La deuxième section s’intitule « La rotation du capital »; elle est trois fois plus longue que la précédente.
On y trouve les éléments suivants :
CHAPITRE 7 : temps de rotations, nombre de rotations
CHAPITRE 8 : capital fixe et capital circulant
I. Les différences formelles
II. Composantes, remplacement, réparation, accumulation du capital fixeCHAPITRE 9 : la rotation totale du capital avancé, les cycles de rotation
CHAPITRE 10 : théories sur le capital fixe et le capital circulant, les physiocrates et Adam Smith
CHAPITRE 11 : théories sur le capital fixe et le capital circulant, Ricardo
CHAPITRE 12 : la période de travail
CHAPITRE 13 : le temps de production
CHAPITRE 14 : le temps de circulation
CHAPITRE 15 : l’effet du temps de rotation sur le montant de capital avancé
I. Période de travail égale à la période de circulation
II. Période de travail plus grande
III. Période de travail plus petite
IV. Résultats
V. Effet des changements de prixCHAPITRE 16 : la rotation du capital variable
I. Le taux annuel de la survaleur
II. La rotation du capital variable singulier
III. La rotation du capital variable considérée d’un point de vue socialCHAPITRE 17 : la circulation de la survaleur
I. Reproduction simple
II. Accumulation et reproduction élargie
Karl Marx commence par poser la question du nombre de rotations qu’il y a chaque année, c’est-à-dire le nombre de fois où le cycle présenté dans la première section se reproduit.
Et il s’intéresse tout de suite à l’impact des rotations sur le cycle.
Dialectiquement, il trouve un groupe d’opposés : le capital fixe et le capital circulant.
Le premier ne s’use pas en un seul cycle (tels les machines, les bâtiments, etc.), le second est utilisé pendant le cycle (matières premières, énergie, force de travail).
Il s’ensuit qu’il faut regarder les aspects de chacun par rapport à la production, mais également à la vente.
Karl Marx décline donc les possibilités et situations possibles, selon la rapidité des différents éléments.
Naturellement, l’expérience d’Amazon, de Shein et de Temu, par exemple, permet aujourd’hui d’avoir un aperçu relativement clair de la question.
Ce n’était pas le cas à l’époque.
Karl Marx, de par son analyse matérialiste dialectique, parvient à intégrer le temps comme donnée dans l’espace – ce dernier étant celui des moyens de production et de la consommation.
Et bien sûr il a compris que le temps se fondait précisément sur la production et la consommation.
Voici comment il synthétise les choses :
« Plus la période de rotation du capital est courte, c’est-à-dire plus les intervalles sont courts entre les échéances de sa reproduction dans l’année, et plus rapidement la partie variable du capital primitivement avancée par le capitaliste sous la forme argent se convertit en la forme argent du produit créé par l’ouvrier pour remplacer ce capital variable (produit qui comprend en outre la plus-value).
Plus court est donc le temps pour lequel le capitaliste est forcé d’avancer de l’argent sur son propre fonds, et plus faible est, par rapport au volume donné de la production, le capital qu’il avance.
Et plus grande relativement est la masse de plus-value qu’avec un taux donné de plus-value il retire chaque année, puisque, avec la forme argent de la valeur produite par l’ouvrier lui-même, il peut plus fréquemment racheter cet ouvrier et mettre son travail en mouvement. »
C’est ce qui permet de reproduire la production, et même de la reproduire de manière élargie.
Et voilà pourquoi cette section s’intitule la rotation du capital : Karl Marx scrute les modalités de la production dans son rapport à la consommation, par l’intermédiaire du capital utilisant le travail salarié.
Ce que Karl Marx, un peu plus tard dans le Livre 2, résume comme suit :
« Dans la deuxième section, nous avons étudié le cycle sous sa forme périodique, c’est-à-dire la rotation du capital.
Nous avons montré comment les différents composants du capital (fixe et circulant) accomplissent le cycle de leurs formes en des temps différents et de façon différente. »
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plan dialectique du Capital : le Livre deuxième