La troisième section du Livre deuxième du Capital de Karl Marx

La troisième section est aussi longue que la précédente, à peu de choses près ; elle a comme titre « La reproduction et la circulation de l’ensemble du capital social ».

Elle se divise comme suit :

Introduction
I. Objet de l’analyse
II. Le rôle du capital-argent

CHAPITRE 19 : exposés antérieurs de la question
I. Les physiocrates
II. Adam Smith
1) Le point de vue général de Smith
2) Résolution par Smith de la valeur d’échange en v + s
3) La part constante de capital
4) Capital et revenu chez A. Smith
5) Récapitulation
III. Les auteurs plus tardifs

CHAPITRE 20 : la reproduction simple
I. Position de la question
II. Les deux secteurs de la production sociale
III. La conversion entre les deux secteurs : I (v + pl) contre IIc
IV. La conversion au sein du secteur II, subsistances nécessaires et objets de luxe
V. La médiation des conversions par la circulation d’argent
VI. Le capital constant du secteur I
VII. Capital variable et survaleur dans les deux sections
VIII. Le capital constant dans les deux secteurs
IX. Retour sur A. Smith, Storch et Ramsay
X. Capital et revenu : capital variable et salaire
XI. Remplacement du capital fixe
1) Remplacement sous forme-argent de la part de valeur de l’usure
2) Remplacement du capital fixe in natura
3) Résultats
XII. La reproduction du matériau monétaire
XIII. La théorie de la reproduction de Destutt de Tracy

CHAPITRE 21 : accumulation et reproduction élargie

I. Accumulation dans le secteur I
1) Thésaurisation
2) Le capital constant additionnel
3) Le capital variable additionnel
II. Accumulation dans le secteur II
III. Présentation schématique de l’accumulation
1) Premier exemple
2) Deuxième exemple
3) Conversion de IIc lors de l’accumulation
IV. Addendum

Que fait Karl Marx ?

Après avoir parlé de la métamorphose du capital (en un capital plus grand) et de sa rotation (qui permet techniquement sa réalisation), il dit : attention, là on a parlé que du capital individuel, mais tout est lié.

« Les cycles des capitaux individuels s’entrelacent, se supposent et se conditionnent les uns les autres et c’est précisément cet enchevêtrement qui constitue le mouvement de l’ensemble du capital social. »

Autrement dit, Karl Marx dit : la quantité se transforme en qualité.

Tous les capitaux individuels, par leur quantité, deviennent un capital social.

Si on préfère : le capitalisme n’est pas « dans » la société, c’est la société qui est capitaliste.

Pourquoi cela change-t-il tout ?

C’est simple : tant qu’on étudiait la métamorphose et la rotation en soi, peu importait ce qui était produit, puisque le principe est toujours le même.

Dans une société toutefois, il y a une interaction entre les productions et les consommations.

Cela conditionne le processus.

Karl Marx va alors recommencer, si l’on veut, la même étude, mais en prenant en compte que si du capital passe dans tel secteur, alors cela va influer sur tel autre secteur, et comme quoi aussi il faut distinguer les biens nécessaires et ceux relevant du luxe.

Il fait ainsi ce qu’ont dû faire les planificateurs en URSS à l’époque de Staline, prévoyant quel impact aurait telle production et telle consommation sur telle autre, quelle proportion de capital allouée à tel secteur aurait tel impact sur tel autre, etc.

Et c’est là le sens du Livre deuxième.

Il complète le premier, en fournissant les modalités opérationnelles du phénomène capitaliste par rapport à l’alternance production / consommation, et en expliquant bien qu’il fallait regarder les choses dans leur ensemble, c’est-à-dire considérer le capital social et pas seulement les capitalistes individuels.

En ce sens le Livre deuxième est, en pratique, indissociable du Livre troisième, qui s’intitule justement Le procès d’ensemble de la production capitaliste.

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plan dialectique du Capital : le Livre deuxième