Un collectif pour l’unité des marxistes-léninistes, pourquoi? (1976)

Ce texte a été publié dans la brochure « Unité­-critique-­unité » du Collectif pour l’Unité des Marxistes Léninistes en mai 1976.

En décembre 1975 s’est créé un collectif rassemblant, plusieurs organisations se réclamant du marxisme léninisme et de la pensée mao tsetoung. Ces organisations sont « Le Travailleur », « Drapeau Rouge », « Parti Communiste Marxiste Léniniste de France­ Comité de Nancy », « Parti communiste révolutionnaire » et « La Cause du Peuple ».  

Quelle peut être l’utilité d’un tel collectif et quels sont ses objectifs? A notre avis, un tel collectif se doit de répondre aux besoins de la situation actuelle. Ces besoins consistent à UNIR sur des bases prolétariennes tous les maoïstes afin d’accélérer le processus révolutionnaire. 

Pour permettre la conduite victorieuse du processus révolutionnaire, il est nécessaire de construire un parti qui soit communiste et prolétarien. Un tel parti lié aux masses n’existe pas aujourd’hui.  

Unir tous les maoïstes, c’est remplir une des conditions nécessaires pour la création de ce parti. La tâche principale du collectif est d’aboutir à la fusion des maoïstes dans une organisation communiste unique, première étape sur la voie de la création du parti communiste révolutionnaire prolétarien. 

Pour mener ce processus, le collectif doit organiser des débats théoriques qui aideront à discerner ce qui nous unit et ce qui nous divise, puis permettra la résolution de nos divergences au moyen de la lutte idéologique.  Parallèlement, le collectif doit permettre l’unité d’action entre les organisations membres du collectif au fur et à mesure que l’accord se fait. L’unité d’action doit se faire à chaque fois que les maoïstes arrivent à un accord politique sur un point.  

Il faut souligner que toute fusion ne peut être que l’aboutissement d’un processus d’unité théorique et pratique approfondi. Nous récusons tout processus qui se limiterait à se contenter de débats théoriques au sommet ou à pratiquer une unité d’action sans principes pour la guider. Ainsi nous éviterons le dogmatisme et l’opportunisme.  

Deux principes fondamentaux guident le processus d’unification:  PAS D’UNITÉ SANS LUTTE !  LE PARTI SE RENFORCE EN S’ÉPURANT !  

Nous récusons toute manœuvre opportuniste d’unité sans principe où, par une attitude désinvolte, une organisation accepterait n’importe quoi dans le seul but de manipuler les autres organisations.   

Pour nous, de plus, il est inéluctable que l’unité sera l’unité des maoïstes et non celle des organisations se réclamant du maoïsme, c’est-­à-­dire que le mouvement devra s’épurer de tous ses éléments sectaires, révisionnistes ou néo-­trotskystes qui refuseraient de rectifier leurs erreurs. 

En conclusion, pour nous, ce collectif travaille donc à l’unité des maoïstes pour une organisation communiste unique, basée sur nos convergences, les aspects positifs de notre pratique et nos acquis théoriques. Son but sera de rattraper le retard pris par le mouvement maoïste sur le mouvement des masses, renforcer notre liaison aux luttes, conditions impérieuses pour la création d’un véritable Parti Communiste. 

Aujourd’hui, dans ce qui s’appelle le mouvement maoïste, plusieurs types d’attitudes anti-­unitaires se développent sous différentes formes:  – ce sont le Nouvel Éveil et l’Union des Communistes de France qui ont refusé de participer au collectif sans donner de raison.

Courant avril 1976, l’UCF enverra finalement un observateur dont l’attitude sera des plus équivoques (« l’unité, on s’en fout » ….).  – c’est aussi le refus de participer au collectif émis par l’Humanité Rouge dont les motifs ne sont que de fallacieux prétextes: H.R. explique son absence par la prétendue présence du groupe opportuniste et trotskyste « Révolution! » au collectif (présence rejetée par la majorité du collectif sauf le PCR) et en annonçant l’échec du collectif avant même qu’il n’existe (Le pessimisme érigé en doctrine).  

Le véritable motif a été dévoilé dans les colonnes de son quotidien: « d’ailleurs ce n’est pas pour rien que le Parti marxiste léniniste a été acclamé car il est la preuve que tant qu’existera un prolétariat, il existera un parti pour défendre jusqu’au bout ses intérêts de classe.

Et le plus ardent désir des travailleurs avancés, le rassemblement national l’a aussi montré, c’est de voir leur parti se renforcer rapidement par l’unification des différentes formations se réclamant du marxisme-léninisme: c’est ainsi que le cri « unité, unité » a été entendu à plusieurs reprises tandis que le nom du parti communiste marxiste léniniste de France, à l’initiative actuellement du processus d’unification, a été applaudi et scandé. » (H.R. n°430 du 17 février 1976).  

Passons sur l’ironique « a l’initiative du processus d’unification », pour simplement souligner que pour l’H.R., il n’y a pas d’autre unité que chez eux.  – Enfin, c’est à l’intérieur même du collectif l’attitude du PCR qui approuve le processus d’unité du sommet à la base,en parole, et le bloque en pratique. 

Pas un mot sur le collectif dans le « Quotidien du Peuple » depuis sa naissance il y a six mois, un grand nombre de militants de base non informés,etc..  De plus, le PCR mène un double jeu assez obscur avec les groupes trotskystes G.O.P. et « Révolution! », ce qui semble incompatible avec les objectifs initiaux du collectif.  

Le collectif se doit de combattre ces attitudes pour démasquer les éléments sectaires présents dans chaque organisation et y faire triompher la ligne de gauche.

Le collectif renforcera ainsi la détermination des camarades luttant pour l’unité dans les groupes anti­-unitaires. C’est dialectique.  

Le processus d’unification qui peut, doit et déjà se réalise dans le collectif renforcera les lignes de gauche des organisations sectaires. Nous ne devons pas craindre de créer ce que certains appellent une « 3ème force » (la première et la seconde étant, selon eux, l’Humanité Rouge et le PCR), car, dans la réalité, la question ne se posera pas comme cela.  

Il n’y aura que deux camps, deux lignes, celle de l’unité des maoïstes, donc du renforcement du camp du peuple, et celle de la division, du sectarisme et de la chapelle, donc de l’affaiblissement du camp populaire.

Soit une fois de plus, nous retrouvons l’éternel et inévitable combat de classe entre la ligne prolétarienne et la ligne bourgeoise.  

TOUT CE QUI UNIT LE PEUPLE EST JUSTE !  TOUT CE QUI LE DIVISE EST ERRONÉ !  

Sujets d’études proposés: » C’est seulement par l’unité du parti communiste qu’on réalisera l’unité de toute la classe et celle de toute la nation.  » MAO TSE­TOUNG, page 277, éditions de 1967, Petit Livre Rouge.  

Donc, pas d’unité POPULAIRE sans UNITÉ des COMMUNISTES.  »

Ce procédé démocratique destiné à résoudre les contradictions au sein du peuple, nous l’avons résumé en 1942 dans la formule: UNITÉ­ CRITIQUE­ UNITÉ.  

Plus explicitement, c’est partir du DÉSIR d’UNITÉ et arriver, en résolvant les contradictions par la CRITIQUE ou la LUTTE, à une nouvelle UNITÉ reposant sur une BASE NOUVELLE. » MAO TSE­ TOUNG, page 278 du Petit Livre Rouge. 

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Nouvelle Cause du Peuple, NAPAP, Action Directe