Le matérialisme dialectique et le reflet de chaque contraire par rapport à son contraire

Le matérialisme dialectique affirme que dans chaque phénomène, dans chaque chose, il y a deux pôles qui se retrouvent face à face : le haut et le bas, le positif et le négatif, le froid et le chaud, etc.

Il souligne également que ces deux pôles sont vraiment face à face, dans la mesure où l’un reflète l’autre en tant qu’opposé, et cela de manière telle qu’il y a même à un moment la conversion de l’un en l’autre.

Le terme de « nexus » désigne ce moment de rencontre des deux contraires, qui se réalise au moment du saut dialectique.

Néanmoins, il se pose une question à la fois simple et compliquée.

Quel contraire fait, en effet, face à l’autre ?

Si on dit que c’est l’un qui reflète l’autre, cela veut-il dire alors que l’autre ne reflète pas le premier ?

Cela ne saurait être, sinon ils ne seraient pas des contraires.

Le haut refléterait le bas, mais pas le haut, ce qui n’a pas de sens.

Cependant, si on dit que chacun reflète l’autre, alors on en arrive à deux possibilités.

Soit en fait ils n’existent ni l’un ni l’autre, n’existant que comme reflet d’un reflet d’un reflet d’un reflet et ce à l’infini.

Soit ils existent tous les deux, mais alors comment peuvent-ils se refléter, s’ils existent au préalable tous les deux ?

Cette question rejoint, on l’aura compris, la contradiction entre le fini et l’infini, ainsi que celle du zéro de l’infini.

Chaque chose est et n’est pas : elle se transforme toujours, elle est en développement et jamais statique.

Chaque contraire est ce qu’il est, et en même temps il va refléter son contraire.

Et au bout du processus, la contradiction s’exprime de manière productive justement au moment où, pour ainsi dire, chaque contraire a fait le tour de l’autre.

Pour donner un exemple, le haut reflète le bas et le bas le haut, et dans des conditions données, leur rapport contradictoire s’exprime dans le vertige.

La bourgeoisie reflète le prolétariat et le prolétariat la bourgeoisie; lorsque la bourgeoisie cesse d’être en mesure d’être une classe dominante, à l’inverse du prolétariat, les rôles s’inversent conformément à l’expression du rapport entre les contraires.

Et si on prend les choses au niveau de l’univers, alors on a une infinité de reflets dans toute chose et partout, relevant d’un océan de vagues-miroirs où tout se reflète et se développe toujours plus, nourri par les sauts qualitatifs réalisés par les vagues-miroirs.

Les choses et les phénomènes existent en tant que miroirs, ils reflètent alors qu’eux-mêmes sont constitués de reflets.

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