La première section du Livre deuxième du Capital de Karl Marx

La première section s’intitule « Les métamorphoses du capital et leur cycle ».

Elle contient les chapitres suivants :

CHAPITRE 1 : le cycle du capital-argent
I. Premier stade
II. Deuxième stade : fonction du capital productif
III. Troisième stade : M’–A’
IV. Le cycle global

CHAPITRE 2 : le cycle du capital productif
I. Reproduction simple
II. Accumulation et reproduction sur une échelle élargie
III. Accumulation d’argent
IV. Fonds de réserve

CHAPITRE 3 : le cycle du capital-marchandise

CHAPITRE 4 : les trois figures du procès cyclique

CHAPITRE 5 : la période de circulation

CHAPITRE 6 : les frais de circulation
I. Coûts de circulation purs
1) Temps d’achat et temps de vente
2) Comptabilité
3) Argent
II. Coûts d’entreposage
1) Constitution de stock en général
2) Stock de marchandises à proprement parler
III. Coûts de transport

Dans cette section, Karl Marx revient sur ce qu’il a exposé dans le Livre premier.

Il y dit qu’il y a deux types d’argent, pour faire simple l’argent qu’on dépense et l’argent qu’on investit.

C’est bien sûr une contradiction.

Karl Marx se fonde donc ici sur le capital-argent, c’est-à-dire l’argent qu’on investit. Il regarde comment, par la production, il devient capital-marchandise.

Puis, il nous raconte comment il redevient capital-argent une fois la marchandise vendue.

Il y a donc un cycle et pour qui comprend la dialectique, on s’aperçoit qu’on a : thèse, antithèse, synthèse.

Le capital-argent est la thèse, il fait face au capital-marchandise qui est l’antithèse.

Ce sont les deux pôles contraires, qui deviennent l’un l’autre.

C’est une contradiction, qui forme la synthèse, avec à la fois l’un et à la fois l’autre, mais d’une nature différente, car dépassant la nature ancienne dans un saut qualitatif.

C’est là où Karl Marx est le maître du matérialisme dialectique. Il a compris que le capital argent, dans le cycle capital argent – capital marchandise – capital argent, ne devenait pas simplement « plus grand ».

L’ajout n’est pas quantitatif, il est qualitatif. Et c’est rendu possible par un élément masqué : l’exploitation des travailleurs.

Karl Marx a-t-il compris l’exploitation parce qu’il a compris la dialectique et qu’il fallait bien un saut qualitatif, ou bien a-t-il compris la dialectique parce qu’il a compris l’exploitation ?

Il va de soi que les deux sont vrais.

Mais on ne soulignera jamais assez cela : ce que Karl Marx cherche, c’est l’exponentielle.

C’est son obsession : il cherche ce qui porte le développement à l’infini.

Continuons. Après avoir abordé le capital-argent et sa transformation, Karl Marx doit se tourner vers son contraire.

C’est là le mouvement dialectique.

Le contraire de argent – production – argent, c’est production – argent – production.

Il va de soi que la conversion – le mot de nature dialectique est celui employé par Karl Marx – du capital-argent en capital productif implique, là encore, une contradiction et une production issue de cette contradiction.

Le capital-argent fait face au capital productif dans cette contradiction ; le saut qualitatif consiste en l’accumulation.

Autrement dit : dans la contradiction capital argent – capital productif, il y a conversion de chaque contraire en son contraire (ce que nous appelons le nexus), et c’est le saut.

Il faut ici bien noter que tous ces éléments dont il est parlé appartiennent à la contradiction ; aucun élément ne peut agir de manière séparée, isolément.

Karl Marx nous avertit bien, en soulignant au sujet de la marchandise et de l’argent :

« C’est uniquement parce qu’elles sont liées entre elles comme formes de fonctions que le capital industriel doit accomplir à différents stades de son procès cyclique, que la fonction argent et la fonction marchandise sont en même temps fonctions du capital argent et du capital-marchandise.

On commet donc une erreur si l’on veut faire dériver leurs propriétés et fonctions spécifiques qui caractérisent l’argent comme argent et la marchandise comme marchandise, de leur caractère capitaliste, et c’est commettre une égale erreur que de faire dériver au rebours les propriétés de capital productif de ce qu’il existe sous forme de moyens de production. »

Autrement dit, nous avons un mouvement dialectique et il n’est pas possible de prendre les pôles de la contradiction « à part ».

C’est ici, si l’on veut, la différence entre qui reconnaît l’apport de Karl Marx avec son ouvrage sur le Capital, et qui ne le reconnaît pas.

Soit on s’en inspire pour prendre des morceaux, des éléments qu’on isole, soit on comprend qu’il y a une opération dialectique qui se joue, implacablement.

Le cycle existe en tant que cycle, le phénomène prime sur ses éléments, le mouvement est irrépressible et les caractères autres par rapport aux fonctions dans la contradiction deviennent secondaires.

Progressons encore. L’accumulation ne s’arrête pas.

Quand on dit que le capital-argent fait face au capital productif dans cette contradiction et que le saut qualitatif consiste en l’accumulation, il faut bien comprendre que le processus est relancé.

Le capital est réinvesti et donne de nouveau une marchandise.

Karl Marx s’arrête sur cette étape, où le capital-marchandise est issu du capital, qui lui-même est issu d’une étape au préalable où il était déjà devenu marchandise.

C’est très important, car sinon on n’aurait pas, en effet, thèse – antithèse – synthèse !

Il n’y a pas seulement argent – production – argent, production – argent – production. Il y a le mouvement qui repart, avec un saut qualitatif.

Karl Marx insiste bien dessus :

« Le capital, étant de la valeur qui se met en valeur, n’implique pas seulement des rapports de classe, ou un caractère socialement déterminé reposant sur l’existence du travail comme travail salarié.

C’est un mouvement, un procès cyclique traversant différents stades et qui lui-même implique à son tour trois formes différentes du procès cyclique.

C’est pourquoi on ne peut le comprendre que comme mouvement, et non pas comme une chose au repos. »

Karl Marx analyse ensuite les choses dans leur rapport à l’espace-temps : combien de temps dure le cycle, quels sont les frais liés au cycle.

Pour donner un exemple concret : on ne travaille pas la nuit la plupart du temps et c’est à prendre en compte, il faut également engager un comptable parce qu’il faut bien tenir les comptes, il est nécessaire qu’il y ait un transporteur, etc.

On comprend le titre, « Les métamorphoses du capital et leur cycle »; on a, effectivement, le capital qui se transforme d’argent en marchandise, de marchandise en argent redevenant marchandise.

C’est une métamorphose, pour tout un cycle, avec tous les à-côtés du cycle.

Karl Marx, un peu plus tard dans le Livre 2, résume comme suit ce qu’il a expliqué dans la première section :

« Nous avons examiné les diverses formes prises par le capital au cours de son cycle et les diverses formes de ce cycle lui-même.

Au temps de travail étudié dans le Livre Ier est venu s’ajouter le temps de circulation. »

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plan dialectique du Capital : le Livre deuxième