OOA (MLM-pM):Le marxisme et la question nationale en Afghanistan

Dédié au Mouvement Communiste International

« Quelle est l’essence de cette révolution démocratique?

C’est une guerre paysanne dirigée par le Parti Communiste, elle entend créer un Etat nouveau constitué de quatre classes pour écraser l’impérialisme, la grande bourgeoisie, les propriétaires terriens et, ce faisant, accomplir ses quatre tâches.

C’est ainsi que la révolution démocratique a une forme principale de lutte: la guerre populaire et une forme principale d’organisation: la force armée;

cela représente, donc, la solution du problème de la terre, du problème national, de la destruction de l’État propriétaire terrien bureaucratique, des forces armées réactionnaires – cette colonne qui le soutient- pour réaliser l’objectif politique de construire un État nouveau, un État de Démocratie Nouvelle et de créer la République Populaire de Démocratie Nouvelle, pour ensuite, avancer immédiatement vers la révolution socialiste.

En synthèse: la révolution démocratique se concrétise dans la guerre paysanne dirigée par le Parti Communiste; toute autre modalité ne représente rien d’autre qu’un service à l’État propriétaire terrien bureaucratique. » Président Gonzalo [cité dans le document du Parti Communiste du Pérou : La révolution démocratique]

C’est à partir du point de vue de classe que les marxistes révolutionnaires d’Afghanistan ont vu la question nationale. Cela a été un point les différenciant de la « perspective nationale » des révisionnistes.

Ces cinq dernières décennies, les révisionnistes ont soit sous-estimé cette question, soit l’ont surestimé. De telles sous- et sur-estimation sont issues de leurs analyses non fondées sur les classes de la question nationale en Afghanistan.

La question nationale, comme le marxisme l’enseigne a été une question paysanne, dans les pays féodaux, semi-féodaux, semi-coloniaux / coloniaux. L’Afghanistan a été semi-coloniale ou une colonie lors des 150 dernières années.

Ce statut a commencé avec l’invasion anglaise en Afghanistan.

Le peuple d’Afghanistan a mené trois héroïques guerres contre les colonialistes britanniques.

Sous Amir Amanullah Khan, notre peuple a remporté la victoire politique et militaire sur la Grande-Bretagne, mais, cela n’a pas duré plus d’une décennie, et en bout de dix ans, d’abord Habibulah Kalakani, puis Nader Shah, ont de nouveau défait le courant progressiste.

Sous Nader Shah a eu lieu le processus d’émergence d’un capitalisme bureaucratique aux côtés des vestiges du féodalisme, et soumis à l’impérialisme. Ainsi, l’Afghanistan est apparu comme un pays semi-féodal et semi-colonial, dans lequel un capitalisme bureaucratique a émergé.

Mais le processus d’émergence de ce « capitalisme » était trop lent, et Nader régnait encore comme un monarque féodal plutôt qu’un monarque bureaucrate.

Ce document, traite principalement de la question nationale, qui est essentiellement une question des paysans en Afghanistan.

Notre organisation a cependant produit de nombreux documents analysant la question nationale en Afghanistan, mais en raison du fait que la quasi-totalité des analyses sont en persan, il est nécessaire de délivrer un document en anglais pour le Mouvement Communiste International.

Les révisionnistes et ceux ayant un faible niveau de connaissance idéologique ont largement, et de manière fausse, annoncé et fait valoir que le peuple d’Afghanistan est une nation.

Le slogan « nation afghane » était une arme de combat, par lequel le parti de la « Afghan Millat » (= la nation afghane), sous le règne du roi Zaher Shah (fils de Nader Shah), a supprimé les autres nationalités et les minorités nationales. La monarchie a également vu son intérêt tribal pour défendre un tel programme réactionnaire.

Mais, les maoïstes, opposés à un tel ordre du jour, et fondés sur la théorie marxiste de ce qu’est une nation, ont fait valoir que: le peuple de l’Afghanistan, non seulement ne fait pas une nation, mais, le slogan de « nation afghane » est une arme de combat, par lequel les réactionnaires ont toujours supprimé les masses révolutionnaires.

Certaines sections des militants soutenant la pensée Mao Zedong et qui avaient de faibles connaissances théoriques ont également été victimes du fait de parler du peuple d’Afghanistan comme nation afghane. Mais, pour la plupart des maoïstes en Afghanistan, il était clair que nous n’avons pas les conditions requises pour être une nation.

L’excellent travail du camarade Staline, le marxisme et la question nationale, a toujours été une source théorique solide des maoïstes qui discutent de la question nationale à partir d’une position de classe.

Pour étudier l’oppression nationale en Afghanistan, nous n’avons pas à sous-estimer les noires tentatives de la royauté, qui a toujours affirmé que la nationalité pachtoune, qui est aussi appelé les Afghans, constitue la majorité de la population.

Mais, ce n’est qu’une question politique, et elle n’a pas de réalité objective.

La domination pachtoune en Afghanistan, soutenue par les impérialistes et les colonialistes pendant la majeure partie du 20e siècle, n’a jamais autorisé les statistiques pour le calcul des nationalités et de la population.

Une des statistiques, que l’ONU cite également, et qui est pratiquement négligée par les politiciens pachtounes chauvins réactionnaires , est celle qui a été faite sous le régime du [Parti Démocratique Populaire d’Afghanistan] révisionniste.

Le régime du PDPA a estimé que la population de nationalité pachtoune composait seulement 39% de la population. Les révisionnistes ont abandonné le processus de statistiques concernant la population, et ils se sont opposés à la poursuite de l’affaire.

Cela parce que Taraki et Amin, deux dirigeants révisionnistes du PDPA, étaient pachtounes, et ils avaient aussi des conceptions chauvines qui ne permettaient pas de politiques réelles.

Pendant le règne Zaher Shah, il y a eu un homme politique non-pachtoune d’Afghanistan, Taher Badakhshi, qui a également prétendu être marxiste, et qui a proposé un scénario national pour l’Afghanistan. Son courant a été défini comme « courant anti-oppression nationale. »

Mais, il n’a pas proposé son scénario en le fondant sur le marxisme. Il était un petit-bourgeois nationaliste, qui avait une vision étroite d’esprit et sectaire de l’émancipation des nationalités. Il a donné la priorité aux droits des minorités nationales, à la place de la lutte des classes. Ainsi, son scénario a été condamné et rejeté par les forces révolutionnaires d’Afghanistan.

Les maoïstes ont fait valoir que pour autant que les Pachtounes ne semblent pas être la majorité, et que la création de la question de la « minorité » et de la « majorité » a été un piège politique de la classe dominante réactionnaire afin de supprimer les masses non-pachtounes, cela ne signifie pas qu’il soit juste et révolutionnaire d’imposer le nationalisme.

Le marxisme argumente seulement pour une analyse de classe de la question nationale. C’est une réalité que la couche dirigeante du peuple pachtoune a toujours supprimé les masses non-pachtounes, mais nous ne devons pas oublier que des millions de personnes du peuple pachtoune souffrent également de l’oppression de classe de la féodalité et du capitalisme bureaucratique.

Tout le monde sait que les dirigeants Pachtounes ont donné de nombreux privilèges aux Pachtounes dans la distribution des terres des zones peuplées de non-pachtounes, principalement sous Nader Shah, et Zaher Shah, mais nous ne devons pas oublier que il y a encore des millions de Pachtounes pauvres sans terre et qui sont des paysans pauvres qui sont les forces réelles pour une Révolutions de Nouvelle Démocratie.

Ainsi, les maoïstes révolutionnaires d’Afghanistan ont rejeté la thèse « anti-oppression nationale » de Taher Badakhshi. Cette thèse était une orientation sectaire, non fondée sur les classes, et qui était principalement en faveur des féodaux réactionnaires non-pachtounes.

Ainsi, le « courant anti-oppression » a été analysé en tant que tel et qualifié par les maoïstes comme étant un programme réactionnaire, qui voyait l’ensemble de la population pachtoune comme l’ennemi d’autres nationalités.

Les maoïstes ont fait valoir que: le peuple pachtoune n’est pas réactionnaire dans son ensemble, c’est seulement une mince couche au pouvoir, qui représente les intérêts du capital bureaucratique et des seigneurs des terres, qui est réactionnaire.

Mais, les maoïstes ont également souligné que: il y a les astuces de la strate gouvernante, qui tente de tromper les masses pauvres pachtounes et de les utiliser comme une arme de combat pour supprimer les autres masses.

Dans ce scénario, les Pachtounes pauvres, en raison du faible niveau de conscience politique, ont de nombreuses fois été instrumentalisé dans l’élimination des masses non pachtounes ; cependant, il n’est pas juste de cibler la nationalité pachtoune comme réactionnaire.

Nous devons cibler le véritable ennemi: l’impérialisme, le capitalisme bureaucratique et les propriétaires terriens.

Les djihadistes, les prétendus combattants de la liberté de Ronald Reagan [président des USA de 1980 à 1988], qui étaient en faveur de l’impérialisme mondial, principalement l’impérialisme yankee, en venant toutefois avec de faux slogans sur la fraternité islamique, étaient profondément enracinés dans les illusions nationalistes.

Gulbuddin Hekmatyar, comme comandant dhihadiste pachtoune, a été soutenu par les services de renseignement pakistanais, et avait des liens avec les États-Unis.

Son parti, le Parti islamique d’Afghanistan, avait principalement comme membres des Pachtounes.

De l’autre côté, Ahmad Shah Massoud, un autre comandant dhihadiste, qui était un non-Pachtoune et mettait en avant une nationalité tadjik, prétendant toutefois à une identité islamique, était organisé principalement à partir de combattants tadjiks.

Massoud était lié par un bout aux impérialistes français, et de l’autre il avait des liens avec le KGB.

En outre, après la défaite des djihadistes et pendant la domination d’Al-Qaida en Afghanistan, où le groupe taliban a dirigé en grande partie le pays, les relations de Massoud avec la Russie et la France était plus qu’un « mystère », et ces deux pays impérialistes ont appuyé le soi-disant « front uni national » sous la direction de Massoud.

Le voyage de Massoud en Europe, qui a eu lieu au cours de la dernière année de sa vie et qui a été chaleureusement félicité par les régimes impérialistes d’Europe occidentale, était une autre pose « démocratique », que ce comandant fasciste génocidaire a montré à la presse.

Le général Ab. Rashid Dostom, un chef de milice, qui provenait d’une nationalité ouzbèke d’Afghanistan, est également un chef de guerre, qui se déclarait faussement pour les droits du peuples ouzbek, mais il est en réalité en faveur des seigneurs fonciers réactionnaires ouzbeks, et maintient les intérêts des riches ouzbeks.

Il y avait Abdul Ali Mazari, d’ethnie Hazara et chef religieux des chiites, qui a aussi été un commandant djihadiste, toutefois affirmant les droits des Hazaras, mais avait jailli du régime théocratique des mollahs d’Iran, et était un ennemi des masses opprimées et pauvres.

C’était un seigneur de la guerre féodal, qui se battait pour le bénéfice des riches des Hazaras.

Il y a au moins des dizaines de dirigeants djihadistes et religieux encore en vie qui, après la défaite du social-impérialisme soviétique en Afghanistan, sont désormais en train d’abandonner les slogans religieux, et ont glissé vers le nationalisme de leurs propres ethnies.

En effet, ils jouent avec le scénario de l’oppression nationale, et sont tout simplement en train de gagner du prestige auprès des nationalités en les trompant.

Il y a maintenant des illusions parmi certaines sections de Pachtounes sans conscience comme quoi Gulbuddin Hekmatyar, un commandant pachtoune, combat l’invasion menée par les USA. Ce n’est pas vrai.

Gulbuddin est le même que Massoud auparavant. Massoud a tué des milliers de maoïstes. Gulbuddin est aussi un fondamentaliste extrémiste islamiste. En outre, il est un chauviniste pachtoune, et il est le même que le roi Zaher et le roi Nader sur le plan du chauvinisme.

Les révisionnistes, les djihadistes, les talibans et enfin l’équipe marionnette de « technocrates » de Karzaï, le président fantoche de la République islamique d’Afghanistan, sont toutes des forces réactionnaires, qui n’ont rien à dire sur la question nationale, et à la place, ont réussi un scénario de guerre des nationalités.

L’Afghanistan est un pays d’une mosaïque de nationalités. Au lieu d’une nation, nous avons au moins une trentaine de groupes ethniques, et quatre grandes nationalités.

Les Pachtounes, la nationalité largement dominante: sont parmi les personnes les plus grands individus traîtres d’ethnie pachtoune, qui ont trompé les Pachtounes et mené des guerres de suppression à l’égard d’autres nationalités, les traîtres comme Gulbuddin (leader islamiste), Sayyaf (leader islamiste), Karzaï (l’actuel président de l’Afghanistan), Taraki (chef du PDPA [Parti démocratique populaire d’Afghanistan] révisionniste – fraction Khalq [le peuple] et ancien président de l’Afghanistan), Hafizullah Amin (autre chef de file révisionniste du PDPA – fraction Khalq, qui a été président de l’Afghanistan pendant 90 jours), le mollah Omar (le chef du groupe réactionnaire taliban).

Ils ont tué des millions d’innocents en Afghanistan, et ils sont tous, avec leurs partis respectifs, des criminels de guerre.

Les Tadjiks: c’est une autre nationalité significative et importante d’Afghanistan.

Les traîtres et criminels musulmans comme Burhanuddin Rabbani (ancien président d’Afghanistan avant la domination des talibans), Ahmad Shah Massoud (un extrémiste islamiste qui a tué principalement les combattants maoïstes dans les zones non-pachtounes), Ustad Attah (gouverneur de la province de Balkh, et ​un des principaux dirigeants des djihadistes d’origine ethnique tadjik)…

De tels individus ne représentent pas les intérêts de l’ethnie tadjik de l’Afghanistan. Au contraire, ils sont les assassins des forces progressistes d’Afghanistan.

Les Ouzbeks: c’est une autre nationalité significative et importante d’Afghanistan.

Le général Dostum, d’une milice ouzbek, qui n’a même pas fini l’école d’une bonne manière, avait été « nommé » comme général militaire de l’ancien président du régime djihadiste, Sibghatullah Mujadidi. Il a été honoré pour sa contribution, avec les djihadistes, à renverser le régime du PDPA.

Les Hazaras: c’est une autre nationalité significative et importante d’Afghanistan.

Abdul Ali Mazari (fondateur du Parti de l’Unité islamique d’Afghanistan) est le dirigeant qui a ordonné le génocide de la population pachtoune et non Hazara. Il a agi à titre d’agent du régime chiite d’Iran. Mohaqiq est un autre chef fasciste religieux du Parti de l’Unité islamique d’Afghanistan.

Khalili est un autre fasciste d’ origine ethnique hazara, qui est maintenant le vice-président de Hamid Karzaï, et participe au régime fantoche des marionnettes sous l’occupation militaire.

Comme on le voit, les traîtres ci-dessus ont été les ennemis du peuple de l’Afghanistan.

Il y a d’autres organisations, clandestines ou semi-clandestines, qui prétendent toutefois être anti-djihadistes et non-islamistes, mais elles sont au service de l’impérialisme américain et d’autres puissances occidentales. Elles servent à la bourgeoisie bureaucratique compradore.

Elles n’ont pas condamné l’invasion de l’Afghanistan dirigée par l’OTAN, et ont pris le parti de Hamid Karzaï. RAWA (Organisation Révolutionnaire des Femmes d’Afghanistan) est l’une de ces forces.

RAWA a finalement renoncé, a abandonné la « lutte » clandestine et sous le pouvoir de Karzaï a célébré le « 8 mars » à Kaboul. Cette organisation a également participé aux élections des conseils provinciaux du régime fantoche.

RAWA est essentiellement la branche féminine de l’Organisation de Libération de l’Afghanistan ; l’ALO est une organisation suivant Deng Xiao Ping, qui avait émergé en se fondant sur la théorie des trois mondes.

Son dirigeant, Dr. Faiz Ahmad, a été le fondateur de l’économisme afghan. Il a renoncé à la lutte révolutionnaire et a rejeté la stratégie de la guerre populaire en faveur de la lutte armée. Aujourd’hui, l’Organisation de Libération de l’Afghanistan est aux côtés de l’impérialisme yankee, et n’a pas d’opposition aux élections présidentielles marionnettes en Afghanistan.

Notre organisation a toujours condamné RAWA et l’OLA. Ce sont les organisations qui servent pour le régime compradore bureaucratique de Hamid Karzaï, et ils ont vendu leur pays dans la lutte politique pour l’impérialisme.

Karzaï est un héros pour l’impérialisme américain. Ainsi, il a aussi été un héros pour l’ALO et sa branche féminine, RAWA.

Massoud est un héros pour l’impérialisme français, les djihadistes l’admirent aussi !

Gulbuddin est un héros pour les impérialistes et l’État réactionnaire du Pakistan, ainsi les chauvins parmi les Pachtounes le soutiennent, pas tous les Pachtounes.

Abdul Ali Mazari est un héros pour les islamistes d’Iran et les djihadistes chez les Hazaras. Mais pas pour les masses opprimées.

Dostum est un héros pour l’Ouzbékistan et les propriétaires terriens ouzbeks d’Afghanistan, et non pour les masses opprimées des Ouzbeks.

Le véritable héros d’Afghanistan, le héros des masses, qui a dirigé le processus révolutionnaire des masses laborieuses d’Afghanistan, est le camarade Akram Yari.

Akram Yari était, sur le plan ethnique, un Hazara. Il était issu d’une minorité hazara. Mais, il ne s’est jamais vu comme un Hazara. Il croyait au potentiel révolutionnaire des masses opprimées d’Afghanistan. Ainsi, il s’est tout d’abord opposé aux féodaux hazaras.

Il était l’ennemi des propriétaires terriens hazaras. Ce fut la raison pour laquelle ses oncles et ses proches, qui étaient tous des propriétaires fonciers, ont été parmi ses premiers opposants.

La principale forme de lutte en Afghanistan est la guerre populaire, et la principale forme d’organisation est l’Armée de Libération du Peuple, et ces deux armes ouvrent la voie à une émancipation nationale, pour la révolution démocratique, et pour mener une lutte prolongée pour une République de Nouvelle Démocratie d’Afghanistan.

Notre organisation a toujours célébré la riche culture de nos masses opprimées. Nous avons toujours salué Norouz (la fête persane du Nouvel An) seulement pour les masses laborieuses, et non pour les seigneurs de la guerre, et non pour les classes dominantes réactionnaires.

Ce document, qui coïncide avec la fête nationale du printemps et Norouz (le premier jour de l’année), est un prolongement de notre célébration de l’an dernier.

Nous avons déjà mis une félicitation pour Norouz en faveur des masses opprimées sur notre site Web. Chaque année, nous avons souhaité Norouz pour les opprimés.

Cette année, nous l’avons de nouveau souhaité pour les millions de paysans, qui affirment que: Norouz est le jour des paysans.

Il s’agit d’une journée qui annonce le début d’une nouvelle année, et le début du printemps. Donc, ce jour, est un symbole des masses laborieuses qui servent le pays. C’est pourquoi, Norouz, depuis presque une centaine d’années, a également été appelé le jour de la célébration de la paysannerie.

Que la question nationale, comme le marxisme l’a toujours enseigné, soit la lutte des paysans pour l’émancipation, et pour la Révolution de Nouvelle Démocratie.

Non à tous les « représentants » réactionnaires des groupes ethniques d’Afghanistan.

Non au chauvinisme des traîtres pachtounes (et non des masses pachtounes) et au nationalisme sectaire et étroit d’esprit des dirigeants traîtres non-pachtounes (et non des masses de non-Pachtounes).

Les peuple d’Afghanistan sont un poing uni!

Ne vous divisez pas ! Unissez-vous et mettez en déroute l’impérialisme, le capitalisme bureaucratique et le féodalisme!

Organisation des Ouvriers d’Afghanistan
(Marxiste-Léniniste-Maoïste, principalement Maoïste)
25 mars 2013

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Akrami Yari sur le capitalisme bureaucratique

Qu’est-ce que le capitalisme bureaucratique ? La compréhension de cette forme sociale est au plus profond du noyau du maoïsme. Selon le maoïsme, il y a deux types de pays : les pays impérialistes d’un côté, et les pays opprimés de l’autre. Ces pays opprimés sont semi-coloniaux, semi-féodaux.

Dans les pays capitalistes, le marché libre a triomphé et anéanti les restes féodaux. Cela n’est pas le cas dans les autres pays, où la bourgeoisie a été trop faible face à l’hégémonie impérialiste, et où le féodalisme n’existait pas dans une version développée, l’économie du pays étant fondée sur une économie traditionnelle d’auto-suffisance locale.

En raison de cela, le capitalisme a été d’un côté dans l’incapacité d’abolir le féodalisme organisé d’en haut par l’impérialisme, de l’autre côté incapable également de se développer franchement.

Cela amène à la situation où le capitalisme est une forme dégénérée, existant d’un côté en soumission à l’impérialisme, et de l’autre en rapport étroit avec le féodalisme. Il y a de fait une contradiction entre la bourgeoisie bureaucratique et la bourgeoisie nationale, et pour cette raison la bourgeoisie bureaucratique soutient le féodalisme contre la bourgeoisie nationale et sa volonté de généraliser le capitalisme.

Pour cette raison, aucune « modernisation » ne peut vraiment avoir lieu, parce que le féodalisme bloque chaque développement ; même s’il est apparemment faible, il se maintient par différentes formes. Voyons ce que nous enseigne Akram Yari avec l’exemple afghan :

« Est-ce que le développement d’un tel capitalisme corrompu et dégénéré [le capitalisme bureaucratique] qui vient de la situation de l’impérialisme mondial, triomphe de la féodalité sur le long terme ?

Est-ce que l’impérialisme est en mesure de développer son embryon (le capitalisme) sous cette forme dans ce pays (en Afghanistan)? [Sans s’appuyer sur une forme corrompue, qui est le capitalisme bureaucratique.]

La réponse à cette question, selon notre point de vue, est absolument négative!

Tout d’abord, le développement et la croissance du capitalisme de marché libre, qui joue un rôle secondaire dans une telle circonstance, est sujet à la défaite dans la situation internationale du capitalisme impérialiste.

Cela vient des tendances gloutonnes et de l’expansionnisme hégémonique de l’impérialisme, en particulier du social-impérialisme qui crée des obstacles et empêche le développement de cette classe capitaliste nationale [la bourgeoisie nationale].

Deuxièmement, il y a la croissance et le développement du capitalisme bureaucratique, qui est mélangé avec l’oppression, les troubles et les discriminations féodales, et contaminé par des corruptions, la hiérarchie des privilèges, et en même temps la dictature religieuse fasciste qui lui est aussi inséparablement annexée, et est la seule forme qui a vu le jour dans tous les pays sous la domination du capitalisme [impérialiste] ; dans une telle forme dégénérée [qu’est le capitalisme bureaucratique], non seulement ne se développe pas le capitalisme dans de tels pays, mais plutôt se renforcent et se fortifient les vestiges du féodalisme, et cela joue un rôle pour sauver le féodalisme dans ses frontières, et par cela [un tel développement dégénéré du capitalisme], se maintient la stabilité du marché mondial impérialiste.

Donc, la seule chose que le marché impérialiste apporte à de tels pays, et qu’il appelle « modernisation », est un capitalisme corrompu chétif, qui est pourri et dégénéré plutôt que progressiste, et est plus âgé que n’importe qui peut supposer [et celai est contraire aux allégations de ses apologistes qui argumentent pour son caractère moderne], et c’est plus que son caractère « moderne », cet appui sur le pourri et le vieux [les vieilles infrastructures et superstructures préalables]. »

C’est l’enseignement maoïste classique. Selon les révisionnistes (du type social-impérialiste soviétique ou de la variante hoxhaiste), la bourgeoisie nationale est en mesure de prendre le pouvoir ou au moins d’influencer la société.

Le maoïsme nous enseigne que ce n’est pas le cas. Il n’y a pas seulement une bourgeoisie bureaucratique, il y a aussi un capitalisme bureaucratique, il n’y a pas que des forces féodales, il y a le féodalisme. Un pays semi-colonial semi-féodal n’est pas qu’un pays où sont présent une classe capitaliste bureaucratique et le féodalisme, c’est un pays dont la réalité est façonné par eux.

Prétendre changer cette réalité de l’intérieur est, en fait, moderniser à la fois le capitalisme bureaucratique et le féodalisme, formes qui ne sont pas « du passé », mais produit par l’impérialisme ; il y a l’impérialisme d’un côté, la réalité semi-coloniale semi-féodale de l’autre : c’est la forme dialectique de cet aspect de la réalité.

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Akram Yari a-t-il fondé l’approche matérialiste dialectique de la psychologie?

Akram Yari, le grand maoïste historique de l’Afghanistan, a-t-il fondé l’approche matérialiste dialectique de la psychologie? Il s’agit d’une question très importante. Il y a de nombreux d’éléments qui peuvent nous laisser considérer que c’est le cas. Revenons à une phrase écrite par Akram Yari:

« La pérennité de l’individu est une cause de surplace et est un agent passif, mais le sacrifice pour la classe [ouvrière] est un agent dynamique et actif. »

Il est nécessaire de commenter davantage cette phrase, étant donné que sa luxuriance idéologique est extrême.

Pôles d’opposés

Comme nous pouvons le voir, en effet, il y a deux pôles d’opposés:

pérennité de l’individu <=====> sacrifice pour la classe [ouvrière]

cause de sur-place et est un agent passif <=====> un agent dynamique et actif

Si l’on regarde plus loin, nous pouvons voir encore des paires de contraires, les contraires:

individu <=====> classe [ouvrière]

pérennité <=====> sacrifice

et

cause de surplace <=====> agent dynamique

agent passif <=====> agent actif

Nous commençons à avoir une vision du luxe de la pensée d’Akram Yari. Allons plus loin et voyons quels mots il a utilisé.

L’étymologie des mots choisis

En particulier, nous devons voir quel vocabulaire il utilise pour actif / passif et cause de sur-place / dynamique.

Akram Yari dit:

“بقای فردی عامل سکون وپسیف است وازخودگذری درمقابل منافع طبقه عامل متحرک واکتیف”

Pour « surplace », il utilise “سکون”, prononcé « Sukoun », cela vient de la langue arabe, où cela signifie « calme » ; il est aussi employé par le grand maître de la falsafa, Avicenne, par exemple dans le « Danesh Namé », le « livre de la science. »

Pour dynamique, il emploie “متحرک”, prononcé « Mutaharek », qui vient de l’arabe “حَرَكَة”.

Ici, il est à noter que le mot est à prendre au sens de « mobile », c’est-à-dire de dynamique dans le sens où il peut venir à être en mouvement.

L’opposition surplace / dynamique est à comprendre comme calme / mobile.

C’est directement en relation avec l’opposition passif / actif, pour lesquels Akram Yari utilise les mots empruntés à la langue anglaise (aktif / pasif).

Et maintenant, portons un dernier regard, sur le mot « agent ». Akram Yari utilise le mot “عامل”, prononcé « aamel. » Cela vient de la langue arabe, et le dictionnaire en ligne wiktionnaire donne cette explication utile (dans la version anglaise)

« Nom

عَامِل‎ • 

(ʕāmil) , pluriel عَوَامِل

(ʕawāmil)‎

1. facteur, constituant, élément, agent causal
2. force motrice
3. (grammaire) mot qui régit un autre mot
 »

La Falsafa: Al-Fârâbî et Avicenne

Maintenant, jetons un regard sur les enseignements de la Falsafa. Trouvons-nous les mêmes pôles d’opposés?

Prenons l’opposition :

agent passif <=====> agent actif

Pour résumer, selon la tradition d’Aristote, du second maître (Al-Fârâbî) et d’Avicenne, il y a un Dieu qui est un « moteur ».

Parce qu’il est « bon », il produit la bonté qui est déjà séparée de Dieu, donnant naissance à un « ange » qui est un « intellect » (aql).

A la fin de ce processus, il y a la Terre, formée d’une fusion du faible niveau de « l’intellect » et de la matière. La matière est simplement « passive » et formée par l’intellect, qui est « actif. »

Par conséquent, ce qu’on appelle la « pensée » n’appartient pas à la matière. Elle appartient à l’intellect.

Voyons maintenant l’opposition :

cause de surplace <=====> dynamique

Selon la tradition d’Aristote – Al Farabi – Avicenne, la matière est « calme », au sens de « réceptive », tandis que l’intellect est « mobile », se mouvant jusqu’à la matière réceptive, la formant (= lui donne des formes).

Selon Aristote, le sage qui comprend cela devient heureux, selon Al-Fârâbî, quelqu’un comprenant cela deviennent le philosophe-roi. Et selon Avicenne, l’individu peut recevoir des « faisceaux de lumière » de « l’intellect » apportant des formes universelles de connaissance.

La Falsafa : Averroès

Dans les conceptions étonnantes d’Al-Fârâbî et d’Avicenne, les gens sont comme des ordinateurs recherchant les informations dans un grand centre de données, qui serait « Dieu », les câbles étant l’intellect mettant les informations sur les écrans (ici: les « âmes »).

Mais comme nous le savons, le « grand commentateur », Averroès, a modifié ce système. Dans le système d’Al-Fârâbî et Avicenne, tout vient d’en haut, de l’intellect. Les individus sont purement passifs.

Cependant, Averroès a vu la contradiction: comment l’esprit éternel et unique peut-il être en relation avec les individus non éternels et non uniques?

C’était un saut matérialiste majeur, qui a été rapidement et sévèrement écrasé par les représentants de l’Islam, alors qu’en Europe, c’est devenu l’arme pour les matérialistes dans la lutte contre l’Église, donnant l’impulsion centrale pour la Renaissance.

Comment Averroès a-t-il changé le système d’Al-Fârâbî – Avicenne?

Selon Averroès, « l’intellect » ne venait pas seulement de l’extérieur de la matière, il y avait aussi une partie de l’intellect directement reliée à la matière.

Les humains étaient de la matière, mais avec un « intellect », qui était ouvert à l’intelligence venant de l’extérieur (par le haut, de Dieu).

L’union matière – intelligence d’un être humain formait une union الاتحاد – al-ittihad, en quête d’une jonction إتصا –ittisal, avec le grand intellect.

C’était une étape importante, parce que c’était une reconnaissance de l’existence du cerveau.

Une compréhension matérialiste

Le système d’Aristote – Al-Fârâbî – Avicenne – Averroès est un système statique.

Mais pour nous, le monde est en mouvement, la matière est éternelle et suit un mouvement dialectique. Ainsi, l’aspect statique est opposé à l’aspect dynamique, comme le dit Mao Zedong, « l’arbre peut préférer le calme, mais le vent continue de souffler. »

Donc, maintenant, revenons à l’affirmation d’Akram Yari:

« La pérennité de l’individu est une cause de surplace et est un agent passif, mais le sacrifice pour la classe [ouvrière] est un agent dynamique et actif. »

Et comprenons cela correctement.

Qu’est-ce que la pérennité ? C’est le calme. Qu’est-ce que le sacrifice? C’est le vent. Les individus vivent dans une société donnée, mais cette société évolue. L’individu voit et ressent cette évolution, mais sans une bonne approche, il tombe dans la nostalgie.

Ici, Akram Yari a souligné quelques points très importants, atteignant un très haut niveau de compréhension de la psychologie ; si l’on prend sa citation, d’un côté, nous avons le côté non-mobile:

« la pérennité de l’individu est une cause de surplace et est un agent passif »

Et de l’autre côté, nous avons le côté mobile:

« le sacrifice pour la classe [ouvrière] est un agent dynamique et actif. »

Si nous étions avec Avicenne, nous dirions: l’intellect (aql) est actif et « écrit » sur l’agent passif.

Mais, comme nous n’utilisons pas le concept de Dieu, mais de la matière en mouvement dialectique éternel, alors le monde est dans un processus d’auto-transformation.

(C’est certainement pourquoi Akram Yari n’a pas utilisé les mots arabes pour actif / passif utilisés par Avicenne: cela aurait été comme si le système matérialiste était équivalent à celui d’Avicenne, ce qui n’est pas le cas. Akram Yari ne connaissant sans doute pas Averroès, titan de la falsafa mais largement inconnu dans le monde musulman).

Par conséquent, cette transformation est l’agent actif réel. Et avec Averroès, nous savons que les individus ne sont pas seulement comme un récepteur, ils peuvent émettre aussi: les humains sont tournés en direction de l’intellect venant du haut, mais aussi en direction de la matière à laquelle ils sont reliés.

Ainsi, Akram Yari explique ce qu’Averroès, Kant, Lénine ont observé: les gens ne pensent pas à un niveau supérieur à eux-mêmes, à l’exception des quelques personnes ayant la compréhension de l’ensemble du système qui a tout mis en mouvement.

La « pensée » des êtres humains est une réflexion, elle est tardive, parce que pas tournée dans la direction du mouvement général.

Pour bien le comprendre, nous allons revenir sur les oppositions présentées par Akram Yari.

Individu et sacrifice, un mouvement dialectique
et donc, interne

Nous avons dit que les contraires sont les suivants:

individu <=====> classe [ouvrière]

pérennité <=====> sacrifice

Mais en réalité ce n’est pas correct, cela devrait être :

individu <=====> sacrifice

pérennité <=====> classe [ouvrière]

Pourquoi cela? Parce que c’est la classe qui est contre la pérennité, la classe porte le communisme, qui est l’abolition de la vieille société.

La contradiction est interne: la classe appartient à la société.

Et l’autre contradiction est entre l’individu, tourné dans le sens de lui-même, tandis que le sacrifice montre qu’il s’est tourné vers le mouvement général de la matière.

La contradiction est interne: le sacrifice est celui de l’individu lui-même.

La base pour une compréhension de
la psychologie de l’individu

Ainsi, la contradiction est interne. Mais quelles sont les formes de cette contradiction?

Pour cela, comprenons ce qu’Akram Yari a dit juste avant la phrase que nous avons cité:

« Le principe de base de la vie d’un individu est, d’une manière superficielle, rien de plus que de conserver son existence matérielle jusqu’à la mort, mais la situation de la vie, de manière significative sa manière sociale, conduit la survie et la pérennité d’un individu en direction de la transformation à une contradiction : d’un côté, la survie matérielle est à la base du fait d’être en vie, mais d’un autre aspect, donner des sacrifices en faveur de la classe est l’initiative nécessaire pour la croissance individuelle et le développement de la société humaine. »

Quand Akram Yari parle de la « manière sociale », le fait de « conserver son existence matérielle jusqu’à la mort », c’est comme quand Averroès parle de « l’intellect » présent dans la matière et non pas tournée vers le grand intellect (Averroès l’appelle « l’intellect matériel »).

Et comme la contradiction est dans la société elle-même, dans la reproduction des moyens de vie (= le mode de production), la contradiction est dans l’humain directement aussi. Individu et sacrifice constituent une contradiction, mais une contradiction non pas entre l’humain et l’intellect comme dans la conception religieuse d’Aristote – Al-Fârâbî – Avicenne – Averroès.

C’est une contradiction dans l’humain lui-même. C’est pourquoi Karl Marx nous a expliqué, dans sa Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel (1843):

« Il est évident que l’arme de la critique ne saurait remplacer la critique des armes ; la force matérielle ne peut être abattue que par la force matérielle ; mais la théorie se change, elle aussi, en force matérielle, dès qu’elle pénètre les masses.

La théorie est capable de pénétrer les masses dès qu’elle procède par des démonstrations ad hominem, et elle fait des démonstrations ad hominem dès qu’elle devient radicale.

Être radical, c’est prendre les choses par la racine. Or, pour l’homme, la racine, c’est l’homme lui-même. »

Akram Yari a donné la base pour la psychologie

En expliquant que l’individu est dans une situation qui est passive et non-mobile, Akram Yari défend le point de vue matérialiste dialectique selon lequel la pensée individuelle est le reflet du mouvement de la matière.

Néanmoins, comme la pensée est la matière grise, elle est dans le cerveau, et comme le cerveau est matière, le cerveau est une partie du mouvement de la matière.

Par conséquent, l’individu est dans une contradiction. Cette contradiction est la base de l’approche matérialiste dialectique de la psychologie.

L’esprit des individus est en même temps l’outil pour comprendre la réalité directe de l’individu, mais aussi la réalité globale du monde. Cela vient de la réalité naturelle du cerveau.

Cela ouvre tout un champ de la compréhension des individus. Cela aide à comprendre la tension entre l’aspect global de la classe et la réalité des individus qui sont dans la classe, mais aussi tournés, d’une manière relative, dans une réalité directe, partie de la reproduction des moyens de vivre.

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Akram Yari sur la dialectique entre la vie d’un individu et le progrès de la société

Quand nous regardons l’histoire, quand on voit que la vie est matière en mouvement, il est alors inévitable que nous pouvons voir une contradiction entre la recherche par chaque vie de sa propre préservation et la nécessité de mettre sa propre vie en danger dans la lutte pour le progrès.

D’un côté, la tendance générale de la révolution pousse l’individu à l’action. De l’autre côté, l’individu vit déjà, il a une famille, il a des amis, une relation amoureuse peut avoir commencée, les enfants sont peut-être déjà là, etc.

Il y a ainsi une grande tension entre la vie d’un individu qui est propulsée dans une direction, avec une culture qui lui est propre, faisant des projets pour l’avenir, et la nécessité de la révolution.

Bien sûr, les révolutionnaires authentiques sont conscients de cela et toutes leurs vies sont gérées de manière à se conformer à la nécessité de la révolution: c’est le principe des révolutionnaires professionnels, comme Lénine l’a formulé.

Donc, nous devons nous poser la question de l’adéquation d’une vie d’un individu et son devoir. C’est une contradiction. Nous pouvons voir facilement cela dans le processus de construction et de développement du Parti Communiste, nous pouvons voir comment des gens échouent, parce qu’ils ne sont pas capables de se transformer. C’est aussi ce que signifiait Gonzalo avec la question de la nécessité et du hasard historique de ce qui fait agir un individu comme ceci ou comme cela.

Il y a une tension entre la tendance des individus à voir dans le communisme la seule voie du progrès en général, et leur tendance à l’auto-protection qui doit aller, si elle n’est pas transformée, dans le sens de la protection illusoire par le passé, la réaction, alors qu’en fait, la transformation ne peut être évitée.

Par conséquent, le Parti Communiste doit toujours élever son niveau, de sorte que les individus puissent directement voir que leur propre développement est lié à la progression du communisme. Aucune vie ne peut être améliorée dans un sens qui va contre le communisme.

Et la vie suivant la tendance générale au communisme ne peut que progresser, acquérant des éléments pour son avancée dans les domaines culturels, trouvant les éléments positifs dans la société, sa propre vie, étant en mesure de rester authentique, etc.

Donc, pour résumer, une partie de la matière ne peut de toutes manières pas aller dans une direction opposée au mouvement général de la matière ; c’est le principe de l’univers en oignon. Toutes les couches de l’univers sont en transformation.

Voici comment le grand maoïste d’Afghanistan, Akram Yari, nous explique cette contradiction:

« … Le principe de base de la vie d’un individu est, d’une manière superficielle, rien de plus que de conserver son existence matérielle jusqu’à la mort, mais la situation de la vie, de manière significative sa manière sociale, conduit la survie et la pérennité d’un individu en direction de la transformation à une contradiction : d’un côté, la survie matérielle est à la base du fait d’être en vie, mais d’un autre aspect, donner des sacrifices en faveur de la classe est l’initiative nécessaire pour la croissance individuelle et le développement de la société humaine.

La pérennité de l’individu est une cause de sur-place et est un agent passif, mais le sacrifice pour la classe [ouvrière] est un agent dynamique et actif. »

La compréhension grandiose par Akram Yari nous montre ici qu’il y a un aspect passif et un aspect dynamique, ce qui signifie que l’aspect principal est l’aspect général, pas l’aspect individuel. Cela signifie que la tendance qui gagne est l’aspect dynamique.

Ceci est dialectique: comme l’individu est une composante de la matière en général, si le système se déplace, il se déplace aussi. Et si l’individu comprend cela, il peut accompagner le mouvement général de la matière. En effet, il porte alors la pensée.

Et c’est pourquoi Akram Yari explique que:

« Il est crucial pour une meilleure existence et une vie meilleure que de faire des sacrifices, parce qu’on en arrive là que dans cette forme de travail, dans le cadre de sacrifice pour le bien de la classe, en étant pleinement engagé en faveur de la classe, et en négligeant son propre intérêt, et en étant en faveur de la classe qui mène à une vie meilleure.

Il est alors possible pour un individu de mener une lutte pour garantir sa vraie éternité. »

Cela ressemble à de la poésie pour les personnes non habitués aux lois du matérialisme dialectique. Mais si nous regardons Engels, n’a-t-il pas gagner son « éternité » en aidant Karl Marx et à la fondation du marxisme, au lieu de seulement « vivre » comme un bourgeois comme il aurait pu le faire?

Fondamentalement, c’est la question touchant chaque individu: faut-il essayer une « auto-protection », qui ne peut être qu’une illusion étant donné que le passé est toujours plus faible, ou faut-il oser le nouveau, qui est faible mais toujours plus fort, et conforme au mouvement général de la matière en transformation?

Nous connaissons tous des gens qui ont fait face à un choix, et qui ont suivi la ligne opportuniste, au lieu de la ligne révolutionnaire, pour une raison de confort, exactement comme quelqu’un peut prétendre nier son propre amour, parce que celui-ci n’est pas en adéquation avec son propre projet de carrière bourgeoise.

Mais concluons avec cette leçon magistrale d’Akram Yari sur la dialectique, ici sur la nature de la politique révolutionnaire:

« Quelle forme prend le travail principal dans la lutte pour l’émancipation des êtres humains dans une société de classe? La forme de travail qui est vraiment efficace pour la libération et l’émancipation des êtres humains.

Cette forme de travail est la politique révolutionnaire.

Cela signifie que la politique révolutionnaire des intérêts de la classe en ensemble, bien qu’en progrès, et dans la progression, peut briser les chaînes de l’esclavage des humains et conduit les êtres humains vers l’émancipation et la libération.

C’est la raison pour laquelle la politique vient avant toutes les autres questions.

Cela signifie que l’aide politique est la chose la plus non-privé et la plus impartiale qu’un individu peut offrir aux autres. Mais tous savent que dans une société de classe, il n’y a rien d’impartial, de sorte que la politique ne peut pas non plus être impartiale, et ne peut pas être trouvé impartiale dans une société de classe.

Mais quel est le parti pris politique? La partialité politique, c’est en soi une contradiction: d’un aspect, elle contient toutes les partialités privées et [représente] chacun d’entre eux, et d’un autre aspect, la partialité politique ne reflète pas la partialité privée et personnelle.

La partialité politique est une image, c’est une abstraction et elle contient trop de parties de partialités personnelles ou privées, et en même temps, elle ne représente pas la partialité privée d’un individu quel qu’il soit, et ne correspond nullement à une partialité privée quelle qu’elle soit.

Comme la politique révolutionnaire prolétarienne est la négation de la partialité privée de chaque individu de la classe, en même temps, c’est la forme abstraite et l’intégration de l’ensemble des partialités des individus [membres] d’une classe. »

Combien utiles sont les leçons de Akram Yari !

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