Peter Paul Rubens a commencé comme page d’une duchesse, avant de se tourner vers la peinture et de s’installer, jeune homme, en Italie, notamment en tant que peintre à la Cour du duc de Mantoue, Vincenzo Gonzaga.
Il va, à ce titre, découvrir toute la peinture italienne et même être envoyé en mission à la Cour d’Espagne.
Rentré à Anvers en 1609, l’archiduc Albert (issu des Habsbourg autrichiens) et l’archiduchesse Isabelle-Claire-Eugénie (fille du roi d’Espagne Philippe II) le nomment peintre à la Cour, mais c’est surtout son atelier qui tourne à plein régime, Rubens participant plus ou moins à la réalisation des œuvres.
C’est dans ce cadre qu’est réalisé, par exemple, le Portrait d’Éléonore de Gonzague, impératrice, à l’âge de 2 ans, à mi-genoux.

Rubens participe alors à une immense production, lui-même étant auteur de 1 300 tableaux, ainsi que de dessins, illustrations de livres, tapisseries murales, etc.
Et il sera également employé comme diplomate du plus haut niveau par l’Espagne.
Une si vaste production induit une soumission au style exigé, avec notamment ces fameux petits anges grassouillets, ces femmes plus ou moins nues et surtout voluptueuses, etc.
C’est devenu une tradition chez les critiques d’art de relever, de manière dédaigneuse, l’orientation de Rubens pour des femmes plantureuses, aux formes systématiquement arrondies, avec une tendance prononcée pour ce qu’on peut appeler de la vulgarité, etc.
Vénus et Cupidon, réalisé vers 1606, reste parmi les moins pires de kitscheries produites au kilomètre.

On est là en fait dans un art décoratif pour les couches dominantes non religieuses, avec à l’arrière-plan une culture humaniste davantage tournée vers la Grèce et la Rome antiques que vers les problèmes de l’époque.
U ne peinture comme Les trois grâces, datant vers 1635, est caractéristique du style demandé à l’époque, avec cet improbable mélange d’austérité catholique immensément ostentatoire en fait et cet hédonisme des aristocrates se masquant esthétiquement derrière l’Antiquité gréco-romaine.

Persée libérant Andromède, datant de 1622, illustre bien une telle approche.

Ce qu’il y a de belge n’est donc pas directement belge.
La peinture de Rubens est cosmopolite : elle mêle l’esprit catholique de Rome et la culture antique de l’aristocratie.
La dimension nationale tient au « remplissage » organisé-désorganisé.
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l’intimisme de Rembrandt et l’exubérance de Rubens