le pays des Afghans (qui s’étendait alors au delà des frontières actuelles au Nord en U.R.S.S., à l’Ouest un peu en Iran et au Sud largement à l’intérieur du Pakistan actuel -séparé de l’Inde au moment de l’indépendance des colonies britanniques de la région).

Mais, malgré leur acharnement, les colonisateurs n’ont pas réussi à tenir le pays: ainsi l’une des plus grande batailles anti-impérialiste du XIX ème siècle eut lieu en Afghanistan en 1839 et vit la défaite totale et l’anéantissement d’une colonne de 20 000 britanniques. Jusqu’en 1921, où l’indépendance fut reconnue, les colonialistes ne purent jamais réellement exploiter le pays en rébellion permanente.

En fait, en jonglant avec les féodaux, ils réussirent surtout à neutraliser les russes et les empêcher de menacer leurs colonies du sous continent Asiatique.

L’histoire de l’ Afghanistan indépendant commence par le règne d’un roi réformateur, sorte d’Atatürk d’Afghanistan, Amanoullah.

Mais l’opposition des féodaux et des religieux, avec la complicité des britanniques empêcherons son règne de durer.

Viennent après les règnes de plusieurs souverains qui pratiquerons une politique de statu-quo avec domination britannique jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale.

Il faut ré-insister sur la question nationale Afghane, car elle n’est pas jouée.

En effet, dans leur volonté hégémonique, les impérialismes britanniques et tsaristes ont découpé à vif les frontières, comme dans bien des cas.

Les deux populations dominantes, en nombre, en Afghanistan ont été séparées en deux parties par la frontière Sud, actuellement frontière Pakistano-Afghane.

Les Pachtounes d’Afghanistan (environ 50 % de la population totale) ont près de 8 millions de compatriotes au Pakistan, où ils vivent dans des territoires relativement autonomes.

Même cas pour les Baloutches.

L’Afghanistan est donc un pays enclavé entre des voisins souvent puissants et agressifs, et constitué par des entités nationales peu homogènes. Les tribus, organisations sociales complètes, ont un rapport avec l’appareil d’État central, souvent émanation de l’une d’entre elles (les Pachtounes presque toujours), rapport plus ou moins bon et jamais solidifié et centralisé réellement.

1953-1963. DAOUD : L’ENTRÉE EN SCÈNE DE L’U.R.S.S.

En 1953, l’Afghanistan commence à sortir de son isolement, à cause de l’effondrement de l’impérialisme britannique et grâce au début des luttes sociales et politiques dans les villes.

Le roi nomme un parent, le général-prince Daoud, comme premier ministre.

Celui-ci fait figure de moderniste.

Son travail consistera à ouvrir l’Afghanistan à l’extérieur, c’est-à-dire à “partager le gâteau” entre les impérialismes sortis dominants de la seconde guerre mondiale.

Mais, en 1956, au plus fort de la guerre froide, les U.S.A. mettent comme condition à leurs investissements en Afghanistan l’entrée de celui-ci dans une alliance militaire locale contre l’U.R.S.S. contenant une clause d’accord avec ses voisins du Sud.

La question Pachtoune étant l’une des bases de l’unité Afghane (dont le régime réclamait toujours le retour des provinces Pachtounes perdues), Daoud refusa et se tourna vers l’U.R.S.S.

C’est alors que l’U.R.S.S. devint le principal client et bailleur de fonds de l’Afghanistan (60% du volume des échanges, 38% aux U.S.A., le reste à la R.F.A. surtout).

Dans les années qui suivirent et jusqu’à aujourd’hui, les soviétiques entreprirent la néo-colonisation, à leur manière, de l’Afghanistan.

Ainsi la totalité du gaz naturel est pillée à grande vitesse, et revendue 3 à 4 fois plus cher à la R.D.A. et à d’autres pays, les 3/4 du coton sont achetés à des prix dérisoires par rapport au prix mondial (car le seul débouché est alors l’U.R.S.S., la tension sur les frontières Sud rendant le commerce impossible), cette culture ayant été introduite par les russes en Afghanistan au détriment des cultures maraîchères.

Le parallèle avec -par exemple -l’impérialisme français en Afrique est saisissant, surtout que, par ailleurs, l’U.R.S.S. a dès lors des centaines de conseillers dans le pays qui encadrent les services civils et aussi l’armée dont les officiers sont souvent formés dans des académies militaires soviétiques, des techniciens civils (agronomes) étant également souvent issus d’écoles de Russie.

1963-1973: ÉQUILIBRAGE AVEC LES IMPÉRIALISMES OCCIDENTAUX.

En 1963, Daoud est contraint de quitter le pouvoir par son oncle le roi.

Les réformes timides de Daoud ont liguées contre lui les aristocrates et les religieux conservateurs.

De plus, son despotisme ne lui assurait aucune base de masse populaire.

Les gouvernements qui suivent (ils seront nombreux et peu stables) rééquilibrent avec les impérialismes occidentaux.

Mais ceux-ci ne sont que peu motivés par ce pays lointain, à l’histoire politique cahotique et de surcroît pauvre en choses à piller (les russes tenant l’essentiel).

De plus, les mouvements de masses se multiplient en ville.

A la campagne, la tension sur les terres et l’eau devient assez forte.

En 1972, 100 000 paysans mourront de faim à la suite d’une sécheresse (l’eau, avec la terre, est l’objet des pressions des féodaux -qui vendent l’irrigation aux paysans, d’autant plus cher qu’il y en a très peu).

En 1965, une manifestation d’étudiants, d’écoliers et d’autres éléments populaires de Kaboul s’oppose au “parlement”-bidon d’élites féodales mis en place par un des gouvernements pour calmer les révoltes.

Une répression épouvantable suit qui précipitera l’organisation des masses dans les villes (la capitale Kaboul surtout) sous la forme de comités et organisations de masse diverses.

C’est à cette époque que le parti Khalq (du peuple) pro-soviétique naît et s’infiltre dans ces mouvements. En 73, on dit qu’il avait 3500 membres (tandis qu’il existait un groupe maoïste de 1000 personnes).

1973 : COUP D’ÉTAT MILITAIRE. DAOUD SORT SON ÉPINGLE DU JEU.

Le coup d’État militaire du 17 Juillet 1973 est un modèle du genre favorisé par le social-impérialisme dans les pays du Tiers-monde.

C’est la coalition de: -certaines parties de l’armée (surtout des officiers subalternes et des sous-officiers) mécontente de son sort avec un parti révisionniste pro-russe – contre l’État-major de l’armée et le gouvernement plutôt favorable aux impérialismes occidentaux.

On le voit, il s’agit d’un coup d’État sans prolongement réel dans le mouvement populaire. Tout cela se passe à Kaboul, la capitale, sans aucune mobilisation populaire, manifestations, guerres prolongées ou autre processus. C’est une rivalité A L’INTÉRIEUR de l’appareil d’État entre deux cliques.

Mais ce genre d’affaire est peu durable en tant que telle.

Il faut trouver un nouvel équilibre dans l’appareil d’État et un semblant de soutien populaire.

Au cours de ce coup, c’est le prince-général Daoud qui y parviendra.

Il sera à la fois celui qui incarnera le coup d’État républicain et celui qui sera une continuité acceptable pour les tenants de l’ancien régime.

Cependant, anti-communiste militant, il se méfie des révisionnistes, tout en s’appuyant plutôt sur les russes sur le plan international (à cause de la question Afghano-Pakistanaise -le Pakistan étant l’un des points d’appui américain dans la région) mais sans s’aligner complètement.

Le clan des pro-soviétiques -militaires arrivistes et révisionnistes carriéristes (la plupart des membres du Khalq sont des ingénieurs agronomes et des cadres formés à Moscou et impatients d’avoir des places dans l’appareil d’État pour opprimer -à leur façon de nouveaux bourgeois -la masse paysanne) est frustré de sa victoire.

Pendant 5 ans, il fomentera des coups, des complots pour prendre le pouvoir.

Le parti Khalq se sépare en deux (l’autre aile s’appelle le Parcham -“le drapeau”).

AVRIL 1978 : COUP D’ÉTAT MILITARO-SOCIAL-FASCISTE.

Ce clan prend le pouvoir en Avril 1978 au cours d’un coup militaire sanglant (des milliers de morts et d’exécutions sommaires).

C’est d’abord les militaires qui se chargent de déblayer le terrain.

Ce qui reste de la famille royale (le roi est en exil en Italie) -assez repliée sur elle-même depuis 73- est liquidée physiquement ainsi que Daoud et son entourage.(Au cours de ce bain de sang, à titre d’exemple, toute la garde personnelles de Daoud – près de 2000 hommes -est anéantie, etc…). Puis ce sont les civils qui prennent le devant de la scène.

C’est le parti Khalq qui devient dominant, les militaires étant écartés ainsi que les membres de l’ex-Parcham (formellement, le parti Khalq est réunifié depuis 77 sous le nom de Parti Démocratique Populaire d’Afghanistan).

Le dirigeant du pays, M. Taraki, reçoit le soutien de l’U.R.S.S. et des pays satellites de l’Est, très rapidement.

Taraki proclame que, pour la 1ère fois en Afghanistan, les classes féodales sont éliminées réellement et entreprend d’assoire l’autorité de l’État.

Les russes deviennent de plus en plus visibles à tous les niveaux. Mais Taraki demeure prudent en paroles sur la nature de son alliance avec l’U.R.S.S.

TARAKI : 17 MOIS DU 1er REGIME FANTOCHE DE L’U.R.S.S.. BILAN: ENCORE PLUS DE RUSSES OU L’ÉCROULEMENT.

Face aux premiers troubles en province, l’armée répond avec une brutalité féroce mais inefficace.

Des agents de l’État et des conseillers russes sont attaqués et tués, la réforme agraire annoncée par Daoud depuis 1975 ne se met pas vraiment en branle n’ayant que très peu de partisans même parmi ceux qui pourraient en bénéficier, tant était important le manque de confiance dans le gouvernement et la haine des russes.

Il semble que les propriétés aristocratiques -qui étaient peu nombreuses en tant que telles et liées aux familles aristocratiques les plus proches du pouvoir royal – aient disparues.

Par ailleurs, il existe des rapports féodaux entre les paysans fermiers ou ouvriers agricoles et des propriétaires paysans riches ou des autorités tribales locales (à l’échelle de ce pays où la paire de boeufs signale le “gros” ainsi qu’avec le clergé sunnite musulman. Environ 80% des paysans sont des paysans sans terres.

C’est à cette époque que les russes commencent à envoyer des équipements (avions, hélicoptères porteurs de troupes…) servis par des officiers et soldats russes pour essayer de s’opposer efficacement aux rebellions.

En février 1978 l’ambassadeur des U.S.A., enlevé par un commando de religieux extrémistes à Kaboul est massacré, ainsi que ses ravisseurs, par la police Afghane encadrée, voire directement constituée pour l’occasion par des soviétiques.

En fait, le régime ne peut appliquer ces réformes à la campagne.

L’hostilité est générale et aucune force ne vient consolider l’assise populaire du parti Khalq.

Ses membres, la plupart du temps des jeunes cadres des villes éduqués à Moscou, se perdent dans leurs postes à la campagne dans l’inextricable réseau des sociétés traditionnelles.

Ils sont en but à l’hostilité, voire la violence des masses, et doivent de plus supporter les luttes de cliques féroces au sein de l’appareil d’État: tentatives de coups, assassinats et magouilles de toutes sortes.

Leur “marxisme” n’est que de la pacotille de vocabulaire, leur “révolution” n’a pas de base populaire.

Ils apparaissent malgré toutes leurs précautions comme des gens voulant bouleverser de l’extérieur un ordre social cohérent, sans proposer de moyens internes de le remplacer efficacement.

De plus, ils sont considérés à juste titre comme des otages des soviétiques, des russes. A chaque niveau de l’administration, tous les hauts fonctionnaires et officiers ont leur “doublure” russe.

Les industriels occidentaux en affaire en Afghanistan notaient qu’il était plus rapide de s’adresser à la doublure qui était plus au courant.

Voilà un nouveau parallèle avec les français ministres de l’intérieur au Sénégal, les Cubains généraux en Ethiopie, les Vietnamiens complètement sur le devant de la scène au Kampuchéa.

La méfiance du peuple Afghan vis-à-vis des impérialismes a une longue histoire, et sa résistance armée acharnée et efficace marque l’identité de ce peuple.

La situation empire dans les derniers mois de Taraki.

Après 2 cas en province, la garnison de Kaboul se révolte. Elle n’est maîtrisée que par un massacre massif, mené en particulier par des avions pilotés par des russes.

SEPTEMBRE 1979 : “RÉVOLUTION DE PALAIS”.

Amin prend le pouvoir.

C’est l’ancien bras droit de Taraki. Plus brutal encore que lui (il était chargé de la police) il commence ses 3 mois et demi de pouvoir en massacrant Taraki et les membres de sa famille et de son entourage.

Apparemment, ce coup fut plutôt une affaire de rivalité personnelle qu’une manoeuvre plus vaste impliquant des changements et des interventions extérieures.

Les russes ne semblaient pas apprécier ce personnage sans scrupule, susceptible de leur échapper .

La rébellion prend une dimension nationale.

Les observateurs étrangers estimaient que le 1/4 du pays était sous contrôle des rebelles musulmans et que la moitié du territoire en plus était zone de combat. L’armée Afghane partait en décomposition.

Les désertions et les ralliements à la rébellion se faisaient par unités entières.

Un exemple: 2500 hommes se rallient en province après avoir tués 25 officiers.

Le pays est en passe de tomber aux mains des insurgés.

Les combats atteignent les environs de Kaboul.

FIN DÉCEMBRE 1979: L’INTERVENTION MASSIVE SOVIÉTIQUE ET KARMAL, LE “NOUVEAU DACKO”.

En quelques jours, par pont aérien et pénétration de colonnes blindées, 80 000 hommes (à la mi-Janvier) arrivent en Afghanistan de l’U.R.S.S.

Les troupes soviétiques contrôlent d’abord Kaboul, neutralisent les partisans d’Amin qui se battent avec acharnement, Amin lui-même est exécuté avec ses proches.

Puis dans les premiers jours de Janvier, les troupes se déploient aux alentours de la capitale pour la protéger

B. Karmal est porté au pouvoir à la “manière Dacko”: il parle d’abord à la radio, de la ville soviétique de Tachkent, puis quelques jours après, est amené en avion quand la situation est dans les mains des troupes russes.

Karmal est le fondateur du parti Parcham, plus pro-soviétique encore que le Khalq. Il écarte, et sans doute fait exécuter ou emprisonner, les anciens fonctionnaires pour mettre ses partisans à leur place.

LA RÉBELLION NATIONALE SE CONSTITUE CONTRE L’AGRESSION RUSSE.

Depuis 1978, la résistance n’a fait que se renforcer.

Malgré sa variété et sa division politique, ethnique et religieuse (des extrémistes intégristes d’extrême-droite aux maoïstes en passant par les groupes tribaux opposés aux exactions du régime et des russes), elle a remporté des succès face à ces régimes ultra-fantoches, pratiquant avec une brutalité cynique le massacre de leur peuple avec une armée étrangère: villages bombardés à ras, mosquées, considérées comme des nids à rebelles, détruites, populations et bétail napalmés…

L’armée Afghane est presqu’inexistante en tant que telle, tant les désertions se sont multipliées, encore plus depuis l’intervention massive des russes.

Dans cette circonstance, la tâche centrale du moment apparaît au peuple Afghan être celle de chasser les sociaux-impérialistes russes et leurs complices fantoches.

LES RÉACTIONS DES FORCES POLITIQUES EN FRANCE. NOS TACHES.

Cette nouvelle expansion du social-impérialisme développe encore la montée des risques de guerre. Toutes les forces populaires qui s’opposent à cette politique d’agression et de destruction des peuples doivent être soutenues vigoureusement quelles que soient leurs caractéristiques internes.

En France, bien des forces politiques (des trotskystes à certains journalistes de “Libération” et du “Monde” réduisent cette affaire à l’affrontement entre les révisionnistes Afghans, tenants d’une “révolution” et les féodaux conservateurs, l’intervention russe jusqu’à ces derniers jours étant minimisée (depuis qu’elle est devenue massive, c’est dans leurs rangs que se trouvent les positions “munichoises” de repli face aux coups de force, de refus de voir la réalité).

Les uns sont en fait alignés sur les fantoches et les agresseurs en niant les phénomènes nationaux de résistance à l’envahisseur et de lutte pour l’indépendance, les autres célébrant avec un faste renouvelé le Xième enterrement du marxisme retrouvant parfois avec les religieux intégristes le parfum spiritualiste qui manque à leur identité d’intellectuel petit-bourgeois en société impérialiste.

Les sociaux-fascistes Afghans ne sont nullement les tenants d’une “révolution”.

Ils l’empêchent même totalement depuis 1965, en s’opposant aux révolutionnaires et aux patriotes (qui ont été massacrés et pourchassés -ceci étant l’une des constantes des exigences du social-impérialisme russe vis-à-vis des régimes qu’il soutient -voir Éthiopie, Angola, Yémen du Sud…).

Leurs mesures bureaucratiques sont anti-populaires et ne sont que le prolongement de l’agression de leurs maîtres russes.

Sur le plan international, il est tout aussi faux de nier le caractère nouveau de cette intervention et de prétendre, par exemple, que le seul aspect de l’alarmisme de Giscard lors de son discours de nouvel an était de chercher l'”union nationale” en France.

Un bon sens minimum permet de se rendre compte que le social-impérialisme soviétique devient de plus en plus agressif et cynique en menant ce type d’opération directement -sans Cubains ou Vietnamiens interposés – hors des pays du Pacte de Varsovie.

Il s’agit à l’évidence d’une remise en cause massive de l’ordre international inter-impérialiste issu de la 2ème guerre mondiale.

Ces années 78-79 ont vu un nombre très important d’agressions étrangères (Vietnam au Cambodge, Tanzanie en Ouganda.

France en Centrafrique et au Zaïre, en Mauritanie…, U.R.S.S. en Afghanistan, incursions Rhodésiennes et Africaine du Sud en Zambie et Mozambique…) qui révèlent l’instabilité internationale et l’initiative de la superpuissance soviétique par rapport au recul américain et occidental -cependant sujet à des contre-attaques pour le moment limitées mais porteuses de possibilité agressives inquiétantes.

La résistance Afghane est une force populaire en lutte contre une agression de la superpuissance soviétique.

Nous devons faire confiance au peuple Afghan pour progresser dans le sens de sa constitution au cours de la lutte contre les envahisseurs en force indépendante par rapport aux impérialismes, le fait que les mouvements de résistance reçoivent des aides diverses ne faisant qu’entrer dans le cadre des alliances nécessaires au combat.

Nous sommes à l’écoute des forces qui, au sein de la résistance pourraient s’organiser dans ce sens.

Nous devons aussi nous opposer avec force, parallèlement au travail sur le Cambodge, au P.C.F. qui pratique de plus en plus comme seule politique l’alignement inconditionnel sur le social-impérialisme russe.

Dans ses articles, l'”Humanité” cite avantageusement les ministres Afghans dont cette perle: “L’Afghanistan se félicite de l’aide apportée par l’U.R.S.S. En la demandant, il n’a fait qu’exercer son droit à la légitime défense reconnue par la pratique (sic) et les lois internationales”.

A cotés de ces articles sur le coup d’Afghanistan (aux titres du genre “Afghanistan: Carter joue avec la détente” (!), on trouve dans le numéro du 5/1/80, avec une photo de l’accolade Marchais-Castro une déclaration du P.C.F. sur la nécessité de l’entrée de Cuba au Conseil de sécurité de l’ONU (qui se trouve pour le moment privé de ce nouvel agresseur): “Chacun sait le rôle international que joue Cuba… – en effet ! Euromissiles, Cambodge, Afghanistan…

Nous devons faire campagne contre les nouveaux pétainistes que sont, sur le plan international les sociaux-fascistes du P.C.F.

C’est dans cette lutte qu’avancera le point de vue politique populaire en France sur la guerre et la révolution.

AFGHANISTAN: LA C.G.T. BAT MARCHAIS DANS LA MAUVAISE FOI.

Après avoir connu des difficultés d’unification interne sur l’intervention soviétique, la C.G.T. a gagné du temps en envoyant une délégation “enquêter” à Kaboul.

A son retour, la C.G.T. révèle: -“nous n’avons ressenti aucune animosité, mais beaucoup d’hospitalité et de gentillesse de la part des gens qui nous prenaient pour des soviétiques (alors que tous les journalistes ou étrangers présents à Kaboul témoignent journellement de prise de position ouvertes contre les russes de simples passants et que, sur le plan des faits, plusieurs attentats ont été commis contre des soldats russes et qu’une émeute s’est déroulée, des heures durant et devant les cameras de télévision du monde entier, autour d’une prison où des parents et relations essayaient de libérer des prisonniers aux cris de “A bas les russes”) -“l’armée soviétique n’a pas pris part aux combats du 27 Décembre (le coup d’Etat) ” (alors que Karmal – dont d’ailleurs la carrière de fantoche semble menacée, bien triste sinécure après Taraki et Amin tués avec toute leur famille -a été amené de Tchécoslovaquie en Afghanistan via la Russie par avion militaire (à la Dacko) après que les troupes soviétiques aient en main toute la capitale et commençaient à se déployer dans les provinces.

Il est significatif que ce soit presque au même moment où la CGT faisait ces “révélations” que un massacre digne de My Lai et Oradour sur Glane (en plus sanglant d’ailleurs puisque plus de 1000 hommes ont été massacrés à la mitraillette et enfouis au bulldozer alors que certains n’étaient pas encore morts) ait été révélé. Cet épisode, qui s’est fait en présence et sur ordres d’officiers Russes, a eut lieu sous la période Taraki, dont la CGT fait le portrait comme d’un valeureux patriote renversé par le vilain Amin…

Pour Marchais et le P.C.F., les 100 000 russes sont là pour le ” socialisme”.

Pour la C.G.T., ils ne sont pas là du tout.

2 attitudes pour justifier l’invasion soviétique, piétiner l’indépendance nationale et essayer de “faire passer” l’alignement pétainiste sur l’hégémonisme soviétique dans ces temps de risques de guerre fomentée par la rivalité des 2 superpuissances.

2 positions à contrer pour faire avancer la question de la prise de conscience et de l’organisation des masses populaires sur la situation internationale.        

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Nouvelle Cause du Peuple, NAPAP, Action Directe