Détruisons l’armée bourgeoise! Construisons l’armée populaire! (1976)

Ce n’est pas en deux pages que l’on peut argumenter pleinement un sujet aussi vaste. Aussi nous contenterons-­nous de donner brièvement nos positions sur les différents points importants concernant la question. 

1. POUR LA LIBÉRATION DES EMPRISONNES ! 

Nous exigeons la libération de tous les civils et soldats emprisonnés, la levée de toutes les inculpations et l’arrêt de toute répression dans les casernes.  

Nous dénonçons les manoeuvres révisionnistes et réformistes trahissant les objectifs de lutte des emprisonnés; ce n’est pas le moral de l’armée bourgeoise que les révolutionnaires civils et militaires voulaient détruire, c’est l’armée bourgeoise elle-­même.

Nous soutenons les revendications des soldats pour l’amélioration de leurs conditions de vie, contre les brimades, contre tout ce qui caractérise une armée bourgeoise.  Nous soutiendrons les formes d’organisation qu’ils se donneront. Le fond, le programme de lutte prime sur la forme, le type d’organisation.  

Néanmoins, nous dénonçons les manoeuvres trotskystes visant à introduire les divisions du mouvement syndical dans le mouvement des soldats, c’est-­à­-dire prouvant une nouvelle fois leur rôle de valet au service du tandem réviso­-réformiste.  

Nous soutenons toutes les luttes opposant des fractions du peuple à l’armée bourgeoise, c’est-à-­dire que nous soutenons les paysans expulsés de leurs terres comme au Larzac, les étudiants de Vincennes voulant transformer le fort de Vincennes en annexe de leur université, etc… 

2. DÉTRUISONS L’ARMÉE BOURGEOISE 

L’armée française d’aujourd’hui est une armée au service de la classe dominante bourgeoise.  C’est l’un des piliers du système capitaliste français. Sa conception est bourgeoise: hiérarchie; idéologie raciste, phallocrate et fascisante; coupure entre officiers et soldats; coupure entre peuple et armée; etc…  

Nous récusons donc toute politique visant à tromper le peuple en lui faisant croire qu’il suffit de changer de chefs pour changer l’armée. On a vu le résultat au Portugal: une armée bourgeoise reste bourgeoise. La “démocratiser” signifie éliminer ses aspects les plus injustes, mais son essence demeure bourgeoise. Il faut donc détruire cette armée comme tous les piliers du système capitaliste.  

L’armée bourgeoise a plusieurs fonctions:

– elle poursuit le travail idéologique de l’école bourgeoise, en embrigadant la jeunesse pour lui inculquer l’idéologie bourgeoise de division, d’égoïsme, de phallocratie,etc…   

– elle sert à briser les grèves (éboueurs, transports, contrôleurs aériens,…) pacifiquement aujourd’hui en opposant soldats et grévistes; violemment demain s’il le faut (il y a eu des précédents). 

– elle sert et protège les intérêts de l’impérialisme français soit dans ses colonies (Djibouti, Antilles), soit dans ses néo­colonies (Tchad).   

– elle est une des armes de l’impérialisme mondial contre les peuples (occupation de la RFA, complots en Afrique, armement des rebellions contre-­révolutionnaires).  

– elle n’est en rien garante de notre indépendance nationale, fidèle en cela à son passé historique (1870, 1939-­1940).

Aucune mesure que nécessite une véritable défense nationale n’est prise, n’en déplaise à l’H.R. comme au PCR. HR a une position claire sur la question, que nous récusons totalement (“des MiG 23 remontent la vallée du Rhône; (…) les forces pro­soviétiques organisent la subversion dans l’armée et cherchent à saper sa mission de défense nationale”, cf. le tract intitulé “Organisons la riposte à l’offensive de l’URSS de Brejnev”, daté de février 1976 et signé du Mouvement pour l’Indépendance et la Liberté, organisation créée, impulsée et contrôlée par l’H.R.).  

Quant au PCR, tout eh reconnaissant la juste lutte des comités de soldats, il reconnaît un caractère de défense nationale à l’armée bourgeoise, contradiction l’amenant ni plus ni moins à paralyser l’action de ces comités sous le prétexte de préserver l’aspect défense nationale.

Ainsi dans “Front Rouge” n°3 de février 1976, organe théorique du PCR, il se déclare nettement “contre la désagrégation immédiate de l’armée bourgeoise” !  Cette armée ne sert donc à rien pour le peuple, ce n’est qu’un instrument d’exploitation et d’oppression au service du capitalisme. 

3. CONSTRUISONS L’ARMÉE POPULAIRE ! 

Le peuple, ne devant pas compter sir la “démocratisation” de l’armée bourgeoise proclamée par les révisionnistes et les réformistes, doit donc se construire son armée.  

Notre but est d’oeuvrer à l’édification d’une véritable armée du peuple, liée au peuple, au service du peuple, pilier de la dictature du prolétariat et seule garantie de l’indépendance nationale et de la défense du socialisme.  L’étape actuelle n’est pas encore à l’édification de cette armée.

A chaque étape de la lutte des classes correspond un niveau de répression précis et donc un niveau de riposte précis. 

Cela dépend de l’évolution de la prise de conscience des masses de cette vérité que le “pouvoir est au bout du fusil”: La lutte idéologique pour faire progresser cette idée est primordiale pour assurer l’efficacité de sa mise en pratique.  Les masses ont déjà une riche expérience politico-­militaire dont la Résistance est l’un des plus glorieux aspects.

Aujourd’hui, à la répression, les masses opposent la Résistance d’une façon de plus en plus systématique.

Des couches avancées des masses sont même passées du stade de la Résistance à celui de l’attaque (vignerons, étudiants, une fraction de la classe ouvrière).  Les tâches des communistes aujourd’hui sont de faire triompher l’idée qu’à l’exploitation, à l’oppression violente de la bourgeoise ne peut répondre que la violence révolutionnaire organisée, de masse.  

Pour cela, les communistes doivent:  se porter à la tête du mouvement des soldats pour en disputer la direction aux alliés de la bourgeoisie et permettre le développement des idées justes des soldats;  militer dans l’armée de métier et de conscription pour aider à l’organisation et à l’unification des comités de soldats;  s’organiser eux­-mêmes au sein de l’armée, dans des cellules communistes clandestines, lorsque cela est possible;  à un niveau plus large que la lotte dans les casernes, les communistes doivent populariser la violence juste des masses et aider à l’organisation des noyaux conscients du problème;  poser parallèlement la question de l’organisation de milices populaires dans les usines, les quartiers et es campagnes. ­

Assumer la violence révolutionnaire aujourd’hui, être aux côtés des masses contre la bourgeoisie et sa violence, c’est ouvrir la voie à la création de l’armée populaire qui se construira entièrement en dehors de l’armée bourgeoise. 

Rejeter toute pratique violente comme aventuriste, c’est refuser la préparation idéologique des masses, nier le caractère obligatoirement violent de la révolution, rejeter l’armée populaire.  

C’est appliquer la politique trotskyste qui meuble ses journaux de fusils mais crie à la provocation quand les masses s’arment.  Nous devons donc développer les luttes dans les casernes et la militarisation des luttes prolétariennes de masse, tout en jetant les bases de l’organisation armée communiste.  

Plus les masses seront conscientes de la nécessité d’une armée populaire sous direction de leur parti d’avant­-garde, plus la victoire politique sera assurée. “Sans armée, le peuple n’aurait rien.” (Mao Tsé­toung). 

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