L’architecture néerlandaise est très célèbre, notamment grâce à Amsterdam et ses canaux.
Les grandes maisons, sans rideau pour indiquer qu’on n’a rien à cacher conformément à l’esprit calviniste, frappent toujours les esprits.
L’un des endroits les plus prestigieux d’Amsterdam est à ce titre la portion incurvée du canal Herengracht, dénommée la « courbure d’or ».
Les façades sont larges – un indicateur de richesse, car l’impôt se payait en fonction de la largeur – et les maisons ont parfois un jardin à l’arrière.

Le tableau est de Gerrit Berckheyde et date de 1672.
Du même peintre, on a la même année la courbure près de la Nieuwe Spiegelstraat, une rue qui par la suite devint la rue des antiquaires en raison du passé prestigieux.

On remarquera que le choix de la construction concentrique des canaux date du début du 17e siècle : les maisons de la courbure d’or, la « gouden Bocht », sont ici présentées alors qu’elles viennent d’être construites.
À quelques minutes de la Nieuwe Spiegelstraat, on a la plus vieille église d’Amsterdam, commencée au 13e siècle et située au cœur du centre historique.
Elle est présentée ici par une vue depuis le sud de la ville, par Adriaen van de Velde et Jan van der Heyden, vers 1670.

Elle est bien entendu devenue une église calviniste par la suite, qui à ce titre abrite dans sa nef les tombeaux de nombreuses figures de l’oligarchie.
Citons simplement ici le bourgmestre et régent d’Amsterdam Cornelis de Graeff, le vice-amiral Isaac Sweers, l’organiste du lieu pendant cinquante ans Jan Pieterszoon Sweelinck, la femme de Rembrandt Saskia van Uylenburgh.
Incontournable à Amsterdam, la bourse jouait un rôle essentiel pour toute l’économie du pays ; voici sa cour présentée en 1653 par Emanuel de Witte.

La bourse avait été construite en 1611, mais depuis plusieurs années déjà ses activités existaient, en différents endroits de la ville, dont parfois la vieille église.
Naturellement, les moteurs étaient la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, dès 1602, et la Compagnie des Indes occidentales, à partir de 1621.
Il va de soi que la peinture des nouveaux monuments et bâtiments s’inscrivait dans l’élan général voulant que l’oligarchie faisait connaître un saut au pays – bien qu’en réalité il s’agisse du calvinisme qui était le moteur.
On a ici, par Bartholomeus van Bassen, La nouvelle église de La Hague, vue de l’est. On remarquera les activités symboliquement présentées autour. La religion est directement connectée à l’activité, à l’initiative.

Voici également une vue du Bakenessergracht, un canal de Haarlem, à fonction résidentielle, par Job Berckheyde.
Là encore, il n’y a rien de strictement mémorable ou d’esthétique, mais c’est une représentation qui laisse très bien imaginer le lieu.

Ici, la peinture néerlandaise fait office de photographie avant l’heure ; l’esprit de documentation est patent, et relève de tout un état d’esprit organisé propre à l’époque.
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