Tous unis contre la fascisation (21 juin 1973)

[Publié comme éditorial dans l’Humanité rouge le 21 juin 1973, jour du meeting d’Ordre Nouveau et de la mobilisation contre lui.]

Fidèles aux enseignements de Dimitrov et Staline, à Paris comme en province, les communistes marxistes-léninistes manifesteront les 20 et 21 juin 1973 contre la fascisation de l’Etat bourgeois, contre la politique fascisante du gouvernement, contre les fascistes et racistes d’Ordre Nouveau.

Depuis le 12 juin 1968, les marxistes-léninistes n’ont cessé de dénoncer le régime actuel en le caractérisant comme une ” démocratie bourgeoise en cours de fascisation “.

Dans sa course avec le mouvement révolutionnaire de masses, qui tend à la Révolution socialiste, la bourgeoisie capitaliste prépare le recours brutal à une ” dictature terroriste ouverte et sanglante “, le fascisme. Au début de ce mois, l’Humanité-Rouge publiait, en supplément, une brochure destinée à expliquer les raisons et exposer les manifestations concrètes de ” la Fascisation en France “.

Cette brochure indique aussi le moyen essentiel de s’opposer victorieusement au processus en cours développé de plus en plus ouvertement par la bourgeoisie capitaliste monopoliste d’Etat.

Ce moyen, si magistralement défini par Dimitrov sur la base de l’expérience de la montée du fascisme en Allemagne, c’est la réalisation du Front unique prolétarien, puis sous sa direction, du Front uni populaire antifasciste. Ce moyen, c’est avant tout la pratique de l’unité à la base et dans l’action, en premier lieu dans les grandes entreprises industrielles de tout le pays.

L’aspect principal des manifestations des 20 et 21 juin ne réside nullement dans la nature idéologique et politique, dans les responsabilités antérieures et présentes, des dirigeants qui en ont pris les initiatives.

L’aspect principal, c’est celui que proclame depuis cinq ans les marxistes-léninistes, c’est la nécessité que les plus larges masses populaires, classe ouvrière en tête, engagent les luttes indispensables contre la fascisation. Ainsi les marxistes-léninistes, plus que jamais, ont-ils le devoir de se trouver au coude-à-coude avec les masses populaires porteuses d’une volonté de lutte antifasciste.

L’aspect secondaire des manifestations du 20 juin réside dans le fait que, subissant la forte pression de leur base et de l’opinion démocratique la plus large, les dirigeant du Parti ” communiste ” français tentent de récupérer un prestige qu’a sensiblement détérioré leur politique opportuniste d’unité sans principe avec les vieux traîtres sociaux-démocrates.

Au demeurant, ils ne renoncent pas à leurs manœuvres pour perpétuer cette politique basée sur un ” programme commun ” qui n’est parvenu jusqu’ici qu’à remettre en selle le Parti prétendu ” socialiste ” dirigé par les Mitterrand, Mollet et autres Deferre, chevaux de retour de la trahison des intérêts de classe du prolétariat.

C’est pourquoi les marxistes-léninistes dénoncent le résultat néfaste, et prévu par eux longtemps à l’avance, de la ligne idéologique et politique des dirigeants révisionnistes, mais n’en sont pas moins décidés à lutter aux côtés des travailleurs manuels et intellectuels, adhérents et sympathisants de base de ce Parti qui aspirent sincèrement à des changements profonds, réels et durables, et qui se dressent contre la fascisation accélérée voulue par le capitalisme monopoliste d’Etat.

Secondaire aussi reste l’aspect de la participation de groupes non prolétariens, tels les trotskystes, à la contre-manifestation antifasciste du 21 juin contre les nazis d’Ordre Nouveau.

Quand les fascistes sortent de leurs trous et tentent de redresser la tête, il faut immédiatement s’opposer à leurs tentatives criminelles. A cet égard, les dirigeants révisionnistes assument une lourde responsabilité en propageant parmi leurs militants l’idée qu'”Ordre nouveau ne représente rien ” !

Même s’il n’y avait plus qu’un seul fasciste en France il justifierait que soient combattues activement et son idéologie et son activité.

Du ventre encore fécond de la société capitaliste est toujours prête à sortir la bête immonde du fascisme ! disait en substance Brecht, et quelques instants avant sa pendaison par les nazis, Julius Fucik lançait cet avertissement solennel : ” hommes, soyez vigilants ! “.

Aujourd’hui, ” Ordre nouveau ” essaye de sécréter son odieux et criminel racisme contre nos frères les travailleurs immigrés. Il faut combattre et détruire l’entreprise de tous ces nostalgiques du pétainisme et de la kollaboration traîtresse avec l’occupant hitlérien, de l’Algérie française, du colonialisme, de la torture et des assassinats !

Tout en proclamant, en diffusant et en défendant le mot d’ordre du camarade François Marty, toujours vivant dans leurs luttes : ” Ni révisionnisme, ni gauchisme, une seule voie : le marxisme-léninisme ! “, les marxistes-léninistes savent la nécessité de lutter en s’unissant aux plus larges masses prolétariennes et populaires, partout où elles se trouvent et engagent l’action, même si restent encore provisoirement dominantes dans leurs rangs des idéologies non prolétariennes, non concrètement révolutionnaires.

Les marxistes-léninistes, comme le leur enseigna encore Staline peu avant sa mort, doivent être aux premiers rangs pour entraîner les masses populaires dans la lutte contre la fascisation, doivent brandir très haut le drapeau des libertés démocratiques attaquées par la bourgeoisie et tous les réactionnaires.

A bas la fascisation !
Vive l’unité des travailleurs manuels et intellectuels des villes et des campagnes de France dans l’indispensable combat antifasciste !

19 juin 1973.
J. J.

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