Le peuple a vaincu le fascisme japonais, il saura vaincre l’impérialisme américain (1965)

Discours du camarade Louo Jouei-king au meeting tenu à Pékin, le 3 septembre 1965, à l’occasion du 20e anniversaire de la fin victorieuse de la Guerre de Résistance contre le Japon

Camarades et Amis,

Aujourd’hui, la population de Pékin, le peuple chinois tout entier, les commandants et les soldats de l’Armée populaire de Libération de Chine célèbrent dans l’enthousiasme cette grande journée du 20e anniversaire de la victoire remportée par la Guerre de Résistance contre le Japon.

Cette victoire remportée par le peuple chinois grâce à la direction éclairée du Parti communiste chinois et du camarade Mao Tsé-toung revêt une grande signification historique. Le peuple chinois avait le puissant soutien des peuples antifascistes du monde durant sa Guerre de Résistance qui, elle-même, constituait un grand soutien à la guerre des peuples contre le fascisme.

La victoire remportée par la Guerre de Résistance de la Chine fut une des grandes victoires de la guerre mondiale antifasciste.

Le peuple chinois avait, depuis la Guerre de l’Opium de 1840, livré pendant près de cent ans une suite de combats héroïques contre l’agression impérialiste, mais aucune victoire complète n’avait été enregistrée.

A l’époque de la Guerre de Résistance contre le Japon, sous la direction du Parti communiste chinois et du camarade Mao Tsé-toung, le peuple chinois parvint, après huit années d’une héroïque et âpre résistance, à triompher de l’impérialisme japonais, à remporter pour la première fois dans l’histoire moderne du pays une grande victoire dans la guerre contre l’agression.

Ce fut à partir de cette victoire, et toujours sous la direction du Parti communiste chinois, que le peuple chinois l’emporta sur la clique réactionnaire kuomintanienne qui, avec le soutien de l’impérialisme américain et sous son commandement, n’avait pas hésité à déclencher une guerre civile contre-révolutionnaire, et il fonda la grande République populaire de Chine.

Ayant ainsi renversé les trois fléaux, l’impérialisme, le féodalisme et le capitalisme bureaucratique, qui pesaient sur lui comme des montagnes, le peuple chinois que d’innombrables misères accablaient s’est enfin dressé, tel un géant.

Après la victoire enlevée par sa Guerre de Résistance contre le Japon, puis par sa Guerre de Libération, la Chine, qui représente près du quart du genre humain, s’est transformée, de pays semi-colonial et semi-féodal qu’elle était, de victime de l’agression et des vexations des puissances impérialistes qu’elle a été, en un grand pays socialiste, un puissant bastion qui combat fermement l’impérialisme, qui soutient résolument les mouvements de libération de toutes les nations et de tous les peuples opprimés.

L’éclatante victoire qui couronna la révolution chinoise entraîna un changement important dans le rapport des forces entre révolution et contre-révolution à l’échelle mondiale.

L’humanité venait d’enregistrer une autre grande victoire qui, faisant suite à la Révolution d’Octobre, fut une grande victoire du marxisme-léninisme et de la pensée de Mao Tsé-toung.

L’expérience de la victorieuse Guerre de Résistance du peuple chinois contre le Japon et de l’ensemble de la victorieuse guerre révolutionnaire chinoise nous apprend que le parti du prolétariat doit maintenir haut levé le drapeau de l’anti-impérialisme et de la libération nationale, diriger les grandes masses populaires, former le front uni le plus large contre l’impérialisme et ses laquais sur la base de l’alliance des ouvriers et des paysans, mener le combat révolutionnaire par les armes en comptant sur ses propres forces, bâtir une armée populaire de type nouveau, appliquer la stratégie et les tactiques de la guerre du peuple, et ce qui est particulièrement important, s’implanter dans les campagnes, y établir des bases révolutionnaires, encercler les villes à partir de la campagne afin de les prendre ensuite et d’arracher la victoire à l’échelle nationale.

C’est là la juste voie qui permettra aux nations opprimées des colonies et semi-colonies de parvenir à la libération.

Dans l’article Vive la victorieuse guerre du peuple, qu’il a écrit à l’occasion du 20e anniversaire de la fin victorieuse de la Guerre de Résistance contre le Japon, le camarade Lin Piao montre les riches acquis que le peuple chinois a tirés de la guerre populaire qu’il mena pendant plus de vingt ans, il expose systématiquement et de manière approfondie la théorie du camarade Mao Tsé-toung relative à la guerre du peuple, et il dit son importance sur le plan international.

Et abordant la lutte présente contre l’impérialisme américain et le révisionnisme moderne, il montre la trahison de la guerre populaire par les révisionnistes khrouchtchéviens et la voie victorieuse qui permet au peuple révolutionnaire de partout de battre l’impérialisme américain et ses laquais par la guerre populaire.

Chacun de nous doit étudier sérieusement ce texte. Et de même que nous nous sommes appuyés, dans le passé, sur la guerre du peuple pour battre l’impérialisme japonais et les réactionnaires kuomintaniens, nous continuerons à nous appuyer sur la même guerre populaire pour mettre en échec toute guerre d’agression que les impérialistes américains pourraient déclencher contre nous, afin de défendre notre patrie socialiste et la paix mondiale.

TOUT EN CÉLÉBRANT L’ANNIVERSAIRE DE LA GRANDE VICTOIRE REMPORTÉE PAR LA GUERRE DE RÉSISTANCE CONTRE LE JAPON, FAISONS EN SORTE QUE NOTRE CONFIANCE DANS LA VICTOIRE TOTALE SUR L’IMPÉRIALISME AMÉRICAIN SOIT MULTIPLIÉE PAR CENT ET QU’UNE GRANDE FERMETÉ PRÉSIDE A NOTRE COMBAT CONTRE LA TRAHISON DES RÉVISIONNISTES KHROUCHTCHEVIENS QUI ESSAIENT D’INTIMIDER LES PEUPLES PAR LA TERREUR DE LA GUERRE.

L’impérialisme américain prit la relève des fascistes allemands, japonais et italiens, immédiatement après leur chute, il emprunta le chemin frayé par eux et il s’efforce de mettre sa stratégie mondiale contre-révolutionnaire en application pour tenter d’asseoir son hégémonie sur le monde. Sa politique d’agression et de guerre est devenue plus sanglante et plus cynique encore avec l’administration Johnson. La doctrine Johnson est du néo-hitlérisme, du néo-fascisme, elle est synonyme d’agression et de guerre.

L’impérialisme paraît terrible, mais en réalité, il n’est pas si puissant. Le vaincre est parfaitement possible. La force vraiment invincible est celle du peuple. La victorieuse Guerre de Résistance du peuple chinois contre le Japon a mis cette vérité en lumière. Et si les fascistes nippo-germano-italiens des années 40 du siècle ont pu être battus, les impérialistes américains des années 60 le seront également.

Les impérialistes américains ne sont-ils pas les plus puissants des impérialistes ? Ne disposent-ils pas de bombes atomiques, que les fascistes japonais, allemands et italiens ne possédaient pas ? Sur quoi nous basons nous pour affirmer que les Etats-Unis aussi finiront par être vaincus ?

La marche de l’histoire fournit la réponse. Et les choses deviennent parfaitement limpides si l’on compare les conditions dans lesquelles les fascistes japonais, allemands et italiens déclenchèrent la guerre à la situation que les impérialistes américains connaissent actuellement.

Nous disons que ceux-ci finiront par être vaincus, tout d’abord parce que des changements considérables sont intervenus dans le rapport des forces sur le plan mondial et que, comparés aux fascistes allemands, japonais et italiens, les impérialistes américains se trouvent clans une posture beaucoup plus fâcheuse.

Lorsque les fascistes japonais, allemands et italiens déclenchèrent leurs guerres d’agression au cours des années 30, le rapport des forces, pris dans son ensemble, jouait momentanément en leur faveur et était défavorable aux peuples.

Il n’existait qu’un seul Etat socialiste, l’Union soviétique. Et la Chine était encore un pays en partie colonial, en partie semi-colonial et semi-féodal, extrêmement pauvre et arriéré, notre Parti ne représentait qu’une force peu importante et l’armée dirigée par lui ne comptait qu’un peu plus de 40.000 hommes.

Le moment était particulièrement dur pour la lutte populaire, sur le plan mondial et en Chine. La guerre de résistance de l’Abyssinie contre l’Italie échoua, la révolution espagnole fut étouffée, et Hitler déferla sur toute l’Europe en l’espace de quelques mois. En Orient, les fascistes japonais occupaient non seulement la moitié du territoire chinois, mais aussi presque tout le Pacifique occidental.

Et quelle est la situation aujourd’hui ? Les pays socialistes forment un camp puissant, avec une population qui est passée de 200 millions à plus d’un milliard. En Asie, en Afrique et en Amérique latine, les mouvements de libération nationale et les mouvements révolutionnaires populaires ont éclaté comme des volcans, se propageant de pays en pays, de territoire en territoire, transformant les arrières de l’impérialisme en un front anti-impérialiste.

Le mouvement ouvrier aussi a connu de nouveaux développements dans les pays capitalistes. Le système impérialiste court à son effondrement total et la crise générale du capitalisme en arrive à un degré jamais atteint. L’arène mondiale voit le vent d’Est qui l’emporte sur le vent d’Ouest, elle voit les forces du socialisme et de la paix l’emporter de plus en plus sur celles de l’impérialisme et de la guerre, les forces révolutionnaires surpasser chaque jour davantage les forces contre-révolutionnaires.

L’actuel front uni contre l’impérialisme américain est d’une ampleur bien plus grande que celui constitué jadis contre le fascisme. Puisque la guerre déclenchée par les fascistes japonais, allemands et italiens, à un moment où le rapport des forces était ce qu’il était, s’est soldée par leur effondrement total, les impérialistes américains peuvent-ils escompter une issue heureuse en déclenchant et en étendant la guerre alors que le rapport des forces est loin de leur être favorable ?

Nous disons que les impérialistes américains peuvent être vaincus, parce que, assaillis de tous côtés par les luttes anti-impérialistes du peuple révolutionnaire de partout, les Etats-Unis sont militairement plus vulnérables que leurs devanciers, les fascistes allemands, japonais et italiens ; il leur est encore plus difficile de faire front à la guerre populaire.

Les fascistes japonais, allemands et italiens purent maintenir une certaine supériorité militaire pendant un temps et enregistrer quelques « brillants faits d’armes », après avoir déclenché la guerre, mais les impérialistes américains ne cessent d’essuyer des défaites, et leur supériorité aéronavale tant vantée s’est avérée inopérante. Si les Etats-Unis ont sur leurs devanciers l’avantage des bombes atomiques, ils ont cependant vite perdu leur monopole nucléaire et leur chantage nucléaire s’avère de plus en plus inopérant. Plus aucune arme ne peut intimider les peuples qui veulent la révolution et veulent s’émanciper.

La bombe atomique n’effraie que les couards qui ont abandonné toute volonté révolutionnaire, elle n’effraie pas le peuple révolutionnaire.

Les bombes atomiques américaines, dont la fabrication va croissant depuis vingt ans, n’ont pu empêcher le feu de la lutte contre l’impérialisme, pour la libération nationale, de monter de plus en plus en Asie, en Afrique et en Amérique latine, et elles n’ont pas épargné à l’impérialisme américain des défaites de plus en plus désastreuses dans ses guerres d’agression, Il a essuyé et continue à essuyer des coups foudroyants et des échecs lamentables en Chine, en Corée, au Vietnam, au Laos, au Congo (L), à Cuba, en République Dominicaine, partout où le peuple se dresse pour résister à son agression.

Sa défaite est telle au Sud-Vietnam que ses chargés de presse ont dû admettre qu’avec toute leur supériorité aéronavale, les forces américaines se trouvent au Sud-Vietnam battues « par quelques dizaines de milliers de partisans qui sont des paysans nu-pieds, armés de fusils, de grenades, et parfois seulement de coutelas de fabrication locale ».

« Nous [les Etats-Unis] sommes capables d’aller dans la lune, mais pas dans un hameau sud-vietnamien sans escorte armée » [1], disent-ils sur un ton plein d’affliction. La guerre d’agression a déjà valu des échecs honteux à l’impérialisme américain et l’avenir verra sa défaite totale.

L’héroïque peuple sud-vietnamien combat intrépidement, il acquiert par sa grandiose guerre de résistance contre les Etats-Unis une puissance qui ne cesse de croître ; il a acculé les agresseurs américains dans l’impasse, donnant par là un magnifique exemple de lutte contre l’impérialisme américain à tous les peuples du monde. La défaite de l’impérialisme américain au Sud-Vietnam est certaine.

Il ne peut y échapper, quelle que soit l’importance des renforts qu’il pourrait envoyer, quels que soient les subterfuges auxquels il pourrait encore recourir. Les forces d’agression impérialistes américaines marchent inexorablement vers leur tombe, et l’héroïque peuple vietnamien avance irrésistiblement vers la libération du Sud-Vietnam et la réunification de tout le Vietnam.

Nous disons que les impérialistes américains peuvent être vaincus, parce que les alliances militaires contre-révolutionnaires mises sur pied par les Etats-Unis sont en pleine désagrégation. Entre les folles ambitions et l’insuffisance des effectifs de l’impérialisme américain, la contradiction est plus flagrante encore que celle que connurent ses devanciers. Plus il étend ses pattes, plus nombreuses seront les cordes qui lui seront passées au cou, et plus proche sera le jour où les peuples le traîneront à la potence.

Dans les années 30, les fascistes allemands, japonais et italiens parvinrent tant bien que mal, malgré les nombreuses contradictions entre eux, à constituer un axe qui tînt un certain temps, et déclenchèrent la Seconde guerre mondiale.

Tandis que les diverses alliances militaires de caractère agressif, laborieusement montées par l’impérialisme américain après la guerre, connaissent une situation qui n’est nullement enviable. Le CENTO, autrefois Pacte de Bagdad, n’existe depuis longtemps que de nom ; l’OTASE est frappée de paralysie et au sein de l’OTAN, entre les pays membres, c’est du compagnonnage forcé, « unis par les lèvres mais divisés par le cœur ».

En créant ces alliances militaires au nom de l’« anticommunisme » et de l’« antisocialisme », les impérialistes américains visaient en fait et avant tout à prendre en main les vastes zones intermédiaires situées entre les Etats-Unis et le camp socialiste et à les placer sous leur contrôle.

Les pays liés par ces traités sont les premiers à souffrir du contrôle militaire, de la pénétration économique et de l’intervention politique des Etats-Unis. Chez eux, la politique américaine se heurte non seulement à l’énergique opposition des grandes masses populaires, mais elle suscite aussi des contradictions entre l’impérialisme américain et les classes dominantes et les aggrave. Aussi les alliances échafaudées par l’impérialisme américain vont-elles irrémédiablement vers la désagrégation la plus complète.

En témoigne de façon éclatante la situation dans laquelle les Etats-Unis sont plongés par leur guerre d’agression au Vietnam. « Nous avons beau chercher sur toute la surface du globe, nous n’y trouvons pas un défenseur véritable et actif de notre politique » [2], pour reprendre les termes de la presse bourgeoise américaine. Les Etats-Unis étaient parvenus malgré tout, après avoir déclenché la guerre de Corée, à mettre sur pied une armée de l’ONU, composée de troupes de seize pays. Aujourd’hui, une dizaine d’années plus tard, ils se trouvent dans l’impossibilité de pratiquer le même jeu avec le Vietnam.

Appétit insatiable, trop grande présomption de leurs capacités, surestimation de leurs forces, sous-estimation de la puissance du peuple, voilà la maladie commune aux impérialistes et à tous les réactionnaires et elle est incurable. Hitler et Tojo se tournèrent contre de nouveaux adversaires sans même avoir vaincu les premiers, alors que leurs forces étaient dispersées sur un front déjà très étendu. Ils hâtèrent ainsi leur défaite.

C’est une leçon d’histoire pour les impérialistes. Mais il n’est rien dont ils soient capables de tirer la leçon. L’impérialisme américain n’est-il pas, aujourd’hui, sur la voie de Hitler et de Tojo ? Ne répète-t-il pas l’erreur de ses devanciers ?

Son armée ne dépasse pas 3 millions d’hommes et il l’a pourtant disséminée aux quatre coins du monde. Il a porté la guerre au Nord-Vietnam et il cherche à l’étendre à la Chine, alors qu’il n’a même pas pu conquérir le Sud-Vietnam. Cela peut-il lui valoir autre chose que la précipitation de sa défaite ?

Et en hâtant sa montée aux échelons de sa guerre d’agression au Vietnam, conformément à sa stratégie de l’« escalade », il ne fait que courir plus vite à sa perte totale.

Nous disons que les impérialistes américains peuvent être vaincus, parce qu’ils éprouvent de plus en plus de difficultés, en cette époque où les peuples du monde entier connaissent un éveil sans précédent, à étendre la guerre en recourant à la propagande anticommuniste et en attisant les sentiments racistes.

Durant les années 30, les fascistes japonais, allemands et italiens montèrent tout un jeu de théories réactionnaires et forgèrent d’innombrables et infâmes mensonges pour mystifier le peuple, exciter l’hystérie anticommuniste, et la bestialité raciste ; ils purent ainsi provoquer la Seconde guerre mondiale qui coûta la vie à des millions et des millions d’hommes.

Mais, comme le camarade Mao Tsé-toung l’a dit : « la guerre a beaucoup appris aux peuples, ils gagneront la guerre, la paix et le progrès aussi sera à eux » [3].

La guerre antifasciste leur a permis de mieux apprécier le Parti communiste et le socialisme. Ceux qui se tournèrent vers le Parti communiste et le socialisme devinrent de plus en plus nombreux. Les peuples de toutes les couleurs discernèrent de plus en plus clairement la propagande trompeuse des racistes. La propagande anticommuniste des fascistes et leur théorie de la nation élue ont honteusement échoué.

L’impérialisme américain a beau seriner tous les lieux communs possibles sur la supériorité américaine, l’« anticommunisme » et l’« antisocialisme », de moins en moins nombreux sont ceux qui ajoutent foi à ses absurdités.

Les faits ne manquent pas qui montrent clairement que l’« anticommunisme » prôné par les impérialistes américains n’est autre chose que l’opposition à tous ceux qui se refusent à devenir leurs esclaves, à tous ceux qui défendent leur indépendance, leur souveraineté et leur dignité nationales, à tous ceux qui n’acceptent pas leur agression, leur contrôle, leur intervention et leurs mesures vexatoires.

Les actes criminels commis par l’impérialisme américain au nom de l’« anticommunisme » ont amené plus de 90 pour cent de la population mondiale à se lever en masse pour le battre, et il se voit ainsi réduit à un état d’isolement qu’il n’a jamais connu.

Aux Etats-Unis mêmes se déroule un mouvement de masse s’opposant ouvertement à la politique d’agression et de guerre de l’administration Johnson, et la lutte de la population noire contre la violence s’y poursuit, tous deux d’une ampleur sans précédent dans l’histoire du pays.

Si la guerre d’agression de l’impérialisme est vouée à l’échec, la raison fondamentale en est qu’il est coupé du peuple, qu’il en est l’ennemi. Tous ceux qui sont loin du peuple, qui lui sont hostiles finiront par échouer, quoi qu’il leur soit possible de tromper quelquefois le peuple. Défaite limitée dans une guerre limitée, grande défaite dans une grande guerre, défaite complète dans une guerre générale, tel sera le sort inéluctable que l’impérialisme récoltera avec ses guerres d’agression contre les peuples.

C’est pour la même raison que les fascistes japonais et allemands, triomphants matamores à un moment, ont finalement connu la défaite. Cette même raison vaudra le même sort aux impérialistes américains.

Les impérialistes américains peuvent être vaincus, et la raison fondamentale en est que le marxisme-léninisme s’est considérablement développé après la Seconde guerre mondiale et qu’il est devenu une arme idéologique plus puissante que jamais à laquelle le peuple révolutionnaire recourt pour sa libération.

La victoire que la Chine a remportée par sa Guerre de Résistance contre le Japon et par l’ensemble de sa révolution est une victoire de la pensée de Mao Tsé-toung, pensée qui allie la vérité universelle du marxisme-léninisme à la pratique concrète de la révolution chinoise.

La grande pensée de Mao Tsé-toung est un développement créateur du marxisme-léninisme. Elle s’enrichit et se développe sans cesse dans la pratique de la révolution et de l’édification socialiste du peuple chinois. Cette pratique a démontré que la pensée de Mao Tsé-toung est science et vérité, et la lutte en cours sur le plan mondial contre les impérialistes, les réactionnaires et les révisionnistes modernes continue à le démontrer.

Elle est donc le joyau de la révolution du peuple chinois, celui de toutes les nations et de tous les peuples opprimés, de la révolution mondiale du prolétariat. Puissante arme idéologique pour le combat contre l’impérialisme et toute la réaction, la pensée de Mao Tsé-toung l’est aussi pour la lutte contre le révisionnisme et le dogmatisme modernes.

L’histoire de la révolution chinoise nous apprend qu’une fois alliée à la pratique concrète de la révolution du pays, la vérité universelle du marxisme-léninisme engendre aussitôt une force immense, qui permet à la révolution de ce pays de prendre une tournure toute nouvelle, de s’assurer la victoire.

Le grand débat de ces dernières années entre les deux lignes au sein du mouvement communiste international est d’une immense portée historique, car il a eu, entre autres, pour effet de contribuer à propager au maximum le marxisme-léninisme et d’accélérer l’union de la vérité universelle du marxisme-léninisme à la pratique concrète de la révolution de tous les peuples, ce qui hâtera inévitablement la fin des impérialistes américains et de leurs laquais, précipitera la faillite complète du révisionnisme moderne et donnera une impulsion au développement victorieux de la cause de la lutte des peuples du monde entier pour la paix mondiale, la libération nationale, la démocratie populaire et le socialisme, ainsi qu’au développement victorieux de la cause de la révolution mondiale du prolétariat.

Les révisionnistes khrouchtchéviens, qui se plient au chantage nucléaire de l’impérialisme américain, propagent la terreur de la guerre et de l’arme nucléaire, et prétendent qu’un pays sans armes nucléaires ne peut l’emporter sur un pays détenant ces armes, que la moindre étincelle du feu de la guerre de libération nationale, si elle n’est pas aussitôt écrasée, peut dégénérer en une guerre nucléaire mondiale qui détruirait notre planète de fond en comble, qu’il serait regrettable que soient réduites en cendres, en raison de la résistance persévérante à l’agression impérialiste, les réalisations obtenues par les pays socialistes à la suite des longues années d’efforts de leur édification pacifique, etc., etc.

Bref, c’est intimider au moyen de la guerre et de l’arme nucléaire et ne pas admettre que l’on fasse la révolution. Ils esquissent parfois des gestes anti-américains, font mine d’aider la lutte révolutionnaire des autres peuples et recourent à des tours mesquins.

Mais ils cherchent tout bonnement avec tout cela à mystifier le peuple, à placer les révolutions des autres peuples sous leur contrôle pour les intégrer à leur sphère révisionniste ; pour en user comme d’un capital politique dans leurs transactions avec l’impérialisme américain. Ils tiennent à jouir personnellement de la tranquillité, à pactiser avec le potentat nucléaire américain en vue de dominer le monde, et ils n’ont pas hésité à trahir leurs frères et amis pour y parvenir.

Leur conduite a considérablement encouragé l’impérialisme américain dans ses aventures guerrières et stimulé son arrogante agressivité. Le chantage à la guerre de l’impérialisme américain n’a pu intimider le peuple, et est-ce la propagande des révisionnistes khrouchtchéviens sur la terreur de la guerre nucléaire qui y parviendra ?

Les révisionnistes khrouchtchéviens ne peuvent, par leurs agissements, ni étouffer le feu de la lutte anti-impérialiste des peuples de partout, ni s’arroger une sécurité. De même que tous les révisionnistes du passé, ils finiront par connaître un sort lamentable.

EN CÉLÉBRANT LA GRANDE VICTOIRE REMPORTÉE PAR LA GUERRE DE RÉSISTANCE CONTRE LE JAPON, NOUS NE DEVONS PAS PERDRE DE VUE LA LEÇON HISTORIQUE QUE NOUS ONT DONNÉE LES FASCISTES JAPONAIS, ALLEMANDS ET ITALIENS EN DÉCLENCHANT LA GUERRE AU NOM DE LA « PAIX », ET NOUS DEVONS REDOUBLER DE VIGILANCE DEVANT LES MANŒUVRES PAR LESQUELLES LES IMPÉRIALISTES AMÉRICAINS CHERCHENT A DÉCLENCHER ET A ÉTENDRE LA GUERRE D’AGRESSION SOUS LE COUVERT TROMPEUR DE LA « PAIX » ,ET COMBATTRE ÉNERGIQUEMENT LES ACTES DE TRAHISON DES RÉVISIONNISTES KHROUCHTCHEVIENS QUI TROMPENT LES PEUPLES DU MONDE ENTIER.

L’impérialisme se sert d’une double tactique contre-révolutionnaire, guerre et paix truquée, pour faire face aux nations et aux peuples opprimés. Les impérialistes américains se trouvent aujourd’hui dans une position stratégique plus défavorable et se heurtent à de plus graves difficultés pour déclencher la guerre et l’étendre que les fascistes japonais, allemands et italiens n’en ont éprouvées ; c’est pour cela qu’ils recourent plus souvent et avec plus de ruse à des subterfuges pacifiques afin de tromper les peuples et d’étayer leurs agissements belliqueux.

L’expérience historique montre que l’impérialisme recourt toujours à des prétextes du genre « défense de la liberté », « pour la paix et l’ordre », lorsqu’il déclenche une guerre, son but étant de couvrir son agression et de mystifier le peuple. Les fascistes japonais ne perpétrèrent-ils pas leur agression de grand style contre la Chine au nom de l’établissement d’« un ordre nouveau en Asie orientale » ?

Les fascistes allemands ne déclenchèrent-ils pas la guerre au nom de la création d’un « ordre nouveau européen » ? Après la Seconde guerre mondiale, les présidents successifs des Etats-Unis ont repris, à plusieurs reprises, les clameurs de leurs devanciers. Johnson déclama que « le gouvernement des Etats-Unis assume la responsabilité historique de conduire le monde libre » [4].

L’objectif poursuivi par les Etats-Unis au Vietnam, et ailleurs dans le monde, « est d’aider à la restauration de la paix et au rétablissement d’un ordre adéquat » [5], disait-il, et il affirmait que la présence de troupes américaines au Vietnam avait aussi pour but de « renforcer l’ordre dans le monde » [6]. Ne s’agit-il pas du refrain même que poussaient les fascistes japonais, allemands et italiens ?

Quelle est la « liberté » que Johnson entend défendre ?

Le président Mao Tsé-toung a montré de façon pénétrante que c’est « la liberté de massacrer les autres peuples à l’aide d’avions, de navires de guerre et de canons. La liberté d’occuper des territoires, de fouler aux pieds la souveraineté des autres nations selon son bon plaisir, la liberté de tuer et de piller comme des bandits de grand chemin. La liberté d’écraser les autres pays et les autres peuples sous sa botte » [7].

Quel est l’« ordre » que Johnson entend établir et renforcer ? C’est celui des gangsters, celui qui lui permet de massacrer, d’incendier et qui interdit au peuple de riposter en légitime défense. En Chine, les fascistes japonais avaient assis leur « ordre nouveau » par leur politique de « massacre total, incendie total, pillage total ».

Les fascistes allemands, quant à eux, avaient assis leur « ordre nouveau » par la création de camps de concentration du genre Auschwitz.

Aujourd’hui, un autre « ordre nouveau » règne, il est présent dans l’agression, le pillage et le massacre perpétrés par les Etats-Unis en Asie, en Afrique et en Amérique latine, dans les bases militaires qu’ils ont installées partout dans le monde.

Le type même de l’« ordre nouveau » du fascisme américain est présent, plus particulièrement dans les hameaux stratégiques que les Etats-Unis ont montés au Sud-Vietnam, dans le massacre de la population sud-vietnamienne, dans l’utilisation massive et barbare de poisons chimiques pour détruire les conditions de survie de la population sud-vietnamienne, ainsi que dans le bombardement fébrile de paisibles populations civiles, de digues et de barrages, d’hôpitaux et d’écoles au Nord-Vietnam. Quelle nation amoureuse de la liberté pourrait tolérer pareil « ordre » ?

Et la résistance la plus ferme ne doit-elle pas être opposée à cet « ordre » lorsque l’impérialisme américain vient à l’imposer ?

L’histoire de la Guerre de Résistance contre le Japon et la brûlante réalité de la lutte anti-américaine nous enseignent qu’il n’y a pas de liberté pour le peuple lorsque l’impérialisme et la réaction jouissent de la « liberté », et que le peuple doit leur enlever la « liberté » s’il veut jouir de la sienne. Le jour où tous les pays et tous les peuples victimes des vexations, de l’oppression, du contrôle, du pillage et de l’agression de l’impérialisme américain se dresseront pour arracher sa liberté à celui-ci, leur liberté sera à portée de la main.

L’expérience historique nous apprend que l’impérialisme répand généralement un opaque rideau de « paix » pour émousser la vigilance du peuple, affaiblir sa volonté de combat, lorsqu’il se prépare à déclencher ou à étendre la guerre, lorsque la guerre évolue à ’son désavantage, ou lorsqu’il cherche à diviser et à amollir les forces de résistance des pays victimes.

L’impérialisme japonais ne prêchait-il pas à cor et à cri le « règlement pacifique » de la question sino-japonaise au moment même où il passait à la guerre d’agression généralisée contre la Chine ?

Et n’a-t-il pas appâté une fois de plus, à l’époque, le gouvernement du Kuomintang avec la paix, par des conditions du genre du retrait de ses troupes de la Chine centrale et méridionale, lorsqu’il lui fallait consolider les positions conquises et chercher à diviser le front antijaponais en Chine, après l’occupation de Wouhan et après avoir rempli les premiers objectifs de sa guerre ?

Ces derniers temps, l’administration Johnson agite vivement son rameau d’olivier, elle chante sans se lasser ses vieilles antiennes, « discussions sans conditions » et « règlement pacifique », mais ne cesse d’expédier des renforts au Sud-Vietnam et d’élargir ses bombardements au Nord-Vietnam.

Le gouvernement et le peuple vietnamiens lui ont opposé un refus solennel et elle ne se le tient pas pour dit, elle continue à nourrir les rumeurs selon lesquelles « la fenêtre reste ouverte à la paix » [8]. Elle a aussi parlé de recours à « toutes les ressources… des Nations unies » pour « réaliser la paix » [9].

Pourquoi tant de zèle dans la recherche de la paix ? La mèche est éventée, la guerre d’agression des Etats-Unis contre le Vietnam se heurte à la condamnation et à l’opposition énergiques de tous les peuples, peuple américain y compris ; et la guerre populaire du Sud-Vietnam a mis le colosse impérialiste américain mal en point, et il est à bout de ressources.

C’est pour cela que l’administration Johnson se voit forcée de mettre à contribution les « négociations pacifiques », qui n’ont pour tout but que de tromper les peuples, d’apaiser l’opinion mondiale, de semer la discorde, d’atténuer les sentiments anti-américains, et de gagner du temps pour consolider les positions, souffler un peu, amasser des forces et passer à de nouvelles aventures de plus grande envergure.

Il y a longtemps que nous avons souligné que chaque hymne à la paix entonné par l’impérialisme américain cache une bûche qui vient s’ajouter au foyer de sa guerre d’agression au Vietnam. Plus retentissants sont ses hymnes, plus violent est l’incendie, et à chaque fois la guerre monte d’un échelon.

C’est dans le même temps où elle intensifie ses tromperies à la paix que l’administration Johnson accélère ses envois de renforts au Sud-Vietnam et continue à élargir ses bombardements au Nord-Vietnam.

Elle menace le peuple vietnamien en disant qu’elle l’amènera autour du tapis vert par « la mort et la désolation » [10].

Elle menace le peuple chinois et les autres peuples du Sud-Est asiatique en leur claironnant que les Etats-Unis sont prêts à entreprendre une guerre asiatique. Elle n’a pas reculé devant de flagrantes provocations à la guerre dirigées contre le peuple chinois, elle a allégué que « l’idée de sanctuaire est morte » [11].

Elle a même envoyé des avions dans le ciel de notre île de Hainan et de notre province du Yunnan pour y faire du harcèlement. Des actes de guerre, un chantage à la guerre d’une telle fébrilité, ne font-ils pas apparaître avec toute la clarté voulue ce que Johnson entend par « règlement pacifique » ?

Bref, tout comme les fascistes japonais, allemands et italiens, les impérialistes américains massacrent, puis couvrent de gants blancs leurs mains tachées de sang et mettent un masque de bouddha sur leur mufle de loup.

Cependant, ce sont leurs agissements qui font apparaître leurs mensonges. Plus ils essayent de dissimuler leurs crocs et leurs griffes ensanglantés, mieux ils se révèlent, apparaissent au grand jour sous leur vrai visage, se faisant ainsi, pour les peuples, les meilleurs professeurs par l’exemple négatif.

Et de plus en plus nombreux sont ceux qui, instruits par des centaines et des centaines de leçons sanglantes, ne se laissent plus attraper ; le peuple a compris qu’il ne peut gagner une paix véritable qu’en luttant résolument et jusqu’au bout contre l’impérialisme américain et en déjouant son plan de guerre d’agression.

Les révisionnistes khrouchtchéviens sont venus chanter en chœur avec les impérialistes américains au moment même où la duperie exercée par ceux-ci s’avérait de plus en plus inopérante. Ils ont proclamé que Johnson est « sensé » et « raisonnable », que les Etats-Unis veulent une solution pacifique à la question vietnamienne, qu’il faut leur donner un coup de main pour trouver une porte de sortie honorable, etc., etc.

En enjolivant avec tant de zèle l’impérialisme américain et en aidant avec tant de dévouement l’administration Johnson à mystifier le peuple, ils ont trahi de la manière la plus infâme le marxisme-léninisme, les pays frères et les peuples du monde entier.

Mais il y a beau temps que les mensonges de l’impérialisme américain ont été percés à jour. Et de quelle aide peut lui être le coup de main d’une poignée de révisionnistes khrouchtchéviens ? Ceux-ci ne feront que révéler davantage leur vraie face de traître s’ils s’obstinent dans leurs agissements, et ils s’affirmeront une fois de plus comme des professeurs par l’exemple négatif pour les peuples du monde entier.

Les révisionnistes khrouchtchéviens ne sont qu’une poignée, ils se sont sérieusement coupés du peuple, de plus de 90 pour cent de la population de chez eux et de plus de 90 pour cent de la population mondiale.

Phénomène néfaste, leur apparition a nui pendant un temps à la cause révolutionnaire des peuples. Mais ils ont beaucoup appris aux peuples, par leur exemple négatif, ils leur ont dessillé les yeux, ils ont élevé le degré de conscience des peuples, et ce fut là une immense contribution à la promotion de la grande unité révolutionnaire des peuples du monde entier. Le phénomène est donc en même temps positif.

Quelle que soit l’énergie que les révisionnistes khrouchtchéviens mettront à provoquer des troubles, rien ne pourra modifier la situation où le vent d’Est l’emporte sur le vent d’Ouest, nulle force ne pourra endiguer le torrent de la révolution des peuples, et la défaite définitive de l’impérialisme américain est certaine.

LA CÉLÉBRATION DE LA GRANDE VICTOIRE REMPORTÉE PAR LA GUERRE DE RÉSISTANCE CONTRE LE JAPON SIGNIFIE AUSSI QUE NOUS DEVONS POURSUIVRE ET DÉVELOPPER LES TRADITIONS RÉVOLUTIONNAIRES DE NOTRE PARTI ET DE NOTRE ARMÉE, QUE NOUS DEVONS ETRE PRÊTS A CONTRE-CARRER L’AGRESSION IMPÉRIALISTE AMÉRICAINE ET RENFORCER NOTRE SOUTIEN AU PEUPLE VIETNAMIEN ET AUX AUTRES PEUPLES DANS LEUR LUTTE ANTI-AMÉRICAINE.

Les impérialistes américains ont commis tous les crimes et accumulent les erreurs ; leurs jours sont comptés. Mais l’impérialisme américain est le plus puissant des impérialismes, il ne se résigne pas à la défaite et il ne daignera pas s’arrêter là où il en est. Il précipite l’« escalade » de sa guerre d’agression au Vietnam et ne cesse de proclamer qu’il compte étendre la guerre à la Chine.

C’est le sursaut désespéré de celui qui ne rencontre qu’échecs lamentables au Vietnam et dans diverses régions du monde. Il se pourrait que la rage le prenne au cours des efforts qu’il fait pour échapper à la défaite. Cette possibilité ne peut être négligée en aucun cas et nous devons être prêts à faire face à l’extension de sa guerre d’agression au Vietnam et à ses tentatives de nous imposer la guerre.

Il existe mille et une manières de s’y préparer ; mais le plus important, l’essentiel, c’est de porter bien haut le grand drapeau rouge de la pensée de Mao Tsé-toung et de bien préparer la guerre populaire dans tous les domaines, conformément à la théorie du camarade Mao Tsé-toung.

Le mouvement de masse pour l’étude des œuvres du président Mao Tsé-toung, qui bat son plein à travers le pays, est en fait une des mesures fondamentales qui permet de nous armer moralement avec le marxisme-léninisme, de mener à bien notre travail dans tous les domaines, et de nous tenir prêts pour la guerre.

L’article du camarade Lin Piao, publié aujourd’hui dans la presse quotidienne est de l’excellent matériel d’enseignement au sujet de la pensée du camarade Mao Tsé-toung sur la guerre populaire. Je ne m’étendrai pas plus longuement sur ce point.

Je vais m’arrêter sur la question de la poursuite et du développement de nos traditions révolutionnaires. Bien poursuivre et développer nos traditions révolutionnaires constitue une importante garantie pour vaincre définitivement l’impérialisme américain.

Qu’entend-on par traditions révolutionnaires de notre Parti et de notre armée ? Nous les appelons habituellement traditions des monts Tsingkang, traditions de notre vieille Armée rouge, traditions de Yenan, traditions de la VIIIe Armée de Route, traditions de l’Armée populaire de Libération.

Ce sont les traditions révolutionnaires établies au cours de la lutte dans les monts Tsingkang où le camarade Mao Tsé-toung créa l’Armée rouge ; elles ne cessèrent de s’enrichir et de se développer durant les vingt-deux longues années de guerres révolutionnaires du peuple.

Ce sont aussi les traditions du « style de travail trois-huit » et de « la démocratie en matière politique, économique et militaire » sur lesquelles le camarade Lin Piao a mis l’accent à plusieurs reprises, ces dernières années, ainsi que les traditions qu’il a synthétisées par les formules « la politique au premier plan » et « les quatre primautés », également au cours des dernières années.

Si le peuple tout entier a pris avec enthousiasme l’Armée de Libération pour modèle, c’est essentiellement pour vulgariser et développer plus avant ces traditions révolutionnaires de notre Parti.

Elles sont l’expression concentrée de l’excellent style et des nobles qualités que le peuple chinois a acquis graduellement sous la direction du Parti communiste chinois, au cours de la longue guerre révolutionnaire.

Ces traditions, extrêmement riches en contenu, comportent comme élément premier, essentiel, l’esprit révolutionnaire qui veut qu’on se tienne fermement aux côtés du peuple, qu’on le serve de tout cœur, avec un entier désintéressement et dévouement, qu’on se guide en tout sur l’intérêt suprême du peuple et de la révolution, et qu’on considère comme le plus grand bonheur de la vie celui de se consacrer à la cause de la libération du peuple.

Animé de cet esprit, on fera preuve d’un héroïsme sans pareil, on bravera la mort dans la lutte révolutionnaire, et loin de craindre les difficultés, on en sera fier. Chacun fera jouer pleinement son activité créatrice, et recourra à toute son initiative, tous ses talents et toute son intelligence,

Chacun saura se débarrasser de toutes les tendances pernicieuses, comprendre et appliquer de la façon la plus correcte la politique et les décisions du Parti, surmonter difficulté après difficulté et aller de victoire en victoire dans la guerre révolutionnaire et dans toute autre entreprise révolutionnaire.

L’homme qui possédera ces traditions sera le plus courageux, le plus intelligent et le plus capable ; si une unité armée possède ces traditions, elle sera la plus combative, la plus vaillante, elle agira avec la plus grande souplesse et remportera le plus de victoires.

Dans le passé, c’est grâce à ces traditions révolutionnaires que nous avons vaincu les impérialistes japonais et les réactionnaires kuomintaniens. A l’avenir, nous continuerons à nous appuyer sur ces mêmes traditions pour mettre complètement en échec les impérialistes américains et les réactionnaires qui oseraient déclencher la guerre contre nous.

Au moment où l’impérialisme américain intensifie ses préparatifs en vue d’étendre la guerre, il nous est d’autant plus nécessaire de voir clairement sa nature belliqueuse et de nous tenir moralement prêts à parer à toutes les éventualités.

Il est donc d’autant plus nécessaire de ne pas oublier les fours difficiles du passé, de préconiser et de développer l’intrépidité dont il a été fait preuve à l’époque de la guerre révolutionnaire, et qui se manifeste par la persévérance dans le travail et le courage au combat, par le mépris des difficultés et de la mort.

Les impérialistes et les réactionnaires ont toujours cherché à soumettre le peuple révolutionnaire par la « mort » et les « difficultés ». Et si le peuple chinois et l’Armée populaire de Libération de Chine ont pu abattre tous les ennemis au lieu de se laisser écraser par eux, c’est parce que, forts des enseignements du Parti communiste chinois et du camarade Mao Tsé-toung, ils ont fait preuve de cet esprit révolutionnaire conséquent, de ce mépris des difficultés et de la mort.

Que reste-t-il à craindre au monde si l’on ne redoute ni les difficultés ni la mort au nom de la cause révolutionnaire ? Qu’est-ce qui pourrait donc nous écraser ? Quels miracles ne sont pas à notre portée ?

Les impérialistes ont toujours recouru au massacre pour maintenir leur domination et conquérir des pays. Ils sont armés jusqu’aux dents, ils disposent de tous les engins de mort.

Et à ceux qui craignent à en mourir les avions, les canons et les bombes atomiques des impérialistes, qui plient sous la menace de la mort, il ne reste donc qu’à se rendre à l’ennemi. Pourrait-il encore être question de libération nationale et de libération du peuple dans ces conditions ?

Au début de la Guerre de Résistance contre le Japon, l’impérialisme japonais disposait d’un armement et d’un équipement d’innombrables fois supérieurs aux nôtres. Il y a peu d’exemples, dans l’histoire des guerres, d’une disproportion aussi accentuée dans le rapport des forces.

L’impérialisme japonais mit sa supériorité militaire à profit, il effectua contre nos bases antijaponaises de multiples opérations de « ratissage » d’une rare cruauté, il appliqua une politique d’une ignoble sauvagerie : incendie total, pillage total, massacre total, il créa de sinistres no man’s land. En un mot, il essaya d’intimider le peuple chinois par la menace de la « mort ».

Mais une longue guerre contre l’agression avait enseigné la vérité que voici au peuple chinois : Pas de libération, d’émancipation sans qu’il n’y ait de sang à verser et de sacrifices à consentir. L’effusion de sang et les sacrifices ne peuvent être réduits que lorsqu’on ne les craint pas. Le sang versé et les sacrifices consentis par une minorité permettent d’épargner l’effusion de sang et les sacrifices à l’écrasante majorité.

A la lumière des enseignements du Parti et du camarade Mao Tsé-toung, le peuple chinois s’est aguerri dans son combat révolutionnaire qui l’a doté d’un héroïsme collectif dont l’expression est l’intrépidité et le mépris devant la mort dans la lutte pour sa propre libération, pour la libération de la patrie, pour l’émancipation de toute l’humanité.

Un exemple type de cet héroïsme révolutionnaire a été fourni, durant la résistance antijaponaise, par les cinq vaillants combattants des monts Langya. Cette tradition a été pleinement développée aussi bien au cours de la Guerre de Libération que de la Guerre de Résistance à l’Agression américaine et d’Aide à la Corée, que dans la lutte de ces dernières années pour la défense de notre espace aérien, de nos eaux territoriales et de nos frontières et dans les contre-attaques menées en légitime défense sur la frontière sino-indienne.

Parmi les héros que ces combats ont vu surgir, figurent Lieou Hou-lan, Tong Tsouen-jouei, Houang Ki-kouang, Yang Ken-se, An Yé-min, Tou Feng-jouei, Louo Kouang-sié, Semayi-maimaiti et Tchen Tai-fou, appelé Houang Ki-kouang vivant, ainsi que Wou Yuan-ming qui, seul, tint tête, au pont de Tsehjao, à des dizaines de soldats indiens qui l’encerclaient et le provoquaient, sans reculer d’un pas.

D’autres héros et personnages exemplaires, dont Lei Feng, Hsiang Sieou-li, Eouyang Hai, Sié Tchen et Siu Hsiué-houei se sont également affirmés pendant la révolution et l’édification socialistes. Tous sont de grandes figures. Leur esprit de sacrifice envers la cause révolutionnaire sera toujours un modèle pour nous.

Les impérialistes suscitent des difficultés au peuple en lutte contre leur agression, non seulement en recourant au massacre, mais aussi à la destruction par des opérations de guerre et au blocus économique, espérant par-là menacer le peuple dans son existence même et l’amener finalement à ployer le genou.

Les impérialistes japonais agirent de la sorte face à la population et à l’armée qui les combattaient. Et les impérialistes américains essayent aujourd’hui d’utiliser les mêmes procédés contre nous. Si l’on est dépourvu de caractère, si l’on ne peut supporter les privations et subir l’épreuve des difficultés, on ne pourra faire triompher la guerre contre l’agression.

Nous avons combattu inflexiblement sans aucune aide matérielle de l’étranger durant la Guerre de Résistance contre le Japon, alors que nous étions pris sous le feu combiné des impérialistes japonais et des réactionnaires kuomintaniens, et que nous souffrions de leur blocus. Les difficultés étaient vraiment grandes, tant et si bien qu’à un moment, nous fûmes sur le point d’être privés de tout, vivres et vêtements.

Mais, à l’appel du Comité central du Parti et du camarade Mao Tsé-toung, et en faisant donner à fond l’esprit intrépide de l’Armée rouge qui lui avait fait gravir les montagnes neigeuses et franchir les steppes marécageuses au cours de sa Longue Marche de 25.000 lis, la population et l’armée des bases antijaponaises se lancèrent dans le combat contre les difficultés.

Responsables et hommes du rang, cadres et soldats, armée et population se nourrirent avec du son et des plantes sauvages, défrichèrent et cultivèrent, rivalisèrent pour la première place dans les privations à subir et la dernière dans les quelques rares joies à s’accorder.

Et qu’advint-il ? Le résultat fut que le blocus de l’ennemi et les difficultés matérielles ne parvinrent pas à nous réduire, que nous surmontâmes les difficultés et vainquîmes l’ennemi.

Cette âpre tradition de combat fait partie de notre patrimoine révolutionnaire. Elle a été pleinement développée depuis notre victoire sur le plan national. Voici plus de dix ans que la « Bonne 8ème Compagnie de la rue de Nankin », repoussant fermement les assauts des idées bourgeoises de toutes nuances, a su garder intactes les qualités du peuple travailleur et de l’armée révolutionnaire.

Dans l’édification industrielle et agricole, les champs de pétrole de Taking et la brigade de production de Tatchai sont des exemples des grands succès obtenus grâce à la mise en œuvre de l’esprit de la confiance en soi, du travail ardu et de l’âpreté dans la lutte.

Ce sont là de nouveaux développements de cette tradition révolutionnaire. Cet esprit par lequel les traditions révolutionnaires de notre Parti et de notre armée ont été maintenues et mises en valeur dans les nouvelles conditions historiques doit être vulgarisé et développé au maximum sur tous les fronts de la révolution et de l’édification socialistes de notre pays.

Le peuple chinois, fort de 650 millions d’hommes, poursuivra fermement la révolution jusqu’au bout, sous le grand drapeau rouge de la pensée de Mao Tsé-toung, qu’il porte au plus haut. Ni les difficultés ni la mort ne l’effraient.

Il ose et il sait lutter et vaincre. Partant, aucune difficulté ne pourrait nous réduire à merci, aucune force au monde ne pourrait l’emporter sur nous. Les visées des impérialistes et des réactionnaires quant à un nouvel asservissement du peuple chinois ne peuvent qu’aboutir à un échec complet.

Déplacer une montagne doit être plus facile à réaliser que soumettre le peuple chinois !

Nous sommes profondément convaincus qu’à la lumière de la juste ligne marxiste-léniniste du Parti, le peuple chinois, éduqué par le Parti communiste chinois et le camarade Mao Tsé-toung, saura poursuivre et développer l’esprit révolutionnaire conséquent et les glorieuses traditions de travail ardu et d’âpre lutte, qu’il saura prendre toutes les mesures efficaces pour que son pouvoir, qui est solide comme l’acier, ne change jamais de couleur, qu’il saura poursuivre avec succès la révolution et l’édification socialistes, soutenir les peuples du monde dans les mouvements révolutionnaires qu’ils mènent pour abattre l’impérialisme et ses laquais, qu’il saura assurer, dans l’avenir, le passage du socialisme au communisme.

Camarades et Amis,

L’impérialisme américain accélère l’application de sa stratégie globale contre-révolutionnaire en vue d’asseoir son hégémonie mondiale et il intensifie sa guerre d’agression contre le peuple vietnamien.

Nous tenons à avertir une fois de plus l’administration Johnson que la politique de soutien que le peuple chinois pratique vis-à-vis de la lutte des peuples contre l’impérialisme américain et ses laquais, vis-à-vis de la lutte du peuple vietnamien contre l’agression américaine et pour le salut de la patrie, est forme et inébranlable.

Elle l’était, elle l’est et continuera à l’être, jusqu’à ce que les agresseurs américains se soient retirés totalement, complètement et radicalement du Sud-Vietnam et des territoires étrangers qu’il a envahis et qu’il occupe.

L’impérialisme américain qui agit en ennemi du peuple chinois continue à occuper notre terre de Taïwan. Nous sommes décidés à libérer Taïwan et à faire aboutir la cause sacrée de la réunification de notre patrie.

Nous, peuple chinois, nous chérissons la paix, mais en aucun cas nous ne craignons la guerre. Peu importe, si les impérialistes américains s’obstinent à vouloir nous l’imposer.

Qu’ils viennent par air, par mer, par voie terrestre, qu’ils viennent par dizaines ou centaines de milliers, par millions ou plus, qu’ils viennent avec leurs effectifs au complet, plus nombreux ils seront, mieux cela vaudra.

S’ils viennent, nous les exterminerons ; plus il en viendra, plus il y en aura d’exterminés. Si l’ensemble de leurs effectifs vient, cet ensemble sera exterminé.

Les agresseurs américains se sont profondément enfoncés dans le bourbier sous l’effet de la guerre populaire que leur livre la population sud-vietnamienne et ils ne peuvent s’en tirer. Si l’impérialisme américain pousse la témérité jusqu’à envoyer ses troupes envahir la Chine, c’est son anéantissement total qui l’attendra.

II cherche à se servir d’une poignée d’éléments fascistes japonais pour ressusciter le militarisme japonais, en faire son homme de main dans la nouvelle guerre qu’il viendrait à déclencher en Orient ; et s’appuyant sur lui, ces éléments essayent de reprendre vie et d’effectuer un retour contre le peuple chinois et les autres peuples d’Asie afin de renflouer leur vieux rêve de « sphère de coprospérité de la grande Asie orientale ». Leurs calculs sont fantasques.

Aujourd’hui, la Chine est un grand pays socialiste, un bon nombre de pays asiatiques mènent une lutte révolutionnaire victorieuse contre l’impérialisme américain et ses laquais. Et plus éveillé que jamais, le grand peuple japonais fait déferler les vagues de son indignation contre la politique d’agression des Etats-Unis, contre la renaissance du militarisme.

Les impérialistes américains et les réactionnaires japonais espèrent à pareil moment pouvoir convertir le peuple japonais en chair à canon au service de l’agression, mais cela n’aura pour autre résultat que de hâter l’avènement d’un nouveau Japon, libre et indépendant, entièrement débarrassé de l’occupation militaire américaine.

Camarades et Amis,

Dès le début de la Guerre de Résistance contre le Japon, le camarade Mao Tsé-toung disait : « Notre guerre est une guerre sacrée, juste et progressiste ; son but est la paix, non pas la paix pour un seul pays, mais la paix pour tous les pays du monde, non pas une paix temporaire, mais une paix perpétuelle. Pour atteindre ce but, il faut mener une lutte à mort, il faut être prêt à accepter n’importe quel sacrifice et tenir jusqu’au bout ; il ne faut jamais cesser la lutte avant que le but soit atteint. Les pertes seront grandes, il faudra beaucoup de temps, mais devant nos yeux se dessine avec clarté l’image d’un monde nouveau où régneront pour toujours la paix et la lumière. Ce qui nous soutient dans cette guerre, c’est justement la conviction que de nos efforts vont naître la Chine nouvelle et Je monde nouveau où régneront pour toujours la paix et la lumière. » [12]

Conformément aux instructions du camarade Mao Tsé-toung, le peuple chinois triompha, au bout des huit années de sa Guerre de Résistance, de l’impérialisme japonais qui l’avait longtemps tenu sous son joug et l’avait humilié, et il contribua de façon importante à la guerre mondiale antifasciste.

Aujourd’hui, si l‘Impérialisme américain pousse la témérité jusqu’à déclencher une guerre d’agression contre la Chine, le peuple chinois saura certainement infliger à l’agresseur la défaite totale, et de concert avec les peuples du monde entier, vaincre définitivement l’ennemi commun le plus féroce des peuples, l’impérialisme américain, ainsi que ses laquais, et apporter une nouvelle contribution à la victoire encore plus grande de la paix mondiale, de la libération nationale, de la démocratie populaire et du socialisme.

La victoire sera au peuple chinois ! Elle sera également aux peuples et aux nations opprimés du monde entier !

Vive la grande unité anti-américaine des peuples du monde !

Vive le grand peuple chinois !

Vive la grande République populaire de Chine !

Vive le grand et glorieux Parti communiste chinois à la juste politique !

Vive le président Mao Tsé-toung, notre grand guide !


[1] Mission in Torment, par John Mecklin, ancien directeur de l’U.S. Information Service à Saigon.

[2] Walter Lippmann ; New York Herald Tribune, 21 avril 1965.

[3] « Du gouvernement de coalition » (20 avril 1945), Œuvres choisies de Mao Tsé-toung, tome III.

[4] L. Johnson, discours du 12 octobre 1964.

[5] L. Johnson, allocution à l’American Bar Association., 12 août 1964.

[6] L. Johnson, discours à la Johns Hopkins University, 7 avril 1965.

[7] « Déclaration de Mao Tsé-toung soutenant la résistance du peuple dominicain contre l’agression armée américaine », 12 mai 1965.

[8] L. Johnson, déclaration sur le Vietnam, 17 avril 1965.

[9] L. Johnson, à sa conférence de presse du 28 juillet 1965.

[10] Ibidem.

[11] Rusk, au cours du Programme de Radio et Télévision (Questions et Réponses) de l’American Broadcasting Corporation du 11 juillet 1965.

[12] « De la guerre prolongée » (mai 1938), Écrits militaires de Mao Tsé-toung.

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