Le matérialisme dialectique et la question de la contradiction interne insérée dans les rapports entre les reflets

Selon le matérialisme dialectique, les choses et les phénomènes connaissent des transformations qui sont produites par leur contradiction interne.

Cette contradiction interne est le produit de toute une chaîne de rapports, c’est le fruit d’une transformation.

Il n’est pas possible de la modifier depuis l’extérieur une fois qu’elle est établie.

Une fois qu’une contradiction est enclenchée, elle ira jusqu’au bout, même si bien entendu selon sa nature, il peut exister de très nombreux modes d’expression.

C’est une approche subjectiviste que de s’imaginer que, comme on peut comprendre la contradiction interne, on peut agir dessus, depuis « l’extérieur ».

Cette erreur a pu exister en URSS et en Chine populaire, dans les années 1950.

Il faut considérer que la contradiction interne est le produit de tout un enchaînement qui l’a précédé, mais également de toute une vague d’ampleur qui transporte des contradictions.

Dit plus simplement, chaque contradiction interne n’existe que dans un contexte bien particulier, de grande ampleur.

Un arbre n’existe pas sans forêt, une planète sans système planétaire l’accompagnant, etc.

La contradiction interne est ainsi déterminée, mais il y a donc la question de l’environnement qu’il faut prendre en compte.

Quel est le processus ?

Selon le matérialisme dialectique, les choses et les phénomènes n’existent pas de manière indépendante les uns des autres : c’est là le point essentiel.

Et comme la contradiction interne ne saurait être modifiée, c’est par le reflet que tout passe et se déroule.

En fait, tout se répète à l’infini en tant que reflet, ce qui revient à dire qu’il existe une infinité de choses et de phénomènes, chacun produisant des reflets, dans un univers où tout se reflète dans tout à l’infini.

Chaque reflet agit évidemment de différentes manières au sein des choses et des phénomènes ; il ne détermine pas la nature des choses et des phénomènes, mais intervient dans leur existence à différents niveaux.

La contradiction interne est ainsi travaillée par des conditions générales.

La chaleur de la poule qui couve permet au poussin d’éclore, le soleil qui brille permet au promeneur de s’orienter sur son chemin de campagne.

La chaleur de la poule est un reflet de l’existence de la poule, tout comme la lumière est un reflet de l’existence du soleil.

Ce n’est pas la contradiction interne à la poule qui chauffe l’œuf, mais la chaleur qui découle de l’existence de la poule permise par la contradiction interne.

La poule n’irradie pas la chaleur de sa contradiction interne, et la chaleur n’est pas une conséquence de l’existence de la poule qui serait une cause.

La chaleur qui va à l’œuf est un reflet.

On peut dire les choses ainsi : rien ne peut modifier de l’extérieur cette contradiction.

Par contre, les choses et les phénomènes interagissent tous, car rien ne peut exister de manière indépendante. Cela produit des rapports, et donc des contradictions.

Ces contradictions forment comme des vagues qui transportent toute une série de contradictions, pour les faire se heurter à d’autres contradictions.

Ainsi, on peut dire qu’on a d’un côté les contradictions internes aux choses et aux phénomènes, de l’autre les contradictions externes entre les choses et les phénomènes.

Et on passe par le reflet pour aller de la réalité de la contradiction interne aux autres contradictions internes.

Les contradictions internes relèvent de l’absolu, les rapports externes du relatif.

L’humanité a bien sûr eu du mal face à cette contradiction ; c’est la raison pour laquelle il a été imaginé que les choses avaient été créées.

La création par Dieu est toujours ex nihilo, à partir de rien.

On passe rien à quelque chose, comme par magie.

Le matérialisme dialectique, lui, considère que le rien n’existe pas, que lorsqu’on retombe à zéro, alors on repart à l’infini.

Ce qui se déroule en réalité, c’est le développement de contradictions internes, avec les reflets de leurs réalités qui s’entrechoquent.

Il n’y a pas simplement des contradictions internes, il y a des rapports entre les reflets produits, et l’ensemble produit comme une immense vague.

On pourrait considérer en un sens que la contradiction interne représente l’aspect principal, les rapports entre les reflets les aspects secondaires.

Cependant, il existe une dynamique propre à la contradiction interne, notamment le moment du nexus où celle-ci est si forte que les opposés se confondent.

On peut ici penser à la reproduction. Si on regarde bien, celle-ci est un reflet.

Un enfant est le reflet des deux parents et c’est le sens de l’ADN que de transmettre les traits de chacun, exactement comme une ombre reflète un arbre sur le sol ou bien la saveur du sucre sur la langue reflète sa nature chimique.

L’ADN transmis ne consiste pas en la contradiction interne d’une personne, c’est simplement son reflet.

Encore est-il bien sûr clair que cet ADN fixe ne saurait être absolument « fixe », comme le considère l’idéalisme avec le néo-darwinisme.

Mais là n’est pas la question. Ce qu’il est essentiel de voir, c’est que la reproduction passe par

l’échange de reflets, l’interaction de reflets.

Comme il y a forcément un rapport inégal, il y a ainsi un homme et une femme pour la reproduction, c’est-à-dire un cas où il y a une nuance (l’homme transmet son ADN) et une différence (la femme transmet son ADN mais porte également l’enfant, qui est une partie d’elle et en même temps n’est pas une partie d’elle, car sa contradiction interne reste inchangée).

On en arrive toutefois à un souci.

Si la contradiction interne reste séparée des reflets, comment des reflets peuvent-ils arriver à produire une contradiction interne ?

Si les deux parents restent non modifiés dans leur nature, que c’est l’échange de reflets qui produit l’enfant, alors n’y a-t-il pas un mouvement des reflets à la contradiction interne ?

Il est évident qu’un enfant n’est pas simplement un reflet de ses parents, il ne se résume pas à une ombre, un mélange qui reflète deux choses qui auraient une vraie valeur, et elles seulement.

Mais raisonner ainsi serait oublier que tout reflète, mais qu’également tout est reflet.

Une contradiction interne n’existe pas en soi, indépendamment, telle une chose éternelle.

Elle est le produit de transformations qui elles-mêmes sont passées par des reflets.

C’est là où le principe de l’univers comme océan avec des vagues joue pleinement : les contradictions internes ont des reflets qui s’entrechoquent, modifient les rapports, produisent des contradictions, et ce à l’infini.

La contradiction entre les deux parents, qui produit l’enfant, relève également d’une vague, qui a donné naissance à l’humanité.

Et l’humanité est née de reflets qui, interagissant, ont modifié des conditions générales, amenant le « passage du singe à l’homme ».

L’erreur subjectiviste tient ici à dire qu’il suffirait de modifier un environnement pour modifier la contradiction interne. C’est impossible, car il existe déjà une dialectique entre la contradiction interne et l’environnement.

Au fond, les choses et les phénomènes existent en soi, en obéissant à leur contradiction interne.

Mais ils sont le produit de reflets, qui eux-mêmes ont été charriés par une vague de matière en transformation.

Pour résumer simplement : l’humanité ne peut pas exister sans la planète Terre comme Biosphère, mais elle est également née à travers la vague de matière donnant naissance à la Biosphère.

Si elle est « indépendante » dans la mesure où elle existe avec sa contradiction interne, elle relève d’un « ensemble ».

On rejoint ici la question du rapport de chaque chose, de chaque phénomène, avec l’univers.

Tout ce qui existe le fait en soi, mais est une composante d’une vague, d’une infinité de vagues de l’univers.

Ce sont ces vagues qui ont également donné naissance à ce qui existe et qui mettront un terme à ce qui existe.

Tout se transforme, en répondant à sa contradiction interne, mais celle-ci naît comme reflet, vit comme reflet, meurt comme reflet, dans l’infinité des reflets composant l’univers, où la matière répond à la matière, partout, tout le temps et dans l’éternité.

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