L’organisation du Livre troisième

Le Livre deuxième du Capital s’est intéressé à la métamorphose concrète du capital : comment à chaque cycle, il devient plus grand.

Cela a débouché sur une compréhension de la rotation du capital, c’est-à-dire de la façon dont tout se déroule concrètement dans le rythme de la production et de la consommation.

Puis, Karl Marx a affirmé qu’il fallait prendre les choses globalement, car tous les capitaux sont entremêlés.

C’est cela qui amène au Livre troisième dont le titre est Le procès d’ensemble de la production capitaliste.

Dès le début, Karl Marx souligne d’ailleurs qu’en arriver là est le fruit de tout le processus précédent dans Le capital.

« Dans le premier volume nous avons analysé les phénomènes que présente le procès de production capitaliste pris isolément et abstraction faite de toutes les circonstances secondaires qui lui sont étrangères.

Ce procès n’occupe pas toute l’existence du capital ; il est complété par le procès de circulation dont les phénomènes ont été étudiés dans le volume II.

Cette étude, surtout dans la troisième section qui traite du procès de circulation comme intermédiaire de la reproduction sociale, a démontré que l’ensemble du procès de production capitaliste comprend les phénomènes de production et de circulation.

Le troisième volume que nous publions maintenant n’a pas pour objet de développer des réflexions générales sur ce point ; il se propose de rechercher et de caractériser les formes concrètes qui surgissent du mouvement du capital considéré comme un tout. »

Ici, on n’est plus dans le processus lui-même du capital, mais dans le capital dans son rapport direct avec la société toute entière.

Autrement dit, ou présenté de manière « simple » ou simpliste, on a la chose suivante : dans le Livre premier, Karl Marx constate le capital ; dans le Livre deuxième, il constate le capitalisme et dans le Livre troisième, il constate le capitalisme comme mode de production.

Malheureusement, comme on le sait, Karl Marx n’a pu publier de son vivant que le Livre premier.

Si on trouve malgré cela une cohérence solide dans le Livre deuxième, c’est que cela fonctionnait bien en raison du caractère bien abouti des expositions.

On n’a pas cela dans le Livre troisième.

S’il fait pratiquement le double du précédent, c’est que les thèmes sont très variés, pas nécessairement reliés ; le Livre dans son ensemble ne se présente pas synthétiquement, et qui plus est il y a une dimension non terminée.

Le dernier chapitre de la dernière section est ainsi consacré aux classes et à leur définition ; il ne fait qu’une page, n’ayant pas été terminé.

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plan dialectique du Capital : le Livre troisième