Auteur/autrice : IoULeeM0n

  • Qu’est-ce que le diamat ?

    Le matérialisme dialectique est, pour nous communistes, la science qui permet de comprendre l’Univers et ses lois. Cette science a été développée par Karl Marx et Friedrich Engels, notamment par ce dernier dans La dialectique de la nature.

    Puis Lénine a approfondi la compréhension de celle-ci, redécouvrant certains principes alors qu’il ne connaissait pas certains documents très importants de Friedrich Engels, notamment La dialectique de la nature. La révolution russe de 1917 est directement issue de la compréhension par Lénine du matérialisme dialectique, notamment dans le grand classique Matérialisme et empirio-criticisme.

    L’URSS s’est construite elle-même en se fondant sur le matérialisme dialectique, dont l’abréviation « diamat » est connue de par la diffusion sur le plan international de l’idéologie communiste. Staline a admirablement résumé ce qu’était la science, dans son ouvrage Le matérialisme dialectique et le matérialisme historique.

    Et c’est enfin Mao Zedong qui a présenté le matérialisme dialectique de la manière la plus claire, la plus brillante, la plus générale. Son oeuvre De la contradiction présente le matérialisme dialectique de manière exemplaire, et son étude est une tâche prioritaire et absolue pour toute personne voulant comprendre la société comme l’Univers.

    Mais qu’est-ce que le matérialisme dialectique ? Qu’est-ce que le « diamat », comme on l’a appelé en URSS, premier État à l’avoir assumé dans tous les domaines ? Mao Zedong a résumé le principe en quelques mots : « 1 devient 2 ». Toute chose se divise en deux.

    Pourquoi cela ? Car toute chose a deux aspects, et ces deux aspects forment un aspect positif et un aspect négatif, dont l’opposition est le moteur de la chose en question. Et c’est vrai partout, absolument partout, pour tout phénomène.

    Le mouvement dialectique est vrai partout, pour toute chose ; il s’agit d’une loi universelle.

    On peut ainsi étudier tout phénomène : pour le comprendre, il suffit de saisir son mouvement, de comprendre comment la dialectique y agit. Si l’on prend par exemple une société, on regarde comment est organisée la matière qui la forme.

    L’économie [c’est-à-dire le mode de production] formant la matière, on s’intéresse alors au mouvement dialectique en son sein, et on peut y voir une contradiction : par exemple celle entre la bourgeoisie et l’aristocratie, ou bien entre la bourgeoisie et la classe ouvrière.

    Cette loi de la contradiction est universelle. La nature n’est en rien une collection accidentelle d’objets et de phénomènes, qui seraient séparés les uns des autres, isolés et indépendants. C’est le contraire qui est vrai. La matière n’existe qu’en mouvement, et ce mouvement est dialectique.

    Voici ce que dit à ce sujet le grand physicien Shoichi Sakata (1911-1970), qui a compris la signification du matérialisme dialectique :

    « La science actuelle a trouvé que dans la nature, il existe des « niveaux » qualitativement différents – la forme du mouvement –, par exemple, la série de niveaux : particules élémentaires – noyaux – atomes – molécules – masses – corps célestes – nébuleuses.

    Ces niveaux forment des points nodaux variés qui restreignent les différents modes qualitatifs de l’existence de la matière en général.

    Et, ainsi, ils ne sont pas simplement reliés de manière directe comme décrit ci-dessus. Les « niveaux » sont également connectés dans une direction comme molécules – colloïdes – cellules – organes – individus – sociétés. Même dans les masses semblables, il existe des « niveaux » d’états correspondant aux solides – liquides – gaz.

    Dit de manière métaphorique, ces circonstances peuvent être décrites comme ayant une sorte de structure multi-dimensionnelle de type filet de pêche, ou plutôt serait-il plus juste de dire qu’ils ont une structure de type oignon en phases successives.

    Ces niveaux ne sont en rien mutuellement isolés et indépendants, mais ils sont mutuellement connectés, dépendants et constamment « transformés » les uns en les autres.

    Un atome, par exemple, est construit à partir des particules élémentaires et une molécule est construite à partir d’atomes et, inversement, une molécule peut être décomposée en atomes, un atome en particules élémentaires.

    Ces types de transformations arrivent constamment, avec la création d’une nouvelle qualité et la destruction des autres, dans des changements incessants. »

    (Shoichi Sakata,  Physiques théoriques et dialectiques de la nature, 1947)

    Pour résumer ce qui est ici exprimé par Shoichi Sakata, tout est relié, interdépendant, et tout forme une unité. La planète Terre, par exemple, est une biosphère : il n’y a pas de phénomène existant de manière isolée, pas même l’être humain et sa société.

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  • Le matérialisme dialectique et l’univers

    « Le sport en URSS – le sport de millions! »

    L’univers consiste en le processus infini et éternel du reflet de la matière par la matière et pour la matière.

    La matière est en effet sensible et connaît en elle-même une impression la façonnant à différents degrés. Cette différence de marquage du reflet a comme source que l’univers est en mouvement et que c’est à travers lui que se charrie les reflets et les impressions.

    Ce mouvement et les multiples aspects de la réalité font que les reflets et les impressions connaissent des rythmes différents, des ampleurs différentes.

    On peut dire que l’univers est le reflet de lui-même dans un processus ininterrompu de transformations. Sa nature est l’équivalent d’un océan infini où tout se reflète dans un mouvement ininterrompu de vagues à tous les niveaux, à toutes les échelles.

    Ce processus de reflets et d’impressions au sein d’un univers en mouvement, avec tous ses aspects différents de la matière, se caractérise ainsi par un développement inégal. L’inégalité des marquages du reflet, de l’impression, provoque des situations de déséquilibres.

    Il y a mouvement parce que développement inégal, et développement inégal parce que mouvement. L’aspect principal dépend de l’étape du processus.

    D’un côté, l’impression du reflet dans la matière aboutit à rendre plus complexe celle-ci sur le plan interne. De l’autre, le caractère inégal de cette impression provoque des ruptures. La rupture est précisément ce qui caractérise un processus aboutissant à une transformation comme saut qualitatif.

    Il n’y a concrètement ni cause, ni conséquence, mais uniquement une transformation interne aboutissant à une complexité plus grande de la matière, un élargissement de ses impressions, un accroissement de la puissance de ses reflets, un ou plusieurs moments de rupture, un saut qualitatif.

    C’est ce mouvement de transformation interne se reflétant depuis la matière dans la matière qui lui-même inscrit les impressions et produit les changements. Et ce qui se déroule de manière interne est la contradiction portée jusqu’à son aboutissement.

    La loi de la contradiction, avec deux pôles s’opposant de manière relative ou non, exprimant des rapports antagoniques ininterrompus, relève du mouvement général et universel de la matière.

    Il n’y a donc ni début ni fin, car aucun processus n’est isolé. Le reflet et l’impression sont généralisés et ininterrompus, tout phénomène est en liaison, de différentes manières et à différents degrés, à tous les autres phénomènes.

    Dans l’univers, tout se transforme de manière incessante, avec des transformations dont le reflet provoque des impressions, qui elles-mêmes produisent des reflets provoquent des impressions, et ce à l’infini.

    Il n’y a par conséquent ni cause, ni conséquence. Le processus de la transformation est dialectique, il unit le particulier et l’universel, le relatif et l’absolu, tout étant lié et en même temps non lié dans un processus infini et éternel.

    Toute transformation s’ajoute aux autres transformations et se reflète en elles, produisant interaction, liaison, médiation.

    Rien n’est ainsi isolé et indépendant. Tout est mutuellement connecté et inter-dépendant, constamment transformé et transformant, par le reflet, par l’impression.

    Absolument tout est reflet et reflet de reflet, et ce à l’infini. La matière est donc inépuisable et toujours plus complexe, toujours plus riche.

    Aucun retour en arrière n’est possible, jamais, car le mouvement produit une série de sauts qualitatifs ayant abouti à une forme plus développée, plus entremêlée au reste de la matière.

    Ce qu’on appelle le temps est la description de la transformation et ce qu’on appelle l’espace est la description de la matière, car l’univers n’est que matière, toujours plus riche, toujours plus complexe, toujours plus entremêlée à une infinité d’aspects d’elle-même.

    Tout processus obéit à ce système de miroir. Les phénomènes les plus développés de la nature et de la vie correspondent à des sauts qualitatifs majeurs dans la complexification de la matière à grande échelle.

    Les deux pôles de l’électricité, l’asymétrie moléculaire dans le domaine de la vie par rapport au domaine de la matière non vivante, l’action et la réaction en mécanique, les neurones miroir dans les cerveaux, l’union et la dissociation des atomes en chimie, l’enfance et la parentalité, le masculin et le féminin, la lutte des classes dans les modes de production… sont des exemples d’expression complexe du mouvement de la matière et d’un très haut degré d’inter-relation avec elle-même.

    Ce processus n’a pas de début ni de fin. Il n’existe aucun point de départ à l’univers, ni aucun point d’arrivée. Il n’y pas de « Dieu », pas de Big Bang, pas de source, pas de commencement.

    Il n’y a qu’un mouvement de reflets et d’impressions toujours plus approfondis, dans un mouvement en spirale, procédant par sauts, se caractérisant par le développement inégal à tous les niveaux, affirmant le caractère dynamique des rapports internes prenant une dimension contradictoire jusqu’à la rupture.

    En fait, non seulement les développements sont inégaux entre eux, mais chaque développement est lui-même inégal en lui-même, de par la différente densité des impressions. La loi de la contradiction s’applique à l’expression de la contradiction elle-même.

    Rien n’est par conséquent indivisible, ni éternel. Un devient deux et cela éternellement et partout.

    Comme cela est formulé dans l’article « L’univers est l’unité du fini et de l’infini », publié dans le Journal de la dialectique de la Nature en Chine populaire dans la première moitié des années 1970 :

    « La fin de toute chose concrète, le soleil, la Terre et l’humanité n’est pas la fin de l’univers. La fin de la Terre apportera un corps cosmique nouveau et plus sophistiqué.

    À ce moment-là, les gens tiendront des réunions et célébreront la victoire de la dialectique et souhaiteront la bienvenue à la naissance de nouvelles planètes.

    La fin de l’humanité se traduira également par de nouvelles espèces qui hériteront de toutes nos réalisations. En ce sens… la mort de l’ancien est la condition de la naissance du nouveau. »

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