Lorsqu’on prend 1+1, où est la dialectique du fini et de l’infini ?
1 semble fini, le second 1 est le même ; l’addition donne 2, ce qui relève du fini également.
Il ne semble donc pas y avoir l’infini.
Le retrouverait-on dans le fait d’additionner ?
La réponse est oui, car on peut placer n’importe quel nombre à gauche et à droite du signe.
L’addition… additionne, à l’infini.
On se dit alors qu’on a la même chose pour la soustraction.
1 et 1 relèvent du fini, la soustraction de l’infini.
Cela pose cependant souci par rapport à la contradiction, puisque l’addition est le contraire de la soustraction.
Autrement dit, la question qui se pose, c’est de savoir si dans les deux pôles d’une contradiction, il peut y avoir le même rapport au fini et à l’infini.
A priori, on doit penser que non. La loi du développement inégal implique que le fini ou l’infini l’emporte relativement.
Si le même l’emportait dans les deux pôles de la contradiction, alors celle-ci tendrait à ne plus en être une.
Si l’addition s’oppose à la soustraction, alors puisque le « + » porte l’infini, le « – » porte le fini.
Est-ce juste ?
Oui, une soustraction porte le fini, dans la mesure où elle porte la négation ; elle enlève à l’infini.
Quand on enlève 1 à 1, ou 2, ou 3, on « rabaisse » l’infini, en quelque sorte.
Mais l’infini est infini !
Aussi, le résultat, lui, ramène à l’infini, il revient dans la liste infinie des nombres.
C’est la dialectique de l’addition et de la soustraction.
Par contre, ce qui complique les choses, c’est la conversion des opposés.
La vie tend à l’infini, la mort au fini ; inversement la vie tend à la mort et implique le fini, alors que la mort implique transformation (chimique) et donc l’infini.
C’est la raison pour laquelle Mao Zedong nous dit : attention à ne pas se focaliser sur une négation de la négation, car sinon on perd de vue la lutte entre l’ancien et le nouveau, qui est le processus réel de la matière et ce à tous les niveaux.
Il y a donc lieu de considérer que, dans les deux pôles de la contradiction, la dialectique du fini et de l’infini est bien présente : le fini est plus fort que l’infini dans un pôle, c’est le contraire dans l’autre.
Toutefois, on sait que les contraires se convertissent l’un en l’autre ; ici, le fini devient l’infini, et inversement.
Lorsqu’on mange une banane, celle-ci est finie, c’est une banane bien délimitée.
Elle va se transformer en infini par la digestion.
Il y a toutefois du fini dans l’infini et de l’infini dans le fini.
Voilà pourquoi la banane, une fois digérée, aboutit à un produit fini, qu’on expulse en allant aux toilettes.
Elle apporte aussi de l’énergie, qui relève de l’infini.
C’est un exemple trivial, mais il montre parfaitement qu’il y a toujours une dialectique à l’œuvre et qu’elle ne s’arrête pas.
C’est cela que ne comprennent pas les gens qui jettent leurs mégots de cigarettes n’importe où, ne comprenant pas qu’il va y avoir transformation, ou encore qui ne voient pas l’impact sur l’environnement de l’utilisation du carburant d’une voiture : ils voient juste le réservoir vide.
Inversement, une mentalité dialectique permet de comprendre qu’une fois qu’on a mangé, on sera obligé de manger de nouveau, car il y a eu transformation entre-temps.
Pareillement, une fois qu’on a appris quelque chose, on ne sait en fait rien, car il y a tout le reste à apprendre.
Quand le matérialisme dialectique dit que rien n’est figé, ce n’est pas simplement qu’il y a le mouvement : ce mouvement est dialectique, avec des pôles portant le fini et l’infini, et se convertissant l’un en l’autre.
L’humanité existe, car un couple se forme ; en un certain sens, on peut dire que l’homme apporte physiologiquement le fini, la femme l’infini et cette unité des contraires produit un saut qualitatif qui est un enfant.
Le couple va mourir, mais l’enfant qui est leur contraire va grandir et, une fois adulte, il va former un couple, et le même processus de fini et d’infini va se dérouler.
Ainsi, l’image de la spirale correspond à ce choc d’une tendance qui d’une part tend au fini, de l’autre tend à l’infini.
Un couple qui produit un enfant tend à l’infini, mais dans le même mouvement tend à sa propre fin, car il va céder la place à une nouvelle génération.
On va dans un sens et, en même temps, on en va dans un autre.
Lorsque le prolétariat fait la révolution, il ouvre l’infini en faisant passer à un autre mode de production, qui va approfondir les choses ; en même temps, il se condamne lui-même comme classe, il se révèle fini, le communisme étant une société sans classes.
Le fini amène l’infini et inversement : une personne qui a soif va boire un verre d’eau et étancher sa soif et pourtant, en même temps, ce processus va conduire à ce que la personne se retrouve bientôt à de nouveau avoir soif.
C’est le paradoxe : en buvant, la personne fait en sorte qu’elle aura de nouveau soif.
Tout se transforme et à chaque moment, un processus a son double, son opposé, qui porte l’infini ou le fini, selon le contraire faisant immanquablement face.
C’est ce qui fait que l’univers ne s’effondre pas, ne se déchire pas : tout reste indissociablement lié par la dialectique du fini et de l’infini.
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