URC (MLM) : Au Népal a été consommée une grande trahison révisionniste

Le 21 novembre 2006 restera dans les annales comme un jour funeste dans l’histoire de la lutte révolutionnaire du prolétariat et du peuple du Népal. 

Ce jour restera dans l’histoire du mouvement communiste international comme un jour de trahison des principes mlm. C’est ce jour qui a vu la direction du Parti Communiste du Népal (maoïste), dirigé par Pushpa Kamal Dahal – “Prachanda” – poser sa signature sur le processus contre-révolutionnaire qui couvait à l’intérieur du Comité Central depuis des années.

Ce jour, le président du PCN(m) et le premier ministre Girija Prasad Koirala ont signé un accord de paix qui met en principe fin à la guerre civile révolutionnaire qui fut déclenchée le 13 février 1996 et qui a coûté 13.000 vies (dont la grande majorité étaient des militants du parti et des membres du peuple népalais). 

Cet acte constitue un abandon de la voie révolutionnaire et une capitulation devant l’Etat bourgeois-féodal, les impérialistes et les expansionnistes indiens. Koirala est un réactionnaire avéré, vieux collaborateur de la monarchie et des impérialistes anglo-yankee. Un des principaux dirigeants du parti du Congrès, fortement lié avec l’Etat indien.

Prachanda (« le féroce ») fut un communiste révolutionnaire mlm qui contribua au déclenchement et au développement de la Guerre Populaire au Népal, apportant cette expérience de valeur à l’enrichissement de la science révolutionnaire mlm, mais qui finit par dévier – suivant les pas de Bernstein et de Kautsky – du chemin en adoptant une ligne bourgeoise, réformiste, opportuniste et contre-révolutionnaire, une ligne révisionniste. Koirala et Prachanda se sont serrés la main pour sceller un pacte contre le prolétariat et le peuple du Népal.

En ce moment, toutes les avancées obtenues par les masses révolutionnaires, dirigées par le parti, sont gravement menacées. Les cadres révolutionnaires et les masses révolutionnaires dans les zones libérées ou contrôlées par les maoïstes se retrouvent désormais sérieusement exposées au risque d’être massacrées par l’Armée Royale Népalaise (ARN).

La « voie prachanda » ne mène pas aujourd’hui à une République de Nouvelle Démocratie, mais a dévié vers une République bourgeoise de type ancien, qui hésite même devant la monarchie (laquelle conserve la loyauté de l’armée).

Comment a pu être possible une trahison d’une telle ampleur de la part de la direction révisionniste du PCN(m)?

APPARITION DES PREMIÈRES MANIFESTATIONS DE LA LIGNE RÉVISIONNISTE CAPITULATIONNISTE 

Le 1er juin 2001 constitue un point d’inflexion dans la guerre civile révolutionnaire du Népal. Ce jour, le roi Birendra fut assassiné avec toute sa famille. 

Ce crime fut ourdi par les impérialistes associés aux classes dominantes monarchico-féodales. Le motif était l’opposition répétée du monarque à l’utilisation de l’Armée pour combattre la guérilla. Cette situation entravait les efforts des classes dominantes pour anéantir effectivement les forces de la guérilla.

Jusqu’à cet événement, les troupes communistes avaient affronté les forces policières (et dans les dernières phases, des forces spéciales anti-guérilla). 

Loin d’être défaits, les maoïstes montaient en puissance. Leurs actions déclenchées en 1996 les avaient mené à former en 1998 des zones de guérilla dans 15 des 75 districts que compte le pays. 

Dans ces zones furent établis des COMITES POPULAIRES SEMI-CLANDESTINS. 

Vers la fin de l’an 2000, il existait déjà des ZONES LIBEREES dans lesquelles le pouvoir populaire était exercé quasi-ouvertement, couvrant des milliers de kilomètres carrés avec une population de plusieurs millions de personnes (dans l’ouest du pays). 

Dans ces zones, les forces policières avaient été balayées dans des douzaines de districts. C’est alors que Gyanendra, le frère du roi assassiné, s’installe sur le trône. 

Il utilise sur le champ l’Armée royale contre les guérilleros maoïstes. Ce faisant, il reçoit une aide militaire et financière croissante de la part des impérialistes et de l’Etat indien. 

Cependant, dans l’armée encore troublée par l’assassinat du roi, se produisent d’importantes contradictions qui menacent de s’aiguiser. 

En même temps et pour les mêmes raisons, commence à s’élargir la fissure entre la faction monarchique et la faction parlementaire

D’autre part, le mois suivant, l’Armée Populaire de Libération (APL) développe une offensive avec d’importantes actions militaires. Le PCN(m) appelle à une grève nationale qui est un franc succès, puisqu’il contribue à déstabiliser la situation politique nationale. 

Dans cette conjoncture, où les forces révolutionnaires obtiennent de nouvelles victoires et où les classes dominantes se débattent dans une crise aiguë, la direction du PCN(m), loin de profiter de l’occasion pour lancer une offensive qui aiguiserait encore plus la crise dans laquelle se trouve le vieil Etat monarchique, lui lance une véritable bouée de sauvetage sous forme d’un cessez-le-feu unilatéral de l’APL et des négociations qui dureront 4 mois.

Les points avancés par Prachanda sont les suivants : a) formation d’un gouvernement provisoire; b) une nouvelle constitution; c) établissement de la République, qui fut remplacé par la demande d’un gouvernement provisoire et d’une assemblée constituante.

Il fut reconnu que ces demandes correspondaient à une République bourgeoise très loin d’une République de Nouvelle Démocratie, mais il fut allégué que cela faisait partie d’une « tactique souple » destinée à gagner les secteurs républicains de la bourgeoisie.

Ces 4 mois de dialogue furent mis à profit par les forces réactionnaires pour se recomposer, résoudre leurs contradictions internes et se préparer à l’offensive militaire contre les maoïstes. Le 21 décembre, l’Etat monarchique rompt le dialogue et s’apprête à passer à l’attaque. 

Deux jours plus tard, l’APL détruit de fond en comble la caserne militaire de Dang. Dans cette nouvelle étape de la guerre civile révolutionnaire, l’EPL doit affronter l’ARN continuellement. Jusqu’à ce moment (une durée de 7 ans) 3.000 personnes ont trouvé la mort, et avec l’entrée en lice de l’Armée royale, plus de 5.000 personnes (la majorité sont des paysans pauvres accusés d’être des maoïstes) sont massacrées pendant l’année 2002.

Le 26 décembre 2001, la monarchie suspend toutes les garanties constitutionnelles et instaure l’état d’urgence. 

En mai 2002, le parlement est suspendu et en octobre, le roi assume directement le pouvoir d’Etat. Ceci est le résultat des défaites continuelles de l’Armée royale et des grèves nationales (dont une de 5 jours en avril). 

Mettant à profit cette situation, la direction du PCN(m) appelle les forces parlementaires bourgeoises à combattre l’autocratie en formulant un programme commun minimum, qui contient les points formulés plus haut.

Devant les avancées communistes au Népal, les impérialistes anglo- yankee et l’Etat semi-colonial indien augmentent leur aide au roi. La Chine et l’Union Européenne expriment leur préoccupation et l’ONU (tribune des impérialistes et des gouvernements bourgeois semi-coloniaux) offre ses services comme médiateur pour de futures négociations si les deux parties le demandent.

Fin 2002, la révolution est installée dans les 75 districts que comptent le Népal. La GUERRE POPULAIRE PROLONGEE avait déjà atteint l’étape de l’équilibre stratégique, dans laquelle l’EPL et l’ARN se retrouvaient à égalité.

Deux pouvoirs existent : d’un côté un Etat en formation, l’Etat de Nouvelle Démocratie qui se développe et gagne en puissance dans les zones libérées, basé sur la force révolutionnaire des classes exploitées, et de l’autre, un Etat en décadence, soutenu par les classes exploiteuses impérialistes, bourgeoises et féodales, qui se défend et cherche à conserver son pouvoir.

En février 2003, la direction du PCN(m) déclare pour la deuxième fois une trève unilatérale et lance une série de négociations avec la monarchie, qui va durer 7 mois. 

Dans ce nouveau dialogue, le Parti réitère ses exigences, alors que parallèlement il cherche à former un front commun anti-monarchique avec tous les secteurs républicains de la bourgeoisie et de la petite-bourgeoisie. Il avance à cette fin un « programme commun pour le changement démocratique progressif ».

En interne, l’argument avancé est qu’on prépare ainsi le terrain pour l’offensive stratégique et l’insurrection générale (une fois que l’agenda politique du PCN(m) aura été refusé par la monarchie). Le 27 août 2003, le gouvernement royal, se sentant prêt pour l’attaque des positions maoïstes, rompt les négociations. 

Alors le PCN(m) déclenche une phase de transition dans la Guerre Populaire. Il s’agit de passer de l’équilibre stratégique à l’étape de l’offensive stratégique. 

Cette nouvelle étape fut subdivisée en 3 phases : la première avec des actions décentralisées, la deuxième avec des actions relativement centralisées, et la troisième consistant en des actions hautement centralisées.

C’est ainsi que l’Armée populaire de Libération, suivant ce plan, mène de multiples attaques contre les forces armées du roi. 

Frappée par les victoires impressionnantes des forces révolutionnaires, la monarchie tente de reprendre l’initiative dans la guerre. Le roi Gyanendra s’empare du pouvoir absolu le 1er février 2005, et prend le contrôle direct du gouvernement de Katmandou. 

Il impose en même temps la loi martiale sur tout le territoire, bloque les communications et censure directement tous les médias.

Des milliers d’opposants sont arrêtés et emmenés dans des geôles secrètes. Les dirigeants des principaux partis bourgeois (vieux collaborateurs de la monarchie) sont assignés à résidence, y compris 5 anciens premiers ministres du gouvernement royal. 

La monarchie le dos au mur recourt aux moyens désespérés. Son soutien principal est l’armée.

Les masses révolutionnaires dirigées par le PCN(m) contrôlent 80% du territoire national. De nombreux organes du pouvoir révolutionnaire (comités populaires) administrent les zones libérées, rendent la justice, maintiennent l’ordre, organisent le travail économique, répartissent les terres et les propriétés des propriétaires terriens, organisent les services de santé, d’éducation, de culture, d’assistance sociale, etc. 

Leurs fonctionnement est régi par un code juridique public pour l’administration du pouvoir populaire de nouvelle démocratie. La guerre populaire en est à sa troisième étape (offensive stratégique) et celle-ci arrive à sa deuxième phase (actions relativement centralisées).

Dans cette situation très favorable, la direction du PCN(m) décide une fois encore un cessez-le-feu UNILATERAL le 3 septembre 2005. En novembre, il parvient à un accord en 12 points (répétant ses propositions) qu’il signe avec l’alliance des sept partis bourgeois qui s’opposent à la monarchie absolue (tout en restant ambigus sur le maintien ou non de la monarchie). 

La direction du PCN(m) prolonge unilatéralement la trêve avec la monarchie. 

Le 2 janvier 2006, l’EPL dirigé par le PCN(m) met fin au cessez-le- feu unilatéral en reprenant les combats contre l’ERN. Le 6 avril, le Parti participe à une grande grève nationale, appelée par l’alliance des sept partis bourgeois, qui durerait 3 jours. 

Les masses populaires, agitées par les communistes révolutionnaires et les éléments républicains conséquents, dépassent les délais et la grève dure 19 jours, jusqu’à ce que le roi (mis sous pression par les impérialistes, l’Etat indien et le débordement des masses) accepte l’accord en 12 points, renonce au pouvoir absolu et cède le gouvernement au parlement qu’il avait dissout 14 mois auparavant.

Le roi Gyanendra, à la demande de l’opposition, nomme Koirala premier ministre, lui qui avait déjà occupé cette fonction au service de la monarchie.

Pendant cette grande grève nationale, la direction du PCN(m) déclara l’arrêt complet des actions militaires de l’APL dans toute la vallée de Katmandou. Il justifia cela en disant que cela retirerait un prétexte de répression et de massacre contre le peuple de la part de l’Armée royale.

Cependant, cela n’as pas empêché les forces policières et militaires, pendant la durée de la grève, de faire usage de leurs armes et d’assassiner 22 personnes, de blesser plus de 5.000 manifestants et d’en arrêter des dizaines de milliers. 

Le gouvernement étant aux mains de l’alliance des sept partis, le premier ministre Koirala, avec l’aide du parlement bourgeois récemment restauré, reprend et intensifie ses conversations avec les dirigeants du PCN(m) pour en arriver à un cessez-le-feu complet et définitif, qui s’achève sur un traité de paix supervisé par l’ONU. Conformément à cet objectif, Prachanda écrit une lettre (le 24 juillet) à Kofi Annan, alors secrétaire général de l’ONU, sollicitant son intervention dans le processus de paix qui s’établit au Népal.

Par cet acte, le président du PCN(m) accepte l’ingérence impérialiste dans l’effort pour faire dérailler la révolution communiste au Népal.

LES CONTENUS DE L’ACCORD DE PAIX
AU NÉPAL

Les négociations entre les deux parties n’ont pas été faciles. Chacun a du dépasse la méfiance qui était la sienne face à l’autre. Ils ont cherché à obtenir le maximum d’avantages pour eux-mêmes avec le minimum de concessions. Dans ce jeu diplomatique, ils ont dû recourir mutuellement à tous types de pressions et de menaces.

Une fois l’accord signé, cette situation a perduré, chaque pouce de terrain étant disputé, article par article, dans une négociation réalisée « par en-haut » et sur le dos des masses populaires népalaises.

Avec la signature des accords de paix, tous les réactionnaires du monde ont cru désamorcer une bombe, qu’il s’agit aujourd’hui de désarmer en chacun de ses composantes. 

Voilà pourquoi tous les impérialistes siégeant au conseil de sécurité des Nations Unies ont fêté cet acte, débordants de joie. Au Népal, le jour de la signature fut décrété « fête nationale » par le gouvernement réactionnaire dès le lendemain.

Les négociations (et les intérêts en jeu) ont remis à plus tard, mais pas empêché l’accomplissement des points principaux de l’accord.

Le 21 novembre 2006 est réalisé le premier point et le plus important pour les réactionnaires : l’arrêt de la guerre. C’est un point capital car ils étaient en train de la perdre. Le 28 novembre, un deuxième pas est franchi : l’accord sur le contrôle et la gestion des armes et des armées, qui consiste à désarmer l’armée qui était en train de gagner la guerre, c’est-à-dire l’APL; et qui ne fait que désarmer un tiers de l’Armée royale, la police n’étant pas concernée par l’accord.

Avec cet accord (s’il se concrétise), les masses révolutionnaires sont désarmées (sans pouvoir) et le roi muni d’une armée diminuée conserve son pouvoir. 

Si Prachanda réussit à arrêter la guerre populaire et à désarmer l’Armée Populaire de Libération, le peuple népalais se retrouvera sans défense face à ses ennemis traditionnels; la structure de classes et la condition semi- coloniale et semi-féodale du Népal seront conservés pour l’essentiel.

La direction révisionniste du PCN(m) en signant les deux premiers accords a renoncé à la République de Nouvelle Démocratie, au socialisme et au communisme. 

Sa recherche d’un front unique de lutte contre la monarchie semi-féodale a été beaucoup trop loin et a abouti à faire une croix sur les principes révolutionnaires mlm pour arriver à une alliance avec les dirigeants d’une bourgeoisie bureaucratique qui historiquement n’a jamais été républicaine de façon conséquente. 

Sur cette voie, en appliquant une ligne opportuniste, révisionniste (« développement d’une démocratie du 21è siècle »), il a opté pour l’établissement d’une démocratie bourgeoise pour le Népal. Au sein de celle-ci, ces révisionnistes surgis à l’intérieur du maoïsme occupent des charges parlementaires et gouvernementales.

Pendant le mois de janvier 2007, la direction révisionniste du PCN(m) a signé avec le gouvernement une constitution provisoire « perfectible ». 

Ensuite, les 7 partis et les prachandistes ont formé un parlement provisoire de 330 sièges. 

Les 3 partis principaux : le parti du Congrès, le PCN(m) et un parti révisionniste de typa ancien, le PCN (ml unifié). Ces partis obtiennent 83 sièges chacun. Les sièges qui restent se répartissent entre les 5 partis plus petits.

Les nouveaux parlementaires ont été désignés « à la main ». Le banc prachandiste a élu comme chef Krishna Badahur Mahara (qui était le porte-parole du PCN(m) lors des négociations de paix). 

D’après les accords, en juin 2007 devraient se réaliser des élections parlementaires pour former une assemblée constituante qui rédige une nouvelle constitution. 

L’assemblée décidera du sort de la monarchie. D’ores et déjà, Prachanda a déclaré qu’il accepterait la décision de l’assemblée constituante. 

Aujourd’hui, ces révisionnistes ne possèdent qu’un quart des l’actuel parlement provisoire. Manque encore la formation du gouvernement provisoire, qui sera formé par des représentants des 3 partis principaux (Prachanda en fera peut-être partie).

APPRENDRE DE LA RÉVOLUTION NÉPALAISE, DÉMASQUER LE RÉVISIONNISME DE PRACHANDA

La lutte révolutionnaire des communistes (mlm) est composée de succès et d’échecs, de victoires et de défaites, mais aussi de trahisons grandes et petites. 

En tant que maoïstes, nous considérons cela comme un aspect de notre lutte, comme quelque chose de naturel. 

Au même titre que la pluie qui nous mouille ou le soleil qui nous éclaire. Pour cette raison, nous ne devons pas être démesurément surpris. 

Nous pouvons certes regretter ce qui arrive au Népal, mais nous ne pouvons (ni ne devons) nous asseoir au bord de l’eau pour pleurer. Bien au contraire, nous devons nous ébrouer et secouer toute cette poussière révisionniste et continuer notre marche en avant.

De ce qui arrive au Népal, nous devons tirer des leçons qui nous rendrons plus aptes à affronter l’ennemi de classe. Des grandes trahisons, nous pouvons extraire de grands enseignements. 

Il est nécessaire de les étudier, d’y réfléchir et de nous préparer à les affronter. Les expériences révolutionnaires du Pérou et du Népal nous indiquent que la perspective maoïste est correcte. 

C’est en suivant ce chemin que se développent les luttes révolutionnaires en Inde, en Turquie, aux Philippines. 

Notre tâche internationaliste ne consiste pas seulement à populariser les expériences communistes (maoïstes) de la lutte révolutionnaire dans le monde, mais aussi et principalement à mobiliser les masses populaires pour déclencher la Guerre Populaire dans notre propre pays. 

Union des Révolutionnaire Communistes
(marxistes-léninistes-maoïstes)

Février 2007

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au Chili (1960-1980)