Histoire de la Gauche Prolétarienne

L’effondrement de la direction de l’UJC(ml) a montré les limites « althussériennes » de l’idéologie développée. Et en raison de l’élan de mai 1968, la pression est très grande, et surtout, il n’y a pas de réelle compréhension des soucis posés par la question de la direction.

La réponse n’est ainsi pas idéologique, mais pratique : la militarisation et la prolétarisation doivent former la réponse adéquate, et le nom choisi fait référence à la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne : « Gauche Prolétarienne » (GP).

La réorganisation de l’ex-UJC(ml)

Un mouvement en deux temps se lance : il y a tout d’abord la republication, à partir du premier novembre 1968, de la Cause du peuple, comme « journal communiste prolétarien. »

Puis, il y a le rapprochement du mouvement du 22 mars, né à Nanterre et qui a été au cœur de l’activisme de mai 1968. On retrouve leur état d’esprit dans une œuvre publiée en mars 1969 et intitulé Vers la guerre civile. Les auteurs sont Serge July et Alain Geismar, Herta Alvarez et Évelyne July, qui rejoindront la Gauche Prolétarienne.

Dans la foulée sort en avril 1969 le premier numéro des Cahiers de la Gauche Prolétarienne, qui prennent le relais des Cahiers marxistes-léninistes ; le thème rejoint la thématique du mouvement du 22 mars : « De la révolte anti-autoritaire à la révolution prolétarienne ».

La violence

La Gauche Prolétarienne se fait la voie du choix de la violence ; ses activistes sont aux premières loges. Très présents dans les lycées parisiens, c’est dans le plus prestigieux de tous, Louis-le-Grand, qu’ a justement lieu une attaque fasciste le 2 mai 1969, qui se voit faire face à une réaction massive, les fascistes finissant par lancer une grenade artisanale, qui arrache la main d’un lycéen.

Le 15 juin, la GP tend une embuscade à la police sur le marché de Montrouge, en proche banlieue parisienne. Le 17 juin, 200 jeunes « outillés » prennent d’assaut l’usine de Flins, ce qui termine en corps à corps avec la maîtrise de l’usine et avec la CGT.

La GP multiplie ces attaques, comme lorsque le siège du patronat à Paris est pris d’assaut par une quarantaine d’activistes qui jettent pierres, boulons et fumigènes, ou bien avec l’affrontement à l’usine Coder de Marseille avec les vigiles et les contremaîtres.

Les résultats ne se font pas attendre : la GP dispose de comités de base dans les usines à Renault – Le Mans et Renault – Billancourt, Citroën – Choisy, Peugeot – Sochaux, Renault – Flins, Vitho – Saint-Ouen, Girosteel – Le Bourget, etc.

L’anti-capitalisme romantique

La GP appartient à un courant qui n’est pas seulement français ; on retrouve la même dynamique en Allemagne de l’Ouest et dans d’autres pays. On y retrouve aussi la même porosité à l’antisémitisme, et cela par ailleurs malgré la présence de nombreuses personnes juives à la direction de la GP.

La raison en est bien entendu l’anticapitalisme romantique, comme lorsque le 25 septembre 1969 est attaqué l’hôtel particulier du milliardaire Rotschild et que sont inscrits sur les murs « Rotschild le peuple français et le peuple palestinien te balaieront ».

Le « peuple » remplace le prolétariat et l’anti-capitalisme romantique le socialisme ; le 26 septembre c’est la banque Rothschild qui est attaquée par une centaine de militants, dont une partie d’origine arabe, puis ensuite les locaux du quotidien (de droite) L’Aurore en raison de son soutien au sionisme.

Si la lutte contre le sionisme est une composante de l’internationalisme, ce n’est pas cela à quoi on a affaire ici. La GP a joué en effet du populisme à tous les niveaux : avec les arabes en utilisant la question palestinienne, avec la jeunesse en appelant à une révolte romantique contre l’autorité, etc.

La GP ira même jusqu’à soutenir sur les barricades les syndicats des petits commerçants en lutte contre la fiscalité. Le point culminant de cette tendance populiste est alors l’affirmation de la « Nouvelle Résistance ».

La « Nouvelle Résistance » face au « nouveau fascisme »

La Gauche Prolétarienne avait besoin de justifier sa ligne populiste, aussi forgea-t-elle la théorie comme quoi la situation en France était équivalente à celle de l’Occupation. Une position totalement idéaliste et même négationniste dans sa démarche, et surtout reflétant la vision du monde petite-bourgeoise face au gaullisme.

Le théoricien fut d’ailleurs André Glucksmann, qui dans les années 1980 deviendra un chantre du libéralisme et des États-Unis, après avoir été à partir du milieu des années 1970 un théoricien anti-communiste forcené.

André Glucksmann expliquera par la suite dans Nouveau fascisme, nouvelle démocratie, article publié en mai 1972, la conception de ce qui est censé être un nouveau fascisme.

« Le fascisme est dans l’Etat, c’est même là qu’il se trouve le mieux et [le ministre de l’intérieur] M. Marcellin ne prendra pas d’assaut son propre bureau. Le fascisme d’aujourd’hui ne signifie plus la prise du Ministère de l’Intérieur par des groupes d’extrême droite mais la prise de la France par le Ministère de l’Intérieur. »

Il reprend en fait la théorie trotskyste, pour la renverser : au lieu que ce soit les « lumpen » qui se révoltent au service de l’appareil d’État, c’est ce dernier qui prend les choses en main.

« Le nouveau fascisme s’appuie, comme jamais auparavant, sur la mobilisation guerrière de l’appareil d’État, il recrute moins les exclus du système impérialiste que les couches autoritaires et parasites produites par le système (…). La particularité du nouveau fascisme c’est qu’il ne peut plus organiser directement une fraction des masses (…). Désormais, c’est la fascisation elle-même qui est l’oeuvre de l’appareil d’État. Police, justice, monopole de l’information, bureaucraties autoritaires qui assuraient jadis les assises de la « révolution fasciste » doivent se battre maintenant aux avant-postes. »

La violence généralisée, mais le refus de la lutte armée

Cela n’empêche pas la Gauche Prolétarienne de réfuter la lutte armée, pourtant logique dans le raisonnement d’une « occupation ». Lors de discussions ayant eu lieu à Paris avec Andreas Baader qui construisait avec Ulrike Meinhof la Fraction Armée Rouge, les dirigeants de la Gauche Prolétarienne ont refusé ce saut.

Ils ont pareillement dit non aux organisations palestiniennes sur ce point, lors notamment d’une visite de responsables de la Gauche Prolétarienne dans un camp palestinien en Jordanie, tout comme un représentant de la Gauche Prolétarienne a dit non à Zhou Enlai, lors d’un voyage officiel en Chine populaire pour les 20 ans de la révolution.

La « nouvelle résistance » de la Gauche Prolétarienne est ainsi violente mais non armée, elle est une sorte de guerre « symbolique » des partisans munis de cocktails Molotov et de barres de fer, multipliant dès septembre 1969 les actions, depuis l’attaque des commissariats jusqu’à la prise d’assaut de la station de métro de Passy en plein 16e arrondissement de Paris pour prendre les tickets et les redistribuer, ou encore l’organisation d’un passage gratuit en force dans le métro à Boulogne.

Le style idéologique se veut sommaire, avec la Cause du peuple, tirant à 40 000 exemplaires, assénant des formules chocs : « Contre les ennemis qui font de l’or avec notre sang, il n’y a qu’une seule attitude possible : la riposte », « Vie chère, vie d’esclaves, assez ! », « On a raison de séquestrer les patrons », « Tremblez petits chefs, nous sommes les plus forts ! »

La ligne théorique est pareillement très réduite : « Il faut le pouvoir : pour assurer réellement le bifteck, et pour garantir effectivement la liberté. »

La Gauche Prolétarienne n’est d’ailleurs pas une organisation communiste au sens strict : il y a une direction qui décide de tout hors de la base, celle-ci n’étant pas formellement membre de l’organisation par ailleurs. La démarche est purement mouvementiste.

La Gauche Prolétarienne finit d’ailleurs par s’opposer régulièrement au PCF, à Argenteuil en banlieue parisienne où les combats sur le marché du dimanche étaient régulier, et se transformant en bataille rangée le 14 septembre 1969.

Les actions sont multiples et diffuses ; en février 1970 ont lieu ainsi l’attaque aux cocktails Molotov du siège de la direction des Houillères à Hénin-Liétard, le sabotage de 2 grues à Dunkerque, l’attaque de deux bureaux du Service d’aide technique aux travailleurs étrangers, l’attaque du siège des entrepreneurs de l’Isère à Grenoble, l’incendie des Grands Moulins à Corbeil-Essonnes, etc.

La ligne de la Gauche Prolétarienne est alors résumée dans la fameuse chanson « Les nouveaux partisans », chantée anonymement par une chanteuse ayant abandonné la carrière pop pour devenir une garde rouge (par la suite elle deviendra anarchiste et niera catégoriquement tout rapport au maoïsme, tout en reprenant dans les années 2000 les chansons d’alors).

Les nouveaux partisans face à la répression

L’État décida alors de réagir vivement contre ce mouvement semi-légal qui l’attaquait ouvertement. Le ministère de l’intérieur ouvrit les hostilités avec une plainte pour « injures et diffamation envers la police, provocation au meurtre, au pillage, à l’incendie et aux crimes contre la sûreté de l’État. »

Un meeting prévu à la salle parisienne de la Mutualité le 14 mars 1970 est interdit, et le journal la Cause du peuple est massivement saisi, alors que son directeur de publication est arrêté. Enfin, la loi anti-casseurs est instaurée le 30 avril 1970 : les organisateurs d’une manifestation deviennent responsables juridiquement de toute violence.

Mais ce n’est pas la répression le véritable problème. Lorsqu’il est décidé de demander à Jean-Paul Sartre de devenir directeur de publication de la Cause du peuple, la rencontre se fait dans la très chic brasserie parisienne de la Coupole.

Dans le même esprit, la direction de la Gauche Prolétarienne se réunit encore et toujours à l’Ecole Normale Supérieure, et si un front démocratique d’avocats est monté, la personne chargée des relations avec la presse est Serge July, qui gère alors les rapports avec une flopée d’intellectuels de gauche « solidaires » face à l’interdiction de la Cause du peuple.

Solidarité des intellectuels « de gauche » et interdiction

Le tout-Paris intellectuel se rapproche des maoïstes, eux-mêmes des bourgeois qui choisissent le camp du peuple, comme le montre l’action ultra-populiste de pillage du traiteur de luxe Fauchon, amenant une distribution improvisée ensuite, et marquée par l’arrestation d’une militante dont le père était un bon client de Fauchon.

Le soutien libéral à la Cause du peuple fait que si celle-ci est interdite, elle est vendue à la sauvette sans soucis au Quartier latin à Paris, parfois même par une personnalité comme Jean-Paul Sartre.

C’est d’ailleurs ce dernier qui ouvre le grand meeting de solidarité à la salle parisienne de la Mutualité, le 25 mai 1970, où prennent la parole également des représentants de la LCR et du PSU.

Le 27 mai, jour du procès de deux directeurs de publication de la Cause du peuple, des centaines d’activistes organisent des escarmouches avec la police, en raison de l’interdiction de toute manifestation. C’est alors la Gauche Prolétarienne qui est interdite.

De manière fort juste, dans une autobiographie de 1978, le ministre de l’intérieur d’alors, Raymond Marcellin, racontera ainsi :

« La Gauche Prolétarienne, en 1970, tenta une escapade révolutionnaire, mais fut rapidement bloquée, parce que nous étions prêts. »

L’ex-Gauche Prolétarienne

Mais le soutien « intellectuel » et « démocrate » est là, avec Simone de Beauvoir, Marguerite Duras, Michel Leiris, Cavanna, François Truffaut, etc.

La Gauche Prolétarienne sort dans cette optique un nouveau journal, J’accuse, dont le premier numéro paraît le 15 janvier 1971 et qui finira par fusionner avec la Cause du peuple; le Comité Djellali, du nom d’une jeune Algérien tué par l’ami d’une gardienne lors d’une altercation, rassemble également une foule d’intellectuels.

Elle peut générer en juin 1970 un « Secours Rouge », où Sartre joue une rôle central comme figure rassembleuse.

La Gauche Prolétarienne est alors alors l’actualité en France. Les numéros 15 à 19 de la Cause du Peuple sont saisis et une tentative de réimprimer les Cahiers de la gauche prolétarienne est également empêchée, avec une arrestation au bout.

Pourtant, dans de nombreuses villes, des militants d’extrême-gauche vendent la presse de la Gauche Prolétarienne par solidarité, et du 1er au 25 septembre 1970 a lieu une première grève de la faim d’une trentaine de détenus maoïstes pour l’obtention du « régime spécial ». Une seconde aura lieu en janvier 1971.

Il y a également la mise en avant d’Alain Geismar, figure de mai 1968 en tant que secrétaire-général adjoint du Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup), et devenu la figure publique de la Gauche Prolétarienne, Benny Lévy en étant le chef.

Et lorsque le 20 octobre 1970, Alain Geismar est condamné devant la 17e chambre correctionnelle à 18 mois de prison ferme pour « reconstitution de ligue dissoute », il est reconnu comme prisonnier politique, par la prison, comme par la presse (les directeurs de publication de la Cause du peuple Jean-Pierre Le Dantec et Michel Le Bris, arrêté fin mars et début avril, prirent de leur côté huit mois chacun).

Il y a même Sartre qui, le 20 octobre 1970 à la sortie des usines Renault de Billancourt, fait un discours sur un tonneau, appelant intellectuels et travailleurs à ne faire qu’un, et en soutien à Alain Geismar, devant la presse nationale et internationale. En même temps à Paris, la Gauche Prolétarienne harcèle la police, ce qui aboutit à 375 arrestations.

Les cinéastes sont un milieu proche de la contestation, et deux soutiens pratiques sont de la partie avec des films militants : Marin Karmitz sort « coup pour coup » et Jean-Luc Godard « Tout va bien ».

Le révisionnisme « armé »

Dans ce contexte, la Gauche Prolétarienne décide d’utiliser sa structure appelée « Nouvelle Résistance Populaire » (NRP) et fondée clandestinement en mai 1970.

Cependant, tant la répression que la NRP ne frappent pas fort : en décembre 1970, les militants de la Gauche Prolétarienne ayant tenté de faire sauter à l’explosif des garages Peugeot ne prennent que 6 mois fermes, pour être libérés dès janvier 1971.

Lorsque au second procès devant la Cour de sûreté de l’État le 24 novembre 1970, Alain Geismar est condamné à 2 ans de prison ferme, la NRP enlève seulement pour un bref temps le député gaulliste Alain de Grailly, impliqué dans le scandale immobilier des abattoirs de la Villette, le 26 novembre.

Lorsque, à la mi-décembre 1970, la Cour de sûreté de l’Etat juge les inculpés de l’affaire d’Hénin-Liétard, ils sont acquittés, sauf la personne en fuite condamnée à cinq ans de prison.

Dans cet esprit de lutte sociale « feutrée » où la Gauche Prolétarienne apparaît comme réformiste armée avec un soutien « démocratique », est organisée un tribunal populaire à Lens afin de juger symboliquement les responsables des Houillères, suite à un accident minier (16 mineurs tués le 14 février 1970). Sartre agit comme procureur, épaulée par Eugénie Camphin, membre du Parti Communiste depuis 1920 et résistante historique.

Et finalement, le n°1 des Cahiers Prolétariens établit la ligne symbolique, non armée, de la « résistance ».

C’est un révisionnisme « armé » qui naît, comme appui d’une lutte ouverte démocratique. Le 26 janvier 1971 a lieu un meeting de soutien aux prisonniers maoïstes, que les intellectuels bourgeois Simone de Beauvoir et Michel Leiris président sous un portrait de Mao Zedong.

A la mi-février, c’est l’église du Sacré-Cœur qui est occupée, en « réponse » à la répression de la manifestation interdite du Secours Rouge, où un militant a perdu un œil.

D’un côté, à la mi-mai, les locaux de l’hebdomadaire d’extrême droite Minute sont plastiqués, mais le 18 juin est fondé l’Agence de presse Libération.

Le même jour, 18 juin est organisé un dépôt de gerbe au Mont-Valérien pour rendre hommage « Aux victimes du fascisme, ancien et nouveau ».

Les Rolling Stones

Le 24 juin 1970, au Palais des Sports à Paris, Serge July a pu faire en sorte de prendre la parole en plein milieu du concert, grâce à Mick Jagger. Il tient alors le discours suivant, exprimant les limites ultra-démocratiques de la Gauche Prolétarienne.

« Les Stones m’ont demandé de prendre la parole ce soir. Pendant que je vous parle, pendant que les Stones vont chanter, une centaine de prisonniers politiques sont en taule (…).

Si aujourd’hui ils sont en taule, c’est parce qu’ils se sont battus contre les flics, qui croient pouvoir continuer longtemps, impunément, les tabassages dans les commissariats, contre leurs sales gueules qui nous font chier à chaque coin de rue, à la sortie du lycée, de l’usine, de la fac, du bal.

S’ils sont en taule, c’est parce qu’ils n’ont pas peur de dire que lorsqu’on reçoit un coup de matraque sur la gueule, il faut bousiller le mec qui vous l’a envoyé, que lorsqu’on en a marre d’être emmerdé par un chef à l’usine, on a raison de lui casser la gueule, que lorsqu’on en a marre, on a raison de se battre, de se révolter. »

L’ex-Gauche Prolétarienne prend son mythe au sérieux : la NRP dispose de planques, d’une fabrique de faux-papiers, d’armes et d’explosifs, de matériel pour capter les fréquences de la police.

Elle se veut au service des luttes populaires, et les ex-GP multiplient les initiatives : Groupes Ouvriers Anti-flics, Groupes Ouvriers de Riposte, Milices Ouvrières Multinationales, Mouvement de la jeunesse, Comités de lutte d’ateliers, ou encore une « douane ouvrière » en mai 1971 pour contrôler les mallettes des cadres et dirigeants à la sortie de l’usine.

Même les petits commerçants opposés au fisc sont appelés les « Jacquou du petit commerce ». Un tract du Secours Rouge de décembre 1971 témoigne encore de ce populisme : « Qui vole un pain va en prison. Qui vole des millions va au Palais-Bourbon ! »

Pierre Overney et la mort du gauchisme

Les risques sont cependant grands ; à une manifestation pro-palestinienne, un militant de la GP est ainsi blessé par balles par la police. Et en février 1972 se produit le grand choc, à l’usine Renault-Billancourt.

Le 14, l’ex-GP accompagnée de Sartre réussit très brièvement à y distribuer des tracts.

Le 25, une opération similaire est organisée, avec la volonté de passer en force. Le militant Pierre Overney, qui diffuse des tracts appelant à une manifestation pour pour le 10e anniversaire du massacre de Charonne le même jour, brave l’arme pointé par lui par un vigile, qui tire et le tue.

Le 29 février a lieu un premier rassemblement unitaire, avec 30 000 personnes dont des figures du PSU et du trotskysme. Et le 4 mars 1972, 200 000 personnes participent aux obsèques, qui marquent un tournant politique.

Car la direction de l’ex-GP récuse tout dépassement de la violence symbolique, et s’oppose formellement à sa base.

Cette ligne se concrétise vite afin de maintenir le révisionnisme « armé », lorsque le 8 mars la NRP enlève un responsable du personnel de Renault-Billancourt, Robert Nogrette, libéré deux jours après.

Puis, alors qu’est trouvée morte une jeune ouvrière à Bruay-en-Artois, l’ex-GP lance une campagne lorsqu’un notaire est arrêté, sur une ligne ultra-populiste, résumée par cette formule de la Cause du peuple : « Et maintenant, ils massacrent nos enfants ».

La revue intellectuelle Les Temps modernes parachève la formation de cette ligne avec le numéro spécial « Nouveau fascisme, nouvelle démocratie ».

Puis, rapidement, le quotidien Libération est mis en place, paraissant le 18 avril 1973, après un premier échec le 5 février. La Cause du peuple s’arrête alors le 13 septembre, appelant à soutenir la grève autogestionnaire chez LIP.

Et au début novembre, la direction se réunit et liquide l’organisation.

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