La tendance principale est à la révolution (1976)

Le courant de l’histoire est irréversible : les pays veulent leur indépendance, les nations leur libération et les peuples la révolution. 

1. LES RIVALITÉS INTER-­IMPERIALISTES 

Plusieurs impérialismes se disputent l’hégémonie mondiale sur les plans économique, idéologique, politique et militaire, par petits pays interposés.  Seulement deux sont dominants aujourd’hui: l’impérialisme américain et le social­impérialisme soviétique. Leurs champs de bataille ont pour nom Portugal, Angola, entre autres.

Dans chaque cas, c’est à qui s’emparera des richesses du pays convoité pour satisfaire ses propres besoins économiques, secours appréciables dans le cadre de la crise mondiale du système capitaliste. Pour parvenir à leurs buts, chaque superpuissance agit par l’intermédiaire d’agents de ses intérêts au mépris de l’intérêt des peuples. 

Peu importe aux États-­Unis ou à l’URSS que leurs manœuvres plongent l’Angola dans la guerre civile, la ruine économique et la division du peuple, du moment que cela renforce leur domination. Cette rivalité, de plus, accentue le danger de guerre mondiale.  

Mais “OU LA GUERRE CONTRE­-RÉVOLUTIONNAIRE DÉCLENCHERA LA RÉVOLUTION, OU BIEN LA RÉVOLUTION CONJURERA LA GUERRE CON­TRE-RÉVOLUTIONNAIRE” nous enseigne le président Mao.

 Et de rajouter dans sa déclaration de mai 1970 que “LA TENDANCE PRINCIPALE EST A LA RÉVOLUTION!”.  

En effet, les victoires populaires de ces dernières années le confirment: Vietnam, Laos, Cambodge, Mozambique, Guinée-Bissau, LA GUERRE DU PEUPLE EST INVINCIBLE !  Ce sont autant d’espoirs pour l’avenir des tempêtes révolutionnaires qui se lèvent de la PALESTINE à l’ARGENTINE ! 

2. D’OÙ VIENT LA CRISE ? 

La crise du système capitaliste est liée à la rivalité opposant les puissances impérialistes entre elles, notamment États­Unis, URSS, Japon et Europe.  

L’Europe et le Japon se trouvaient en position de force pour les raisons suivantes:  – aucune charge militaire importante ne repose sur leur économie (ils ne mènent pas de guerre, n’entretiennent pas d’immenses armées d’occupation, n’ont pas à équiper d’armées mercenaires). – ils tirent des bénéfices de la surexploitation des travailleurs immigrés (pour l’Europe) ou locaux (pour le Japon en Asie du sud­ est).  – ils développent un néocolonialisme plus rentable que l’ancien (°2).  

Europe et Japon représentaient donc un concurrent réel face à l’impérialisme américain déclinant (échecs militaires en Indochine, scandales intérieurs style Watergate, velléités d’indépendance émanant de gouvernements auparavant très dévoués) et au système soviétique en crise. 

En effet, les fortes dépenses de l’URSS en matière d’armement et de conquêtes spatiales se sont doublées de sérieuses difficultés économiques basées sur la technocratie et les erreurs de planification, certains secteurs étant sujets depuis la restauration du capitalisme à des tendances similaires à celles du capitalisme concurrentiel sauvage. 

Pour s’en sortir, l’URSS est obligée d’acheter massivement du blé américain, de développer son industrie en commandant des usines aux trusts américains, d’accepter des milliers de dollars de prêts, ce qui établit une dépendance relative de l’URSS par rapport aux États-­Unis pour au moins dix ans.  

États-­Unis et URSS ont donc tous deux intérêt à briser la puissance économique montante de l’Europe et du Japon pour réimposer leur hégémonie.

L’offensive américaine se développera en plusieurs étapes: en 1971, le dollar sera dévalué, sa convertibilité en or suspendue, des mesures draconiennes de contrôle seront instaurées, et la panique monétaire savamment orchestrée, permettant aux États-­Unis de stabiliser leur déficit et de bloquer l’hémorragie de capitaux.  

Dans une seconde phase, l’impérialisme prit prétexte de la guerre israélo­-arabe d’octobre 1973 pour provoquer une “crise” de l’énergie, basée sur une propagande dont les thèmes tournaient autour d’une prétendue pénurie d’énergie.  Les prix de l’énergie (le pétrole surtout) subirent alors une hausse massive, portant un rude coup aux économies européennes et japonaise obligées de payer plus cher leur pétrole, et perdant leurs sources d’énergie à bon marché. 

Les conséquences:  – affaiblissement du dynamisme économique de l’Europe et du Japon, obligés de réduire leur consommation d’énergie et de sortir plus de devises pour payer celle-­ci. ­- une hausse des prix dans les pays touchés, un renforcement de l’exploitation capitaliste, le développement du racisme anti­arabe prenant comme bouc émissaire de la crise les pays arabes producteurs de pétrole, lesquels avaient cependant le droit de vendre leurs richesses nationales à un juste prix pour combattre le pillage économique impérialiste.  – la hausse du pétrole arabe, d’extraction peu onéreuse. permet l’exploitation de gisements pétrolifères américains (gisements off­ shore, le coût de production demeurait très élevé et par conséquent non compétitif sur le marché mondial.  ­

Les profits extorqués, que ce soit par la vente du pétrole du Tiers-Monde et des Etats­-Unis ou que ce soit par la spéculation sur les stocks pétroliers, permettent aux compagnies pétrolières américaines d’investir dans des formes d’énergie telle que l’énergie nucléaire ou solaire… leur assurant ainsi une reconversion payée par les profits accumulés en grande partie sur le dos des nations productrices (en 1974, les États-­Unis contrôlent les sources d’énergie, les transports et les réseaux de distribution du pétrole arabe, prennent en main l’industrialisation des pays arabes.

En huit mois, les profits des principales sociétés pétrolières américaines augmentent de 50 à 100 %).  Mais si les deux impérialismes se sont mis d’accord pour briser les reins de leurs concurrents, par contre leur mentalité de bandits se disputant un butin reprendra vite le dessus pour ce qui est de savoir qui instaurera son hégémonie sur les vaincus.  L’impérialisme américain saura montrer que, même déclinant, il demeure dangereux.  

Il doublera sa victoire économique de victoires politiques telles que le renversement d’Allende au Chili en 1973, l’expulsion des conseillers soviétiques d’Egypte, le remplacement de Brandt par Schmidt en Allemagne de l’ouest (grâce à une habile provocation de la C.I.A. : l’affaire Guillaume), celui d’Edward Heath par Harold Wilson (vu l’incapacité du premier ministre à résoudre la crise: grève des mineurs) et celui de Pompidou par Giscard d’Estaing. Ainsi,en un an, l’impérialisme américain faisait un retour en force.  

Économiquement, le dollar remontant et la balance américaine des paiements redevenant excédentaire, l’Europe et le Japon sont amenés à capituler en reconnaissant le dollar comme moyen international de paiement à la place de l’or.  

Ils n’avaient pas d’autre choix pour couvrir leurs déficits pétroliers. Sauvés à court terme, ils sont condamnés à long terme à accroître leurs achats aux Etats­-Unis pour régler leurs dettes liquides accumulées (100 milliards de dollars­-papiers).  

Cette politique de hausse de l’or et des superprofits permettra aux Etats-Unis d’enregistrer les premiers signes de la relance économique en juin et juillet 1975 (baisse du chômage, augmentation des revenus des particuliers, progression de la production industrielle, reprise des ventes d’équipements ménagers) et d’investir les profits extorqués dans de nouvelles formes d’énergie (nucléaire, solaire…). 

Parallèlement, la non­-convertibilité des dollars en or liée à l’inflation Parallèlement, la non­convertibilité des dollars en or liée à l’inflation monétaire ont entraîné une hausse de l’or profitable aux pays qui en produisent (URSS, Afrique du sud).  

Maintenant, le marché commun est très ébranlé. Pour combler le déficit creusé par la hausse de l’énergie (10,5 milliards de dollars pour la Grande­Bretagne; 4,5 pour la France en 1974), il va leur falloir comprimer leur demande intérieure, pousser leurs exportations, revoir leur politique économique et obligatoirement le faire sans léser les intérêts américains.  

Pour préserver une reproduction minimum de leur capital, et leur compétitivité sur le marché mondial, les capitalistes européens et japonais n’ont pas d’autre solution que de faire payer aux peuples la survie de leur système, êtes capitalistes, après avoir fait miroiter la fameuse société de consommation et de bien-­être, sont obligés de reconnaître la crise actuelle et de trouver le discours qui fera passer facilement les sacrifices demandés.  

La solution du style guerre impérialiste comme en 1914­-1918 ou en 1939-­1945 n’est plus l’idéal car elle s’est avérée être le catalyseur de grands processus révolutionnaires (URSS de 1917 et Chine de 1949 par exemple).  

Le racisme anti­arabe peut être un moyen de détourner la colère populaire vers de faux responsables, les pays arabes producteurs de pétrole, tout comme la démagogie peut être l’artifice idéal pour faire avaler la pilule des restrictions.  Mais ce racisme est utilisé ponctuellement par la bourgeoisie, à des périodes précises: montée des luttes de travailleurs immigrés par exemple. 

3. REDISTRIBUTION DES FORCES POLITIQUES 

Après l’offensive économique américaine s’organise une redistribution des forces politiques à partir des données de la nouvelle situation.  D’une part, l’impérialisme américain remet en selle les sociaux­ démocrates européens comme alternative pour résoudre la crise, d’autre part les bourgeoisies nationales se retrouvent réduites à redéfinir leurs alliances de classe pour la défense de leur propre impérialisme et de leur indépendance.  

L’URSS définira à partir de là une stratégie globale d’union entre les P”C” représentant ses intérêts en Europe et les, bourgeoisies nationales.  Ce sont les efforts du P”C”F vers l’UDR, le “compromis historique” proposé par le P”C”I à la démocratie chrétienne, la main tendue du P”C”E vers les monarchis­tes,etc… Pour contrer cette manoeuvre, les Etats-­Unis favorisent au maximum le développement des partis “socialistes” et tentent de faire échouer tout rapprochement.  

La stratégie de l’URSS s’appuie actuellement sur deux tactiques non antagoniques à l’heure actuelle, mais pouvant le devenir. C’est d’une part la tactique style P”C”P , purement social-­fasciste, visant à la prise du pouvoir par la force (noyautage de l’appareil d’état, répression ouverte des masses, putsch).

C’est d’autre part une tactique de type social-­démocrate dans des pays où les représentants de l’URSS ont besoin d’une façade démocratique et d’une base de masse pour parvenir à leurs fins de prise  du pouvoir, par des moyens électoralistes.  

Ce sont les cas du P”C”F, P”C”E et P”C”I.  Qu’il y ait des tiraillements entre les deux tactiques développées, cela est vrai, nous l’avons vu au congrès du P”C”US de février 1976, mais de là à en déduire le schisme du révisionnisme mondial, c’est aller trop vite.

Ni Marchais, ni Carillo, ni Berlinguer n’en sont à traiter Brejnev en ennemi.  Cela montre seulement que tous les P”C” ne sont pas de vulgaires mercenaires de l’URSS, comme Cuba par exemple, agent n°l des agressions social­impérialistes en Afrique.

Face à cette situation, l’attitude la Chine est claire: tout ce qui divise l’ennemi est juste.  

D’une part, la Chine favorise tout ce qui divise l’impérialisme (rupture de l’isolement du Japon en Asie, appels à l’unité européenne contre les USA et l’URSS,…), d’autre part elle soutient toujours fermement les luttes révolutionnaires: “LE PEUPLE CHINOIS CONSIDÈRE COMME SIENNES LES VICTOIRES REMPORTÉES PAR LES PEUPLES D’ASIE, D’AFRIQUE ET D’AMÉRIQUE LATINE DANS LEURS LUTTES ANTI­-IMPÉRIALISTES ET TOUTES LEURS LUTTES ANTI­-IMPÉRIALISTES ET ANTI-COLONlALlSTES ONT SA SYMPATHIE ET SON SOUTIEN CHALEUREUX.” Mao Tsé­ Toung.  

Prenons un exemple : en 1974, la Chine rétablit ses relations diplomatiques avec la Birmanie, ce qui entraîna la réouverture des frontières entre les deux pays sur la base des cinq principes de la coexistence pacifique et pour le renforcement de la politique de non-­alignement, affaiblissant les deux superpuissances.  De plus, quelques mois après, la Chine en profitait pour livrer des tonnes d’armes au Parti Communiste de Birmanie !

Chaque rétablissement de relations diplomatiques fut caractérisée par un même résultat : Ethiopie, Zaïre…  Cela montre le ridicule des chantres du trotskysme international qui, au nom de la pureté des principes figés, ne comprennent rien à la réalité, au jeu des contradictions et à la politique extérieure chinoise.  La Chine doit en plus faire face aux visées de son voisin soviétique dont la stratégie en Asie est de l’encercler militairement.

L’URSS concentre un million d’hommes sur les frontières chinoises, provoqua notamment la sécession du “Bengla Desh” en 1971, avec l’appui de l’Inde.  

En amenant Nixon à permettre son accession à l’O.N.U. en 1972, la Chine rompit son isolement. Et c’est en vain qu’aujourd’hui l’URSS tente de pousser les révolutionnaires Indochinois contre ce qui fut l’un de leurs plus fermes soutiens, la République Populaire de Chine.  

De toute façon, il est clair que pour nous ce sont les communistes de France qui feront la Révolution en France et qu’il y a deux attitudes erronées à combattre:  – celle qui amènerait les communistes à plaquer la juste politique chinoise sur la situation française.  – celle qui amènerait à juger les communistes français sur les actes des communistes de tel ou tel pays. Les communistes français doivent être jugés sur leurs propos et leurs actes propres. 

=>Retour au dossier PCMLF, PCR(ml), VLR, UCF-ML,
Nouvelle Cause du Peuple, NAPAP, Action Directe