Avançons dans la voie ouverte par la Révolution socialiste d’octobre

A l’occasion du 50e anniversaire de la grande Révolution socialiste d’Octobre

Par les bureaux de rédaction du Renmin Ribao du Hongqi et du Jiefangjun Bao

6 novembre 1967

Depuis la grande Révolution socialiste d’Octobre, 50 années se sont écoulées.

Dirigée par Lénine, le grand éducateur du prolétariat, elle faisait, pour la première fois, une réalité de la théorie sur la dictature du prolétariat formulée par Marx et Engels et, sur un sixième du globe, était fondé le premier État de dictature du prolétariat de l’histoire de l’humanité.

Pour l’humanité, une nouvelle ère commençait.

Une nouvelle époque s’ouvrait, celle de la révolution prolétarienne mondiale et de la dictature du prolétariat.

Une nouvelle époque commençait, celle de la lutte de libération des nations opprimées dirigée par le prolétariat.

Le plus grand marxiste-léniniste de notre temps, le camarade Mao Zedong, a expliqué, de la manière la plus pénétrante, la grande signification historique de la Révolution socialiste d’Octobre.

Il a souligné :

« La Première Guerre impérialiste mondiale et la première révolution socialiste victorieuse, la Révolution d’Octobre, ont modifié tout le cours de l’histoire universelle où elles marquent l’avènement d’une ère nouvelle. »

« La Révolution d’Octobre a ouvert aux peuples du monde de larges possibilités et des voies efficaces pour leur libération ; elle a créé contre l’impérialisme mondial un nouveau front de révolutions qui s’étend des prolétaires d’Occident aux peuples opprimés de l’Orient, en passant par la révolution russe. »

« La voie de la Révolution d’Octobre est fondamentalement la brillante voie commune du développement de toute l’humanité. »

Depuis un demi-siècle, guidé par le prestigieux drapeau du marxisme-léninisme et à la lumière éclatante de la Révolution d’Octobre, le monde a connu de profonds changements. Aujourd’hui, les flammes ardentes de la Révolution d’Octobre font rage sur le globe tout entier. La grande République populaire de Chine, sous la dictature du prolétariat, se dresse comme un géant à l’Orient.

En ce moment, les 700 millions de Chinois mènent, à l’initiative et sous la direction de notre éminent guide, le président Mao lui-même, une grande révolution culturelle prolétarienne sans précédent dans l’Histoire.

Il s’agit d’une grande révolution qui engage l’avenir de la Chine et le destin de l’humanité ; elle a déjà remporté une victoire décisive.

Le Parti du Travail d’Albanie ayant à sa tête le camarade Enver Hodja, éminent marxiste-léniniste, conduit le peuple albanais qui, animé de l’héroïsme prolétarien, persévère dans la révolution socialiste et dans la dictature du prolétariat, arborant ainsi, en Europe, le drapeau rouge vif du socialisme.

Les 31 millions de Vietnamiens résistent vaillamment à l’agression démentielle déclenchée par l’impérialisme américain. En remportant d’éclatantes victoires, ils établissent, pour tous les peuples, un haut exemple de lutte révolutionnaire armée contre l’agression américaine.

Les peuples du Laos, de Birmanie, des Philippines, de Thaïlande, d’Inde, d’Indonésie, etc. s’engagent ou persistent dans la lutte armée révolutionnaire.

Dans de vastes régions d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, le mouvement révolutionnaire national et démocratique se déploie impétueusement.

Le prolétariat d’Europe occidentale, d’Amérique du Nord et d’Océanie s’éveille et se jette dans la lutte contre l’impérialisme américain et le capital monopoleur de chaque pays respectif.

En un mot, sous le drapeau du marxisme-léninisme, de la pensée de Mao Zedong, le mouvement communiste international emporte la boue du révisionnisme khrouchtchévien ; les communistes révolutionnaires et la grande masse des révolutionnaires du monde entier marchent sur la voie de la Révolution d’Octobre et luttent pour créer un monde nouveau sans impérialisme, sans capitalisme et sans exploitation de l’homme par l’homme.

Sous la direction de Lénine et de Staline, le peuple soviétique, animé d’un esprit créateur révolutionnaire, détruisit par une révolution violente, dans le monde ténébreux dominé par le capitalisme, l’ancienne machine d’État, instaura la dictature du prolétariat et alluma un phare au puissant rayonnement.

Dans les années qui ont suivi, le peuple soviétique, suivant toujours la voie de la Révolution d’Octobre, remporta des victoires capitales marquées par la répression de la rébellion de la Garde Blanche et de l’intervention armée de quatorze pays ainsi que par l’écrasement de la ligne opportuniste de Trotsky, Boukharine et consorts, représentants de la bourgeoisie contre-révolutionnaire infiltrés au sein du Parti.

Le peuple soviétique obtint également de brillantes victoires dans la transformation et l’édification socialistes ainsi que dans la guerre antifasciste.

Tous ces glorieux exploits furent accomplis au prix du sang et de la sueur des fils et filles héroïques de la Révolution d’Octobre ; ils resplendissent de l’héroïsme révolutionnaire et du haut internationalisme du prolétariat soviétique.

Aujourd’hui, à l’occasion du 50e anniversaire de la grande Révolution socialiste d’Octobre, le peuple chinois, les marxistes-léninistes du monde entier et tous les peuples révolutionnaires pensent profondément à Lénine, l’artisan génial de la Révolution d’Octobre, et à Staline, son continuateur.

Nous n’oublierons jamais les mérites historiques accomplis par le glorieux Parti bolchevik et le grand prolétariat soviétique en frayant cette voie qu’offre la Révolution d’Octobre et en instaurant la dictature du prolétariat.

Cependant, après l’usurpation de la direction du Parti et de l’État par la poignée des plus hauts responsables du P.C.U.S., engagés dans la voie capitaliste et représentés par Khrouchtchev, le premier grand État socialiste dont se glorifiait le prolétariat soviétique et international, cette Union soviétique en plein épanouissement à l’époque de Lénine et de Staline, a changé de nature.

En raison de la domination réactionnaire de Khrouchtchev, cet individu de triste renom, et de la clique révisionniste Brejnev-Kossyguine, ses successeurs, la puissante forteresse rouge qui était le phare et l’espoir de tous les peuples, n’est plus que le centre du révisionnisme contre-révolutionnaire moderne, un nouveau quartier général des forces réactionnaires du monde.

De nos jours, cette bande de renégats Brejnev-Kossyguine a poussé l’impudence jusqu’à se poser en continuateurs de la cause de la Révolution d’Octobre, et, tout en arborant le drapeau de la « célébration » du 50e anniversaire de la Révolution d’Octobre, elle mène des activités de duperie.

C’est la plus grossière insulte à l’égard du grand Lénine, de la grande Révolution d’Octobre et du grand peuple soviétique. Comment pourriez-vous être, vous, bande de renégats de la Révolution d’Octobre, qualifiés pour célébrer cette révolution ?

Vous ne méritez qu’une seule chose, le banc des accusés au tribunal de l’Histoire afin d’être jugés par les marxistes-léninistes et les millions et les millions de révolutionnaires du monde entier !

C’est précisément vous, bande de renégate, qui avez piétiné le grand drapeau du léninisme, trahi la cause de la dictature du prolétariat, c’est vous qui, sous l’enseigne du « Parti du peuple tout entier » et de l’« État du peuple tout entier », avez fait du Parti communiste de l’Union soviétique fondé par Lénine, un parti politique bourgeois, et de la dictature du prolétariat établie par le peuple soviétique au prix de son sang et de vies humaines, une dictature de la bourgeoisie destinée à la répression des masses travailleuses.

C’est vous qui avez fait du pays des Soviets né dans la tempête de la Révolution d’Octobre, un État révisionniste, un État bourgeois. Dans ce pays, le peuple a été privé de son droit d’être le maître de son pays et une fois encore, il est opprimé et asservi par une poignée d’ignobles traîtres à la classe ouvrière, une nouvelle couche privilégiée bourgeoise.

C’est précisément vous, renégats, qui avez jeté pardessus bord le drapeau du socialisme, ruiné la cause socialiste de la Révolution d’Octobre, substitué, sous le couvert de  «l’édification du communisme », la loi du profit et la libre concurrence du capitalisme à l’économie planifiée et au principe de la répartition selon le travail du socialisme.

C’est vous qui avez fait dégénérer les entreprises, propriété du peuple tout entier, en entreprises à caractère capitaliste et fait des kolkhozes une économie de koulaks.

C’est précisément vous, bande de renégats, qui avez préconisé à tous vents, sous le couvert de la  «culture du peuple tout entier », l’idéologie révisionniste réactionnaire, le mode de vie corrompu de la bourgeoisie et la  «culture occidentale » dépravée. En Union soviétique, aujourd’hui, l’idéologie bourgeoise domine tous les domaines idéologiques et culturels. La culture socialiste nourrie par la Révolution d’Octobre a été gravement détériorée.

La morale communiste, bâtie personnellement par Lénine et Staline, est engloutie chaque jour davantage dans l’eau glacée de l’égoïsme.

C’est précisément vous, renégats, qui, en trahissant l’internationalisme prolétarien et la cause révolutionnaire du prolétariat international, avez adopté, en tant que ligne générale de la politique étrangère, la « coexistence pacifique », la « compétition pacifique » et le « passage pacifique ».

C’est vous qui vous êtes agenouillés aux pieds de l’impérialisme américain et, avez formé, avec les forces les plus réactionnaires du monde, une nouvelle « sainte-alliance », une « sainte-alliance » anticommuniste, antipopulaire, contre révolutionnaire et antichinoise.

Partout, vous avez colporté l’opium du révisionnisme afin d’endormir les masses populaires, de vendre les intérêts de la révolution, de saper les luttes révolutionnaires ; des milliers et des milliers de communistes et de combattants révolutionnaires ont été ainsi massacrés par les impérialistes et leurs laquais.

Vous, bande de renégats, avez commis de monstrueux crimes envers le peuple soviétique, envers les peuples du monde entier.

Vous êtes l’ennemi le plus féroce du peuple soviétique, et aussi l’ennemi commun des peuples révolutionnaires du monde entier.

Le camarade Mao Zedong nous enseigne sans cesse : Un parti révolutionnaire, un peuple révolutionnaire ne peuvent s’aguerrir, parvenir à pleine maturité et s’assurer la victoire qu’en recevant une éducation constante, à la fois par des exemples positifs et des exemples négatifs, ainsi qu’en opérant une comparaison entre eux. N’est pas un matérialiste dialectique conséquent celui qui méprise le rôle des professeurs in contrario.

Le fait que les révisionnistes modernes ont usurpé le pouvoir en Union soviétique et dans certains autres pays socialistes et que le capitalisme y est restauré peu à peu dans tous les domaines est, pour les marxistes-léninistes et les peuples révolutionnaires du monde entier, une leçon historique pleine d’enseignement : après avoir pris le pouvoir, le prolétariat risque encore de le perdre et la dictature du prolétariat risque encore de se transformer en dictature de la bourgeoisie.

D’une part, le prolétariat doit se prémunir contre la subversion armée du pouvoir tant de l’ennemi de l’intérieur que de l’étranger.

D’autre part, il doit, ce qui est plus important encore, se garder contre les individus du type Khrouchtchev, qui peuvent de l’intérieur usurper la direction du Parti et de l’État pour entraîner ces derniers dans la voie de l’ « évolution pacifique ». En trahissant la cause de la dictature du prolétariat, les révisionnistes khrouchtchéviens se sont ainsi fait, pour le prolétariat international, le plus grand professeur par l’exemple négatif.

Dans ce sens, Khrouchtchev mérite parfaitement d’être décoré d’une « médaille » lourde d’une tonne.

Sous la direction du grand et courageux porte-drapeau du marxisme-léninisme, le camarade Mao Zedong, et du Parti communiste chinois ayant le camarade Mao Zedong à sa tête, les 700 millions de Chinois, avec tous les marxistes-léninistes et les peuples révolutionnaires du monde entier, ont engagé, avec l’intrépidité qui caractérise l’esprit révolutionnaire du prolétariat, une grande et impétueuse lutte contre le révisionnisme moderne ayant pour centre la clique des renégats révisionnistes soviétiques.

Déjà, ils ont remporté de brillantes victoires sur l’arène internationale et ils en remporteront de plus grandes encore.

La contribution la plus grande que le camarade Mao Zedong ait apportée au mouvement communiste international est le fait qu’il a donné un bilan systématique de l’expérience historique de la dictature du prolétariat en Chine et dans le monde depuis la Révolution d’Octobre, c’est-à-dire non seulement des expériences positives mais aussi des expériences négatives ; il a notamment tiré les graves leçons de la complète restauration du capitalisme en Union soviétique, et résolu, de façon intégrale et complète, le problème le plus important de notre époque — poursuivre la révolution sous la dictature du prolétariat pour prévenir la restauration du capitalisme.

C’est un développement majeur faisant époque dans la théorie du marxisme-léninisme sur la dictature du prolétariat. La théorie sur la dictature du prolétariat a été fondée par Marx et Engels.

Le prolétariat de Paris a, le premier, courageusement essayé de s’emparer du pouvoir politique.

Bien que la Commune de Paris ait échoué,  «les principes de la Commune sont éternels et ne peuvent être détruits », ainsi que le disait K. Marx.

Dans la Critique des programmes de Gotha et d’Erfurt, K. Marx a formulé sa célèbre thèse qui, en fait, constitue un bilan de toute sa doctrine révolutionnaire :  «Entre la société capitaliste et la société communiste, se place la période de transformation révolutionnaire de celle-là en celle-ci. A quoi correspond une période de transition politique où l’État ne saurait être autre chose que la dictature révolutionnaire du prolétariat. »

Dans la lutte qu’il a livrée contre le révisionnisme de la IIde Internationale, V.I. Lénine a continué, défendu et développé la théorie du marxisme sur la révolution prolétarienne et la dictature du prolétariat, et résolu une série de problèmes relatifs à la révolution prolétarienne à l’époque de l’impérialisme ; il a donné la solution au problème de savoir si le socialisme peut ou non triompher dans un seul pays, portant ainsi le marxisme à une nouvelle étape, celle du léninisme.

Après la Révolution d’Octobre, V.I. Lénine a souligné à plusieurs reprises que, sous la dictature du prolétariat, une lutte des classes aiguë et complexe se poursuivait et qu’il existait des possibilités de restauration du capitalisme :  

« Après le renversement du pouvoir du Capital, après la destruction de l’État bourgeois, après l’instauration de la dictature du prolétariat, la lutte de classes ne disparaît pas (comme se l’imaginent les vulgaires représentants du vieux socialisme et de la vieille social-démocratie), mais ne fait que changer de forme pour devenir plus acharnée à bien des égards. »

« La transition du capitalisme au communisme, c’est toute une époque historique. Tant qu’elle n’est pas terminée, les exploiteurs gardent inéluctablement l’espoir d’une restauration, espoir qui se transforme en tentatives de restauration. »

V.I. Lénine a analysé de manière approfondie pourquoi, sous la dictature du prolétariat, la bourgeoisie renversée dispose encore de forces puissantes et de conditions pour se livrer à une résistance et à des activités de restauration.

Il a souligné la nécessité de consolider et de renforcer la dictature du prolétariat :

« La dictature du prolétariat, c’est la guerre la plus héroïque et la plus implacable de la nouvelle classe contre un ennemi plus puissant, contre la bourgeoisie dont la résistance est décuplée du fait de son renversement (ne fût-ce que dans un seul pays) et dont la puissance ne réside pas seulement dans la force du capital international, dans la force et la solidité des liaisons internationales de la bourgeoisie, mais encore dans la force de l’habitude, dans la force de la petite production.

Car, malheureusement, il reste encore au monde une très, très grande quantité de petite production : or, la petite production engendre le capitalisme et la bourgeoisie constamment, chaque jour, à chaque heure, d’une manière spontanée et dans de vastes proportions.

Pour toutes ces raisons, la dictature du prolétariat est indispensable. »

Il a encore remarqué la gravité de la lutte des classes dans le domaine idéologique. Il a souligné en termes explicites :

« Briser la résistance des capitalistes, non seulement militaire et politique, mais également idéologique, résistance la plus profonde et la plus puissante, telle est notre tâche. »

Ces brillantes idées, ces grandes prévisions scientifiques de V.I. Lénine ont considérablement développé la théorie du marxisme sur la dictature du prolétariat et, toutes, elles revêtent une importante signification pratique pour les marxistes-léninistes qui persistent dans la voie de la Révolution d’Octobre.

Les révisionnistes modernes, Khrouchtchev, Brejnev, Kossyguine et consorts ont trahi complètement ces idées de Lénine. En menant la lutte contre les révisionnistes modernes et en exposant la nécessité de persévérer dans la dictature du prolétariat, le camarade Mao Zedong nous recommande toujours de ne jamais oublier ces paroles de Lénine.

Le camarade Mao Zedong a continué, sauvegardé et développé le marxisme-léninisme d’une façon intégrale, formulé d’une manière créatrice la grande théorie sur la poursuite de la révolution sous la dictature du prolétariat ; il a déclenché et il dirige en personne la grande pratique de la grandiose révolution culturelle prolétarienne, la première dans l’histoire de l’humanité.

C’est un jalon extrêmement important marquant le développement du marxisme à une étape toute nouvelle, celle de la pensée de Mao Zedong.

Les principaux points de la théorie du camarade Mao Zedong sur la poursuite de la révolution sous la dictature du prolétariat sont les suivants :

(1) II faut utiliser la loi marxiste-léniniste de l’unité des contraires pour observer la société socialiste.

Le camarade Mao Zedong a souligné :  «La loi de l’unité des contraires est la loi fondamentale de l’univers. »  «L’existence des contradictions est universelle. »  «Ces contradictions, inhérentes aux choses et aux phénomènes, sont la cause fondamentale de leur développement. »

Dans la société socialiste,  «nous sommes en présence de deux types de contradictions sociales : les contradictions entre nous et nos ennemis et les contradictions au sein du peuple. »  «Les contradictions entre nous et nos ennemis sont des contradictions antagonistes. Au sein du peuple, les contradictions entre travailleurs ne sont pas antagonistes ».

Le camarade Mao Zedong nous dit qu’il faut « tracer une limite précise entre les deux types de contradictions — contradictions entre nous et nos ennemis et contradictions au sein du peuple — et donner une juste solution aux contradictions au sein du peuple » pour pouvoir consolider et renforcer sans cesse la dictature du prolétariat et développer chaque jour davantage le système socialiste.

(2) « La société socialiste s’étend sur une période historique fort longue, au cours de laquelle les classes, les contradictions entre les classes et la lutte des classes continuent à exister tout comme subsistent la lutte entre la voie socialiste et la voie capitaliste ainsi que le danger de la restauration du capitalisme. »

Après la réalisation pour l’essentiel de la transformation socialiste de la propriété des moyens de production, « la lutte de classes n’est pas encore arrivée à son terme.

La lutte de classes entre le prolétariat et la bourgeoisie, entre les diverses forces politiques et entre les idéologies prolétarienne et bourgeoise sera encore longue et sujette à des vicissitudes, et par moments elle pourra même devenir très aiguë. »

Pour prévenir la restauration du capitalisme et l’« évolution pacifique », il est indispensable de mener jusqu’au bout la révolution socialiste sur les fronts politique et idéologique.

(3) La lutte de classes menée sous la dictature du prolétariat reste, dans son essence, le problème du pouvoir, c’est-à-dire une lutte entre la bourgeoisie qui cherche à renverser la dictature du prolétariat et le prolétariat qui est déterminé à la consolider vigoureusement.

Le prolétariat doit exercer une dictature intégrale sur la bourgeoisie dans le domaine de la superstructure, y compris tous les secteurs de la culture.

« Nos rapports avec elle ne sont nullement des rapports d’égalité, mais des rapports d’oppression d’une classe par une autre, c’est-à–dire des rapports de dictature du prolétariat sur la bourgeoisie, et où il n’y a rien d’autre, ni égalité, ni coexistence pacifique entre classes exploiteuses et classes exploitées, ni rien de tout ce qui se nomme humanité, justice, vertu, etc. »

(4) La lutte entre les deux classes et entre les deux voies dans la société trouve inévitablement son reflet dans le Parti. La poignée des responsables qui, bien que du Parti, se sont engagés dans la voie capitaliste sont des représentants de la bourgeoisie au sein du Parti.

Ils « constituent un ramassis de révisionnistes contre-révolutionnaires. Si l’occasion s’en présentait, ils arracheraient le pouvoir et transformeraient la dictature du prolétariat en dictature de la bourgeoisie ».

Pour consolider la dictature du prolétariat, nous devons accorder la plus grande attention à déceler les « individus du genre Khrouchtchev » qui  «se trouvent au milieu de nous », les dénoncer, les critiquer et les répudier à fond, les abattre pour qu’ils ne puissent plus se relever ; nous devons leur arracher résolument les pouvoirs qu’ils ont usurpés pour les remettre entre les mains du prolétariat.

(5) Pour continuer la révolution sous la dictature du prolétariat, le plus important est de déclencher la grande révolution culturelle prolétarienne.

« Dans la grande révolution culturelle prolétarienne, les masses ne peuvent que se libérer par elles-mêmes ».

Il faut  «que les masses s’éduquent dans ce grand mouvement révolutionnaire ».

Autrement dit, dans cette grande révolution culturelle prolétarienne, il faut utiliser la méthode d’une large démocratie sous la dictature du prolétariat pour mobiliser sans réserve de bas en haut les masses, et en même temps, réaliser la grande alliance des révolutionnaires prolétariens et la triple union révolutionnaire des masses révolutionnaires, de l’Armée populaire de Libération et des cadres révolutionnaires.

(6) Le programme fondamental de la grande révolution culturelle prolétarienne dans le domaine idéologique est de « combattre l’égoïsme et critiquer le révisionnisme ».

« Le prolétariat cherche à transformer le monde selon sa propre conception du monde, et la bourgeoisie, selon la sienne. » C’est pourquoi, la grande révolution culturelle prolétarienne est une grande révolution qui touche l’homme dans ce qu’il a de plus profond et qui vise à résoudre le problème de la conception du monde de l’homme.

Il faut réfuter le révisionnisme sur les plans politique, idéologique et théorique, vaincre l’égoïsme bourgeois et toutes les autres idées non-prolétariennes à l’aide des idées prolétariennes, réformer le système d’enseignement, la littérature, l’art et toutes les autres branches de la superstructure qui ne correspondent pas à la base économique du socialisme, et extirper les racines du révisionnisme.

Par ces théories sur la poursuite de la révolution sous la dictature du prolétariat, le camarade Mao Zedong a développé d’une façon géniale et créatrice le concept marxiste-léniniste de la lutte des classes en période de dictature du prolétariat et a développé d’une façon géniale le concept de la dictature du prolétariat. Ceci revêt une signification faisant époque et constitue le troisième grand jalon dans l’histoire du développement du marxisme.

Il y a 50 ans, V.I. Lénine avait souligné :

« Celui-là seul est un marxiste qui étend la reconnaissance de la lutte des classes jusqu’à la reconnaissance de la dictature du prolétariat. C’est ce qui distingue foncièrement le marxiste du vulgaire petit (et aussi du grand) bourgeois.

C’est avec cette pierre de touche qu’il faut éprouver la compréhension et la reconnaissance effectives du marxisme. »

Aujourd’hui, nous pouvons dire que, seuls ceux qui reconnaissent la dictature du prolétariat et en même temps la nécessité de poursuivre la révolution sous la dictature du prolétariat, sont de véritables marxistes-léninistes.

C’est la pierre de touche qui permet d’éprouver la compréhension et la reconnaissance effectives du marxisme-léninisme. La grande Révolution socialiste d’Octobre a frayé la voie de la prise du pouvoir par le prolétariat. Ses expériences fondamentales reflètent la loi universelle de la révolution à l’époque de l’impérialisme et de la révolution prolétarienne.

La grande révolution culturelle prolétarienne chinoise fraye la voie de la consolidation de la dictature du prolétariat, de la prévention de la restauration du capitalisme, la voie conduisant au communisme.

Ses expériences fondamentales reflètent la loi universelle de la lutte des classes à l’étape historique du passage au communisme après l’instauration de la dictature du prolétariat.

Nous rencontrerons encore, à l’avenir, toutes sortes de nouveaux problèmes, de difficultés et de vicissitudes, mais, grâce à l’éclatante victoire de la grande révolution culturelle prolétarienne chinoise, comme l’a souligné Lénine en appréciant la signification de la Révolution d’Octobre,  «ce qui importe, c’est que la glace est rompue, la voie est ouverte, la route est tracée. »

Staline soulignait :

« La Révolution d’Octobre n’est pas seulement une révolution ‘dans le cadre national’. Elle est avant tout une révolution d’ordre international, mondial ».

Tout comme la Révolution d’Octobre qui ne peut être considérée uniquement comme une révolution « dans le cadre national », la grande révolution culturelle prolétarienne chinoise est, elle aussi, une révolution qui ne se limite pas au « cadre national » ; elle est également une révolution d’ordre international.

Cette grande révolution bénéficie d’un soutien chaleureux de la part du prolétariat et des peuples révolutionnaires du monde entier. Par ses victoires grandioses, elle a ouvert une nouvelle ère du mouvement communiste international et elle exercera certainement une influence profonde sur l’histoire de l’évolution de l’humanité.

C’est toujours parallèlement aux grandes victoires des luttes révolutionnaires menées à sa lumière qu’une théorie révolutionnaire d’avant-garde a pu se propager largement. La Révolution d’Octobre d’il y a 50 ans, avait donné une immense impulsion à la diffusion du marxisme-léninisme, offrant ainsi un aspect tout nouveau à la révolution mondiale.

La victoire de la révolution chinoise en 1949 sous la direction du camarade Mao Zedong a changé encore davantage et considérablement la physionomie du monde.

En un peu plus d’un an, la grande révolution culturelle prolétarienne chinoise a détruit le quartier général de la bourgeoisie ayant le Khrouchtchev chinois à sa tête et rabattu l’arrogance des classes exploiteuses sous toutes ses formes. Ce mouvement de masse a secoué le monde, a porté à un nouveau sommet, et a approfondi et enrichi dans une large mesure la connaissance de la pensée de Mao Zedong par les peuples du monde.

Les peuples révolutionnaires du monde se rendent compte toujours plus clairement que le camarade Mao Zedong est le plus grand éducateur, le plus éminent guide du prolétariat de notre époque, qu’il est le Lénine de notre temps. La pensée de Mao Zedong est de nos jours le marxisme-léninisme porté au niveau le plus élevé, le marxisme-léninisme devant lequel sont pris de panique les impérialistes, les révisionnistes et les réactionnaires de tous les pays. C’est, pour le prolétariat et les larges masses révolutionnaires, la plus puissante arme idéologique.

Grâce à la diffusion de la pensée de Mao Zedong, les révolutionnaires sont arrivés à tracer une stricte ligne de démarcation entre le marxisme-léninisme et le révisionnisme moderne.

Aujourd’hui, en jetant un regard en arrière sur le bric-à-brac exposé par Khrouchtchev et ses adeptes, sur le tas d’immondices de l’arrière-cour du mouvement ouvrier, ils distinguent encore plus clairement les fleurs odoriférantes des herbes vénéneuses, la voie de la Révolution d’Octobre de la voie de l’opposition à la Révolution d’Octobre.

Il est plus difficile que jamais pour les bouffons révisionnistes khrouchtchéviens qui prêchent bruyamment ce qu’ils appellent le  «Parti du peuple tout entier », l’ « Etat du peuple tout entier » et qui ont jeté pardessus bord la dictature du prolétariat, de tromper les peuples en arborant l’enseigne de l’« édification en grand du communisme ».

De même, il est plus difficile que jamais pour les partisans du crétinisme parlementaire qui se parent du manteau du marxisme, de faire obstacle à la prise du pouvoir par le prolétariat au moyen de la force des armes.

A l’heure actuelle, le monde est entré dans une nouvelle époque révolutionnaire ayant pour grand étendard la pensée de Mao Zedong.

A la fin du XVIIIe siècle, le centre de la révolution se trouvait en France. Au milieu du XIXe siècle, il passa en Allemagne ; c’est alors que le prolétariat monta sur la scène politique et que naquit le marxisme. Au début du XXe siècle, la Russie devint le centre de la révolution et le léninisme fit son apparition.

Plus tard, le centre de la révolution mondiale s’est déplacé graduellement vers la Chine et la pensée de Mao Zedong fit son apparition.

Grâce à la grande révolution culturelle prolétarienne, la Chine, le centre de la révolution mondiale, s’est davantage consolidée et renforcée.

Le président Mao a souligné :  «Le peuple chinois a toujours considéré la révolution chinoise comme la continuation de la grande Révolution socialiste d’Octobre et en tire une immense gloire. »

La grande révolution culturelle prolétarienne que nous menons actuellement est la continuation de la Révolution d’Octobre, dans de nouvelles conditions historiques, à une étape supérieure.

Aujourd’hui, la meilleure façon, pour notre peuple, de célébrer le 50e anniversaire de la Révolution socialiste d’Octobre, c’est de porter haut levé le grand drapeau de la Révolution d’Octobre, le grand drapeau du marxisme-léninisme, de la pensée de Mao Zedong, de mener résolument jusqu’au bout la grande révolution culturelle prolétarienne, de soutenir fermement tous les marxistes-léninistes révolutionnaires du monde et les peuples des divers pays, et, de concert avec eux, de mener jusqu’au bout la lutte contre l’impérialisme, le révisionnisme moderne et la réaction de tous les pays.

A l’occasion du 40e anniversaire de la Révolution d’Octobre, le camarade Mao Zedong a souligné : « En fin de compte, le régime socialiste se substituera au régime capitaliste ; c’est une loi objective, indépendante de la volonté humaine.

Quels que soient les efforts des réactionnaires pour freiner la roue de l’histoire dans son mouvement en avant, la révolution éclatera tôt ou tard et sera nécessairement victorieuse. »

Il a indiqué encore, en 1962 : « L’Union soviétique fut le premier État socialiste, et le Parti communiste de l’Union soviétique, le Parti créé par Lénine.

Bien que la direction du Parti et de l’État soviétiques soit à présent usurpée par des révisionnistes, je conseillerais aux camarades de demeurer fermement convaincus que les larges masses du peuple soviétique, des membres du Parti et des cadres sont bons et veulent faire la révolution et que la domination du révisionnisme ne durera pas. »

La restauration, dans tous les domaines, du capitalisme en Union soviétique n’est qu’un intermède passager dans l’histoire du mouvement communiste international.

Nous sommes fermement convaincus que les authentiques communistes soviétiques et le grand peuple de l’U.R.S.S., éduqués par les grands Lénine et Staline, possédant les glorieuses traditions de la Révolution d’Octobre, trempés et éprouvés par la guerre antifasciste, ne toléreront pas longtemps que la clique traîtresse révisionniste soviétique leur impose sa loi. Ils luttent à présent de diverses manières contre cette clique.

Il ne fait pas de doute qu’ils s’uniront sous la bannière de la grande Révolution d’Octobre, continueront l’œuvre de Lénine et de Staline, persisteront dans une lutte de longue haleine et dissiperont les profondes ténèbres, afin que l’étoile rouge de la Révolution d’Octobre brille à nouveau d’un éclat encore plus vif. L’éclatante vérité du marxisme-léninisme, de la pensée de Mao Zedong est irrésistible.

Plus de 90 % de la population du globe veut faire la révolution. Les masses populaires, de même que la révolution mondiale, finiront par triompher.

Il est certain que sous le grand drapeau révolutionnaire de la pensée de Mao Zedong, la grande cause de la dictature du prolétariat amorcée par la Révolution d’Octobre avancera d’un pas encore plus gigantesque et que le communisme remportera la victoire finale à travers le monde.

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A propos du système de Stanislavski 

Article paru dans le Hongqi, n°6-7, 1969

Partir des ouvriers, paysans et soldats ou de « soi-même »?

Chanter les ouvriers, paysans et soldats ou louer la bourgeoisie, voilà où est la différence fondamentale entre les deux conceptions de littérature et d’art, celle du prolétariat et celle de la bourgeoisie.

Stanislavski disait : « Quel que soit son rôle, l’acteur doit toujours partir de soi-même », « il faut bien retenir que dans la voie artistique, c’est soi, et rien que soi », « durant toute notre vie nous nous interprétons nous-mêmes. »

Le « moi » et le « soi-même » sont tous deux l’expression du monde intérieur des classes exploiteuses dont Stanislavski était un représentant, une conception opposée au marxisme et vouée tout simplement à ia louange de la bourgeoisie.

Dans la société de classes, il n’existe pas d’individu ni de littérature et d’art planant dans l’abstrait, au-dessus des classes. Quel « moi » Stanislavski prônait-il comme point de départ « durant toute sa vie »?

Et quel « soi-même » jouait-il donc ? Jetons donc un coup d’œil sur l’histoire de ses « représentations. »

Au fil des cinquante et une années, allant de 1877 à 1928, Stanislavski joua 106 personnages, tous généraux tsaristes, nobles, bourgeois ou appartenant à une certaine couche de la petite-bourgeoisie urbaine.

De 1881 à 1938, soit pendant cinquante­sept ans, il mit en scène 85 pièces dont la plupart étaient des pièces « classiques » bourgeoises.

« Partir de soi-même », ce prêchi-prêcha de Stanislavski, signifiait en fait partir des intérêts politiques et des besoins artistiques de la bourgeoisie.

Et la prétendue représentation de « soi-même », c’était la représentation élogieuse de la bourgeoisie par elle-même.

La théorie de l’interprétation, basée sur de telles pratiques artistiques, est forcément imprégnée par les caractéristiques de la vie de la bourgeoisie, sa nature et sa conception du monde. Cette théorie est absolument incompatible avec le théâtre révolutionnaire prolétarien.

Peut-on interpréter l’image des ouvriers, des paysans et des soldats en partant du « moi » des intellectuels bourgeois ? Non !

Dans l’art théâtral prolétarien, les personnages d’ouvriers, de paysans et de soldats, Li Yu-ho, et Yang Tsé-jong [un cheminot et un chef d’un peloton d’éclaireurs de l’armée populaire de libération respectivement] sont des héros prolétariens, des représentants d’élite de leur propre classe.

Les bonnes qualités dont ils font preuve sont « plus relevées, plus intenses, plus condensées, plus typiques, plus proches de l’idéal et, partant, d’un caractère plus universel que la réalité quotidienne ».

Étudier et interpréter ces figures artistiques, c’est, pour les acteurs, comprendre ces héros, apprendre auprès d’eux, les exalter et transformer leur propre conception du monde.

Même les artistes issus des rangs des ouvriers, des paysans et des soldats doivent aussi se faire rééduquer, sans exception. En fait, préconiser de « partir de soi-même » pour interpréter les rôles d’ouvriers, paysans et soldats ne revient qu’à altérer la lutte révolutionnaire de ces derniers et leur figure héroïque à travers l’arrogante « projection du moi » bourgeois et petit-bourgeois.

Ce sont là de basses pratiques auxquelles ont eu recours dans le temps les responsables du Parti ayant pris la voie capitaliste et les « sommités » réactionnaires dans le domaine artistique, qui sabotaient délibérément les opéras de Pékin révolutionnaires modèles, en vue de déformer et salir l’image héroïque de nos ouvriers, paysans et soldats, mais qui ont cependant essuyé un échec.

Mais alors, existe-t-il des œuvres littéraires et artistiques qui décrivent les ouvriers, paysans et soldats à partir du « moi » bourgeois ?

Oui !

Voyez les pièces de théâtre et les films produits sous la domination de la clique renégate révisionniste soviétique. Les ouvriers, paysans et soldats y sont déformés de façon incroyable : les uns sont des poltrons ; d’autres s’enivrent de bonheur familial ; d’autres s’accointent avec des officiers de l’armée blanche ; et, ce qui est pire encore…, pas la moindre représentation des qualités des ouvriers, paysans et soldats. Voilà la honteuse et parfaite révélation par « soi-même » de ce que sont les renégats révisionnistes soviétiques !

Peut-on alors interpréter les personnages bourgeois et autres éléments négatifs en « partant de soi-même » ?

Non !

Du point de vue prolétarien, pour interpréter des personnages négatifs, par exemple « Le Vautour » et Hatoyama [il s’agit d’un chef de gendarmes japonais et d’un chef des bandits respectivement] il faut également se tenir sur les positions des ouvriers, des paysans et des soldats, partir de la haine de classe qu’éprouvent ces derniers pour dénoncer et stigmatiser sans merci la nature de classe odieuse, perfide, sournoise et réactionnaire de ces personnages négatifs, et faire ressortir l’image brillante des héros prolétariens.

Si nous suivons cette théorie bourgeoise de Stanislavski : « partir de soi-même », les monstres qu’il faut abattre et éliminer dans la vie réelle deviendront obligatoirement les vedettes exerçant sur la scène leur arrogante dictature sur les ouvriers, les paysans et les soldats.

Existe-t-il de telles pièces de théâtre ? Oui !

Depuis les prétendus « art expérimental » et « art représentatif » du XIXème siècle jusqu’aux arts d’« avant-garde » et « modernistes » en vogue aujourd’hui dans les pays de l’impérialisme et du révisionnisme moderne, tous débordent de pareilles ordures.

A simplement parler, il s’agit en fait de fantômes interprétés par des fantômes, de brigands par des brigands et de voyous par des voyous ! Vers 1962, en Chine, quantité de films pernicieux firent leur apparition sous la direction de la ligne révisionniste contre-révolutionnaire de Liou Chao-chi et avec le soutien et sous le contrôle de Peng Tchen, Lou Ting-yi, Tchcou Yang, Hsia Yen, Tien Han et autres contre-révolutionnaires, dont certains représentaient des « personnages intermédiaires » qui, en réalité, n’étaient que des personnages réactionnaires.

Des rôles de contre-révolutionnaires, de propriétaires fonciers et éléments bourgeois furent joués par des contre-révolutionnaires, propriétaires fonciers et éléments bourgeois. Ces canailles s’affichaient en gros plans extrêmement réactionnaires, hideux et vils ; toute liberté leur était donnée de dominer insolemment l’écran avec leur « moi » décadent et réactionnaire.

Bref, en interprétant soit des rôles positifs d’ouvriers, de paysans et de soldats, soit des rôles négatifs, les artistes révolutionnaires doivent toujours partir des intérêts et de la pratique révolutionnaires des ouvriers, paysans et soldats.

Tout en s’intégrant à ceux-ci et en étant rééduqués par eux, ils doivent faire la distinction entre ce qui, dans leur propre esprit, appartient aux idées et sentiments bourgeois et ce qui reflète la vie, les idées et les sentiments des ouvriers, paysans et soldats. Ils doivent constamment surmonter l’égoïsme bourgeois et implanter en eux le dévouement prolétarien à l’intérêt public.

C’est ainsi seulement qu’ils peuvent réellement représenter et créer des personnages révolutionnaires dans l’art, capables d’« aider les masses à faire avancer l’histoire. »

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Mao Zedong : La tactique de la lutte contre l’impérialisme japonais

Rapport présenté par le camarade Mao Tsé-toung à la Conférence des Militants actifs du Parti, à Wayaopao, dans le nord du Chensi, à l’issue de la réunion du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois tenue dans la même localité en décembre 1935.

LES PARTICULARITÉS DE LA SITUATION POLITIQUE ACTUELLE

Camarades ! De grands changements sont intervenus dans la situation politique. Notre Parti a défini ses tâches en fonction de ces changements.

Quelle est donc la situation actuelle ?

Elle se caractérise principalement par les efforts de l’impérialisme japonais pour transformer la Chine en une colonie.

Nous savons tous que depuis près d’un siècle la Chine est un pays semi-colonial placé sous la domination conjointe de plusieurs États impérialistes. Grâce à la lutte du peuple chinois contre l’impérialisme et aux conflits entre les puissances impérialistes, la Chine a pu conserver un statut semi-indépendant.

Pour un temps, la Première guerre mondiale avait donné à l’impérialisme japonais la possibilité d’établir sa domination exclusive sur la Chine.

Cependant, par suite de la lutte du peuple chinois contre l’impérialisme japonais et de l’intervention des autres puissances impérialistes, les Vingt et une Demandes [de l’ultimatum japonais au gouvernement chinois], ce traité que [le chef de la clique des seigneurs de guerre du Peiyang dans les dernières années du règne de la dynastie des Tsing] Yuan Che-kai, le plus grand traître à la nation de l’époque, avait signé et qui livrait la Chine au Japon, furent déclarées nulles et non avenues.

En 1922, un traité signé à la conférence des neuf puissances, convoquée à Washington par les États-Unis, plaça de nouveau la Chine sous la domination conjointe de plusieurs États impérialistes.

Mais peu après, la situation changea encore une fois.

Avec l’incident du 18 septembre 1931 commença la colonisation actuelle de la Chine par le Japon. Comme l’agression japonaise se limitait provisoirement aux quatre provinces du Nord-Est, certains pensèrent que les impérialistes japonais n’iraient probablement pas plus loin.

Aujourd’hui, la situation est tout autre: les impérialistes japonais ont déjà laissé voir leur intention de pousser plus au sud, au-delà de la Grande Muraille, et d’occuper le pays tout entier.

Ils s’efforcent maintenant de faire de toute la Chine, qui est encore une semi-colonie partagée entre plusieurs États impérialistes, une colonie du Japon. Le récent Incident du Hopei oriental et les conversations diplomatiques sont des indices très clairs de cette tendance des événements, qui met en danger l’existence même du peuple chinois.

Une telle situation pose à toutes les classes, à tous les groupements politiques de la Chine la question « Que faire ? ».

Résister ? Capituler ? Ou balancer entre les deux solutions ?

Voyons maintenant comment les différentes classes en Chine répondent à cette question.

Les ouvriers et les paysans réclament la résistance. La révolution de 1924-19279, la révolution agraire de 1927 à nos jours et la vague antijaponaise qui déferle depuis l’Incident du 18 Septembre 1931 montrent que la classe ouvrière et la paysannerie sont les forces les plus résolues de la révolution chinoise.

La petite bourgeoisie réclame également la résistance. La jeunesse étudiante et la petite bourgeoisie urbaine n’ont-elles pas déjà déclenché un vaste mouvement antijaponais ? Cette fraction de la petite bourgeoisie chinoise avait participé à la révolution de 1924-1927.

Sa situation économique relève, comme celle des paysans, de la petite exploitation, et ses intérêts sont inconciliables avec ceux des impérialistes. Ses membres ont cruellement souffert de l’impérialisme et de la contre-révolution chinoise, qui ont acculé nombre d’entre eux au chômage et à la ruine totale ou partielle. Maintenant, sous la menace directe de se voir réduits à l’état d’esclaves coloniaux, ils n’ont plus d’autre issue que la résistance.

Mais comment la bourgeoisie nationale, la bourgeoisie compradore, la classe des propriétaires fonciers et le Kuomintang réagissent-ils devant cette question?

Les grands despotes locaux et mauvais hobereaux, les grands seigneurs de guerre, les gros bureaucrates et les gros compradores ont depuis longtemps pris parti.

Comme toujours, ils soutiennent qu’une révolution — quelle qu’elle soit — est pire que l’impérialisme. Ils ont constitué le camp de la trahison; pour eux, la question de savoir s’ils seront ou non des esclaves coloniaux ne se pose pas, puisqu’ils ont perdu tout sentiment national et que leurs intérêts sont inséparables de ceux des impérialistes.

Leur champion est Tchiang Kaï-chek.

Ce camp de la trahison est l’ennemi juré du peuple chinois. Sans cette meute de traîtres, l’impérialisme japonais ne se serait jamais lancé dans cette agression avec autant de cynisme. Ils sont les valets de l’impérialisme.

La bourgeoisie nationale pose un problème complexe. Cette classe avait pris part à la révolution de 1924-1927, mais effrayée par le feu de la révolution, elle passa dans le camp de l’ennemi du peuple – la clique de Tchiang Kaï-chek. Il s’agit de savoir s’il est possible que la bourgeoisie nationale modifie sa position dans les circonstances actuelles.

Nous estimons que cela est possible, car cette classe ne s’identifie pas avec celle des propriétaires fonciers ni avec la bourgeoisie compradore: entre elle et ces dernières, il existe une différence.

La bourgeoisie nationale n’a pas un caractère féodal aussi prononcé que la classe des propriétaires fonciers ni un caractère comprador aussi marqué que la bourgeoisie compradore.

Une fraction de la bourgeoisie nationale, son aile droite, a des liens assez étroits avec le capital étranger et les intérêts fonciers chinois et, pour le moment, nous ne spéculerons pas sur les chances d’un changement de position de sa part.

Le problème se pose pour les autres fractions de la bourgeoisie nationale, qui n’ont pas de liens de ce genre ou qui en ont peu.

Nous croyons que, dans cette situation nouvelle, où la Chine se trouve en danger d’être réduite à l’état de colonie, un changement peut se produire dans leur attitude.

Le trait caractéristique de ce changement sera l’hésitation. D’une part, elles détestent l’impérialisme, d’autre part, elles redoutent une révolution poussée jusqu’au bout: elles balancent entre les deux attitudes.

Cela explique pourquoi dans la période révolutionnaire de 1924-1927 la bourgeoisie nationale avait pris part à la révolution et pourquoi elle passa du côté de Tchiang Kaï-chek à la fin de cette période. Quelle différence y a-t-il entre l’époque actuelle et celle de 1927, où Tchiang Kaï-chek trahit la révolution ?

La Chine n’était alors qu’une semi-colonie, elle est aujourd’hui en voie de devenir une colonie. Au cours de ces neuf années, qu’est-ce que la bourgeoisie nationale a gagné à abandonner son alliée, la classe ouvrière, et à lier amitié avec les propriétaires fonciers et les compradores ?

Rien du tout, sinon la ruine totale ou partielle de ses entreprises industrielles et commerciales.

C’est ce qui nous fait conclure à la possibilité d’un changement d’attitude de la bourgeoisie nationale dans les circonstances actuelles. Quelle sera l’importance de ce changement ? L’hésitation en sera la caractéristique générale.

Néanmoins, à un certain stade de la lutte, il est possible que l’une des fractions de la bourgeoisie nationale, son aile gauche, participe à la lutte, et qu’une autre passe d’une attitude hésitante à la neutralité.

Quels sont les intérêts de classe représentés par la XIXe Armée de Route, commandée par Tsai Ting-kai et ses compagnons ?

Ceux de la bourgeoisie nationale et de la couche supérieure de la petite bourgeoisie, ainsi que des paysans riches et des petits propriétaires fonciers à la campagne. Tsai Ting-kai et ses compagnons n’ont-ils pas lutté avec acharnement contre l’Armée rouge ?

Si, mais par la suite ils ont conclu avec elle une alliance contre le Japon et contre Tchiang Kaï-chek.

Dans le Kiangsi, ils avaient attaqué l’Armée rouge; mais, plus tard, à Shanghai, ils ont combattu les impérialistes japonais; puis, dans le Foukien, ils ont conclu un accord avec l’Armée rouge et se sont tournés contre Tchiang Kaï-chek.

Quelle que soit la carrière future de Tsai Ting-kai et de son groupe, de quelque esprit routinier qu’ait fait preuve leur Gouvernement populaire du Foukien en se refusant à entraîner le peuple au combat, le fait qu’ils ont tourné contre l’impérialisme japonais et Tchiang Kaï-chek leurs armes destinées à combattre l’Armée rouge doit être considéré comme un acte utile à la révolution.

Cela marqua une scission dans le camp du Kuomintang. Si la situation qui s’est créée au lendemain de l’Incident du 18 Septembre a abouti à détacher ce groupe du Kuomintang, pourquoi la situation actuelle ne pourrait-elle pas entraîner de nouvelles scissions au sein de ce parti ?

Ils se trompent, ceux de notre Parti qui considèrent le camp des propriétaires fonciers et de la bourgeoisie comme uni et inébranlable et pensent qu’il ne changera en aucune circonstance. Non seulement ils ne se rendent pas compte de la gravité de la situation présente, mais ils ont même oublié l’histoire.

Permettez-moi de m’étendre un peu plus longuement sur ces données historiques.

En 1926 et 1927, lorsque l’armée révolutionnaire marcha sur Wouhan, s’en empara et poussa jusque dans le Honan, on vit Tang Cheng-tche et Feng Yu-siang se rallier à la révolution. En 1933, Feng Yu-siang coopéra un moment avec le Parti communiste dans le Tchahar, organisant l’Armée alliée antijaponaise.

Voici un autre exemple frappant. La XXVIe Armée de Route, qui avait, de concert avec la XIXe Armée de Route, attaqué l’Armée rouge dans le Kiangsi, ne déclencha-t-elle pas en décembre 1931 l’Insurrection de Ningtou et ne passa-t-elle pas du côté de l’Armée rouge ? Les dirigeants de cette Insurrection, Tchao Po-cheng, Tong Tchen-tang et d’autres sont devenus des camarades résolus dans la révolution.

Les actions de Ma Tchan-chan contre l’envahisseur japonais dans les trois provinces du Nord-Est représentèrent aussi une scission dans le camp des classes dominantes.

Tous ces exemples montrent que des divisions se produiront dans le camp ennemi lorsque la Chine entière se trouvera sous la menace des bombes japonaises et lorsque la lutte quittera son rythme habituel et avancera soudain au pas de charge.

Passons maintenant, camarades, à un autre aspect de la question.

Serait-il correct d’opposer comme objection à notre point de vue la faiblesse de la bourgeoisie nationale chinoise sur les plans politique et économique et d’en conclure que celle-ci ne peut changer d’attitude malgré la situation nouvelle où elle est placée ?

Je ne le pense pas. Si c’est en raison de sa faiblesse que la bourgeoisie nationale ne peut pas changer son attitude, pourquoi donc l’a-t-elle fait dans les années 1924-1927, lorsqu’au lieu d’hésiter devant la révolution elle est allée jusqu’à y participer ?

Peut-on dire que cette faiblesse de la bourgeoisie nationale est un défaut acquis et non pas un défaut congénital ?

Peut-on dire qu’elle est faible aujourd’hui, mais ne l’était pas à l’époque? La faiblesse de la bourgeoisie nationale est l’une des caractéristiques politiques et économiques essentielles d’un pays semi-colonial. C’est la raison pour laquelle les impérialistes osent la brimer, et c’est aussi ce qui fait qu’elle déteste l’impérialisme.

Bien sûr, loin de le nier, nous reconnaissons parfaitement que pour cette même raison les impérialistes, les propriétaires fonciers et la bourgeoisie compradore l’appâtent aisément au moyen de quelques avantages temporaires, ce qui, à son tour, explique l’inconséquence de la bourgeoisie nationale dans la révolution.

Néanmoins, on ne peut pas dire que dans les circonstances actuelles la bourgeoisie nationale ne diffère en rien des propriétaires fonciers et de la bourgeoisie compradore.

C’est pourquoi nous tenons à affirmer que des scissions se produiront dans le camp du Kuomintang lorsque la nation arrivera à un tournant critique.

De telles scissions ont trouvé leur expression dans l’attitude hésitante de la bourgeoisie nationale comme dans la prise de position de personnalités antijaponaises telles que Feng Yu-siang, Tsai Ting-kai, Ma Tchan-chan, si populaires pendant un temps.

Tout cela est essentiellement désavantageux pour la contre-révolution et profitable à la révolution. Le développement inégal de la Chine sur le plan politique et économique et le développement inégal de la révolution qui en est la conséquence favorisent de telles scissions.

Camarades ! Voilà pour le côté positif de la question. Je voudrais maintenant parler du côté négatif, à savoir que souvent certains éléments de la bourgeoisie nationale sont passés maîtres dans l’art de tromper le peuple.

Pourquoi ? Parce qu’à côté de gens qui soutiennent sincèrement la cause de la révolution populaire cette classe comprend nombre de personnes qui se font passer pendant un certain temps pour des révolutionnaires ou des semi-révolutionnaires et s’assurent par là le pouvoir de tromper le peuple, de sorte qu’il est difficile à celui-ci de voir clairement combien elles sont inconséquentes dans la révolution et de percer à jour leur démagogie.

Tout cela accroît la responsabilité du Parti communiste, à qui il incombe de critiquer ses alliés, de démasquer les pseudo-révolutionnaires et de conquérir la direction dans la révolution.

Nier que la bourgeoisie nationale puisse hésiter et même rejoindre la révolution dans une période de grands ébranlements équivaudrait pour notre Parti à abandonner ou du moins à minimiser sa tâche de s’assurer la direction dans la révolution.

Car si la bourgeoisie nationale était en tout point semblable aux propriétaires fonciers et aux compradores et montrait le même visage odieux que les traîtres à la nation, le problème de la lutte pour la direction ne se poserait plus, ou ne se poserait guère.

En faisant une analyse générale de l’attitude des propriétaires fonciers et de la bourgeoisie en période de grands ébranlements, il convient de tenir compte d’un autre aspect, à savoir que même dans le camp des propriétaires fonciers et des compradores l’unité n’est pas totale. Cela est dû à l’état semi-colonial de notre pays, c’est-à-dire à la rivalité de nombreux États impérialistes pour la domination de la Chine.

Lorsque la lutte est dirigée contre l’impérialisme japonais, les chiens couchants des États-Unis et même ceux de la Grande-Bretagne, se réglant sur le ton de leurs maîtres, peuvent engager une lutte secrète ou même ouverte contre les impérialistes japonais et leurs chiens couchants. De nombreux cas de ces querelles de chiens se sont présentés et nous ne nous y arrêterons pas.

Mentionnons seulement que le politicien du Kuomintang Hou Han-min, emprisonné à un moment donné par Tchiang Kaï-chek, a ajouté récemment sa signature au bas du Programme en six points pour la résistance au Japon et pour le salut de la patrie, que nous avons proposé.

Les seigneurs de guerre des cliques du Kouangtong et du Kouangsi, sur lesquels s’appuie Hou Han-min, se sont eux aussi opposés à Tchiang Kaï-chek, en lançant des mots d’ordre, d’ailleurs trompeurs, tels que « Recouvrons les territoires perdus », « Résistons au Japon tout en exterminant les bandits » (alors que le mot d’ordre de Tchiang Kaï-chek est: « Exterminons d’abord les bandits et ensuite résistons au Japon »).

Cela vous étonne? Il n’y a là rien d’étrange.

Ce n’est qu’une querelle particulièrement intéressante entre gros molosses et petits roquets, entre chiens repus et chiens affamés, une simple fêlure, une contradiction irritante et douloureuse dans le camp ennemi, mais cela est profitable au peuple révolutionnaire. Nous devons tirer parti de toutes ces querelles, fêlures et contradictions au sein du camp ennemi et les utiliser contre notre ennemi principal du moment.

Pour résumer la question des rapports de classes, nous pouvons dire que l’invasion par l’impérialisme japonais de la partie de la Chine située au sud de la Grande Muraille a provoqué un changement de situation fondamental qui a entraîné une modification des rapports entre les différentes classes du pays, renforçant le camp de la révolution nationale et affaiblissant celui de la contre-révolution.

Parlons maintenant de la situation dans le camp de la révolution nationale en Chine.

Tout d’abord, l’Armée rouge. Camarades, vous savez que depuis près d’un an et demi les trois contingents principaux de l’Armée rouge de Chine ont procédé chacun à un important déplacement de leurs positions. Au mois d’août de l’année dernière, le VIe Groupe d’Armées, conduit par Jen Pi-che21 et d’autres camarades, commença à se diriger vers la zone du camarade Ho Long, et, en octobre, nous commençâmes nous-mêmes à changer de positions.

En mars dernier, l’Armée rouge de la région frontière du Setchouan-Chensi commença à faire mouvement à son tour. Les trois contingents ont abandonné leurs positions anciennes et se sont dirigés vers de nouvelles régions.

A la suite de ces importants déplacements, les territoires anciennement occupés par nous sont devenus des régions de partisans; et l’Armée rouge elle-même s’est considérablement affaiblie au cours de cette période. Si l’on envisage la situation d’ensemble sous cet angle, on peut dire que l’adversaire a remporté une victoire temporaire et partielle et que nous avons subi une défaite également temporaire et partielle.

Cette affirmation est-elle juste ? Je le pense, car les faits sont là.

Cependant, des gens comme Tchang Kouo-tao affirment que l’Armée rouge centrale est défaite.

Est-ce exact ?

Non, car cela n’est pas conforme aux faits. En examinant une question, le marxiste doit voir le tout aussi bien que les parties. Une grenouille, dans un puits, disait que « le ciel n’est pas plus grand que la bouche du puits ». Cela est inexact, parce que le ciel n’est pas limité aux dimensions de la bouche du puits. Si elle avait dit « une partie du ciel est de la dimension de la bouche du puits », elle aurait dit vrai, parce que cela est conforme à la réalité.

Nous disons que l’Armée rouge a, en un sens, essuyé un échec (en ne réussissant pas à se maintenir sur ses positions antérieures), mais qu’en un autre sens elle a remporté une victoire (en exécutant le plan de la Longue Marche).

Quant à l’ennemi, il a en un sens remporté une victoire (en occupant nos positions primitives), mais en un autre sens, il a subi une défaite (en échouant dans ses campagnes « d’encerclement et d’anéantissement » et dans ses campagnes « de poursuite et d’anéantissement »). Voilà la seule manière correcte d’envisager la question, puisque nous avons réussi à effectuer la Longue Marche.

A propos de la Longue Marche, d’aucuns posent la question: « Quelle en est la signification? » Nous répondrons que la Longue Marche est la première de ce genre dans les annales de l’histoire. Elle est à la fois un manifeste, un instrument de propagande et une machine à semer.

Depuis Pan Kou, qui sépara le Ciel de la Terre, depuis les Trois Souverains et les Cinq Empereurs, l’histoire a-t-elle jamais connu une longue marche comme la nôtre ?

Pendant douze mois, dans le ciel, des dizaines d’avions nous traquaient et nous bombardaient chaque jour; sur terre, une force colossale de plusieurs centaines de milliers d’hommes nous encerclait, nous poursuivait, s’opposait à notre avance et nous arrêtait au passage; sur notre chemin, nous nous sommes heurtés à des difficultés et à des dangers incalculables.

Cependant, en nous servant seulement de nos deux jambes, nous avons fait plus de 20.000 lis, traversant en long et en large onze provinces. Dites-moi, est-ce que dans l’histoire il y a jamais eu une longue marche comme la nôtre?

Non, jamais. La Longue Marche est un manifeste.

Elle a annoncé au monde entier que l’Armée rouge est une armée de héros, que les impérialistes et leurs valets, Tchiang Kaï-chek et ses semblables, ne sont bons à rien. Elle a proclamé la faillite de l’impérialisme et de Tchiang Kaï-chek dans leur tentative de nous encercler, de nous poursuivre, de s’opposer à notre avance et de nous arrêter au passage.

La Longue Marche est un instrument de propagande.

Elle a fait savoir aux quelque deux cents millions d’habitants des onze provinces traversées que la voie suivie par l’Armée rouge est la seule voie de leur libération. Sans cette Longue Marche, comment les larges masses populaires auraient-elles pu apprendre aussi rapidement l’existence de la grande vérité incarnée par l’Armée rouge ?

La Longue Marche est aussi une machine à semer.

Elle a répandu dans les onze provinces des semences qui germeront, porteront des feuilles, des fleurs et des fruits, et qui donneront leur moisson dans l’avenir.

En un mot, la Longue Marche s’est terminée par notre victoire et par la défaite de l’ennemi.

Qui l’a conduite à la victoire ? Le Parti communiste.

Sans lui, une longue marche de ce genre eût été inconcevable. Le Parti communiste chinois, sa direction, ses cadres et ses membres n’ont peur d’aucune difficulté, d’aucune épreuve.

Quiconque met en doute notre capacité de diriger la guerre révolutionnaire tombe dans le bourbier de l’opportunisme. Une situation nouvelle s’est créée aussitôt après la Longue Marche.

Dans la bataille de Tchelouotchen, l’Armée rouge centrale et l’Armée rouge du Nord-Ouest, unies fraternellement dans le combat, ont brisé la campagne « d’encerclement et d’anéantissement » lancée par le traître Tchiang Kaï-chek contre la région frontière du Chensi-Kansou, posant ainsi la première pierre de l’œuvre entreprise par le Comité central du Parti — la fondation d’un quartier général national de la révolution dans le Nord-Ouest.

Telle est la situation de l’Armée rouge; qu’en est-il de la guerre de partisans dans les provinces méridionales? Là, nos détachements de partisans ont subi quelques revers, mais n’ont nullement été anéantis. En bien des endroits, ils se reconstituent, grandissent et se développent.

Dans les régions contrôlées par le Kuomintang, les ouvriers ont déjà porté la lutte hors de l’usine, passant de la lutte économique à la lutte politique. La lutte courageuse de la classe ouvrière contre l’impérialisme japonais et les traîtres à la nation est en pleine fermentation et, à en juger par la situation, le jour n’est pas loin où elle éclatera.

La lutte paysanne n’a jamais cessé. Accablés par l’agression étrangère, les désordres intérieurs et les calamités naturelles, les paysans ont largement développé leur lutte sous forme de guerre de partisans, de soulèvements populaires, d’émeutes de la faim, etc.

La guerre de partisans antijaponaise dans le Nord-Est et le Hopei oriental est leur réplique aux attaques de l’impérialisme japonais.

Le mouvement étudiant a pris un essor considérable et s’étendra certainement dans l’avenir.

Mais pour poursuivre sa marche et briser tous les obstacles créés par la loi martiale qu’ont imposée les traîtres et par la politique de sape et d’assassinats massifs que pratiquent la police, les agents secrets, les fripouilles du monde de l’enseignement et les fascistes, il doit coordonner son action à la lutte des ouvriers, des paysans et des soldats.

Nous avons déjà parlé des hésitations de la bourgeoisie nationale, des paysans riches et des petits propriétaires fonciers et de leur participation éventuelle à la lutte antijaponaise.

Directement menacées par l’impérialisme japonais, les minorités nationales, et en particulier celle de la Mongolie intérieure, se sont levées pour la lutte.

Dans l’avenir, leur lutte se fondra avec celle du peuple de la Chine du Nord et avec les actions de l’Armée rouge dans le Nord-Ouest.

Tout cela montre que la révolution perd son caractère local et prend une ampleur nationale, qu’elle passe progressivement de son état de développement inégal à une certaine égalité de développement. Nous nous trouvons à la veille de grands ébranlements.

Notre Parti a pour tâche de constituer un front uni national révolutionnaire en coordonnant l’action de l’Armée rouge et celle des ouvriers, des paysans, des étudiants, de la petite bourgeoisie et de la bourgeoisie nationale dans toute la Chine.

LE FRONT UNI NATIONAL

Après avoir examiné la situation dans le camp de la contrerévolution comme dans les rangs de la révolution, nous pouvons maintenant définir aisément les tâches tactiques du Parti.

Quelle est la tâche tactique fondamentale du Parti??

C’est la création d’un large front uni national révolutionnaire, et rien d’autre.

Lorsque la situation de la révolution se modifie, la tactique et les méthodes de direction de la révolution doivent être modifiées en conséquence. La tâche que se proposent l’impérialisme japonais, les collaborateurs et les traîtres est de transformer la Chine en une colonie; la nôtre est de faire de la Chine un État libre et indépendant, jouissant de son intégrité territoriale.

C’est une grande tâche pour la Chine que de conquérir son indépendance et sa liberté. Elle implique une guerre avec l’impérialisme étranger et avec la contre-révolution intérieure. L’impérialisme japonais est résolu à foncer droit devant lui.

Dans notre pays, les forces contre-révolutionnaires des despotes locaux, des mauvais hobereaux et de la bourgeoisie compradore sont, pour le moment, supérieures aux forces révolutionnaires du peuple.

Les forces de l’impérialisme japonais et de la contre-révolution chinoise ne peuvent pas être écrasées en quelques jours et nous devons nous préparer à y consacrer beaucoup de temps; elles ne peuvent l’être avec des forces infimes et nous devons accumuler des forces puissantes. En Chine comme dans le monde entier, les forces de la contre-révolution sont plus faibles que dans le passé et les forces de la révolution ont grandi.

C’est là une appréciation correcte, qui porte sur un aspect de la question. Mais nous devons souligner que les forces de la contre-révolution en Chine et dans le monde sont pour l’instant plus puissantes que celles de la révolution. C’est là également une appréciation juste, qui représente l’autre aspect de la question.

Le développement inégal de la Chine sur le plan politique et économique engendre le développement inégal de la révolution. La révolution commence, se développe et triomphe toujours en premier lieu dans les régions où la contre-révolution est relativement faible, alors que dans les régions où la contre-révolution est forte, la révolution ou bien n’a pas encore surgi, ou bien se développe très lentement.

Telle fut longtemps la situation dans laquelle se trouvait la révolution chinoise.

Un développement général de la situation révolutionnaire est à prévoir dans l’avenir, à certains moments, sans que ce caractère d’inégalité cesse pour autant. Pour passer de cette inégalité à une égalité générale, beaucoup de temps et beaucoup d’efforts sont encore nécessaires et il faut que le Parti adopte une ligne tactique correcte.

La guerre révolutionnaire dirigée par le Parti communiste de l’U.R.S.S. fut achevée en trois ans, mais celle que dirige le Parti communiste chinois exige que nous soyons prêts à y consacrer encore tout le temps nécessaire — et elle en a déjà demandé beaucoup — pour en finir complètement et définitivement avec les forces de la contre-révolution intérieure et extérieure. Une impatience excessive, comme celle qui s’est manifestée dans le passé, est inadmissible.

De plus, nous devons élaborer une saine tactique révolutionnaire; si l’on ne sort toujours pas de son cercle étroit, comme cela a été le cas dans le passé, on ne peut rien accomplir de grand.

Cela ne signifie pas qu’en Chine les choses ne doivent être menées qu’avec lenteur; non, il faut agir avec beaucoup d’énergie, car le danger de l’asservissement national nous interdit de nous relâcher ne fût-ce qu’une minute.

Désormais, la révolution va se développer beaucoup plus rapidement que par le passé, car la Chine et le monde entier approchent d’une nouvelle période de guerres et de révolutions.

Néanmoins, la guerre révolutionnaire en Chine sera longue, cela découle de la puissance de l’impérialisme et du développement inégal de la révolution.

Nous disons que la situation présente est caractérisée par l’imminence d’un nouvel essor de la révolution nationale, et que la Chine est à la veille d’une nouvelle et grande révolution englobant tout le pays; c’est là l’une des caractéristiques de la situation révolutionnaire actuelle.

C’est un fait et il montre un aspect des choses. Mais nous devons dire, également, que l’impérialisme demeure une force considérable, que le développement inégal des forces révolutionnaires constitue un sérieux point faible et que, pour écraser l’ennemi, il nous faut nous préparer à mener une guerre de longue durée; c’est là une autre caractéristique de la situation révolutionnaire actuelle.

C’est également un fait et il représente l’autre aspect de la question. Ces deux caractéristiques, ces deux faits sont là pour nous instruire et nous presser de nous adapter à la situation en changeant notre tactique et en modifiant nos méthodes de disposition des forces pour la poursuite du combat.

La situation présente exige que nous renoncions hardiment à l’attitude sectaire de « porte close », que nous formions un large front uni et que nous nous gardions de tomber dans l’aventurisme. Tant que n’a pas sonné l’heure de la bataille décisive et que nous n’avons pas les forces nécessaires pour livrer cette bataille, nous ne devons pas nous y jeter inconsidérément.

Je ne parlerai pas ici des rapports entre l’attitude de « porte close » et l’aventurisme, ni du danger que pourra représenter celui-ci dans l’avenir lorsque les événements prendront une grande ampleur; nous pourrons en discuter plus tard. Je me bornerai, pour l’instant, à expliquer que la tactique du front uni et celle de la « porte close » sont diamétralement opposées.

La première implique le recrutement de forces puissantes pour encercler et détruire l’ennemi.

La seconde, par contre, signifie combattre seul, dans un corps à corps acharné contre un ennemi redoutable.

La première se fonde sur l’idée qu’une juste estimation des changements possibles dans l’alignement des forces révolutionnaires et contre-révolutionnaires en Chine, à la suite de la tentative de l’impérialisme japonais de réduire celle-ci à l’état de colonie, est nécessaire pour apprécier correctement la possibilité de former un large front uni national révolutionnaire.

Sans une juste estimation des points forts et des points faibles de la contre-révolution japonaise comme de la contre-révolution et de la révolution chinoises, nous ne serons capables ni de comprendre pleinement la nécessité de former un large front uni national révolutionnaire, ni de prendre des mesures énergiques pour liquider l’attitude de « porte close », ni d’utiliser le front uni comme moyen d’organiser et de rallier des millions et des millions d’hommes ainsi que toutes les armées susceptibles de devenir des amies de la révolution, pour nous lancer à l’attaque de notre objectif principal, l’impérialisme japonais et ses valets, les traîtres chinois; et nous ne serons pas capables non plus d’appliquer notre tactique à la lutte pour l’objectif principal, nous disperserons au contraire notre feu de telle façon que nos balles atteindront nos ennemis secondaires, voire nos alliés, plutôt que notre ennemi principal.

Cela s’appelle de l’incapacité à repérer la bonne cible et du gaspillage de munitions.

En agissant ainsi, nous ne pourrons pas acculer l’ennemi et l’isoler, nous ne pourrons pas attirer à nous tous ceux qui ont rejoint le camp et le front ennemis sous la contrainte, tous ceux qui étaient hier nos ennemis mais qui peuvent aujourd’hui devenir nos amis. En fait, ce serait aider l’ennemi, ce serait freiner et isoler la révolution, la faire reculer, entraîner son reflux et même la conduire à la défaite.

La seconde, la tactique de « porte close », se fonde sur l’idée que tous les arguments ci-dessus sont erronés. Il faut que les forces de la révolution soient on ne peut plus pures, le chemin de la révolution on ne peut plus droit. N’est vrai que ce qui est inscrit dans nos canons.

La bourgeoisie nationale, dans sa totalité, est et restera éternellement contre-révolutionnaire. Il ne faut pas faire la moindre concession aux paysans riches. Les syndicats jaunes doivent être combattus à mort. Si nous serrons la main de Tsai Ting-kai, nous devons en même temps le traiter de contre-révolutionnaire.

Existe-t-il un chat qui n’aime pas le poisson ou un seigneur de guerre qui ne soit pas un contre-révolutionnaire?

Les intellectuels ne restent pas révolutionnaires plus de trois jours, et il est dangereux de les enrôler. En conclusion, l’attitude de « porte close » est l’unique baguette magique, et le front uni une tactique opportuniste.

Camarades, qu’est-ce qui est juste? Le front uni ou l’attitude de « porte close » ? Laquelle est la tactique marxiste-léniniste? Je répondrai sans la moindre hésitation: c’est le front uni et non l’attitude de « porte close ».

Un enfant de trois ans a beaucoup d’idées justes, mais on ne peut lui confier les grandes affaires de l’État ou du monde parce qu’il ne les comprend pas encore.

Le marxisme-léninisme est opposé à la maladie infantile qui se manifeste dans les rangs de la révolution. Or, c’est justement cette maladie infantile que défendent ceux qui s’en tiennent fermement à leur tactique de « porte close ».

La révolution, comme toute activité dans le monde, suit une voie toujours tortueuse et jamais rectiligne. L’alignement des forces dans les camps de la révolution et de la contre-révolution est susceptible de modifications, comme toutes choses dans le monde.

Deux faits essentiels ont servi de point de départ au Parti pour élaborer une nouvelle tactique, celle de la formation d’un large front uni: d’une part, l’impérialisme japonais veut transformer toute la Chine en une colonie, et d’autre part, il existe encore de sérieux points faibles dans le camp de la révolution chinoise.

Ce dont les forces révolutionnaires ont besoin aujourd’hui pour attaquer les forces contre-révolutionnaires, c’est d’organiser les masses populaires par millions et de mettre en mouvement une armée révolutionnaire puissante. Seule une force aussi importante est en mesure d’écraser l’impérialisme japonais ainsi que les traîtres et les collaborateurs, c’est là une vérité évidente pour tous.

Il s’ensuit que la tactique du front uni est la seule tactique marxiste-léniniste. La tactique de la « porte close » est au contraire celle du splendide isolement. Elle « fait fuir le poisson au plus profond des eaux et les moineaux au cœur des fourrés »; aux applaudissements de l’ennemi, elle repousse dans le camp ennemi ces millions et millions d’hommes, cette armée puissante.

En pratique, l’attitude de « porte close » sert fidèlement l’impérialisme japonais, ainsi que les collaborateurs et les traîtres. La pureté et la rectitude que ses partisans exaltent, voilà ce que condamnent les marxistes-léninistes et qui est bien fait pour réjouir l’impérialisme japonais. Nous rejetons résolument l’attitude de « porte close »; ce que nous voulons, c’est un front uni national révolutionnaire qui portera un coup mortel aux impérialistes japonais, ainsi qu’aux collaborateurs et aux traîtres.

LA RÉPUBLIQUE POPULAIRE

Si notre gouvernement a été fondé jusqu’à présent sur l’alliance des ouvriers, des paysans et de la petite bourgeoisie urbaine, il nous faut dès maintenant le réorganiser de façon qu’il comprenne des membres de toutes les autres classes désireux de participer à la révolution nationale.

Pour le moment, un tel gouvernement aurait pour tâche essentielle de s’opposer à l’annexion de la Chine par l’impérialisme japonais.

Il sera assez largement représentatif pour inclure non seulement des personnes intéressées à la révolution nationale sans l’être à la révolution agraire, mais également, si elles le désirent, des personnes prêtes à lutter contre l’impérialisme japonais et ses valets sans être en état de s’opposer aux impérialistes d’Europe ou d’Amérique à cause des liens qui les unissent à eux. C’est pourquoi le programme d’un tel gouvernement doit être dans son principe adapté à la tâche essentielle, la lutte contre l’impérialisme japonais et ses valets, et nous devons en conséquence réviser la politique que nous avons suivie jusqu’ici.

L’existence d’un Parti communiste et d’une Armée rouge bien trempés constitue actuellement le trait distinctif du camp de la révolution. Cela est d’une importance primordiale. Si ce Parti communiste et cette Armée rouge n’existaient pas, d’énormes difficultés surgiraient devant nous.

Pourquoi ?

Parce que les collaborateurs et les traîtres, qui sont aussi nombreux que puissants en Chine, vont certainement s’ingénier à saper notre front uni; ils y créeront des dissensions en employant la menace et la corruption, en manœuvrant les différents groupements, et ils se serviront de leurs armées pour faire céder, pour écraser l’une après l’autre toutes les forces d’une puissance inférieure à la leur et qui veulent se séparer d’eux et s’unir à nous pour lutter contre le Japon.

Tout cela serait difficile à éviter si ce facteur vital— l’existence du Parti communiste et de l’Armée rouge — faisait défaut au gouvernement antijaponais et à l’armée antijaponaise.

La cause principale de la défaite de la révolution en 1927, c’est que, au temps où la ligne opportuniste prévalait à l’intérieur du Parti communiste, aucun effort ne fut fait pour élargir nos propres rangs (le mouvement ouvrier et paysan et l’armée conduite par le Parti communiste), et qu’on s’est contenté de s’appuyer sur un allié temporaire, le Kuomintang.

Finalement, l’impérialisme donna l’ordre à ses valets — les despotes locaux, les mauvais hobereaux et la bourgeoisie compradore— d’étendre leurs tentacules pour attirer à eux d’abord Tchiang Kaï-chek, ensuite Wang Tsing-wei, entraînant ainsi l’échec de la révolution.

A cette époque, le front uni révolutionnaire ne possédait pas de pilier central, pas de forces armées révolutionnaires puissantes; aussi, lorsque les défections commencèrent à se multiplier, le Parti communiste dut lutter seul et ne put déjouer la tactique des impérialistes et de la contre-révolution chinoise qui était d’écraser leurs adversaires l’un après l’autre.

Nous avions, il est vrai, l’armée de Ho Long et de Yé Ting, mais elle n’était pas encore assez forte politiquement et le Parti ne sut pas la diriger, aussi fut-elle finalement défaite. Cette leçon, payée de notre sang, nous a enseigné que l’absence d’un solide noyau de forces révolutionnaires voue la révolution à l’échec.

Maintenant, les choses sont différentes. Nous avons déjà un puissant Parti communiste, une puissante Armée rouge et nous avons aussi les bases d’appui de l’Armée rouge.

Non seulement le Parti communiste et l’Armée rouge se présentent aujourd’hui comme les promoteurs d’un front uni national contre le Japon, mais ils deviendront nécessairement dans l’avenir le puissant pilier du gouvernement antijaponais et de l’armée antijaponaise, capable d’empêcher les impérialistes japonais et Tchiang Kaï-chek de faire aboutir leur politique de dislocation du front uni.

Cependant, nous devons faire preuve de la plus grande vigilance, parce que les impérialistes japonais et Tchiang Kaï-chek auront certainement recours à toutes sortes d’actes d’intimidation et de corruption, à toutes sortes de manœuvres parmi les différents groupements.

Bien entendu, nous ne pouvons attendre de toutes les parties composantes du large front uni national antijaponais une fermeté semblable à celle du Parti communiste et de l’Armée rouge. Il peut arriver qu’au cours de leurs activités, certains mauvais éléments, sous l’influence de l’ennemi, se retirent du front uni.

Nous ne devons pas redouter la perte de ces gens-là. Pendant que, sous l’influence de l’ennemi, les mauvais s’en iront, sous notre influence, les bons éléments viendront nous rejoindre.

Le front uni national antijaponais subsistera et se développera tant que le Parti communiste et l’Armée rouge subsisteront et se développeront.

Tel est le rôle dirigeant du Parti communiste et de l’Armée rouge au sein du front uni national. Les communistes ne sont plus des enfants, ils savent ce qu’ils doivent faire et comment se comporter avec leurs alliés. Si les impérialistes japonais et Tchiang Kaï-chek sont capables d’user de manœuvres parmi les forces révolutionnaires, le Parti communiste est également capable de le faire au sein des forces de la contre-révolution.

S’ils peuvent attirer à eux les mauvais éléments existant dans nos rangs, nous pouvons aussi bien attirer à nous leurs « mauvais éléments » (qui sont pour nous de bons éléments). Si nous réussissons à attirer vers nous un grand nombre de personnes, les rangs de l’ennemi s’éclairciront et les nôtres grossiront. Bref, deux forces essentielles sont actuellement en lutte; toutes les forces intermédiaires devront se rallier à un camp ou à l’autre par la logique des choses.

Et la politique d’asservissement de la Chine pratiquée par les impérialistes japonais comme la politique de trahison que poursuit Tchiang Kaï-chek pousseront infailliblement vers nous un grand nombre de personnes, soit qu’elles rejoignent directement les rangs du Parti communiste et de l’Armée rouge, soit qu’elles constituent avec nous un front uni. Tout cela arrivera à condition que notre tactique ne soit pas celle de la « porte close ».

Pourquoi transformer la république des ouvriers et des paysans en république populaire?

Notre gouvernement ne représente pas seulement les ouvriers et les paysans, mais toute la nation. Cela était exprimé implicitement dans notre formule de république démocratique des ouvriers et des paysans, étant donné que les ouvriers et les paysans constituent les 80 à 90 pour cent de la population.

Le Programme en dix points, adopté par le VIe Congrès de notre Parti, exprime non seulement les intérêts des ouvriers et des paysans, mais aussi ceux de la nation tout entière. La situation présente exige cependant que nous remplacions notre formule par celle de république populaire.

En effet, l’agression japonaise a modifié les rapports de classes en Chine et rendu possible la participation à la lutte antijaponaise de la petite bourgeoisie et même de la bourgeoisie nationale.

Il va de soi que la république populaire ne représentera point les intérêts des classes ennemies.

Au contraire, elle sera directement opposée aux despotes locaux, aux mauvais hobereaux et à la bourgeoisie compradore, laquais de l’impérialisme, et ne les considérera pas comme faisant partie du peuple, exactement comme, à l’inverse, le « Gouvernement national de la République chinoise » de Tchiang Kaï-chek représente seulement les ploutocrates et non les gens du peuple, qui, pour lui, ne font pas partie de la nation.

La population de la Chine étant constituée dans une proportion de 80 à 90 pour cent par les ouvriers et les paysans, la république populaire devra en premier lieu représenter leurs intérêts.

Cependant, en rejetant l’oppression impérialiste pour donner la liberté et l’indépendance à la Chine et en brisant le pouvoir d’oppression des propriétaires fonciers de façon à libérer la Chine du régime semi-féodal, la république populaire profitera non seulement aux ouvriers et aux paysans, mais également aux autres couches du peuple.

Les intérêts des ouvriers, des paysans et du reste du peuple représentent, dans leur totalité, les intérêts de la nation chinoise.

La bourgeoisie compradore et la classe des propriétaires fonciers vivent sur le sol chinois, mais elles ne tiennent pas compte des intérêts de la nation, et leurs intérêts sont en conflit avec ceux de la majorité.

Comme nous ne rompons qu’avec cette petite minorité et n’entrons en lutte que contre elle, nous avons le droit de nous appeler les représentants de toute la nation.

Il y a, bien entendu, confit d’intérêts entre classe ouvrière et bourgeoisie nationale.

Il est impossible de développer avec succès la révolution nationale sans donner à son avant-garde, la classe ouvrière, les droits politiques et économiques ainsi que la possibilité de diriger ses forces contre l’impérialisme et ses valets, les traîtres à la nation. Cependant, si la bourgeoisie nationale adhère au front uni antiimpérialiste, la classe ouvrière et la bourgeoisie nationale auront des intérêts communs.

Durant la période de la révolution démocratique bourgeoise, la république populaire n’abolira pas la propriété privée, à l’exception de celle revêtant un caractère impérialiste ou féodal, et, loin de confisquer les entreprises industrielles et commerciales de la bourgeoisie nationale, elle en encouragera le développement.

Nous devons protéger tout capitaliste national qui n’accorde pas son soutien aux impérialistes ou aux traîtres à la nation. A l’étape de la révolution démocratique, la lutte entre le Travail et le Capital a des limites.

La législation du travail de la république populaire protégera les intérêts des ouvriers, mais elle ne s’opposera pas à ce que la bourgeoisie nationale obtienne des profits et développe ses entreprises industrielles et commerciales, car ce développement nuit aux intérêts de l’impérialisme et sert ceux du peuple chinois. Il s’ensuit que la république populaire représentera les intérêts de toutes les couches du peuple en lutte contre l’impérialisme et les forces féodales.

Le gouvernement de la république populaire s’appuiera principalement sur les ouvriers et les paysans et comprendra des représentants des autres classes en lutte contre l’impérialisme et les forces féodales.Mais n’est-il pas dangereux de permettre à ces représentants de participer au gouvernement de la république populaire?

Non. Les ouvriers et les paysans constituent la masse fondamentale de cette république.

En accordant à la petite bourgeoisie urbaine, aux intellectuels et aux autres éléments de la population qui soutiennent le programme anti-impérialiste et antiféodal le droit de s’exprimer et de travailler au sein du gouvernement de la république populaire, ainsi que celui d’élire et d’être élus, nous ne devrions pas compromettre les intérêts des ouvriers et des paysans, masse fondamentale de la population.

La défense des intérêts de ces derniers doit constituer une partie essentielle de notre programme. La présence d’une majorité ouvrière et paysanne, le rôle dirigeant et l’action du Parti communiste au sein d’un tel gouvernement écarteront tout danger présenté par la participation des autres classes. Il est évident que la révolution chinoise, à son étape actuelle, est encore de caractère démocratique bourgeois et non socialiste prolétarien.

Seuls les contre-révolutionnaires trotskistes peuvent être assez insensés pour affirmer que la révolution démocratique bourgeoise en Chine est déjà accomplie et que tout développement ultérieur de la révolution ne saurait être que socialiste. La révolution de 1924-1927 est une révolution démocratique bourgeoise qui ne fut pas menée à son terme mais essuya une défaite.

La révolution agraire qui se poursuit sous notre direction depuis 1927 est également une révolution démocratique bourgeoise, parce qu’elle est dirigée contre l’impérialisme et le féodalisme et non contre le capitalisme. Pour un temps assez long encore, notre révolution conservera ce caractère.Les forces motrices de la révolution restent, pour l’essentiel, les ouvriers, les paysans et la petite bourgeoisie urbaine, auxquels peut actuellement se joindre la bourgeoisie nationale.

La transformation de notre révolution s’effectuera plus tard. Dans l’avenir, la révolution démocratique se transformera inévitablement en révolution socialiste. Quand ce passage se produira-t-il ?

Cela dépendra de la présence de certaines conditions nécessaires et peut requérir un temps assez long.

Nous ne parlerons pas inconsidérément de ce passage tant que toutes les conditions politiques et économiques nécessaires à cette transformation ne seront pas réunies, tant qu’une telle transformation ne sera pas utile mais nuisible à l’immense majorité de notre peuple.

On aurait tort de concevoir des doutes sur ce point et de s’attendre à un passage rapide à la révolution socialiste, comme l’ont fait certains camarades en soutenant que le jour où la révolution démocratique commencerait à triompher dans les principales provinces du pays marquerait le début de la transformation de la révolution.

C’est que ces camarades ne comprenaient pas la nature politique et économique de la Chine et ne se rendaient pas compte que l’accomplissement de la révolution démocratique, dans les domaines politique et économique, serait bien plus difficile en Chine qu’en Russie et demanderait beaucoup plus de temps et d’efforts.

L’AIDE INTERNATIONALE

Pour terminer, il convient de dire quelques mots sur les rapports entre la révolution chinoise et la révolution mondiale.

Depuis qu’est apparu ce monstre, l’impérialisme, tous les événements dans le monde sont si intimement liés qu’il est impossible d’en isoler aucun. Nous autres Chinois, nous sommes prêts à combattre l’ennemi jusqu’à la dernière goutte de notre sang, nous sommes résolus à recouvrer par nos propres efforts ce que nous avons perdu et nous sommes capables de tenir notre rang dans le concert des nations.

Néanmoins, cela ne signifie pas que nous pourrions nous passer de l’aide internationale. Non, de nos jours, l’aide internationale est nécessaire à tout pays, à toute nation qui mène une lutte révolutionnaire. Il y a un vieil adage qui dit: « A l’époque de Tchouentsieou, il n’y avait pas de guerres justes. »

Cela est encore plus vrai, actuellement, de l’impérialisme; il n’y a de guerres justes que pour les nations opprimées et les classes opprimées. Dans le monde entier, toutes les guerres menées par le peuple contre ses oppresseurs sont des guerres justes.

La Révolution de Février et la Révolution d’Octobre en Russie furent des guerres justes. Les révolutions menées par le peuple dans divers pays d’Europe à l’issue de la Première guerre mondiale furent des guerres justes.

En Chine, la Guerre de l’Opium, la Guerre des Taiping, la Guerre des Yihotouan, la Révolution de 1911, l’Expédition du Nord des années 1926-1927, la Guerre révolutionnaire agraire menée de 1927 à nos jours, la résistance actuelle au Japon et les actions punitives contre les traîtres sont toutes des guerres justes.

Avec l’essor actuel de la lutte antijaponaise dans l’ensemble du pays et de la lutte antifasciste dans le monde entier, les guerres justes s’étendront à toute la Chine et à tout le globe. Toutes les guerres justes se soutiennent mutuellement et toutes les guerres injustes doivent être transformées en guerres justes: telle est la ligne léniniste.

Dans notre résistance au Japon, nous avons besoin de l’aide des peuples du monde entier et, avant tout, de celle du peuple soviétique, qui ne manquera pas de nous l’accorder, car nous sommes liés avec lui par une cause commune.

Pendant un certain temps, les forces révolutionnaires chinoises furent coupées par Tchiang Kaï-chek des forces révolutionnaires dans le monde et, de ce point de vue, nous étions isolés. Maintenant, la situation a changé, et en notre faveur.

Dorénavant, cette évolution se poursuivra toujours à notre avantage. Nous ne serons plus isolés. C’est là une condition nécessaire à la victoire dans la résistance de la Chine au Japon et dans la révolution chinoise.

=>Oeuvres de Mao Zedong

Mao Zedong : Les deux destins de la Chine

Discours d’ouverture prononcé le 23 avril 1945 par le camarade Mao Zedong au VIIe Congrès du Parti communiste chinois.

Camarades! Aujourd’hui s’ouvre le VIIe Congrès du Parti communiste chinois.

En quoi réside l’importance toute particulière de ce Congrès? C’est qu’il concerne, nous devons le dire, le sort de 450 millions de Chinois.

Deux destins s’offrent à la Chine: sur l’un d’eux, on a déjà écrit un livre [Tchiang Kaï-chek: Le Destin de la Chine, publié en 1943] ; notre Congrès représente l’autre destin de la Chine, et nous aussi, nous écrirons un livre [Du gouvernement de coalition, rapport présenté ici au congrès].

Notre Congrès veut le renversement de l’impérialisme japonais et la libération de tout le peuple chinois. C’est un congrès pour la défaite de l’agresseur japonais et pour l’édification d’une Chine nouvelle, un congrès pour l’union de tout le peuple chinois et l’union avec tous les peuples du monde, en vue de la victoire finale.

Le moment nous est très favorable.

En Europe, Hitler est sur le point d’être abattu. Le théâtre principal de la guerre mondiale contre le fascisme se trouve en Occident, où l’heure de la victoire est proche grâce aux efforts de l’Armée rouge soviétique.

Déjà, on entend ses canons à Berlin, dont la chute est sans doute imminente. En Orient, la guerre pour écraser l’impérialisme japonais touche également à la victoire. Notre Congrès se réunit donc à la veille de la victoire finale dans la guerre contre le fascisme.

Deux voies s’ouvrent devant le peuple chinois — la voie de la lumière et la voie des ténèbres.

Deux destins attendent la Chine — l’un radieux, l’autre sombre. L’impérialisme japonais n’est pas encore battu. Mais même après sa défaite, ces deux perspectives d’avenir resteront ouvertes: ou bien une Chine indépendante, libre, démocratique, unifiée, forte et prospère, c’est-à-dire une Chine radieuse, la Chine nouvelle d’un peuple libéré, ou bien l’autre Chine, semi-coloniale et semi-féodale, divisée, faible et pauvre, c’est-à-dire l’ancienne Chine. Une Chine nouvelle ou l’ancienne Chine, telles sont les deux perspectives qui s’offrent à notre peuple, au Parti communiste chinois et à notre Congrès.

Puisque le Japon n’est pas encore battu et que ces deux perspectives resteront ouvertes même après sa défaite, comment nous faut-il mener notre travail ?

Quelle est notre tâche ?

Notre seule tâche est de mobiliser hardiment les masses, d’accroître la force du peuple, d’unir toutes les énergies de la nation qui peuvent être unies, en vue de la lutte menée sous la direction de notre Parti pour vaincre l’agresseur japonais, édifier une Chine nouvelle et radieuse, une Chine indépendante, libre, démocratique, unifiée, forte et prospère.

Nous devons lutter de toutes nos forces pour un avenir lumineux, un destin radieux, contre un avenir ténébreux, un sombre destin. Voilà notre seule et unique tâche! Voilà la tâche de notre Congrès, de tout notre Parti, de tout le peuple chinois!

Nos espoirs peuvent-ils se réaliser? Nous le pensons. Cette possibilité existe parce que nous jouissons des quatre conditions suivantes:

1° Un puissant Parti communiste, riche en expérience et fort de1.210.000 membres;

2° De puissantes régions libérées, avec une population de 95.500.000 habitants, une armée de 910.000 hommes et une milice populaire de 2.200.000 membres;

3° L’appui des masses de tout le pays;

4° Le soutien des peuples du monde entier et en particulier celui de l’Union soviétique.

Ces conditions étant réunies — un puissant Parti communiste, de puissantes régions libérées, l’appui du peuple tout entier et le soutien des peuples du monde —, nos espoirs pourront-ils se réaliser ?

Nous le pensons.

Dans le passé, la Chine n’avait jamais connu de telles conditions. Certes, elles existent dans une certaine mesure depuis un bon nombre d’années, mais elles ne se sont jamais manifestées comme aujourd’hui dans toute leur plénitude.

Jamais le Parti communiste chinois n’a été aussi puissant, l’armée et la population des bases révolutionnaires aussi nombreuses; à aucun moment, le prestige du Parti communiste chinois auprès de la population des régions occupées par les Japonais et des régions dominées par le Kuomintang n’a été aussi grand, alors que les forces révolutionnaires représentées par l’Union soviétique et par les peuples des autres pays sont plus puissantes que jamais.

On peut donc affirmer qu’en bénéficiant de telles conditions il est tout à fait possible de vaincre l’agresseur et d’édifier une Chine nouvelle.

Nous devons avoir une politique juste, dont l’élément fondamental est de mobiliser hardiment les masses et d’en accroître la force, afin que, sous la direction de notre Parti, elles mettent en échec l’agresseur et édifient une Chine nouvelle.

Au cours de ses vingt-quatre années d’existence, c’est-à-dire depuis sa création en 1921, le Parti communiste chinois a traversé trois périodes historiques de luttes héroïques — l’Expédition du Nord, la Guerre révolutionnaire agraire et la Guerre de Résistance contre le Japon — et il a acquis une riche expérience.

Aujourd’hui, notre Parti est devenu le centre de gravité du peuple chinois en lutte contre l’agression japonaise et pour le salut de la patrie, son centre de gravité dans la lutte pour la libération, pour la victoire sur l’envahisseur et pour l’édification d’une Chine nouvelle.

Le centre de gravité de la Chine est ici même où nous sommes, et nulle part ailleurs.

Nous devons être modestes et prudents, nous garder de toute présomption et de toute précipitation, servir le peuple chinois de tout notre cœur, afin de l’unir pour vaincre l’agresseur japonais dans le présent et pour édifier un État de démocratie nouvelle dans l’avenir. Si nous savons agir ainsi, si nous avons une politique juste, si nous conjuguons nos efforts, nous accomplirons notre tâche.

A bas l’impérialisme japonais!

Vive la libération du peuple chinois!

Vive le Parti communiste chinois!

Vive le VIIe Congrès du Parti communiste chinois!

=>Oeuvres de Mao Zedong

Mao Zedong : Tâches urgentes après l’établissement de la coopération entre le Kuomintang et le Parti Communiste

Septembre 1937

En 1933 déjà, le Parti communiste chinois avait publié un manifeste annonçant qu’il était prêt à conclure avec n’importe quelle unité des forces armées du Kuomintang un accord pour la résistance au Japon, sous trois conditions: cesser les attaques contre l’Armée rouge, accorder aux masses populaires les libertés démocratiques et armer les masses populaires.

La raison en était que la tâche primordiale du peuple chinois, après l’Incident du 18 Septembre 1931, était désormais la lutte contre l’attaque de l’impérialisme japonais. Cependant, notre but ne fut pas atteint.

En août 1935, le Parti communiste chinois et l’Armée rouge chinoise appelèrent tous les partis et groupements politiques et tous nos compatriotes à organiser une armée coalisée antijaponaise et un gouvernement de défense nationale en vue d’une lutte commune contre les impérialistes japonais1. En décembre de la même année, le Parti communiste chinois adopta une résolution sur la formation d’un front uni national antijaponais avec la bourgeoisie nationale.

En mai 1936, l’Armée rouge publia un télégramme demandant au gouvernement de Nankin de mettre fin à la guerre civile en vue d’une résistance commune contre le Japon.

En août, le Comité central du Parti communiste chinois adressa au Comité exécutif central du Kuomintang une lettre par laquelle il lui demandait l’arrêt de la guerre civile et la constitution d’un front uni des deux partis pour une lutte commune contre l’impérialisme japonais.

En septembre, le Parti communiste adopta une résolution sur la création d’une république démocratique unifiée en Chine. Outre le manifeste, le télégramme, la lettre et les résolutions, nous envoyâmes des délégués mener à plusieurs reprises des pourparlers avec le Kuomintang; mais aucun résultat ne put être obtenu.

C’est seulement à la fin de 1936, lors de l’Incident de Sian, que le représentant plénipotentiaire du Parti communiste chinois put parvenir à un accord avec le principal responsable du Kuomintang sur une question politique d’importance majeure pour l’époque — la cessation de la guerre civile entre les deux partis —, ce qui permit un règlement pacifique de l’Incident de Sian.

Ce fut un grand événement dans l’histoire de la Chine: une condition préalable était ainsi réalisée pour une nouvelle coopération entre les deux partis.

A la veille de la troisième session plénière du Comité exécutif central du Kuomintang, le 10 février dernier, le Comité central du Parti communiste chinois adressa à cette session un télégramme6 dans lequel il exposait de façon systématique ses propositions pour une coopération concrète entre les deux partis.

Il demandait au Kuomintang de prendre envers le Parti communiste les cinq engagements suivants: cessation de la guerre civile, réalisation des libertés démocratiques, convocation d’une assemblée nationale, préparation accélérée en vue de la résistance au Japon et amélioration des conditions de vie du peuple.

De son côté, le Parti communiste prenait vis-à-vis du Kuomintang les quatre engagements suivants: fin de l’hostilité entre les deux pouvoirs politiques, changement de la dénomination de l’Armée rouge et, dans les bases révolutionnaires, instauration d’un régime démocratique nouveau et arrêt de la confiscation des terres des propriétaires fonciers.

Ce fut là une démarche politique importante sans laquelle la coopération entre les deux partis se serait certainement trouvée retardée, ce qui aurait été tout à fait préjudiciable à la préparation accélérée de la résistance au Japon.

Dès lors, les deux partis se rapprochèrent quelque peu dans leurs négociations. Le Parti communiste formula des propositions encore plus concrètes concernant notamment la promulgation d’un programme politique commun aux deux partis, la levée de l’interdit sur les mouvements populaires, la libération des détenus politiques et le changement de dénomination de l’Armée rouge.

Bien que la promulgation d’un programme commun, la levée de l’interdit sur les mouvements populaires et la reconnaissance du nouveau régime dans les bases révolutionnaires n’aient pas encore eu lieu, l’ordre a déjà été donné, environ un mois après la chute de Peiping et de Tientsin, de changer le nom de l’Armée rouge en celui de VIIIe Armée de Route de l’Armée révolutionnaire nationale (appelée encore XVIIIe Groupe d’Armées suivant l’ordre de bataille sur le front antijaponais).

Le manifeste du Comité central du Parti communiste chinois sur l’établissement de la coopération entre les deux partis, transmis au Kuomintang dès le 15 juillet, et la déclaration de M. Tchiang Kaï-chek sur la reconnaissance de l’existence légale du Parti communiste chinois, qui devaient être publiés simultanément comme convenu, ont été, malgré un très grand retard que nous déplorons, rendus publics les 22 et 23 septembre par l’Agence centrale d’information du Kuomintang, au moment où la situation sur le front devenait critique.

Les deux documents annoncent l’établissement de la coopération entre les deux partis et posent les fondements indispensables à la grande cause de leur alliance pour le salut de la patrie.

Le manifeste du Parti communiste ne constituera pas seulement le principe pour l’union des deux partis, mais également le principe fondamental pour la grande union de tout le peuple. M. Tchiang Kaï-chek a bien fait de reconnaître dans sa déclaration l’existence légale du Parti communiste dans tout le pays et de souligner la nécessité de s’unir pour sauver la patrie; néanmoins il n’a pas renoncé à cette arrogance propre au Kuomintang ni fait l’autocritique indispensable; nous ne pouvons donc nous estimer satisfaits.

Quoi qu’il en soit, le front uni des deux partis est déjà proclamé, ce qui inaugure une ère nouvelle dans l’histoire de la révolution chinoise. Cet événement exercera une large et profonde influence sur le cours de la révolution chinoise et jouera un rôle décisif dans la défaite de l’impérialisme japonais.

Depuis 1924, les relations entre le Kuomintang et le Parti communiste ont été déterminantes pour la révolution chinoise. C’est grâce à la coopération des deux partis, sur la base d’un programme défini, que fut déclenchée la révolution de 1924-1927.

Au bout de deux ou trois ans déjà, des succès considérables furent remportés dans la révolution nationale, à laquelle le Dr Sun Yat-sen avait donné quarante années de sa vie et qu’il n’avait pu, cependant, mener à son terme. Ces succès se sont traduits par la création de la base révolutionnaire du Kouangtong et par la victoire de l’Expédition du Nord.

Tel fut le résultat de la constitution du front uni des deux partis. Mais certains ne s’en sont pas tenus aux principes révolutionnaires, et, au moment même où la révolution allait triompher, ils ont disloqué le front uni des deux partis, ce qui a entraîné la défaite de la révolution et ouvert la porte à l’agression étrangère. Tel fut le résultat de la rupture du front uni des deux partis.

Le front uni qui vient d’être reconstitué marque le début d’une nouvelle période de la révolution chinoise. Certaines gens ne comprennent pas encore le rôle historique et les grandes perspectives de ce front uni et continuent de penser que sa création n’est qu’une mesure provisoire, adoptée pour la forme sous la pression des circonstances; cependant, grâce à lui, la roue de l’histoire fera avancer la révolution chinoise vers une étape toute nouvelle.

La Chine pourra-t-elle sortir de sa crise nationale et sociale, si grave à l’heure actuelle?

Cela dépend de la manière dont se développera ce front uni. Déjà des preuves récentes montrent que les perspectives sont favorables.

La première de ces preuves, c’est qu’à peine proposée par le Parti communiste chinois cette politique de front uni a reçu l’approbation de toute la nation. Cela reflète bien les aspirations du peuple.

La deuxième de ces preuves, c’est que le règlement pacifique de l’Incident de Sian et la cessation de la guerre civile entre les deux partis ont aussitôt fait naître dans le pays une union sans précédent de tous les partis et groupements politiques, de tous les milieux et de toutes les forces armées.

Cette union, cependant, est loin de pouvoir répondre aux besoins de la Résistance, d’autant plus que la question de l’union du gouvernement et du peuple n’est pratiquement pas résolue.

La troisième et la plus éclatante de ces preuves, c’est le déclenchement à l’échelle nationale de la Guerre de Résistance contre le Japon.

Cependant, nous ne pouvons être satisfaits du déroulement actuel de la guerre, car, bien qu’elle soit de caractère national, seuls le gouvernement et l’armée y sont engagés. Comme nous l’avons déjà indiqué, il sera impossible de vaincre l’impérialisme japonais si la guerre est conduite de cette façon.

Néanmoins, pour la première fois depuis cent ans, la Chine oppose effectivement à l’agression étrangère une résistance d’ampleur nationale; cela n’aurait pu se produire sans la paix intérieure et la coopération des deux partis.

Si l’envahisseur japonais a pu occuper sans coup férir les quatre provinces du Nord-Est lors de la rupture du front uni des deux partis, à présent que celui-ci est reconstitué, il ne lui sera possible d’occuper de nouveaux territoires qu’au prix de combats sanglants. La quatrième de ces preuves, ce sont les répercussions à l’étranger. Les masses ouvrières et paysannes et les partis communistes du monde entier soutiennent la politique de front uni antijaponais préconisée par le Parti communiste chinois.

Avec l’établissement de la coopération entre le Kuomintang et le Parti communiste, les peuples du monde entier, et l’Union soviétique plus particulièrement, apporteront à notre pays un soutien encore plus actif.

Déjà, la Chine et l’U.R.S.S. ont conclu un traité de non-agression [conclu le 21 août 1937], et il est à prévoir que les relations entre les deux pays continueront à s’améliorer.

Nous pouvons déduire de toutes ces preuves que le développement du front uni conduira la Chine vers de belles et brillantes perspectives: la défaite de l’impérialisme japonais et la création d’une république démocratique unifiée.

Mais le front uni ne pourra accomplir cette grande tâche s’il demeure dans son état actuel. Celui qui vient d’être créé entre les deux partis doit être développé, car il n’est pas encore large et solide.

Le front uni national antijaponais doit-il se limiter au Kuomintang et au Parti communiste?

Non.

Il doit être le front uni de toute la nation, et les deux partis n’en constituent qu’une fraction. Il doit être le front uni de tous les partis et groupements politiques, de tous les milieux et de toutes les forces armées, le front uni de tous les patriotes: ouvriers, paysans, soldats, intellectuels et commerçants.

Mais pour l’instant, il se limite en fait aux deux partis seulement, et les larges masses d’ouvriers, de paysans, de soldats, de la petite bourgeoisie urbaine et beaucoup d’autres patriotes n’ont pas encore été soulevés ni mis en mouvement, ne se sont pas encore organisés ni armés.

C’est le problème le plus grave du moment, car il empêche de remporter des victoires sur le front. Il n’est maintenant plus possible et il serait d’ailleurs inutile de dissimuler la gravité de la situation sur le front de la Chine du Nord et même sur celui des provinces du Kiangsou et du Tchékiang. La question est de savoir comment sauver la situation.

Le seul moyen est de mettre en pratique le testament du Dr Sun Yat-sen, c’est-à-dire d’« éveiller les masses populaires ».

Dans ce testament fait sur son lit de mort, il dit que, fort d’une expérience de quarante ans, il est parvenu à la profonde conviction que l’on ne peut atteindre les buts de la révolution que par ce moyen.

ur quoi donc se fondent ceux qui se refusent obstinément à exécuter ce testament ? Pour quelles raisons, en un moment aussi critique où le sort de la nation est en jeu, ne se décident- ils pas à faire passer ce testament dans la réalité?

Personne n’ignore que le despotisme et la répression vont à l’encontre du principe: « éveiller les masses populaires ».

La victoire sur l’impérialisme japonais est impossible si la Résistance est menée uniquement par le gouvernement et l’armée. Déjà en mai dernier, nous avons lancé au Kuomintang, parti au pouvoir, un solennel avertissement: si les masses populaires ne se lèvent pas pour la Résistance, nous subirons le sort de l’Abyssinie. Cela a été souligné non seulement par les communistes chinois, mais également par beaucoup de compatriotes progressistes des différentes régions et par de nombreux membres clairvoyants du Kuomintang.

Pourtant, la politique despotique est restée inchangée.La conséquence, c’est que le gouvernement est coupé du peuple, l’armée de la population, et, dans l’armée, les commandants des combattants. Si les masses populaires ne viennent pas renforcer le front uni, la situation critique existant sur les divers fronts de la guerre, loin de s’atténuer, ira inévitablement en s’aggravant.

Actuellement, le front uni antijaponais manque encore d’un pro- gramme politique reconnu par les deux partis et officiellement publié pour remplacer la politique despotique du Kuomintang.

Celui-ci continue d’employer à l’égard des masses populaires les mêmes procédés dont il use depuis dix ans.

L’appareil gouvernemental, le système en vigueur dans l’armée, la politique envers les masses populaires et dans les domaines des finances, de l’économie et de l’éducation nationale demeurent pratiquement ce qu’ils ont été ces dix dernières années; aucun changement n’y a été apporté.

Certes, il y a eu des changements, et de très importants; ce sont la cessation de la guerre civile et l’unité dans la Résistance.

La guerre civile qui opposait les deux partis a cessé et la Guerre de Résistance à l’échelle nationale a commencé, ce qui signifie que depuis l’Incident de Sian d’immenses changements se sont produits dans la situation politique de la Chine.

Cependant, les méthodes anciennes n’ont pas été modifiées, et ce qui demeure inchangé s’accorde mal avec ce qui a changé.

Les méthodes anciennes ne convenaient qu’à une politique extérieure de compromis et à une politique intérieure de répression de la révolution. Utilisées aujourd’hui pour faire face à l’attaque de l’impérialisme japonais, elles se révèlent partout inadéquates et montrent tous leurs points faibles.

Ce serait évidemment différent si l’on ne voulait pas résister au Japon, mais du moment qu’on le veut, que la Résistance a d’ailleurs commencé et que l’on se trouve en présence d’une situation critique, on s’expose aux pires dangers si l’on persiste à ne pas changer de procédés. La résistance au Japon exige un large front uni, soit la mobilisation de tout le peuple en vue de sa participation à ce front.

Elle exige un front uni solide et, par conséquent, un programme commun.

Celui-ci guidera l’action du front uni et constituera en même temps une sorte de lien qui engagera fortement toutes les organisations et toutes les personnes des différents partis et groupements politiques, des différents milieux et des différentes armées qui participeront à ce front. C’est alors seulement qu’il sera possible de parler d’une union solide.

Nous sommes contre les liens anciens, parce qu’ils ne conviennent pas à une guerre révolutionnaire nationale. Nous souhaitons l’établissement de liens nouveaux qui prennent la place des anciens, c’est-à-dire la promulgation d’un programme commun et l’instauration d’un ordre révolutionnaire. C’est là le seul moyen de s’adapter à la Guerre de Résistance.

Qu’est-ce que le programme commun? Ce sont les trois principes du peuple du Dr Sun Yat-sen et le Programme en dix points pour la résistance au Japon et le salut de la patrie8, avancé par le Parti communiste le 25 août dernier.

Dans son manifeste annonçant la coopération avec le Kuomintang, le Parti communiste chinois affirme: « Les trois principes du peuple du Dr Sun Yat-sen étant aujourd’hui nécessaires à la Chine, notre Parti est prêt à lutter pour leur réalisation complète ».

Certains trouvent étrange que le Parti communiste soit disposé à mettre en pratique les trois principes du peuple qui sont les principes du Kuomintang. Par exemple, Tchou Tsing-lai [Tchou Tsing-lai fut l’un des chefs du Parti national-socialiste (groupuscule organisé par la réaction et représentant une fraction des propriétaires fonciers, des bureaucrates et de la grande bourgeoisie). Il devint par la suite membre du gouverne- ment de trahison nationale de Wang Tsing-wei], de Shanghai, a exprimé ses doutes à ce sujet dans les colonnes d’un périodique de cette ville. Ces gens pensent que le communisme et les trois principes du peuple sont incompatibles.

C’est là une façon formaliste d’aborder la question. Le communisme sera réalisé à une étape ultérieure du développement de la révolution; au stade actuel, les communistes ne se font aucune illusion sur la possibilité de le réaliser, et ce qu’ils veulent, c’est faire aboutir la révolution nationale et la révolution démocratique, selon l’exigence de l’histoire. Telles sont les raisons mêmes qui ont amené le Parti communiste chinois à proposer un front uni national antijaponais et une république démocratique unifiée.

En ce qui concerne les trois principes du peuple, l’application en a été décidée d’un commun accord par le Parti communiste et le Kuomintang il y a plus de dix ans déjà, au Ier Congrès national du Kuomintang, lors du premier front uni des deux partis.

Ainsi, de 1924 à 1927, ils ont été mis en pratique sur une grande partie du territoire de notre pays par chaque communiste loyal et chaque membre loyal du Kuomintang. Malheureusement, le front uni a été rompu en 1927 et au cours des dix dernières années le Kuomintang s’est toujours opposé à leur application.

Quant au Parti communiste, toute sa politique pendant cette période est restée foncièrement en accord avec l’esprit révolutionnaire des trois principes du peuple et des trois thèses politiques fondamentales du Dr Sun Yat-sen. Il ne s’est pas passé un seul jour que le Parti communiste n’ait combattu l’impérialisme, et c’est là une application conséquente du principe du nationalisme; de même, la dictature démocratique des ouvriers et des paysans n’est autre que l’application conséquente du principe de la démocratie; et la révolution agraire est l’application conséquente du principe du bien-être du peuple.

Pourquoi donc le Parti communiste annonce-t-il maintenant l’abolition de la dictature démocratique des ouvriers et des paysans et l’arrêt de la confiscation des terres des propriétaires fonciers ?

Comme nous l’avons déjà expliqué, ce n’est nullement parce que ce régime et cette mesure seraient à rejeter en tant que tels, mais parce que l’agression armée de l’impérialisme japonais a amené des changements dans les rapports de classes à l’intérieur du pays, ce qui a rendu nécessaire et possible l’union de toutes les couches de la nation dans la lutte contre l’impérialisme japonais. La nécessité et la possibilité de créer un front uni pour une lutte commune contre le fascisme ne sont pas apparues en Chine seulement, mais dans le monde entier.

C’est pourquoi nous avons préconisé la création en Chine d’un front uni national démocratique.

C’est sur cette base que nous avons proposé une république démocratique fondée sur l’alliance de toutes les couches de la population au lieu de la dictature démocratique des ouvriers et des paysans.

L’accomplissement de la révolution agraire suivant le principe « la terre à ceux qui la travaillent » est précisément la politique que préconisait le Dr Sun Yat-sen.

Et si nous cessons aujourd’hui de l’appliquer, c’est pour unir des gens en plus grand nombre dans la lutte contre l’impérialisme japonais, et non parce que la Chine n’a plus besoin de résoudre la question agraire. Nous nous sommes expliqués sans aucune équivoque sur les raisons objectives et l’opportunité de ce changement de notre politique.

Le Parti communiste chinois, se fondant sur les principes du marxisme, a toujours maintenu, tout en le développant, le programme commun du premier front uni du Kuomintang et du Parti communiste, c’est-à-dire les trois principes du peuple révolutionnaires, et c’est précisément pour cela qu’au moment critique où notre pays était envahi par un ennemi puissant il a été en mesure de proposer, en temps utile, une politique de front uni national démocratique, seule capable de sauver le pays de l’asservissement, et qu’il a inlassablement œuvré pour son application.

La question qui se pose aujourd’hui n’est pas de savoir si le Parti communiste a confiance ou non dans les trois principes du peuple révolutionnaires, s’il les met ou non en pratique, mais plutôt de savoir si le Kuomintang a confiance ou non dans ces principes, s’il les met ou non en pratique.

La tâche actuelle est de faire revivre dans tout le pays l’esprit révolutionnaire des trois principes du peuple du Dr Sun Yat-sen, d’élaborer dans cet esprit le programme et les mesures politiques nécessaires et d’entreprendre leur réalisation en toute sincérité et sans arrière-pensée, effectivement et non pour la forme, vite et sans atermoiements.

C’est ce à quoi aspire ardemment le Parti communiste chinois.

Aussi a-t-il proposé, après l’Incident de Loukeoukiao, le Programme en dix points pour la résistance au Japon et le salut de la patrie, programme conforme au marxisme comme aux trois principes du peuple authentiquement révolutionnaires.

C’est un programme préliminaire, le programme de la révolution chinoise à l’étape actuelle qui est celle de la guerre révolutionnaire nationale contre l’envahisseur japonais; c’est seulement en le réalisant qu’on pourra sauver la Chine. Tout ce qui persiste à suivre un cours opposé sera condamné par l’Histoire.

Il est impossible d’appliquer ce Programme à l’échelle nationale sans l’accord du Kuomintang, car celui-ci est encore, à l’heure actuelle, le plus grand parti de Chine, le parti qui détient le pouvoir. Nous sommes convaincus que le jour viendra où les membres clairvoyants du Kuomintang approuveront notre programme.

Sans cela, les trois principes du peuple seront à jamais vides de sens, on ne pourra faire revivre l’esprit révolutionnaire du Dr Sun Yat-sen ni remporter la victoire sur l’impérialisme japonais, et le peuple chinois n’échappera pas à l’asservissement.

C’est ce que les membres vraiment avisés du Kuomintang ne souhaitent certainement pas, et notre peuple ne se résignera jamais à devenir un peuple d’esclaves coloniaux. D’ailleurs, M. Tchiang Kaï-chek a dit dans sa déclaration du 23 septembre:

J’estime que nous devons, nous qui sommes pour la révolution, laisser de côté toute rancœur et tout préjugé personnels et œuvrer pour la mise en pratique des trois principes du peuple. En ce moment critique où le sort de la nation est en jeu, il ne sied pas de revenir sur le passé, mais il faut, avec tout le peuple, prendre un nouveau départ et travailler énergiquement à l’unité pour sauver la vie, l’existence même du pays.

Cela est fort juste. La tâche qui s’impose dans l’immédiat, c’est de lutter pour l’application des trois principes du peuple, de renoncer aux préjugés personnels et aux préjugés de petits groupes, d’abandonner les procédés anciens, de mettre immédiatement à exécution un programme révolutionnaire conforme aux trois principes du peuple et de prendre un nouveau départ avec le concours du peuple. Telle est, aujourd’hui, la seule voie possible. Si l’on continue à faire traîner les choses, le moment viendra où il sera trop tard pour se repentir.

Mais l’application des trois principes du peuple et du Programme en dix points nécessite des instruments appropriés, ce qui pose la question de la réorganisation du gouvernement et de l’armée. Le gouvernement actuel est toujours celui de la dictature d’un seul parti, le Kuomintang, et non celui du front uni national démocratique.

L’application des trois principes du peuple et du Programme en dix points est impossible sans un gouvernement de front uni national démocratique. Dans l’armée du Kuomintang demeure en vigueur le système ancien. Or, avec une armée dotée d’un tel système, il est impossible de vaincre l’impérialisme japonais.

Actuellement, les troupes sont engagées dans la Guerre de Résistance et nous éprouvons beaucoup d’admiration et de respect pour elles, en particulier pour celles qui combattent sur le front.

Cependant, l’expérience de trois mois de guerre de résistance a montré qu’il est indispensable de changer le système en vigueur dans l’armée du Kuomintang, car il ne permet pas d’assurer la victoire définitive sur l’envahisseur japonais ni de mener à bien l’application des trois principes du peuple et du programme révolutionnaire. Pour un tel changement, il faut prendre comme base les principes de l’union des officiers et des soldats, et de l’union de l’armée et du peuple.

Le système actuellement en vigueur dans l’armée du Kuomintang est foncièrement contraire à ces deux principes. Il empêche la masse des officiers et des soldats de donner le meilleur d’eux-mêmes en dépit de leur loyauté et de leur courage; il faut donc en entreprendre la réorganisation au plus tôt.

Il n’est pas question de suspendre les opérations militaires en attendant que le système soit réformé. On peut le changer tout en poursuivant la guerre. La tâche centrale est de provoquer un changement dans l’esprit politique de l’armée, dans le travail politique mené en son sein.

L’Armée révolutionnaire nationale de l’époque de l’Expédition du Nord nous fournit un magnifique exemple; en effet, elle a su, en général, réaliser l’union des officiers et des soldats ainsi que l’union de l’armée et du peuple. Il est indispensable de faire revivre l’esprit de cette époque.

La Chine doit s’inspirer de l’expérience de la guerre d’Espagne, où l’armée républicaine s’est constituée dans des circonstances extrêmement difficiles.

La Chine se trouve dans de meilleures conditions que l’Espagne, mais il lui manque un front uni large et solide, un gouvernement de front uni capable d’appliquer intégrale- ment le programme révolutionnaire et des forces armées nombreuses constituées d’après un système nouveau. Elle doit combler toutes ces lacunes.

Dans la Guerre de Résistance, l’Armée rouge dirigée par le Parti communiste chinois ne peut jouer aujourd’hui qu’un rôle d’avant-garde, elle n’est pas encore en mesure de jouer un rôle décisif à l’échelle nationale.

Mais ses qualités politiques, militaires et son organisation méritent d’être prises en exemple, dans tout le pays, par les armées amies. D’ailleurs, au début, cette armée n’était pas ce qu’elle est maintenant; elle a subi maintes réformes, dont la principale a été l’élimination des pratiques féodales et l’application des principes de l’union des officiers et des soldats, de l’union de l’armée et du peuple. Cette expérience peut servir d’enseignement aux armées amies dans tout le pays.

Camarades partisans de la résistance antijaponaise, membres du Kuomintang, aujourd’hui au pouvoir !

Nous partageons avec vous la responsabilité du salut et de l’existence de la nation. Vous avez déjà constitué avec nous un front uni antijaponais. C’est très bien.

Vous avez commencé la guerre contre l’envahisseur japonais, c’est également très bien. Mais nous ne sommes pas d’accord que, pour tout le reste, vous suiviez l’ancienne politique. Il faut développer et élargir le front uni, en y faisant entrer les masses populaires.

Il faut le consolider en mettant à exécution un programme commun et se décider à réformer le régime politique du pays et le système en vigueur dans l’armée. Il est absolument nécessaire de former un gouvernement nouveau, seul capable de réaliser un programme révolutionnaire et d’entreprendre la réforme de l’armée à l’échelle nationale.

Notre proposition traduit une exigence de notre époque. Il ne manque pas de gens dans votre Parti qui s’en rendent compte, et le moment est venu de satisfaire à cette exigence.

Le Dr Sun Yat-sen s’est résolu en son temps à changer le régime politique du pays et le système appliqué dans l’armée, jetant ainsi les bases de la révolution de 1924-1927. C’est à vous qu’incombe aujourd’hui la responsabilité d’effectuer une réforme analogue. Nous pensons qu’aucun membre loyal et patriote du Kuomintang ne considérera notre proposition comme inadaptée aux circonstances. Nous sommes fermement convaincus qu’elle répond à une nécessité objective.

Notre nation est en péril. Puissent le Kuomintang et le Parti communiste s’unir étroitement! Compatriotes qui vous refusez à devenir esclaves, unissez-vous étroitement sur la base de l’union du Kuomintang et du Parti communiste !

Réaliser les réformes indispensables pour surmonter toutes les difficultés, telle est aujourd’hui la tâche pressante de la révolution chinoise. Cette tâche accomplie, nous parviendrons à vaincre l’impérialisme japonais.

Déployons donc tous nos efforts, un avenir lumineux s’ouvre devant nous.

=>Oeuvres de Mao Zedong

Plus de vigilance à distinguer le vrai du faux

par Ho Ming Publié dans le Guangming Ribao du 8 mai 1966

Le Beijing Ribao (Quotidien de Pékin) du 16 avril a consacré trois pages entières, sous le gros titre « Critique du ‘Village des Trois’ et des Propos du soir à Yenchan », à des matériaux qu’accompagnait une note des rédactions du bimensuel Qianxian (Front) et du Beijing Ribao. 

Le tout semblait fort impressionnant et révolutionnaire, comme si le journal eût été le premier à critiquer Teng Touo et ses Propos du soir à Yen-chan. 

Comment expliquer cela?  La lutte des classes est extrêmement complexe et nous devons renforcer la vigilance, distinguer le vrai du faux et ne jamais nous laisser duper.

La note des rédactions affirmait que le Qianxian et le Beijing Ribao tenaient à soumettre le « Village des Trois » et les Propos du soir à Yenchan à une critique rigoureuse. 

Est-ce vrai?  Pas du tout; si la critique fut pour la forme, la protection accordée fut réelle; si l’attaque fut pour la forme, la défense accordée fut réelle. Teng Touo est la tête de ce qui a été appelé le « Village des Trois », et qui est antiparti, antisocialiste; il est le chef de file de cette clique.

Cependant, la note des deux rédactions évite de mentionner le côté antiparti et antisocialiste de Teng Touo. 

Elle est obligée de dire que Wou Han et Liao Mo-cha sont contre le Parti et le socialisme, parce qu’ils ont été dénoncés il y a quelque temps déjà; mais, d’après elle, Wou Han serait le commandant en chef. 

Liao Mo-cha le « général », et Teng Touo tout bonnement un simple soldat, qui a commis, sans songer à mal, quelques erreurs relevant uniquement du domaine de la compréhension.

C’est essayer de tromper le lecteur.

La reprise d’articles de Wou Han, Liao Mo-cha et Teng Touo et la publication de « Que prônaient en fait les Propos du soir à Yenchan » ont été minutieusement arrangées dans le but de critiquer pour la forme, mais de protéger réellement, d’attaquer pour la forme, mais de défendre réellement.

« Traitement spécifique de l’« « Amnésie » », entre autres, est un article antiparti à grand venin, où Teng Touo invective perfidement notre Parti.  Il y a longtemps que des camarades se sont violemment élevés contre lui.

Le Beijing Ribao ne pouvait donc faire autrement que le reprendre, mais il l’a fait sous un titre en petits caractères. 

Une question! L’article n’est-il pas « important » ou avez-vous essayé de le faire passer pour insignifiant, afin d’abuser les lecteurs? Pourquoi n’avez-vous rien dit dans votre note sur ce morceau le plus férocement antiparti?

Le texte « Que prônaient en fait les Propos du soir à Yen-chant » peut être résumé en quelques mots: enterrement des problèmes majeurs, mise en valeur des problèmes insignifiants, réduction du grand problème en un tout petit.

Par exemple, dans son article « Régime éclairé et régime despotique », où il traitait du passé pour railler le présent, Teng Touo attaquait perfidement la dictature du prolétariat.  Il se fit un devoir d’expliquer qu’il parlait de « régime éclairé et régime despotique » du passé pour nous « en faire tirer la leçon ».

Le Beijing Ribao a cependant inséré l’article sous l’intertitre « Enjolivement de tous les aspects de la société féodale ».

Pourquoi?  L’article traite-t-il vraiment de l’histoire?

Si c’est le cas, comment peut-on dire que Teng Touo procède à l’« enjolivement de tous les aspects de la société féodale » alors qu’il affirme que le régime éclairé d’autrefois était meilleur que le régime despotique? 

L’intertitre et l’article se contredisent.  La raison en est que le Beijing Ribao a voulu réduire la grande affaire Teng Touo en une toute petite.

Les intertitres « Où il est affirmé que la classe dominante féodale savait aussi ménager la force de travail », « Les œuvres d’art les plus anciennes sont les meilleures » et « De la propagation des superstitions féodales » ne sont que de la manipulation pour réduire la grande affaire Teng Touo en une toute petite.

Cependant, le titre « Où l’on utilise le passé pour faire la satire du présent: insinuations », qui semble bon à première vue, coiffe fort peu d’extraits et les sous-titres sont plutôt étranges, l’un d’eux étant « Satire du ‘remplacement de la réalité par la fantaisie’ », et un autre: « Satire de la prétendue vantardise ».

Nous voulons demander au Qianxian et au Beijing Ribao: Pourquoi gardez-vous le silence ici?  Pourquoi ne voulez-vous pas faire ressortir que Teng Touo est antiparti et antisocialiste?  Qui vise votre « satire du présent » ? Et à qui sont destinées vos « insinuations »? 

Il a écrit de nombreux articles où il utilise le passé pour faire la satire du présent et des insinuations », c’est-à-dire où il attaque le Parti et le socialisme, mais pourquoi en publiez-vous si peu d’extraits?

Il est clair que le développement en profondeur de la révolution culturelle a révélé le visage antiparti et antisocialiste de Teng Touo, de Liao Mo-cha, de Wou Han et d’autres, et que ce n’est qu’après cela que le Qianxian et le Beijing Ribao se sont empressés de publier une série de textes sous l’enseigne de la « Critique du ‘Village des Trois’ et des Propos du soir à Yenchan ». 

Affirmer que l’on soumettait à une « critique rigoureuse » n’était qu’une feinte, le vrai but étant de raccourcir les positions en vue de couvrir la retraite. En outre, dans la note de leurs rédactions, le Qianxian et le Beijing Ribao disent hypocritement: « La leçon que nous avons tirée de cette lutte est fort profonde ».

Mais quelle est la leçon « fort profonde » qu’ils en ont tirée? Premièrement, dans le passé, « nous avons relâché la lutte des classes sur le front culturel et académique ».

Avez-vous vraiment « relâché » ? Non.

Ces dernières années, vous avez distillé une grande quantité clé venin attaquant perfidement le Parti et combattant le socialisme, vous avez enterré les articles qui les critiquaient, 6 refusé donc de les publier, et vous avez cherché par tous les moyens à défendre Teng Touo et ses semblables.

Depuis le début du mouvement de critique de La destitution de Hai Jouei, vous avez publié « De La destitution de Hai Jouei au problème de l’héritage des vieilles valeurs morales », écrit par Teng Touo sous le pseudonyme de Hsiang Yang-cheng, pour essayer de placer le problème politique antiparti et antisocialiste de Wou Han dans la sphère purement » académique de l’héritage des vieilles valeurs morales et d’orienter la grande polémique à droite.

Peut-on parler à ce sujet de « relâchement de la lutte des classes » ?  Non.

Cela montre que vous tenant du côté de la bourgeoisie, vous intensifiez la lutte de classe contre le prolétariat.

Deuxièmement, « notre revue et notre journal ont publié ces articles sans les soumettre en temps utile à la critique ». 

Que de nonchalance!  Mais est-il possible qu’il s’agisse uniquement d’avoir omis de soumettre à critique en temps voulu? 

Pourquoi vos deux rédactions ne se sont-elles pas mises à critiquer vraiment « ces articles » dès le début du mouvement de critique de La destitution de Hai Jouei, ou disons depuis lors, pour ne pas remonter trop loin? 

Comment l’incendiaire pourrait-il tromper son monde en affirmant que sa seule faute est d’avoir omis d’éteindre le feu en temps utile? 

Qui s’y laisserait prendre? Troisièmement, « nous nous sommes départis de notre position ou de notre vigilance » ?

Est-ce bien cela? Non, vous ne vous êtes pas départis de votre position, vous avez été très ferme dans cette position, la position de la bourgeoisie. 

« Perte de vigilance » ? C’est possible.

Vous avez mal estimé la situation. Vous avez cru, ces dernières années, que le « moment propice » était là et vous avez distillé une grande quantité de venin; vous avez cru, après qu’eut commencé le mouvement de critique de La destitution de Hai Jouei, que vous pourriez vous esquiver et vous avez adopté toutes les mesures possibles pour protéger les éléments néfastes.

Par là, vous vous êtes montrés à visage découvert. Cela peut probablement être appelé « perte de vigilance » !

Nous demandons au Qianxian et au Beijing Ribao: Avez-vous été, ces dernières années, des bastions du prolétariat ou des bastions de la bourgeoisie?  Êtes-vous des instruments de la dictature du prolétariat ou des Instruments de propagande préparant la restauration du capitalisme?  Jusqu’où comptez-vous aller?

Je ne pouvais cacher ce que j’avais à dire; s’il y a là quoi que ce soit de faux, le Qianxian et le Beijing Ribao voudront bien en faire la critique et me reprendre.

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Étudions les 16 points, assimilons ­les, mettons ­les en pratique

Éditorial du Renmin Ribao du 13 août 1966

C’est sous la direction personnelle du camarade Mao Zedong qu’a été rédigée la Décision du Comité central du Parti communiste chinois concernant la grande révolution culturelle – les 16 points.

Faire confiance aux masses, s’appuyer sur elles, les mobiliser sans réserve, respecter leur esprit d’initiative, tel est le sens fondamental des 16 points.

C’est-à-dire que dans la grande révolution culturelle prolétarienne, il n’y a qu’une méthode à suivre : que les masses s’éduquent elles-mêmes et se libèrent elles-mêmes ; on ne doit en aucune façon agir à leur place.

Les maîtres dans notre société, ce sont les masses. La grande révolution culturelle prolétarienne doit s’appuyer sur leur activité consciente, être leur œuvre.

Est-il possible de mener à bonne fin la révolution culturelle en s’appuyant sur les masses dans leur propre école et dans leur propre organisme de travail ? Oui, c’est possible !

Tout élève ou professeur révolutionnaire, tout camarade révolutionnaire doit faire preuve des hautes aspirations et de l’ardeur prolétariennes.

En s’appuyant sur la force des masses, chaque école et chaque organisme de travail pourra à coup sûr rendre victorieuse la grande révolution culturelle prolétarienne, à condition que, consciencieusement, les camarades étudient les 16 points, les assimilent et les mettent en pratique.

Un mouvement révolutionnaire de masse, c’est un grand creuset. Tout élève, tout professeur, tout camarade révolutionnaire doit y affronter les épreuves, s’y affermir et devenir capable de faire la révolution.

Que les masses révolutionnaires assimilent les 16 points, elles s’orienteront clairement d’ans la révolution culturelle, distingueront le bon du mauvais dans leur travail et envisageront correctement leurs actions futures.

Nous devons analyser et apprécier la phase de la révolution culturelle qui vient de se dérouler, à la lumière des 16 points, pour voir ce qui est bon et ce qui est mauvais, quelles méthodes sont correctes et lesquelles sont erronées.

Les groupes, les comités, les congrès de la révolution culturelle sont de nouvelles formes d’organisations créées par les masses elles-mêmes sous la direction du Parti pour mener cette révolution culturelle.

Conformément aux dispositions des 16 points, doivent se tenir des élections générales du type de celles de la Commune de Paris.

Durant plusieurs jours, il devra y avoir un échange de vues complet sur les candidats à élire et les modalités de leurs élections, et des discussions répétées sur ce sujet. Si les élus se révèlent incompétents, ils peuvent être remplacés ou révoqués.

C’est dans leur propre école, dans leur propre organisme de travail que les masses révolutionnaires doivent consacrer leur effort principal à la bonne marche de la révolution culturelle. Elles doivent apprendre à analyser concrètement les conditions spécifiques de leur propre école ou de leur propre organisme de travail, trouver des solutions aux problèmes existant là et faire leurs propres expériences dans la pratique.

C’est la meilleure façon d’aider les autres écoles et les autres organismes de travail.

La révolution culturelle ne peut se dérouler et être menée à bonne fin que si elle est le fait des masses de l’école ou de l’organisme de travail même.

Nous devons avoir confiance en nous-mêmes et, tout autant, en la capacité des niasses révolutionnaires des autres écoles et des autres organismes de travail, de résoudre elles-mêmes leurs problèmes et de se libérer elles-mêmes.

La grande révolution culturelle prolétarienne est une lutte politique et idéologique qui touche l’homme dans ce qu’il a de plus profond.

Cette lutte doit avoir recours au raisonnement et non pas à la contrainte ou à la coercition. Le prolétariat possède la vérité. On doit lutter par le raisonnement et non par la contrainte ou la coercition même dans la lutte contre les droitiers bourgeois.

Lutter par le raisonnement, voilà qui aide à dévoiler intégralement le visage odieux des droitiers bourgeois et à réfuter complètement leurs calomnies afin qu’ils soient isolés le plus possible.

Les 16 points sont le programme tracé par le camarade Mao Zedong pour la grande révolution culturelle prolétarienne. Ils constituent un instrument permettant d’unifier la compréhension et l’action des masses.

La masse des ouvriers, des paysans, des soldats, des intellectuels et des cadres révolutionnaires soutient fermement les 16 points.

Nous, qui appartenons aux masses révolutionnaires, devons les étudier consciencieusement, et nous en servir comme d’une arme pour évaluer la situation réelle du mouvement dans notre propre école ou notre propre organisme de travail.

Nous devons continuer à faire ce qui est conforme aux 16 points et corriger ce qui ne l’est pas. Les responsables d’écoles et d’organismes de travail qui s’opposent aux 16 points doivent être dénoncés et critiqués sévèrement.

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Vive la grande révolution culturelle prolétarienne !

Éditorial du Hongqi (Drapeau rouge)
n ° 8, 1966

Conduite directement par le président Mao Zedong et le Comité central du Parti, une grande révolution culturelle prolétarienne sans précédent dans l’histoire et à caractère de masse se développe rapidement et impétueusement. Pareille à une avalanche, elle porte en elle une force irrésistible.

Levant haut le grand drapeau rouge de la pensée de Mao Zedong, les larges masses des ouvriers, des paysans et des soldats, ainsi que celles des cadres et des intellectuels révolutionnaires balaient les représentants de la bourgeoisie qui se sont infiltrés dans notre Parti, tous les génies malfaisants et toutes les idéologies corrompues, bourgeoises et féodales. Une excellente situation, meilleure que jamais, est apparue sur les fronts politique, idéologique et culturel.

Cette révolution est une lutte des classes extrêmement aiguë et complexe en vue de l’épanouissement de l’idéologie prolétarienne et de l’élimination de l’idéologie bourgeoise dans les domaines de la superstructure et de l’idéologie. C’est une lutte à mort entre la restauration de la bourgeoisie et la contre-restauration du prolétariat.

De cette lutte dépendent la question de savoir si la dictature du prolétariat et les bases économiques du socialisme dans notre pays pourront ou non se consolider et se développer, la question de savoir si notre Parti et notre État dégénéreront ou non ; de cette lutte dépendent la destinée et l’avenir de notre Parti et de notre État et de la révolution mondiale. Nous ne pouvons en aucun cas rester indifférents devant cette lutte.

Pourquoi faut-il mener la révolution culturelle prolétarienne ? Pourquoi revêt-elle une telle importance ?

Le camarade Mao Zedong a dressé d’une façon scientifique le bilan de l’expérience historique de la dictature du prolétariat sur le plan international et formulé la théorie sur les contradictions, les classes et la lutte des classes en société socialiste.

Il nous a constamment recommandé de ne jamais perdre de vue la lutte des classes, de ne jamais oublier de donner la primauté à la politique et de ne jamais oublier de consolider la dictature du prolétariat, de ne pas manquer de prendre toutes sortes de mesures pour nous prémunir contre l’usurpation de la direction par le révisionnisme et contre la restauration du capitalisme. Il a souligné : Pour renverser un pouvoir, il faut commencer par opérer dans le domaine de la superstructure et de l’idéologie et par bien préparer l’opinion ; cela est valable aussi bien pour une classe révolutionnaire que pour une classe contre-révolutionnaire.

C’est en partant de ce point de vue fondamental que le camarade Mao Zedong nous a appelés à déclencher dans le domaine idéologique une lutte de classe en vue de l’épanouissement de l’idéologie prolétarienne et de l’élimination de l’idéologie bourgeoise.

C’est une grande vérité, un développement considérable du marxisme-léninisme.

Dans l’histoire, pour arracher le pouvoir des mains de la classe des propriétaires fonciers féodaux, la bourgeoisie commença par agir dans le domaine idéologique et préparer l’opinion. Depuis la «Renaissance », la bourgeoisie de l’Europe ne cessa de critiquer l’idéologie féodale et de propager l’idéologie bourgeoise.

C’est après avoir préparé l’opinion pendant plusieurs siècles que la bourgeoisie des pays européens s’empara successivement du pouvoir aux XVIIe et XVIIIe siècles, instaurant sa propre dictature.

Marx et Engels entreprirent de propager la doctrine communiste il y a plus d’un siècle. C’était pour préparer l’opinion à la prise du pouvoir par le prolétariat.

Ce n’est qu’après une préparation de l’opinion qui prit plusieurs dizaines d’années que la révolution du prolétariat russe est parvenue à prendre le pouvoir.

Et notre propre expérience demeure d’autant plus fraîche dans notre mémoire. Lorsque le prolétariat chinois parut sur la scène politique, il était faible, sans armes.

Par où commencer pour faire la révolution ?

Par propager le marxisme-léninisme et par dénoncer l’impérialisme et ses laquais chinois. La lutte du prolétariat chinois pour la prise du pouvoir débuta par la révolution culturelle du  «4 Mai » 1919.

En dernière analyse, l’histoire de la conquête du pouvoir par le prolétariat chinois est celle de l’assimilation de la pensée de Mao Zedong par les masses des ouvriers, des paysans et des soldats.

Elles disent à juste titre : « Sans la pensée de Mao Zedong, pas de Chine nouvelle. »

Le camarade Mao Zedong, grand porte-drapeau de la révolution, a su associer le marxisme-léninisme et la pratique de la révolution chinoise, transformant de façon radicale l’aspect de cette révolution.

L’expérience historique nous montre que la pensée de Mao Zedong nous a permis de bénéficier du soutien croissant des masses, de fonder notre propre armée et de posséder des fusils, d’établir une à une des bases révolutionnaires, de nous emparer du pouvoir de région en région et finalement de prendre le pouvoir dans l’ensemble du pays.

En accédant au pouvoir, le prolétariat devient la classe dominante, les propriétaires fonciers et la bourgeoisie, les classes dominées.

Mais la classe des propriétaires fonciers et la bourgeoisie réactionnaire ne se résignent en aucun cas ni à être placées sous cette domination, ni à être anéanties ; elles rêvent à chaque instant de restaurer leur pouvoir et de renverser la dictature du prolétariat, espérant vainement tenir de nouveau en laisse le peuple travailleur.

Elles disposent encore de forces très puissantes ; elles ont de l’argent, de vastes relations sociales et internationales ; elles ont aussi l’expérience de la contre-révolution.

En particulier, leur idéologie de classes exploiteuses peut encore trouver une très large audience.

Dans les rangs des révolutionnaires, les éléments instables sont susceptibles de se laisser corrompre par l’idéologie des classes exploiteuses et de devenir ainsi des contre-révolutionnaire. En outre, la petite bourgeoisie a une tendance spontanée à engendrer à tout instant le capitalisme.

Après la prise du pouvoir par le prolétariat, le danger de perdre le pouvoir subsiste encore.

Après l’établissement du régime socialiste, le danger de la restauration du capitalisme subsiste également.

Si nous n’y prêtons pas une attention sérieuse, si nous ne prenons pas les mesures nécessaires, notre Parti et notre État dégénéreront, des millions et des millions de têtes tomberont.

Après la transformation socialiste de la propriété des moyens de production, les idéologies bourgeoise et féodale constituent la position la plus importante de la classe des propriétaires fonciers et de la bourgeoisie qui ont été renversées.

Dans leurs activités de restauration, ils agissent d’abord dans le domaine de l’idéologie et ils utilisent, de mille et une façons, leurs idées corrompues afin de tromper les masses. Agir dans le domaine de l’idéologie et façonner l’opinion publique sont des préparatifs de la bourgeoisie pour renverser la dictature du prolétariat. Et, au moment propice, elle n’hésite pas à monter un coup d’État, par tel moyen ou tel autre, pour s’emparer du pouvoir.

En Union soviétique, après l’établissement des rapports socialistes de production, la révolution culturelle prolétarienne n’a pas été sérieusement entreprise.

Aussi l’idéologie bourgeoise s’est-elle répandue chaque jour davantage, corrompant les esprits et désagrégeant d’une manière difficilement perceptible les rapports socialistes de production.

Après la mort de Staline, le groupe révisionniste khrouchtchévien a, de façon encore plus flagrante, préparé l’opinion publique à la contre-révolution.

Plus tard, il a entrepris une « révolution de palais » pour renverser la dictature du prolétariat et a usurpé la direction du Parti, clé l’armée et du gouvernement.

Au cours des événements contre-révolutionnaires de Hongrie, en 1956, les contre-révolutionnaires commencèrent, eux aussi, par une préparation de l’opinion publique. Puis, ils descendirent dans la rue pour provoquer des troubles et des émeutes. Ce fut la bande des intellectuels anticommunistes du club Petöfi qui provoqua ces événements contre-révolutionnaires à l’instigation de l’impérialisme.

Imre Nagy qui, à cette époque, portait encore l’étiquette de communiste « monta sur le trône », devenant ainsi le chef de la contre-révolution.

L’expérience historique de la dictature du prolétariat dans le monde nous enseigne que si nous ne menons pas la révolution culturelle prolétarienne, si nous ne persévérons pas dans la lutte pour liquider l’idéologie bourgeoise, la dictature du prolétariat et le régime socialiste ne pourront jamais être consolidés.

Le libre débordement des idées bourgeoises a pour résultat inévitable le renversement de la dictature du prolétariat et l’apparition de représentants de la bourgeoisie comme Khrouchtchev qui, pour s’emparer du pouvoir, recourront à une « révolution de palais » ou à un coup d’État militaire ou encore à une combinaison de ces deux moyens.

Afin de consolider la dictature du prolétariat et de faire progresser les pays de dictature prolétarienne vers le socialisme et le communisme, il faut entreprendre une révolution culturelle prolétarienne, faire rayonner l’idéologie prolétarienne, éliminer l’idéologie bourgeoise, éliminer complètement les sources idéologiques du révisionnisme et faire en sorte que s’implantent solidement dans nos esprits le marxisme-léninisme et la pensée de Mao Zedong.

Pour la révolution et l’édification socialistes, il nous faut déployer tous nos efforts dans toutes les sphères d’activité. Mais toutes ces activités doivent être guidées par une ligne rouge : la lutte de classes entre le prolétariat et la bourgeoisie, la lutte entre la voie du socialisme et la voie du capitalisme, et la lutte de classes entre le prolétariat et la bourgeoisie dans le domaine idéologique.

Le camarade Mao Zedong nous a enseigné :

La lutte de classes entre le prolétariat et la bourgeoisie, entre les diverses forces politiques et entre les idéologies prolétarienne et bourgeoise sera encore longue et sujette à des vicissitudes, et par moments elle pourrait même devenir très aiguë.

Le prolétariat cherche à transformer le monde selon sa propre conception du monde, et la bourgeoisie veut en faire autant. A cet égard, la question de savoir qui l’emportera, du socialisme ou du capitalisme, n’est pas encore véritablement résolue. (De la juste solution des contradictions au sein du peuple)

La révolution culturelle prolétarienne a pour but de régler la question de savoir qui l’emportera dans le domaine idéologique, du prolétariat ou de la bourgeoisie.

C’est une tâche historique ardue, à long terme, qui se présente dans tous les domaines de notre travail.

Un certain nombre de camarades considèrent la polémique entre le prolétariat et la bourgeoisie réactionnaire dans les journaux et périodiques comme une simple « polémique sur le papier » entre des lettrés, qui « ne peut produire de grands effets ».

Certains autres se confinent dans leurs activités professionnelles, ne s’intéressent pas à la lutte sur le front idéologique et culturel et ne prêtent aucune attention à la lutte de classes dans le domaine de l’idéologie.

Ces attitudes sont entièrement erronées et extrêmement dangereuses. Si nous laissons répandre l’idéologie bourgeoise, la dictature du prolétariat finira par se transformer en dictature bourgeoise, et le système socialiste en système capitaliste, en système semi-colonial et semi-féodal.

A ces camarades, nous devons crier bien fort : Camarades, l’ennemi est en train d’aiguiser son couteau pour nous couper la tête et renverser notre pouvoir, comment pourriez-vous rester indifférents comme si vous n’aviez rien vu ni entendu ?

La prise du pouvoir nécessite le fusil et la plume, la consolidation du pouvoir également.

Pour défendre et développer la cause révolutionnaire, nous devons non seulement tenir fermement notre fusil, mais aussi prendre notre plume prolétarienne et balayer la plume bourgeoise.

C’est seulement en éliminant l’idéologie bourgeoise que nous pourrons consolider le pouvoir du prolétariat et tenir encore plus fermement le fusil du prolétariat.

La lutte de classes sur le front idéologique et culturel est vraiment impressionnante.

La lutte entre le prolétariat et la bourgeoisie, la lutte entre le marxisme et l’anti-marxisme sur le front idéologique et culturel n’ont jamais cessé depuis la fondation de notre République. Après l’établissement des rapports socialistes de production, cette lutte de classes dans le domaine de l’idéologie est devenue encore plus profonde, plus complexe et plus acharnée.

En 1957, les droitiers bourgeois lancèrent de furieuses attaques contre le Parti et le socialisme.

Dans ces attaques, avant l’apparition sur la scène de l’alliance des politiciens réactionnaires dirigée par Tchang Po-kiun et Louo Long-ki, les intellectuels de la Droite bourgeoise avaient répandu une grande quantité de venin.

Des idées et des programmes politiques contre-révolutionnaires furent rendus publics et des films et romans contre-révolutionnaires firent leur apparition.

Il est évident que toutes ces activités servaient à préparer l’opinion publique à la prise du pouvoir par les droitiers bourgeois.

Sous la direction clairvoyante du Comité central du Parti et du président Mao, le peuple chinois repoussa les attaques furieuses des droitiers bourgeois et remporta une importante victoire sur les fronts politique et idéologique.

En 1958, guidé par le grand drapeau rouge de la ligne générale pour l’édification du socialisme, le peuple chinois, plein de dynamisme et d’ardeur, amorça un grand bond en avant sur tous les fronts et fonda sur une vaste échelle les communes populaires.

En outre, les masses des ouvriers, des paysans et des soldats étudièrent et appliquèrent avec enthousiasme et de façon vivante les œuvres du président Mao.

Une révolution venait de commencer sur le front idéologique et culturel.

De 1959 à 1962, notre pays fut en butte à des difficultés économiques temporaires dues au sabotage des révisionnistes soviétiques et aux graves calamités naturelles de trois années consécutives.

Mais le peuple chinois révolutionnaire ne se laissa pas abattre par ces difficultés.

Sous la direction clairvoyante du Comité central du Parti et du président Mao, il travailla assidûment en déployant tous ses efforts pour parvenir à la prospérité. Au bout de quelques 13années, les difficultés étaient surmontées et une excellente situation s’ensuivit.

Mais durant les années des difficultés économiques, les génies malfaisants avaient fait leur apparition et les attaques lancées par la bourgeoisie réactionnaire contre le Parti et le socialisme avaient été les plus furieuses.

Dans les milieux philosophiques, Yang Hsien-tchen prôna bruyamment une thèse absurde niant l’identité de la conscience et de l’être, en vue de rabattre l’activité subjective de la masse des ouvriers, des paysans et des soldats, et de s’opposer au grand bond en avant.

Il sortit ensuite la théorie « deux fusionnent en un », dans l’intention de fournir des « fondements » philosophiques à la ligne politique on ne peut plus réactionnaire consistant à « vivre en bonne intelligence avec l’impérialisme, la réaction et le révisionnisme moderne et à fournir peu d’assistance à la lutte révolutionnaire des peuples de tous les pays », ainsi qu’à « se réserver davantage de parcelles individuelles, à établir davantage de marchés libres, à multiplier les entreprises disposant librement de leurs profits et supportant leurs propres pertes, et à fixer un quota de production par foyer paysan ».

Les soi-disant « autorités » qui représentaient la bourgeoisie et s’étaient infiltrées dans le Parti brandirent furieusement les trois massues que sont les épithètes : « vulgaire », « simpliste » et « pragmatiste », pour s’opposer à ce que les ouvriers, paysans et soldats étudient et appliquent de manière vivante les œuvres du président Mao.

Usant de leurs fonctions et pouvoirs, elles interdirent aux journaux et revues de publier les essais philosophiques des ouvriers, des paysans et des soldats.

En même temps, certains « experts » bourgeois, sous prétexte d’effectuer des recherches sur l’histoire clé la philosophie, prêchèrent à cor et à cri « la liberté, l’égalité et la fraternité » et glorifièrent bruyamment Confucius, se servant de ce cadavre pour propager leur assortiment complet de points de vue bourgeois.

Dans les milieux de la science économique, Souen Yé-fang et d’autres avancèrent toute une série d’absurdes théories révisionnistes.

Ils s’opposèrent à ce qu’on mette la pensée de Mao Zedong et la politique au poste de commandement et préconisèrent de donner la primauté au profit et à l’argent.

Ils tentèrent vainement de modifier les rapports socialistes de production et de transformer les entreprises socialistes en entreprises capitalistes.

Dans les milieux de la recherche historique, un ramassis d’« autorités » bourgeoises attaqua furieusement la révolution qui y avait débuté en 1958.

Ces « autorités » s’opposèrent à ce qu’on mette le marxisme-léninisme, la pensée de Mao Zedong au poste de commandement dans la recherche historique, et proclamèrent que les documents et les matériaux historiques étaient tout. Elles excipèrent du soi-disant  «historisme » pour s’opposer à la théorie marxiste-léniniste sur la lutte des classes.

Elles vouent une haine profonde aux historiens révolutionnaires qui répudient empereurs, rois, généraux et ministres et mettent en relief paysans et guerres paysannes. Elles portent aux nues les premiers, mais s’acharnent à calomnier ces derniers.

Ce sont les « monarchistes » bourgeois des milieux historiques. Certains d’entre eux sont des anticommunistes chevronnés. Wou Han et Tsien Po-tsan sont de tels personnages.

Dans les milieux littéraires et artistiques, les représentants de la bourgeoisie n’ont épargné aucun effort pour prôner une ligne révisionniste complète en matière de littérature et d’art, afin de 16contrecarrer la ligne du président Mao dans ces domaines, et ils se sont évertués à glorifier leurs prétendues traditions des années 30.

« Écrire la vérité », « la large voie du réalisme », « l’approfondissement du réalisme », l’opposition au « rôle décisif du sujet », « les personnages indécis », l’opposition à « l’odeur de la poudre à canon », « la synthèse de l’esprit de l’époque », « rompre avec les canons et se rebeller contre l’orthodoxie », etc., telles sont leurs thèses les plus représentatives.

A la « lumière » de ces thèses sont apparues un grand nombre de mauvaises œuvres, antiparti et antisocialistes : drames, films, romans, ouvrages sur l’histoire du cinéma, ouvrages sur l’histoire de la littérature.

Dans les milieux enseignants, les représentants de la bourgeoisie se sont efforcés de s’opposer à la politique définie par le président Mao dans le domaine de l’éducation, politique devant permettre à tous ceux qui bénéficient de cette éducation clé se former sur le plan moral, intellectuel et physique, afin qu’ils deviennent des travailleurs cultivés, ayant une conscience socialiste.

Ils s’évertuent à s’opposer au système d’enseignement mi-travail mi-étude et prônent les «théories » sur l’éducation et le système d’enseignement révisionnistes de l’Union soviétique. Ils nous disputent avec acharnement la jeune génération et tentent vainement d’en faire la relève de la bourgeoisie.

Dans les milieux de la presse, les représentants de la bourgeoisie se sont opposés de toutes leurs forces à ce que l’information ait une mission d’orientation et ont professé la conception bourgeoise selon laquelle elle devait « communiquer des connaissances ».

Vainement, ils ont tenté d’étrangler là direction du marxisme-léninisme et de la pensée de Mao Zedong dans la presse, essayé de laisser le champ libre à la camelote bourgeoise et de s’emparer de nos positions dans le domaine de la presse.

Dans ce contre-courant, c’est le groupe antiparti, le « Village des Trois », qui s’est montré le plus réactionnaire et le plus forcené. Il avait de nombreuses positions : journaux, revues, tribunes et maisons d’édition.

Ses tentacules étaient très longs ; ils se sont étendus à tous les milieux culturels où il usurpa certains pouvoirs de direction. Son flair politique réactionnaire était des plus sensibles, ses œuvres sortaient au moment le plus opportun pour produire leur effet dans le cadre du climat politique réactionnaire.

Ayant une direction et une organisation et agissant selon un plan déterminé et dans un but défini, il préparait l’opinion publique en vue de restaurer le capitalisme et de renverser la dictature du prolétariat.

Dans ce contre-courant, les représentants de la bourgeoisie qui s’étaient infiltrés dans le Parti ont joué un rôle principal. Ils ont brandi le « drapeau rouge » pour s’opposer au drapeau rouge, se sont couverts du manteau du marxisme-léninisme et de la pensée de Mao Zedong pour s’opposer au marxisme-léninisme et à la pensée de Mao Zedong.

En se maquillant en « autorités » du marxisme, en « autorités » dans l’explication de la politique du Parti, ils ont répandu impudemment beaucoup de venin et trompé les masses. Usant de leurs fonctions et pouvoirs, ils ont d’une part laissé se déchaîner un grand nombre de génies malfaisants, et de l’autre, ils ont étouffé les contre-attaques de la Gauche prolétarienne.

C’est une poignée de conspirateurs qui, sous l’enseigne du communisme, mènent une activité antiparti et antisocialiste. Ce sont les individus les plus dangereux.

En face des attaques lancées par la bourgeoisie depuis 1959, nous avons procédé sans cesse à des contre-attaques. A partir de novembre dernier en particulier, lorsque le camarade Yao Wen-yuan publia un article intitulé : « A propos de la nouvelle pièce historique La Destitution de Haï Jouei », le tocsin de la grande révolution culturelle prolétarienne se mit à sonner, et le combat des masses pour riposter aux attaques de la bourgeoisie commença.

Dans cette contre-attaque, les masses des ouvriers, des paysans et des soldats, et celles des cadres et intellectuels révolutionnaires ont vu leur conscience politique s’élever comme jamais, et leur puissance de combat s’accroître considérablement.

Grâce aux luttes des masses, nous avons brisé le groupe antiparti le « Village des Trois » et arraché sa racine, l’ancien Comité du Parti de la Municipalité de Pékin.

La direction de ce Comité était traversée d’un bout à l’autre par une ligne noire antiparti et antisocialiste.

Certains responsables principaux de ce Comité n’étaient pas des marxistes-léninistes, mais des révisionnistes.

Ils avaient placé sous leur contrôle absolu de nombreuses positions et instruments, exerçant la dictature sur le prolétariat. Ils constituaient une bande d’ambitieux et d’intrigants. Leur complot a été dénoncé : ils ont échoué.

Notre Comité central a réorganisé le Comité du Parti de la Municipalité de Pékin et en a formé un nouveau. C’est là une décision des plus clairvoyantes et des plus justes. C’est une nouvelle victoire de la pensée de Mao Zedong.

Dès notre grande contre-attaque de l’année dernière, les représentants de la bourgeoisie, qui s’étaient infiltrés dans le Parti et s’opposaient au drapeau rouge en arborant le « drapeau rouge », ont été plongés dans une confusion extrême. Ils ont recouru en toute hâte à cinq « talismans » pour soutenir et protéger la Droite bourgeoise, opprimer et attaquer la Gauche prolétarienne.

Le premier « talisman » s’appelle « encouragement à l’expression des opinions ».

Les représentants de la bourgeoisie, qui se sont infiltrés dans le Parti et s’opposent au drapeau rouge en arborant le « drapeau rouge », s’efforcent de déformer la politique du Parti sur l’encouragement de l’expression des opinions, la privent de son contenu de classe et la transforment en libéralisation bourgeoise.

Ils autorisent la Droite bourgeoise à s’exprimer mais ne permettent pas à la Gauche prolétarienne d’entamer des discussions ; ils autorisent celle-là à attaquer, mais ne permettent pas à celle-ci de contre-attaquer.

Ils laissent la Droite s’exprimer à profusion, et cependant, ils enterrent les articles de riposte de la Gauche ou ordonnent aux auteurs de les modifier selon leur volonté.

Ils disent : il ne faut pas critiquer La Destitution de Hai Jouei sur le plan politique, sinon l’expression des opinions serait entravée et on n’oserait plus parler.

Nous voudrions demander à ces messieurs : En auriez-vous trop peu parlé ?

N’avez-vous pas attaqué politiquement le Parti, baïonnette au canon ?

Pourquoi n’avez-vous pas permis au prolétariat de s’exprimer et de contre-attaquer politiquement la Droite bourgeoise ? En réalité, votre « encouragement à l’expression des opinions » consiste à donner le feu vert à la bourgeoisie et à opposer le feu rouge au prolétariat.

Le deuxième « talisman » s’appelle « la construction avant la destruction ».

Les représentants de la bourgeoisie, qui se sont infiltrés dans le Parti et s’opposent au drapeau rouge en arborant le  «drapeau rouge », se posent en « dialecticiens ».

Ils ont réclamé à cor et à cri « la construction avant la destruction » lorsque le prolétariat contre-attaquait la bourgeoisie.

Au nom de « la construction avant la destruction », ils interdisent au prolétariat de détruire l’idéologie bourgeoise et de prendre d’assaut la forteresse politique réactionnaire de la bourgeoisie. « La construction avant la destruction » est contraire à la dialectique et à la pensée de Mao Zedong.

Le camarade Mao Zedong nous a souvent enseigné qu’il n’y a pas de construction sans destruction.

Nous voulons donc que la destruction vienne en premier lieu. La destruction, c’est la révolution, c’est la critique. Pour la destruction, il faut le raisonnement, et celui-ci porte naturellement en lui la construction.

C’est dans la lutte pour détruire l’idéologie bourgeoise, l’opportunisme de droite et l’opportunisme « de gauche » que se sont développés le marxisme-léninisme et la pensée de Mao Zedong.

La destruction vient avant la construction et porte en elle la construction.

Telle est la dialectique historique.

Le marxisme-léninisme, la pensée de Mao Zedong, voilà la plus grande vérité que le monde ait connue ; ne s’agit-il pas de construction ?

Nous voudrions demander à ces messieurs bourgeois : Que voulez-vous construire ?

De toute évidence, la construction ne s’applique pour vous qu’aux idées réactionnaires de la bourgeoisie et vous l’interdisez aux idées révolutionnaires du prolétariat.

Et quand le prolétariat utilise le marxisme-léninisme et la pensée de Mao Zedong pour contre-attaquer la bourgeoisie avec la violence de la foudre et détruire vigoureusement l’idéologie bourgeoise, vous réclamez à cor et à cri « la construction avant la destruction ».

De cette façon, vous protégez la Droite, vous interdisez à la Gauche de contre-attaquer et vous vous opposez à la révolution culturelle du prolétariat.

Le troisième « talisman » s’appelle : s’opposer aux « savants despotes de gauche » et empêcher leur apparition.

Chaque fois que la Gauche prolétarienne contre-attaquait la bourgeoisie, les représentants de celle-ci, qui se sont infiltrés dans le Parti et s’opposent au drapeau rouge en arborant le « drapeau rouge », ont exigé, entre autres prétextes, des méthodes « minutieuses » et « approfondies », accusant injurieusement la Gauche d’être « brutale », d’être le « bâton ».

Dans la grande riposte contre la bourgeoisie, ils recourent encore à un autre « talisman » — s’opposer aux « savants despotes de gauche » et empêcher leur apparition —, s’imaginant pouvoir abattre la Gauche prolétarienne. Ils n’y réussiront pas.

Selon nous, cette étiquette de « savant despote » ne va parfaitement qu’à vous autres les représentants et les « autorités académiques » de la bourgeoisie.

C’est précisément vous autres, les messieurs infiltrés dans le Parti, les protecteurs et les soutiens des savants despotes bourgeois, qui êtes de grands despotes du Parti, de grands savants despotes qui ne lisez ni journaux ni livres, qui vous détachez des masses, êtes dépourvus de toute connaissance, mais employez vos forces à opprimer les autres.

La Gauche prolétarienne s’en est toujours tenue fermement à la vérité du marxisme-léninisme, de la pensée de Mao Zedong ; elle s’est toujours appuyée sur une argumentation scientifique pour critiquer les idées bourgeoises.

La Gauche prolétarienne n’a rien de commun avec les « savants despotes ».

Contre les « savants despotes » bourgeois, contre vous autres, la poignée de grands despotes du Parti, de grands savants despotes, nous entendons lancer une grande expédition contre vous.

A ces messieurs qui taxent la Gauche d’être le « bâton », nous proclamons que la Gauche est le bâton d’acier, le bâton d’or du prolétariat !

C’est justement avec ce bâton que nous réduirons en miettes le vieux monde, que nous vous abattrons, vous, la poignée de grands despotes du Parti et de grands despotes, et que nous détruirons vos palais de seigneurs des enfers.

Voilà ce qui s’appelle la dictature du prolétariat.

Le quatrième « talisman » est le « débat purement académique ».

Les représentants de la bourgeoisie, qui se sont infiltrés dans le Parti et s’opposent au drapeau rouge en arborant le « drapeau rouge », présentent la lutte de classes dans le domaine idéologique comme un « débat purement académique », dans le double but de camoufler l’attaque de la Droite bourgeoise contre le Parti et le socialisme et d’entraver la contre-attaque de la Gauche prolétarienne.

Nous voudrions demander à ces messieurs : mais qu’y a-t-il vraiment d’académique dans l’article « Hai Jouei invective l’Empereur » et la pièce La Destitution de Hai Jouei de Wou Han, ainsi que dans les propos obscurs antiparti et antisocialistes de Teng Touo, Liao Mocha et consorts ? Le « débat purement académique » est une supercherie dont se sert constamment la bourgeoisie.

Dans la société de classes, rien n’est  «purement académique ». Les études académiques sont toutes basées sur la conception du monde par une classe déterminée et subordonnées à la politique.

D’une manière ou d’une autre, elles servent la politique et l’économie d’une classe déterminée.

Dans la grande contre-attaque qui se déroule actuellement, en brandissant le « talisman » du « débat purement académique » pour s’opposer au principe consistant à donner la primauté à la politique, les représentants de la bourgeoisie visent à dissimuler le problème politique fondamental concernant les sinistres auberges antiparti, que ce soit le « Village des Trois » ou le « Village des Quatre », à donner la primauté à la politique bourgeoise pour s’opposer à la mise au premier plan de la politique prolétarienne, à faire dévier à droite cette grande lutte et à l’intégrer dans l’orbite du révisionnisme.

Enfin, le dernier « talisman », qui est important, s’appelle  «tous sont égaux devant la vérité », « chacun a sa part de propos erronés »,  «un combat confus ».

Dans la contre-attaque du prolétariat contre la bourgeoisie, les représentants de celle-ci, qui se sont infiltrés dans le Parti et s’opposent au drapeau rouge en arborant le « drapeau rouge », agitent ce « talisman », d’une part, pour que leurs hommes ; tiennent tête, défendent opiniâtrement leurs positions et ne reculent pas d’un seul pouce, d’autre part, afin de semer la confusion, de pêcher en eau trouble et de saisir l’occasion pour lancer une contre-attaque.

« Tous sont égaux devant la vérité », c’est le mot d’ordre à cent pour cent bourgeois, un mot d’ordre entièrement hypocrite. Il n’est aucunement question d’égalité entre classes antagonistes. La vérité a un caractère de classe.

A notre époque, seul le prolétariat peut détenir la vérité objective, car ses intérêts de classe sont entièrement conformes aux lois objectives.

Il y a longtemps que la bourgeoisie réactionnaire et décadente n’a plus rien à voir avec la vérité.

Ce qu’elle appelle la « vérité » ne peut qu’être une absurdité allant à rencontre du courant de l’époque et des lois objectives. Il n’est aucunement question d’égalité entre le prolétariat et la bourgeoisie, entre l’idéologie prolétarienne et l’idéologie bourgeoise, entre la vérité prolétarienne et l’absurdité bourgeoise ; si ce n’est pas le vent d’Ouest qui l’emporte sur le vent d’Est, c’est le contraire.

Peu-ton admettre une égalité, quelle qu’elle soit, dans les questions fondamentales telles que la latte du prolétariat contre la bourgeoisie, la dictature du prolétariat sur la bourgeoisie, la dictature du prolétariat dans le domaine de la superstructure, tous les secteurs de la culture y compris, la lutte du prolétariat pour poursuivre l’épuration des représentants de la bourgeoisie qui sont parvenus à s’infiltrer dans le Parti communiste et brandissent le « drapeau rouge » pour s’opposer au drapeau rouge ?

Les vieux Partis sociaux-démocrates, datant d’il y a quelques dizaines d’années, et les révisionnistes modernes, qui existent depuis une bonne dizaine d’années, n’ont jamais admis l’égalité du prolétariat avec la bourgeoisie.

Les représentants bourgeois qui se sont infiltrés clans le Parti ont recouru au mot d’ordre  «tous sont égaux devant la vérité » pour épauler les éléments antiparti et antisocialistes et réprimer la contre-attaque de la Gauche.

Une question encore à ces messieurs : N’avez-vous pas réclamé à tout bout de champ l’égalité ?

Pourquoi alors avez-vous enferré les articles de la Gauche, alors que les éléments de droite étaient autorisés à distiller abondamment leur venin ?

Était-il alors question d’égalité ?

Nous vous le disons et en toute franchise : Nous n’admettons nullement que vous puissiez être sur un pied d’égalité avec le prolétariat ; la lutte que nous menons contre vous est une lutte à mort ; nous ne pouvons qu’exercer la dictature sur la sinistre bande antiparti et antisocialiste que vous êtes.

« Chacun a sa part de propos erronés » et « un combat confus », cet argument n’est qu’une grande conspiration. Nous maintenons qu’il faut tout d’abord opérer une nette distinction entre classes et entre révolution et contre-révolution.

Dans la connaissance de la réalité objective, la Gauche révolutionnaire peut également commettre telles ou telles erreurs, mais ces erreurs diffèrent radicalement des propos et des actes antiparti, antisocialistes et contre-révolutionnaires de la Droite bourgeoise.

On ne doit jamais les confondre.

La contradiction principale dans cette grande révolution culturelle, c’est la contradiction de caractère antagoniste entre les larges masses des ouvriers, des paysans et des soldats ainsi que celles des cadres et intellectuels révolutionnaires, et vous, la petite poignée de représentants de la bourgeoisie antiparti et antisocialiste.

Il s’agit d’une contradiction entre la révolution et la contre-révolution, d’une contradiction inconciliable entre l’ennemi et nous.

Nous devons réfuter catégoriquement et attaquer, tambour battant, tous vos propos et actes contre-révolutionnaires.

Nous devons naturellement critiquer les idées académiques bourgeoises en général, mais ces critiques diffèrent de la façon dont nous vous traitons, vous, éléments antiparti et antisocialistes ?

Nous fournissons à la grande masse des savants bourgeois des conditions de travail convenables et nous les laissons transformer sans cesse leur conception du monde dans le travail, pourvu qu’ils ne soient pas anticommunistes et antipopulaires.

Dès que nous avons riposté à l’attaque lancée par la bourgeoisie, les représentants de la bourgeoisie qui se sont infiltrés dans le Parti ont fait un grand tapage sur les thèmes de « chacun a sa part de propos erronés » et « un combat confus » dans le seul but de s’acharner sur la Gauche et de semer la confusion pour contre-attaquer et se venger.

Vain espoir.

En suivant les instructions du président Mao, nous devons opérer une distinction entre la Gauche, le Centre et la Droite, nous appuyer sur la Gauche, combattre la Droite et gagner à notre cause la grande majorité, nous unir avec elle et l’éduquer pour mener jusqu’au bout la grande révolution culturelle prolétarienne.

Pour ces représentants de la bourgeoisie qui se sont infiltrés dans le Parti et s’opposent au drapeau rouge en arborant le ‘ »drapeau rouge », ces « talismans » visent à un même but : exercer la dictature sur le prolétariat.

Dans les milieux culturels, ils ont déjà usurpé une partie de la direction et exercent la dictature sur nous. Il nous faut recouvrer ces positions perdues et abattre tous ces représentants de la bourgeoisie.

Le trait le plus important des représentants de la bourgeoisie qui se sont infiltrés dans le Parti, c’est qu’ils arborent le « drapeau rouge » pour s’opposer au drapeau rouge.

Comment les déceler ?

Un seul moyen : « Étudier les œuvres du président Mao, suivre ses enseignements et agir selon ses instructions. »

La pensée de Mao Zedong est le sommet du marxisme-léninisme clé notre époque, l’expression la plus haute et la plus vivante du marxisme-léninisme de notre temps.

La théorie et l’activité pratique du camarade Mao Zedong sont comme le soleil et la lune qui se meuvent dans le ciel, les fleuves et les rivières qui coulent sur la terre.

33Les œuvres du camarade Mao Zedong sont les instructions suprêmes pour toutes nos activités.

Soutenir la pensée de Mao Zedong et agir en s’y conformant ou bien faire le contraire, c’est là la ligne de partage entre le marxisme-léninisme et le révisionnisme, entre la révolution et la contre-révolution.

Nous approuvons et soutenons tout ce qui se conforme à la pensée de Mao Zedong

Nous combattons avec intrépidité et abattons tous ceux qui s’opposent à la pensée clé Mao Zedong, si haut placés qu’ils soient et malgré toute leur « renommée » et leur  «autorité ».

Les représentants de la bourgeoisie qui se sont infiltrés dans le Parti semblent être des  «colosses », mais en réalité ils ne sont que des tigres en papier, de même que tous les réactionnaires.

La pensée de Mao Zedong est la boussole, et les ouvriers, les paysans et les soldats constituent la force principale de la révolution culturelle prolétarienne.

Avec cette boussole et cette force principale, nous pouvons abattre tous les monstres et mener la révolution culturelle prolétarienne de victoire en victoire.

Au moment où nous dévoilons et critiquons le groupe antiparti, le « Village des Trois », propriétaires fonciers, paysans riches, contre-révolutionnaires, mauvais éléments et droitiers, à l’intérieur du pays, impérialistes et révisionnistes, à l’étranger, se réjouissent, estimant qu’ils pourront tirer quelque profit de cette lutte.

Nous tenons à dire à tous les réactionnaires, à ceux de l’intérieur comme à ceux de l’étranger : vous êtes plus stupides que des ânes [sic].

Dévoiler et critiquer le groupe antiparti, le « Village des Trois », balayer tous les génies malfaisants, c’est purger notre Parti et notre État de vos agents, enlever les « bombes à retardement » dans lesquelles vous placiez vos espoirs.

Au fur et à mesure que la grande révolution culturelle prolétarienne gagne en profondeur, nous enracinerons encore plus solidement la pensée de Mao Zedong parmi notre peuple, nous éliminerons radicalement toutes les sources du révisionnisme et de la restauration du capitalisme. L’Histoire vous ridiculisera impitoyablement, vous, les ânes stupides. En outre, les réactionnaires de l’intérieur et de l’étranger nous accusent calomnieusement d’attaquer tous les intellectuels. C’est absurde.

Notre grande révolution culturelle prolétarienne est dirigée contre une poignée de mauvais éléments qui vendent la pacotille de l’anticommunisme sous l’enseigne du communisme, contre une poignée d’intellectuels bourgeois qui s’opposent au Parti, au socialisme et à la révolution. Quant aux masses des intellectuels venus de l’ancienne société, nous appliquons à leur égard une politique d’union, d’éducation et de rééducation.

Dans la grande révolution culturelle, les rangs des intellectuels prolétariens grossissent chaque jour.

Révolutionnaires, unissez-vous tous plus étroitement sur la base de la pensée de Mao Zedong !

Poursuivons notre marche triomphale en portant haut le grand drapeau rouge de la pensée de Mao Zedong et celui de la grande révolution culturelle prolétarienne !

Vive la grande révolution culturelle prolétarienne !

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Victoire de la ligne révolutionnaire prolétarienne incarnée par le président Mao

Éditorial du Hongqi (Drapeau rouge) n ° 14, 1966

La situation présente de la grande révolution culturelle prolétarienne est excellente.

Elle est caractérisée essentiellement par le fait que les larges masses ont été réellement mobilisées.

Ainsi que l’a dit le président Mao : « Ce mouvement est d’une grande ampleur, il a vraiment mobilisé les masses et revêt une signification considérable pour la révolutionnarisation idéologique de tout notre peuple. »

Les larges masses révolutionnaires ont acquis une meilleure compréhension de la ligne révolutionnaire prolétarienne incarnée par le président Mao.

L’orientation de leur lutte est devenue encore plus claire et leur esprit combattant s’est élevé encore davantage. Leur étude et leur application vivantes des œuvres du président Mao dans la lutte, ont mené le mouvement de masse pour l’étude de ses œuvres à un nouveau sommet. Le mouvement de la grande révolution culturelle prolétarienne se développe de façon plus pénétrante, plus large et plus saine.

Récemment, répondant à l’appel du président Mao pour  «suivre de près les affaires de l’Etat », les larges masses ont consciencieusement porté leur attention à la lutte opposant deux lignes dans la grande révolution culturelle prolétarienne, ont pratiqué la critique et la dénonciation de la ligne réactionnaire bourgeoise.

Cette critique et cette dénonciation de masse se sont répandues dans les provinces, les municipalités, les départements, les écoles et les universités de tout le pays. Toutes les erreurs allant à rencontre de la ligne du président Mao ainsi que toutes les manifestations de la ligne réactionnaire bourgeoise ont été dévoilées, critiquées et stigmatisées par les larges masses.

Les larges masses révolutionnaires se sont dressées pour critiquer et dénoncer la ligne réactionnaire bourgeoise. C’est un indice important montrant qu’elles sont véritablement mobilisées et que la situation en cours est excellente. C’est le signe que la ligne révolutionnaire prolétarienne incarnée par le président Mao pénètre toujours plus profond dans le cœur du peuple et que la ligne réactionnaire bourgeoise ‘a fait faillite.

C’est une très bonne chose que les masses aient directement assimilé la juste ligne du président Mao et entrepris une vaste et profonde critique de la ligne erronée et que, par centaines de millions, elles suivent à ce point les affaires de l’Etat.

C’est un très puissant stimulant pour les camarades qui ont très mal compris le travail de direction de la grande révolution culturelle prolétarienne et qui l’ont assumé d’une manière qui était loin d’être sérieuse et efficace.

C’est une très grande aide pour les camarades qui appliquent la ligne bourgeoise, afin qu’ils corrigent leurs erreurs. C’est la plus importante garantie pour que la ligne erronée continue d’être rectifiée, que son influence néfaste soit effacée et que la ligne révolutionnaire prolétarienne et la Décision en 16 points concernant la grande révolution culturelle soient correctement et intégralement appliquées.

La lutte entre les deux lignes s’est centrée depuis le début sur la position qu’il convient de prendre et l’attitude qu’il convient d’adopter à l’égard des masses.

La ligne révolutionnaire prolétarienne incarnée par le président Mao est celle-ci : faire confiance aux masses, s’appuyer sur elles, respecter leur esprit d’initiative, les laisser s’éduquer et se libérer par elles-mêmes, les mobiliser sans réserve afin de lutter contre la poignée d’éléments qui détiennent des postes de direction mais, bien que du Parti, s’engagent dans la voie capitaliste, donner libre élan aux masses dans leur lutte contre tous les éléments malfaisants de la société, travailler à  «lutter, critiquer et corriger ».

La ligne réactionnaire bourgeoise va cependant à rencontre de cela. Certains des représentants qui ont prôné cette ligne s’opposent à ce que les masses s’éduquent et se libèrent par elles-mêmes.

A l’égard des masses, ces gens-là pratiquent la « tutelle politique » à la façon du Kuomintang ; ils traitent les masses comme des ignorants et des incapables, ils se considèrent comme des hommes pleins de sagesse et d’ingéniosité ; ils répriment les masses et étouffent leur esprit d’initiative ; ils détournent les objectifs de la lutte et pointent le fer de lance sur les masses révolutionnaires, les ravalent au rang de  «contre-révolutionnaires », d’« éléments antiparti », de  «droitiers », de « pseudo-gauche et droite véritable » etc.

Ces deux lignes sont diamétralement opposées. L’une est la ligne de masse du président Mao, l’autre la ligne de la bourgeoisie qui s’oppose aux masses et les réprime ; l’une est la ligne révolutionnaire du prolétariat qui mène la grande révolution culturelle prolétarienne jusqu’à son terme, l’autre est la ligne bourgeoise hostile à la révolution, qui veut conduire la grande révolution culturelle prolétarienne à l’opposé et l’étrangler dans son berceau.

On ne peut construire du nouveau sans détruire l’ancien. Sans s’opposer à la ligne réactionnaire de la bourgeoisie, sans extirper l’influence de cette ligne erronée, il est impossible de mettre en œuvre correctement et intégralement la ligne révolutionnaire du prolétariat.

Il faudra un énorme travail pour que l’influence néfaste de la ligne réactionnaire de la bourgeoisie soit extirpée. Cette ligne réactionnaire a une base sociale qui est essentiellement dans la bourgeoisie.

La ligne erronée a une certaine audience à l’intérieur du Parti, car la poignée de responsables qui, en son sein, prennent la voie capitaliste considèrent cette ligne erronée comme un talisman les protégeant ; et aussi parce qu’il y a encore dans le Parti un nombre assez considérable de gens à l’esprit brouillon qui n’ont pas réformé leur conception du monde, ou du moins pas efficacement.

Un certain cheminement est nécessaire pour que ces camarades reviennent à la ligne juste.

Des distinctions doivent être faites parmi ceux qui ont commis des erreurs de ligne.

Ceux (un, deux ou quelques individus seulement) qui ont prôné la ligne erronée doivent être distingués de ceux qui l’ont appliquée ; de même, ceux (une minorité) qui ont consciemment mis en œuvre cette ligne erronée doivent être distingués de ceux (nombreux) qui ne l’ont pas fait consciemment ; nous devons faire une différence entre ceux qui l’ont mise en pratique jusqu’à un certain point et ceux qui l’ont mise en pratique dans une mesure moindre ; faire la différence entre ceux qui persistent dans leur erreur et ceux qui veulent les corriger et les corrigent effectivement.

En général, les contradictions entre, d’un côté, les camarades qui ont commis des erreurs de ligne et, de l’autre, le Parti et les masses, sont encore des contradictions au sein du peuple. Pourvu qu’ils corrigent leurs erreurs, retournent à la juste position et appliquent la ligne correcte du Parti, il leur sera possible d’entrer non seulement dans la 2ème catégorie de cadres [relativement bons] ou la Sème [ceux qui ont commis de graves erreurs mais qui ne sont pas des droitiers antiparti et antisocialistes] mais aussi de devenir des cadres de la 1ère catégorie [bons]. [Voir la Décision du C.C. du Parti communiste chinois sur la grande révolution culturelle prolétarienne]

Néanmoins, ces camarades doivent être prévenus sans ambages, qui qu’ils soient et quels que soient les mérites qu’ils ont acquis, que s’ils persistent dans leurs erreurs, la nature des contradictions entre eux et le Parti et les masses peut changer ; les contradictions non antagoniques peuvent devenir antagoniques et ils glisseront sur la voie antiparti et antisocialiste.

La distinction entre ceux qui rectifient leurs erreurs et ceux qui s’y obstinent est fournie par leur attitude à l’égard des masses, selon qu’ils auront ou non admis publiquement devant elles qu’ils ont appliqué une ligne erronée ; selon qu’ils ont ou non fait de sérieux efforts pour modifier le verdict prononcé au sujet de ces masses révolutionnaires qu’ils ont ravalées au rang de  «contre-révolutionnaires », d’« éléments antiparti », de  «droitiers », de « pseudo-gauche et droite véritable », et s’ils les ont ou non publiquement réhabilitées et s’ils ont ou non soutenu les actions révolutionnaires des masses révolutionnaires.

Un communiste qui a commis une erreur de ligne doit avoir le courage de l’admettre, de faire la critique de son erreur, et de se tenir aux côtés des masses pour stigmatiser ses propres erreurs. Le président Mao nous a enseigné ceci : « Le souvenir des innombrables martyrs de notre révolution qui ont donné leur vie pour les intérêts du peuple emplit d’affliction le cœur des vivants. Est-il alors intérêt personnel que nous ne puissions sacrifier, défaut que  « nous ne puissions corriger ? »

Au cours de la critique et de la dénonciation de la ligne erronée, le principe qui consiste à  «tirer la leçon des erreurs passées pour en éviter le retour » et  «guérir la maladie pour sauver l’homme » — principe constamment défendu par le président Mao — doit être adopté à l’égard de ces camarades qui ont commis des erreurs de ligne,  «afin d’atteindre deux objectifs : éclairer complètement l’aspect idéologique de la question et regrouper les camarades ».

Les masses et la jeunesse révolutionnaires qui se sont vigoureusement dressées pour critiquer et stigmatiser la ligne erronée devront toujours prêter attention à cet enseignement du président Mao.

Quant à cette partie des masses qui a été provisoirement obnubilée par la ligne erronée, elle ne doit pas être blâmée ; il ne faut pas lui coller d’étiquettes du genre de  «monarchiste » ; au contraire il faut faire des efforts patients pour l’aider et s’unir avec elle.

Ces camarades qui ont commis des erreurs de ligne doivent écouter modestement, sincèrement et de tout cœur les critiques des masses et suivre l’enseignement renouvelé du président Mao de  «rabattre son orgueil pour accepter d’être un écolier ». Ils doivent se tenir aux côtés des masses révolutionnaires et éliminer conjointement avec elles l’influence pernicieuse de la ligne réactionnaire bourgeoise. Il ne faut pas que le moindre sentiment d’antagonisme naisse de quelques paroles ou de quelques gestes excessifs des masses au cours de l’activité de critique et de stigmatisation.

Au contraire, on doit voir que leur orientation générale est correcte, comprendre leurs sentiments, avoir confiance en elles dans leur majorité, avoir confiance en leur faculté de discernement.

Ces camarades qui ont fait des erreurs doivent se débarrasser des nombreuses « craintes » qu’abrité leur esprit. En dernier ressort, ces  «craintes » se ramènent à la peur des masses et de la révolution.

Ces camarades doivent agir selon les instructions du président Mao et remplacer la « crainte » par « l’audace », le souci du « moi » par celui des affaires  «publiques » et la « confiance en soi » par la « confiance dans les masses ».

Ce n’est qu’ainsi que ces erreurs peuvent être corrigées, et que ces camarades pourront se débarrasser de leur passivité, acquérir l’initiative et exercer la direction de la grande révolution culturelle prolétarienne en accord avec la ligne du président Mao.

Unissons-nous tous, camarades qui voulons faire la révolution, donnons à la grande révolution culturelle prolétarienne une nouvelle impulsion sous le grand drapeau de la pensée de Mao Zedong et en nous basant sur la ligne révolutionnaire du prolétariat incarnée par le président Mao.

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Une nouvelle victoire de la pensée de Mao Zedong

Éditorial du Renmin Ribao
Le Quotidien du peuple
4 juin 1966

Notre journal publie aujourd’hui deux importantes informations. La première : Le Comité central du Parti communiste chinois a décidé de réorganiser le Comité du Parti de la Municipalité de Pékin ; les fonctions de premier secrétaire et de deuxième secrétaire du nouveau Comité sont assumées respectivement par le camarade Li Siuéfeng, premier secrétaire du Bureau de la Chine du Nord du Comité central du P.C.C., et le camarade Wou Teh.

La seconde : Le Comité du Parti de la Municipalité de Pékin, nouvellement remanié, a décidé de relever de toutes leurs fonctions Lou Ping et Peng Peiyun et de réorganiser le Comité du Parti de l’Université de Pékin ; il a envoyé un groupe de 1travail dans cette Université pour y diriger la grande révolution culturelle socialiste et exercer les fonctions et pouvoirs du Comité du Parti.

Après avoir été radiodiffusées hier à 16 heures, ces deux informations ont bénéficié immédiatement du soutien chaleureux des larges masses ouvrières et paysannes de Pékin, ainsi que des administrations d’Etat, universités, instituts, organisations de masse et unités des forces armées de la capitale.

Transportées d’enthousiasme, les larges masses ont exprimé unanimement l’opinion que la décision du Comité central du P.C.C. et celle du Comité du Parti de la Municipalité de Pékin nouvellement réorganisé étaient des plus clairvoyantes et des plus justes, et constituaient une nouvelle victoire de la pensée de Mao Zedong.

La direction de l’ancien Comité du Parti de la Municipalité de Pékin était traversée d’un bout à l’autre par une ligne noire antiparti et antisocialiste. Certains responsables principaux de ce Comité n’étaient pas des marxistes-léninistes, mais des révisionnistes.

La grande révolution culturelle socialiste a percé à jour la clique contre-révolutionnaire du « Village des Trois » qui s’oppose au Parti et au socialisme. Cette clique contre-révolutionnaire avait pour racine l’ancien Comité du Parti de la Municipalité de Pékin.

Durant une période passablement longue, la revue Qianxian (Front), le Beijing Ribao (Quotidien de Pékin) et le Beijing Wanbao (Pékin-Soir) servirent d’instruments à la clique contre-révolutionnaire pour distiller le poison révisionniste, dans l’espoir — d’ailleurs vain — de réaliser la restauration du capitalisme. Ils avaient également pour racine l’ancien Comité du Parti de la Municipalité de Pékin.

Durant une période passablement longue, au lieu d’appliquer la ligne du marxisme-léninisme, ligne de la pensée de Mao Zedong.

Élaborée par le Comité central du P.C.C., bon nombre de départements d’organismes du Parti et d’administrations de la Municipalité de Pékin appliquèrent une ligne révisionniste ; au lieu d’être des instruments de la dictature du prolétariat sur la bourgeoisie, ils se faisaient des instruments de la dictature de la bourgeoisie sur le prolétariat. Ils avaient aussi pour racine l’ancien Comité du Parti de la Municipalité de Pékin. Dans le domaine de l’enseignement, l’ancien Comité du Parti de la Municipalité de Pékin appliquait également une ligne antiparti et antisocialiste.

L’Université de Pékin était l’un des bastions les plus tenaces qu’il contrôlait.

Sa politique en matière d’enseignement, comme l’ont révélé les masses des étudiants de l’Université, visait à former des successeurs de la bourgeoisie, au lieu de former les continuateurs de la cause révolutionnaire du prolétariat.

Les grandes masses des ouvriers, paysans et soldats ainsi que les larges masses des cadres et intellectuels révolutionnaires de Pékin contrecarraient et combattaient depuis longtemps la ligne noire, antiparti et antisocialiste, de l’ancien Comité du Parti de la Municipalité de Pékin. Elles ont fait un grand travail et ont apporté leur contribution à la révolution et à l’édification socialistes, en exécutant résolument les directives du Comité central du Parti et du président Mao.

Plus de 95 pour cent de la population et plus de 95 pour cent des cadres de la région de Pékin soutiennent le président Mao et le Comité central du Parti. Dès qu’ils prirent conscience de la réalité, ceux qui s’étaient laissés abuser se lancèrent immédiatement dans le combat contre la ligne noire, antiparti et antisocialiste, de l’ancien Comité du Parti de la Municipalité de Pékin.

Actuellement, une situation révolutionnaire se développe avec impétuosité à l’Université de Pékin. Nié Yuantse et six autres camarades, en affichant leur journal mural en gros caractères, ont tiré avec éclat la première salve. Diffusé par la radio et reproduit dans les journaux, le contenu de cette grande affiche a immédiatement provoqué une vive émotion et un enthousiasme extraordinaire dans toute l’université.

Les révolutionnaires prolétariens dressent fièrement la tête, les rangs de la Gauche grossissent rapidement.

Comme une pluie d’obus, des dizaines de milliers de journaux muraux en gros caractères ont pilonné les éléments antiparti et antisocialistes.

Le soutien vigoureux des autres universités et écoles de Pékin amplifie l’impétuosité de la révolution prolétarienne. Pris de panique, les « monarchistes » sont réduits à l’isolement complet. Sous la direction du groupe de travail envoyé par le nouveau Comité du Parti de la Municipalité de Pékin, les larges masses des étudiants, enseignants et membres du personnel administratif de l’Université règlent les comptes avec Lou Ping et consorts et les combattent résolument pour leurs actes criminels, antiparti et antisocialistes.

Ces cliques contre-révolutionnaires, antiparti et antisocialistes, paraissaient fort terribles. Elles effectuaient un tel contrôle et un tel verrouillage de leurs positions qu’il semblait que même l’eau ne pouvait s’y infiltrer et qu’une aiguille même n’aurait pu y pénétrer.

Mais lorsque le président Mao et le Comité central du Parti lancèrent le grand appel pour la grande révolution culturelle prolétarienne et que les masses populaires se dressèrent, le visage contre-révolutionnaire de ces cliques fut du coup démasqué.Ainsi que tous les réactionnaires, ils ne sont que des tigres en papier. Une excellente situation règne dans notre pays.

Le peuple tout entier ressent une affection infinie pour le président Mao et le Comité central du Parti ; la pensée de Mao Zedong pénètre profondément dans le cœur des hommes ; la conscience politique des larges masses est plus élevée que jamais ; la cause de la révolution et de l’édification socialistes a d’énormes réalisations à son actif.

Quiconque s’oppose au président Mao, quiconque s’oppose à la pensée de Mao Zedong, quiconque s’oppose au Comité central du Parti, quiconque s’oppose à la dictature du prolétariat, quiconque s’oppose au système socialiste sera stigmatisé par le Parti tout entier et condamné par le pays tout entier, et cela quelle que soit la hauteur de son poste et quelle qu’ait été la durée de ses services. Seules la déchéance totale et l’infamie l’attendent.

Nous sommes fermement convaincus que la ligne erronée de l’ancien Comité du Parti de la Municipalité de Pékin et l’influence de cette ligne seront complètement et définitivement éliminées sous la direction du Comité du Parti de la Municipalité de Pékin, nouvellement organisé.

Il est certain que la grande révolution culturelle prolétarienne de Pékin remportera de grandes victoires et que les diverses activités de la Municipalité seront menées à bien.

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Une Grande Révolution qui touche l’homme dans ce qu’il a de plus profond

Éditorial du Renmin Ribao
Le Quotidien du peuple
2 juin 1966

La Chine se trouve aujourd’hui, après la prise du pouvoir par le prolétariat, dans une ère nouvelle de grandes transformations, dans une situation nouvelle, où la révolution socialiste gagne en profondeur, et au milieu du flot impétueux de la grande révolution culturelle socialiste qui touche l’homme dans ce qu’il a de plus profond.

La révolution et le mouvement d’éducation socialistes qui gagnent pas à pas en profondeur, amènent inévitablement la question de la révolution culturelle prolétarienne au premier plan.

Et, inévitablement, votre attitude vis-à-vis de celle-ci révélera si vous êtes authentiquement avec la révolution socialiste, si vous faites semblant de l’être ou si vous êtes contre elle. La question touche l’homme dans ce qu’il a de plus profond,c’est-à-dire jusqu’à sa conception du monde, et c’est donc la question de savoir si c’est la conception prolétarienne du monde ou la conception bourgeoise qui domine en lui. C’est une lutte entre deux conceptions antagonistes du monde.

Celles-ci, la conception du monde du prolétariat et celle de la bourgeoisie, sont, telles deux armées se faisant face dans la bataille, engagées dans une lutte qui doit se terminer immanquablement par la victoire de l’une sur l’autre. Tu m’écrases ou je t’écrase.

Le vent d’Est l’emporte sur le vent d’Ouest, ou l’inverse. Il n’est pas d’autre issue.

Le Parti et le président Mao Zedong nous ont appris à nous armer avec la conception prolétarienne du monde, à transformer le monde subjectif en même temps que le monde objectif.

Mais les représentants de la bourgeoisie et les « savants et autorités » bourgeois s’acharnent à nous attirer dans le bourbier de la conception bourgeoise du monde et à miner les fondements du socialisme.

Face à l’ennemi juré, nous devons nous rallier autour du grand étendard de la pensée de Mao Zedong et combattre résolument et impitoyablement ces représentants de la bourgeoisie et ces « savants et autorités » bourgeois qui sont antiparti et antisocialistes.

C’est seulement en les combattant résolument et en abattant radicalement les vents funestes bourgeois que nous pourrons nous libérer de l’influence de l’idéologie, des traditions et de la force de l’habitude bourgeoises, passer avec succès le test capital qu’est pour nous la révolution socialiste et avancer à pas de géant dans la large voie de la révolution socialiste.

Il est faux d’affirmer qu’il n’existe pas de contradictions dans la société socialiste ; cela va à rencontre du marxisme-léninisme et est en désaccord avec la dialectique. Comment pourrait-il ne pas y avoir de contradictions ?

Il y en aura toujours, dans mille ans, dix mille ans, voire cent millions d’années. La terre serait-elle détruite et le soleil se serait-il éteint qu’il en existerait encore dans l’univers. Chaque chose est en contradiction, lutte et changement. C’est cela le point de vue marxiste-léniniste.

L’essence même du marxisme est critique et révolutionnaire. Il a pour base la critique, la lutte et la révolution. Et c’est cela seul qui fait progresser continuellement notre cause socialiste. Le président Mao nous a souvent rappelé, par le dicton : « L’arbre préfère le calme, mais le vent continue de souffler », que la lutte des classes est un fait objectif, indépendant de la volonté de l’homme.

La bourgeoisie tente tous les jours de nous influencer et de nous corrompre. La lutte actuelle a été entièrement provoquée par les représentants de la bourgeoisie. Ils l’ont, par ailleurs, préparée depuis de longues années et n’ont cessé de la mener.

Le voudrions-nous, que nous ne pourrions l’éviter. La lutte est la vie même. Si vous ne combattez pas, vous serez assailli ; si vous ne frappez pas, vous serez frappé ; si vous ne détruisez pas, vous serez détruit. C’est un combat à mort entre classes. Y perdre la vigilance, c’est se mettre en danger.

Le président Mao a dit :  «… tout en reconnaissant que dans le cours général du développement historique le matériel détermine le spirituel, l’être social détermine la conscience sociale, nous reconnaissons et devons reconnaître l’action en retour du spirituel sur le matériel, de la conscience sociale sur l’être social, de la superstructure sur la base économique. »

L’idéologie bourgeoise demeure très puissante et continue d’exercer une immense influence dans notre pays. La question de savoir qui, du prolétariat ou de la bourgeoisie, l’emportera dans le domaine de l’idéologie n’est pas encore réglée.

Nous devons vouer toute notre attention à l’idéologie et à la superstructure, nous préoccuper des travaux théoriques, académiques, littéraires et artistiques, etc., afin de consolider les positions idéologiques du prolétariat, de renforcer la dictature du prolétariat et d’affermir la base économique du socialisme.

Les représentants de la classe bourgeoise renversée continuent de vouer toute leur attention à l’idéologie et à la superstructure, à se préoccuper des travaux théoriques, académiques, littéraires et artistiques, etc.

Sur le front culturel, ils se sont beaucoup démenés pour que notre théâtre soit dominé par les empereurs et les rois, les généraux et les ministres, les lettrés et les courtisanes, les personnages d’autres temps et d’autres pays, ils ont fait de la propagande antiparti et antisocialiste pour préparer l’opinion publique à un retour au capitalisme.

Nous ne devons jamais considérer notre lutte contre eux comme une simple  «polémique sur le papier », sans aucun effet sur la situation générale.

Ce sont précisément un certain nombre d’intellectuels révisionnistes du cercle Petöfi qui ont servi de troupes de choc dans l’affaire hongroise. Tout comme le vent qui annonce la tempête, c’était là le prélude à leur vaine tentative de restauration contre-révolutionnaire.

L’âpre lutte de classe que nous menons actuellement sur le front idéologique et culturel est donc une lutte qui cherche à briser, sur. Le plan idéologique, tous les complots de restauration du capitalisme, à extirper les racines mêmes de l’idéologie révisionniste, à renforcer la dictature du prolétariat et à défendre la pensée de Mao Zedong. Cette lutte doit se terminer par notre victoire ; elle doit être victorieuse et elle le sera.

Nous devons accorder la plus grande importance au rôle que joue l’idéologie, au rôle de l’idéologie prolétarienne et socialiste, au rôle du marxisme-léninisme, au rôle de la pensée de Mao Zedong.

Ne pas accorder d’importance au rôle que joue l’idéologie serait pour nous, communistes, faire preuve d’un matérialisme vulgaire, mécaniste.

Nous devons soulever l’enthousiasme du peuple par la grande pensée de Mao Zedong et notre grande et juste cause, afin qu’il élargisse son horizon, regarde vers l’avenir et aille fermement de l’avant !

Le peuple chinois est décidé à se débarrasser de l’influence que les traditions des classes exploiteuses et la force de l’habitude exercent sur lui depuis des millénaires, et à se débarrasser de l’influence de l’impérialisme.

Lorsqu’il en sera débarrassé, il s’affirmera comme une force puissante et jouera un rôle considérable.

Nous devons élever notre conscience communiste et développer consciemment l’idéologie communiste. Nous devons être des révolutionnaires conséquents et non les hésitants.

Nous devons lever haut, à jamais, le grand drapeau rouge de la pensée de Mao Zedong, balayer tous les génies malfaisants et poursuivre jusqu’au bout la grande révolution culturelle prolétarienne.

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Un document-programme de la grande révolution culturelle prolétarienne

Éditorial du Hongqi (Drapeau rouge)
n ° 10, 1966

En ce moment crucial pour le développement de la grande révolution culturelle prolétarienne dans notre pays, le Comité central du Parti communiste chinois vient de publier la « Décision concernant la grande révolution culturelle prolétarienne ».

Ce document a été établi sous la direction personnelle du camarade Mao Zedong et en dressant d’une façon scientifique le bilan de l’expérience du mouvement de masse de la grande révolution culturelle prolétarienne au cours des derniers mois. Il constitue son programme et la conduira vers un nouveau sommet.

La décision a correctement analysé la nature, la situation et les tâches de la grande révolution culturelle prolétarienne dans notre pays et le Parti y expose les principes et la politique destinés à la guider.

Il y est dit :  «La grande révolution culturelle prolétarienne en cours est une grande révolution qui touche l’homme dans ce qu’il a de plus profond.

Elle représente une nouvelle étape, marquée par une plus grande profondeur et une plus grande ampleur, du développement de la révolution socialiste de notre pays. »

Il y a 10 ans, lorsque la transformation socialiste de la propriété des moyens de production fut pour l’essentiel achevée en Chine, le camarade Mao Zedong indiquait déjà avec clairvoyance :

«La lutte de classes n’est pas encore arrivée à son terme. La lutte de classes entre le prolétariat et la bourgeoisie, entre les diverses forces politiques et entre les idéologies prolétarienne et bourgeoise sera encore longue et sujette à des vicissitudes, et par moments elle pourra même devenir très aiguë.

Le prolétariat cherche à transformer le monde selon sa propre conception du monde, et la bourgeoisie selon la sienne. A cet égard, la question de savoir qui l’emportera, du socialisme ou du capitalisme, n’est pas encore véritablement résolue. »

La grande révolution culturelle prolétarienne vise justement à trancher cette question avancée par le camarade Mao Zedong ; elle doit, sous la direction de notre Parti, mobiliser entièrement les masses et régler graduellement la question de savoir qui vaincra dans le domaine idéologique.

La grande révolution culturelle est une lutte de la conception prolétarienne du monde contre la conception bourgeoise du monde, une lutte du prolétariat contre la bourgeoisie pour ladirection dans le domaine idéologique.

Toutes les luttes de classes sont des luttes politiques. L’actuelle grande révolution culturelle est, en dernière analyse, une lutte à mort entre le système socialiste et le système capitaliste, une lutte où une partie vise à consolider la dictature du prolétariat et l’autre, à transformer celle-ci en dictature de la bourgeoisie. C’est une lutte clé classes extrêmement acharnée, extrêmement aiguë, extrêmement profonde.

C’est une lutte menée par le prolétariat pour empêcher la restauration du capitalisme, une lutte pour empêcher l’impérialisme et le révisionnisme moderne de mener à bien leurs complots de subversion et de réaliser dévolution pacifique » dans notre pays. C’est une lutte qui concerne l’avenir de notre grande patrie.

Les tâches de la grande révolution culturelle prolétarienne en cours sont, ainsi que le souligne la décision, d’abord de mettre hors d’état de nuire ceux qui détiennent des postes de direction et qui s’engagent dans la voie capitaliste ; ensuite, de stigmatiser les «sommités » académiques réactionnaires de la bourgeoisie ainsi que l’idéologie de la bourgeoisie et de toutes les autres classes exploiteuses ; enfin, de réformer l’éducation, la littérature et les arts ainsi que toutes les autres branches de la superstructure ne correspondant pas à la base économique socialiste.

En ce moment, la grande révolution culturelle prolétarienne dans notre pays est caractérisée par une excellente situation qui traduit une prospérité florissante dans les domaines politique,économique et autres de notre pays.

Sans précédent dans l’histoire, cette grande révolution culturelle que dirige le Parti communiste chinois voit de nouveaux changements intervenir dans les rapports entre les différentes classes et forces politiques. Là où le mouvement de masse a réellement pris son essor, il est vigoureux et irrésistible.

Les larges masses d’ouvriers, de paysans, de soldats, d’intellectuels et de cadres révolutionnaires se sont lancées dans le torrent de la révolution et les bastions de la réaction bourgeoise ont été démantelés l’un après l’autre.

C’est là la tendance principale de la grande révolution culturelle. Mais il faut noter que la résistance au mouvement demeure encore passablement forte et opiniâtre.

Maints endroits, maints organismes de travail ne présentent encore qu’une animation apparente ou sont plongés dans une relative apathie, et le voile de la lutte de classes n’a pas encore été complètement déchiré voire pas déchiré du tout. En certains endroits, dans certains organismes de travail, il y a eu des vicissitudes, des flux et des reflux.

Leurs responsables ou ceux des groupes de travail qui y ont été envoyés en mission ont commis des erreurs quant à l’orientation et à la ligne adoptées. Ils ont organisé des contre-attaques contre les masses qui les critiquaient sur les journaux en gros caractères.

Ils ont même avancé des slogans selon lesquels s’opposer à un responsable d’un organisme ou d’un groupe de travail, c’est

s’opposer au Comité central du Parti, c’est s’opposer au Parti et au socialisme, c’est faire la contre-révolution.

Ils ont pointé le fer de lance de la lutte contre des militants authentiquement révolutionnaires, traqué la gauche révolutionnaire et réprimé le mouvement révolutionnaire de masse.

Naturellement, la grande révolution culturelle prolétarienne demeure malgré tout la tendance générale et elle est irrésistible. Une fois les masses pleinement mobilisées, une telle résistance s’effrite vite. Après des vicissitudes, des flux et des reflux, le mouvement avancera de façon encore plus saine et encore plus vigoureuse.

La tâche de notre Parti, c’est de guider avec intrépidité cette grande révolution et d’y exceller. Le facteur capital et d’importance décisive dans l’exercice de sa direction, c’est d’accorder la primauté à l’audace et de mobiliser sans réserve les masses.

Le critère fondamental pour savoir si quelqu’un peut ou non diriger cette grande révolution culturelle prolétarienne — et il en est de même quant à son attitude à l’égard des autres mouvements révolutionnaires — est celui-ci : a-t-il ou non l’audace de mobiliser sans réserve les masses ?

Faire confiance aux masses, s’appuyer sur elles, respecter leur esprit d’initiative, voilà l’essence de la décision. Rejetez la crainte. N’ayez pas peur d’exprimer largement et librement les vues et les opinions. Ne redoutez pas les journaux en gros caractères et les grands débats. N’appréhendez pas le désordre.

Car toutes ces craintes se ramènent à une seule, la peur des masses. Qui ne rejette pas la crainte ne peut diriger ce mouvement révolutionnaire, et deviendra même un obstacle pour le mouvement de masse. Que les masses fassent leur propre éducation, qu’elles administrent leurs propres affaires et se dressent dans ce grand mouvement révolutionnaire pour faire elles-mêmes la révolution.

Qu’au cours de la lutte révolutionnaire, les masses apprennent à distinguer le vrai du faux, l’action correcte de l’action incorrecte. On ne peut établir un ordre révolutionnaire en posant d’avance un ensemble de restrictions. Nous devons l’instaurer en nous appuyant sur les masses, en accord avec leur propre expérience dans la lutte.

Le président Mao nous a toujours enseigné ceci :

«Les masses sont les véritables héros, alors que nous sommes souvent d’une naïveté ridicule. Faute de comprendre cela, il nous sera impossible d’acquérir les connaissances même les plus élémentaires. »

Ce n’est qu’en étant d’abord élèves des masses que nous pourrons devenir leurs professeurs. Dans la grande révolution culturelle prolétarienne, certains camarades l’ont oublié. Infatués comme ils sont, ils s’estiment toujours très savants et ne croient pas en la science des masses.

En fait, seules les larges masses sont savantes réellement. Elles peuvent beaucoup nous apprendre. Nous devons les écouter, étudier et comprendre leurs expériences, leurs désirs, leurs critiques, réunir tout cela, vérifier l’ensemble de leurs besoins et tout leur retourner sous la forme d’une politique. Un dirigeant qui ne va pas s’instruire à l’école des masses ne saura jamais rien.

Dans la grande révolution culturelle prolétarienne, nombre de faits nouveaux sont apparus, tels les groupes et les comités de la révolution culturelle, etc., lesquels n’ont pas été purement et simplement imaginés puis imposés aux masses par qui que ce soit, mais ont été créés spontanément par elles-mêmes au cours de la révolution culturelle.

Le président Mao et le Comité central du Parti ont résumé les expériences des masses et, dans cette décision, les ont consacrées comme quelque chose de neuf et d’une grande importance historique.

Au début, l’apparition de ces faits nouveaux n’a suscité qu’une attention minime des gens, et Us furent même étouffés et attaqués.

L’attitude qu’on prend à leur égard révèle l’attitude qu’on prend à l’égard des masses, à l’égard de la révolution et du mouvement révolutionnaire de masse.

A ce sujet, voici ce que le président Mao a souligné de façon pénétrante :  «Les masses nourrissent un enthousiasme débordant pour le socialisme. Ceux qui, en période révolutionnaire, ne savent qu’emprunter la voie routinière sont absolument incapables de discerner cet enthousiasme.

Ce sont des aveugles ; ils voient tout en noir. Parfois, ils vont jusqu’à renverser les faits et à faire passer le blanc pour le noir. N’avons-nous pas suffisamment vu de ces gens-là ?

Ceux qui ne savent que suivre les chemins battus sous-estiment toujours l’enthousiasme du peuple.

Quand une chose nouvelle apparaît, ils ne l’approuvent jamais, d’emblée ils s’y opposent. Puis, ils reconnaissent leur tort et font quelque autocritique.

Mais par la suite, en présence d’une autre chose nouvelle, ils se comportent de la même manière en reprenant ces deux attitudes. C’est de cette façon qu’ils réagissent devant toute chose nouvelle.

Ces gens-là sont toujours dans un état de passivité. Ils n’avancent jamais dans les moments décisifs. Ils ont toujours besoin qu’on leur donne un grand coup dans le dos pour qu’ils fassent un pas en avant. »

Le danger est grand de ces camarades qui se complaisent à se tenir sur de dominatrices hauteurs et à se couper des masses. Du point de vue du niveau politique et idéologique, ils traînent loin derrière les simples militants jusqu’ici inconnus et les jeunes qui osent frayer la voie.

Néanmoins, ils se considèrent comme de nobles personnages dépassant leurs  «subordonnés » de la tête et des épaules.

Ils gardent l’habitude de tout monopoliser, de donner des ordres et de réduire les masses à l’inaction ; du détachement à l’égard des masses, de la crainte des masses, ces gens-là passent souvent à l’opposition aux masses et à la répression contre elles. Ils tremblent souvent devant la tempête révolutionnaire, ne sachant que faire, et à peine revenus de leur frayeur, ils s’efforceront en toute hâte de refouler le mouvement révolutionnaire.

Se tenant sur la position réactionnaire de la bourgeoisie, ils briment les révolutionnaires, ils mettent sous l’éteignoir les opinions opposées aux leurs et exercent ainsi une dictature bourgeoise.

L’expérience a montré que l’œuvre de la révolution culturelle dans les différents organismes de travail doit être menée par les masses mêmes qui y ont leur activité et ne doit pas être accaparée par les organismes supérieurs.

D’une manière générale, les organismes supérieurs ne doivent pas envoyer des groupes de travail de la révolution culturelle. Les cadres appointés par les organisations supérieures pour rester en contact avec les différents organismes ne doivent pas jouer les  «envoyés impériaux », et  «à peine descendus de leur char », se répandre en imprécations ou en bavardages et retirer des idées toutes faites des quelques opinions unilatérales qu’ils entendent.

Ils doivent se lier aux masses sincèrement et ardemment, s’identifier à elles, pour davantage voir, davantage demander, davantage écouter et davantage réfléchir.

Comment assurer la direction du Parti dans ce mouvement de masse d’une ampleur sans précédent qu’est la grande révolution culturelle ?

Les organisations du Parti à tous les échelons doivent tenir la pensée de Mao Zedong pour leur guide dans l’action, appliquer consciencieusement la ligne, les principes et la politique corrects formulés par le Comité central du Parti dirigé par le président Mao et opposer une résistance résolue à l’exercice d’une direction erronée qui porterait préjudice à la révolution.

Pour cela, il est nécessaire de partager le lot des larges masses populaires, de les suivre dans toutes les épreuves, de venir des masses et de retourner à elles.

Certains camarades mettent en opposition la direction du Parti et la mobilisation totale des masses. C’est tout à fait erroné.

Si on veut correctement mobiliser sans réserve les masses, il faut que la politique soit remise entre leurs mains. La publication de cette décision leur apporte directement les différents principes politiques du Parti concernant la grande révolution culturelle prolétarienne. Ce qui favorisera d’autant la mobilisation sans réserve des masses.

Dans le déroulement .du mouvement, il faut laisser les masses démasquer complètement les droitiers bourgeois qui n’ont pas encore été dévoilés ou complètement dévoilés, les stigmatiser à fond et les isoler au maximum. Il est donc impératif que ceux qui, étant dans les rangs du Parti, détiennent des postes de direction mais s’engagent sur la voie du capitalisme, soient identifiés d’abord, et qu’on fasse tout pour y parvenir sans erreurs, pour les démasquer ensuite complètement.

Les masses comprennent parfaitement la nécessité d’un vigoureux effort pour gagner les éléments centristes encore instables et qui ne voient pas très clair dans les questions capitales de principe.

Bien sûr, une fois les masses mobilisées, il se peut — et c’est tout à fait logique —que celles-ci désignent certains de ces éléments par leurs noms dans les journaux en gros caractères placés dans leurs organismes de travail.

Du moment que ces journaux en gros caractères ne sont pas publiés dans la presse et que ces éléments centristes sont autorisés à en composer à leur tour pour se défendre, il n’y a là rien de mauvais pour eux ; cette pratique les incitera à progresser.

Nous avons la conviction qu’au cours du mouvement, certains éléments centristes changeront et rejoindront les rangs de la gauche.

S’appuyer sur la gauche s’accorde parfaitement avec la mobilisation des masses sur une grande échelle. Ce n’est que si l’on sait bien découvrir la gauche, développer et grossir ses rangs et s’appuyer fermement sur elle que les droitiers les plus réactionnaires seront isolés complètement, les éléments centristes conquis, la majorité soudée, et l’unité de plus de 95 % des cadres et de plus de 95 % des masses réalisée à la fin du mouvement.

Au cours de la lutte, il faut élever sans relâche le niveau idéologique et politique de la gauche et l’aider à étudier et à appliquer de façon créatrice les œuvres du président Mao. Seul un contingent révolutionnaire de prolétaires, c’est-à-dire un contingent résolument de gauche, armé de la pensée de Mao Zedong, extrêmement révolutionnarisé et militant à l’extrême, peut remporter la victoire dans la grande révolution culturelle.

Vive la victoire de la grande révolution culturelle prolétarienne sous le drapeau toujours triomphant de la pensée de Mao Zedong !

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Savoir manier l’arme idéologique au service de la grande révolution culturelle

Éditorial du Renmin Ribao du 11 août 1966

La Décision du Comité central du Parti communiste chinois concernant la grande révolution culturelle prolétarienne a permis aux masses populaires de notre pays d’entendre la voix de notre grand dirigeant, le camarade Mao Zedong.

Cette Décision a dressé le bilan des nouvelles expériences accumulées par les larges masses en Chine au cours de la révolution culturelle prolétarienne. Elle reflète leur esprit d’initiative révolutionnaire.

Le camarade Mao Zedong dit : II faut faire connaître notre politique non seulement aux dirigeants et aux cadres, mais aussi aux larges masses.

Une fois qu’elles auront connu la vérité et qu’elles se seront fixé un but commun, elles travailleront d’un seul cœur. Quand les masses agissent d’un seul cœur, tout devient facile.

Les larges masses d’ouvriers, de paysans et de soldats, tous les membres du Parti communiste, tout le personnel révolutionnaire, les intellectuels révolutionnaires, les enseignants et les étudiants révolutionnaires doivent, tous, étudier consciencieusement la Décision du Comité central du Parti.

Ils doivent se familiariser avec elle, la connaître à fond et l’appliquer.

A la lumière des principes et de la politique énoncés dans la Décision, ils doivent faire une étude comparative de la situation de la révolution culturelle dans leurs propres unités au cours de la période précédente, continuer à faire ce qui est juste, corriger résolument ce qui est faux et entreprendre ce qu’il reste à faire.

Il y a deux sortes de principes, de politique et de méthodes de travail opposés : la première sorte, c’est de faire confiance aux masses, s’appuyer sur elles, et les mettre en branle hardiment, dans la conviction qu’elles sont capables de se libérer et de s’éduquer au cours de ce mouvement, et de soutenir avec enthousiasme leur esprit et leurs actes révolutionnaires.

L’autre, c’est de se tenir du côté opposé aux masses et réprimer leurs mouvements au moment crucial de la révolution. La première, c’est de mettre en pratique la ligne révolutionnaire du marxisme-léninisme et de la pensée de Mao Zedong, tandis que la seconde, c’est de mettre à exécution la ligne erronée opposée au marxisme-léninisme et à la pensée de Mao Zedong.

Il faut fermement repousser cette ligne erronée, la critiquer et lutter contre elle. De cette façon, il sera possible d’appliquer pleinement la juste ligne et de conduire la grande révolution culturelle à la victoire.

La révolution culturelle prolétarienne est une grande révolution, sans analogue dans l’histoire.

Une telle révolution se heurte inévitablement à des résistances de toutes sortes. Comme il l’est dit dans la Décision : « A présent, cette résistance est encore assez forte et opiniâtre. »

Pour appliquer à fond cette Décision du Comité central du Parti, il est indispensable de lutter contre la ligne erronée au sein du Parti, contre tous les opportunismes et contre les vieilles forces de l’habitude de la société.

Marx et Engels ont écrit dans le Manifeste du Parti communiste : « La révolution communiste est la rupture la plus radicale avec le régime traditionnel de propriété ; rien d’étonnant si, dans le cours de son développement, elle rompt de la façon la plus radicale avec les idées traditionnelles. »

La grande révolution culturelle prolétarienne, qui se déroule actuellement, a pour but d’éliminer l’idéologie de la bourgeoisie et de toutes les autres classes exploiteuses, d’anéantir les vieilles idées, l’ancienne culture, les vieilles coutumes et les vieilles mœurs qui préparent le terrain pour la restauration du capitalisme, de permettre aux masses, aussi larges que possible, d’assimiler la pensée de Mao Zedong et d’enfanter de nouvelles idées, la nouvelle culture, de nouvelles coutumes et mœurs du socialisme.

En acquérant la maîtrise de cette puissante arme idéologique qu’est la Décision du Comité central du Parti, les 700 millions de Chinois sont assurés de s’unir davantage, de braver tous les obstacles et, avec la force d’une avalanche, de renverser ceux qui, dans le Parti, occupent des postes de direction et s’engagent dans la voie capitaliste, et de balayer tous les génies malfaisants.

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Révolutionnaire prolétariens ou « monarchistes » bourgeois ?

Éditorial du Renmin Ribao
Le Quotidien du peuple
5 juin 1966

Au grand appel lancé par le président Mao Zedong et le Comité central du Parti, l’Université de Pékin a vu se lever la lame de fond de la grande révolution culturelle prolétarienne. Les révolutionnaires prolétariens, qui y avaient été brimés, se sont dressés.

Ils ont renversé la domination des « monarchistes » bourgeois dont Lou Ping était le chef de file.

Le combat se poursuit victorieusement, pour briser le complot de restauration capitaliste, et les « monarchistes » bourgeois sont assaillis par les larges masses.

L’Université de Pékin est un des bastions les plus importants de l’enseignement en Chine et elle a une longue histoire. 1Certains principaux responsables de l’ancien Comité du Parti pour la Municipalité de Pékin, qui étaient contre le Parti et le socialisme et qui appliquaient une ligne révisionniste, l’ont toujours tenue pour une base permettant de disputer la jeune génération au prolétariat.

Lou Ping et sa poignée de « monarchistes » appliquaient opiniâtrement la ligne révisionniste de l’ancien Comité du Parti pour la Municipalité de Pékin et pratiquaient la dictature bourgeoise à l’Université.

Sous la domination de Lou Ping et autres, certains organismes étaient placés nominalement sous le signe de la dictature du prolétariat, mais en fait s’opposaient par des actes criminels à la dictature du prolétariat.

Ils appliquaient la ligne bourgeoise et révisionniste dans le domaine de l’enseignement, s’efforçant d’amener la jeunesse étudiante dans la voie révisionniste et d’en faire la relève de la bourgeoisie.

Lou Ping et sa poignée de « monarchistes » portaient aux nues les « autorités académiques » bourgeoises, afin qu’elles diffusent en grand leur venin parmi la jeunesse estudiantine et propagent systématiquement les idées bourgeoises et révisionnistes. Ils écartaient les enseignants révolutionnaires et les frappaient impitoyablement.

Lou Ping et sa poignée de « monarchistes » entouraient, autant que faire se pouvait, de soins attentifs, de conditions favorables et de facilités spéciales les étudiants qui adhéraient à leur politique d’enseignement révisionniste, dans le dessein d’en faire de jeunes plants révisionnistes et de les répartir dans toutes les régions du pays.

Lou Ping et sa poignée de  «monarchistes » vouaient par contre une haine profonde aux étudiants issus de familles ouvrières et paysannes et à ceux qui boycottaient leur politique d’enseignement révisionniste.

Ils avaient mis de nombreuses méthodes au point, et depuis la sélection des étudiants jusqu’à l’enseignement, depuis les examens semestriels jusqu’à l’attribution de postes aux diplômés, ils s’évertuaient par tous les moyens à imposer des limitations aux bons étudiants, à les écarter, à leur susciter des difficultés, à leur appliquer des règles discriminatoires, voire à user contre eux des méthodes de combat les plus brutales.

Lou Ping et sa poignée de  «monarchistes » ont tout fait pour contrecarrer et saper le mouvement d’éducation socialiste. Les professeurs et les étudiants révolutionnaires de l’Université de Pékin ont, au cours de ce mouvement, dénoncé d’innombrables propos et activités antiparti et antisocialistes, quantité de matériaux de Lou Ping et des autres « monarchistes » témoignant de leur application d’une politique révisionniste dans l’enseignement, mais ceux-ci n’en opposèrent pas moins une résistance opiniâtre.

Dirigés directement par l’ex-Comité du Parti pour la Municipalité de Pékin, ils revinrent furieusement à la charge, contre-attaquèrent et usèrent de représailles.

Ils imputèrent toutes sortes de crimes aux révolutionnaires, leur imposèrent diverses étiquettes, les encerclèrent, leur livrèrent combat sur combat et poursuivirent sept mois durant cette lutte impitoyable contre des militants.

Ce sont là des agissements contre-révolutionnaires d’une extrême gravité qui ont eu lieu en 1965.

Lou Ping et sa poignée de  «monarchistes » ont toujours attaqué ceux qui refusaient de se soumettre à leurs ordres. Ils les ont attaqués sous le prétexte qu’ils violaient la discipline intérieure et agissaient contre la direction.

Ils ont un esprit de parti fort prononcé, mais c’est l’esprit du parti « monarchiste » bourgeois, l’esprit du parti de la contre-révolution révisionniste.

Ils ont une discipline intérieure et une direction, mais c’est la discipline du parti  «monarchiste » bourgeois, la direction contre-révolutionnaire révisionniste.

Nous disons à ces messieurs : ceux qui s’opposent à votre esprit de parti ont un esprit de parti prolétarien, ceux qui enfreignent votre discipline intérieure observent consciemment la discipline de la révolution prolétarienne et de la dictature du prolétariat, et ceux qui s’opposent à votre direction sont ceux qui appuient et défendent consciemment la direction du Comité central du Parti avec le président Mao Zedong à sa tête.

Ils sont de bons camarades, des révolutionnaires prolétariens, l’avant-garde de la révolution prolétarienne dans l’Université de Pékin.

Ce que veut le Comité central du Parti, avec le président Mao Zedong à sa tête, c’est soutenir les révolutionnaires prolétariens, renverser votre direction et abattre les « monarchistes » que vous êtes.

La lutte qui se livre à l’Université de Pékin est une lutte entre les révolutionnaires prolétariens et les « monarchistes » bourgeois, entre le marxisme-léninisme, la pensée de Mao Zedong, et le révisionnisme, entre la ligne prolétarienne et la ligne bourgeoise en matière d’éducation, entre la révolution et la contre-révolution, une lutte de classe d’une âpreté extrême.

La lutte entre la bourgeoisie et le prolétariat pour gagner à soi la jeune génération est une composante majeure de la lutte des classes en société socialiste.

C’est cette lutte entre les deux lignes, entre les deux voies dans le domaine de l’éducation qui tranchera, en fin de compte, la question de savoir si nos jeunes seront formés pour prendre la relève du prolétariat ou la relève de la bourgeoisie. C’est donc une question d’importance capitale, dont dépendent l’avenir et la physionomie de notre Parti et de notre pays.

C’est sur la jeune génération que les impérialistes fondent leur chimérique espoir d’une « évolution pacifique » de la Chine nouvelle socialiste.

Ils rêvent de la voir abandonner la voie du marxisme-léninisme, de la pensée de Mao Zedong, pour s’engager dans la voie du révisionnisme.

En s’obstinant à suivre en matière d’éducation la ligne révisionniste de l’ancien Comité du Parti pour la Municipalité de Pékin, Lou Ping et consorts vont justement au-devant des besoins de l’impérialisme.

La pensée de Mao Zedong s’enracine de plus en plus dans Pesprit de notre peuple.

Toute tentative pour s’interposer entre la pensée de Mao Zedong et les masses est vouée à l’échec. Même dans cette citadelle obstinément tenue depuis des années par Lou Ping et consorts, l’écrasante majorité des étudiants, du personnel administratif et du corps enseignant est acquise au président Mao Zedong et à sa pensée, à notre Parti et à son Comité central. Portant haut levé le grand drapeau de la pensée de Mao Zedong, de nombreux étudiants, enseignants et membres du personnel administratif n’ont cessé de mener une lutte résolue contre Lou Ping et consorts.

La lutte qui se livre à l’Université de Pékin est une lutte caractéristique entre la restauration bourgeoise et la contre-restauration prolétarienne. Il appartient à tous les camarades révolutionnaires d’en tirer une expérience et un enseignement qui leur seront extrêmement précieux.

Aux travailleurs de l’enseignement, à la jeunesse étudiante et à tous les travailleurs du domaine culturel ainsi qu’à tout un chacun, la grande révolution culturelle prolétarienne en cours pose un problème capital : de quel côté se tenir dans le combat à mort entre les deux classes, le prolétariat et la bourgeoisie, entre les deux voies, le socialisme et le capitalisme ; autrement dit, être révolutionnaire prolétarien ou « monarchiste » bourgeois ?

Ce choix s’impose à chacun de nous.

Nous sommes persuadés que, se tenant du côté des révolutionnaires prolétariens, l’écrasante majorité, soit plus de 95 pour cent de notre population, répudiera les  «monarchistes » bourgeois et qu’unie étroitement autour du président Mao Zedong et du Comité central du Parti, elle mènera jusqu’au bout la révolution socialiste et la grande révolution culturelle prolétarienne !

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Réfutons Simonov

1966

Aujourd’hui, au moment où la grande révolution culturelle prolétarienne bat son plein et au moment où nous attaquons énergiquement la ligne réactionnaire bourgeoise, nous rendons hommage au grand combattant communiste Lou Sin. Cette commémoration a un profonde signification pour nous, car elle nous encourage à mener jusqu’à la victoire finale la grande révolution culturelle prolétarienne.

La vie de Lou Sin fut une vie de lutte, une vie révolutionnaire. Il se consacra entièrement à la cause révolutionnaire du peuple chinois. Notre grand dirigeant, le président Mao, a donné une très haute appréciation de Lou Sin.

En commémorant Lou Sin, nous devons, nous, les gardes rouges, prendre exemple sur son esprit révolutionnaire, nous devons comme lui nous rebeller contre l’impérialisme, contre la bourgeoisie, contre le révisionnisme.

Nous devons imiter son attitude : Le sourcil hautain, je défie froidement les milliers qui pointent le doigt sur moi,

La tête baissée, je me fais volontiers le buffle de l’enfant. Tandis que nous commémorons Lou Sin, les révisionnistes modernes, ayant pour centre la direction du P.C.U.S., profitent de l’occasion pour le calomnier sur tous les tons et attaquer perfidement la grande révolution culturelle prolétarienne chinoise. Il y a en Union soviétique un individu nommé Simonov. C’est un traître notoire, un célèbre renégat de la révolution soviétique.

A la mort de Staline, il écrivait : « ….aucun mot ne peut exprimer ma douleur, camarade Staline… »

Mais l’encre était à peine sèche que, sur les talons de Khrouchtchev, il se joignait aux calomnies, aux injures, aux attaques contre Staline, salissait la dictature du prolétariat en Union soviétique en écrivant à la chaîne des œuvres révisionnistes longues et putrides qui insultaient Staline et le peuple soviétique. Simonov se plaça ainsi à l’avant-garde de la campagne contre Staline.

C’est cet individu, ce représentant des « Princes du régime », ce parvenu de la bourgeoisie soviétique qui, sous prétexte de commémorer Lou Sin, a écrit le 18 octobre 1966 un article dans la Literatournaïa Gazeta, article qui ne fait que calomnier Lou Sin, ce ferme combattant communiste, et attaquer la grande révolution culturelle prolétarienne chinoise. Nous ne tolérerons jamais qu’un traître comme Simonov souille le nom lumineux de Lou Sin.

Dans son article, Simonov-le-parvenu clame que « tout ce qui arrive actuellement en Chine et qui est désigné par révolution culturelle est un phénomène transitoire et tout à fait étranger au peuple. »

Le président Mao nous a enseigné :

« …L’absence d’attaques de l’ennemi contre nous est une mauvaise chose, car elle signifie nécessairement que nous faisons cause commune avec l’ennemi. Si nous sommes attaqués par l’ennemi, c’est une bonne chose, car cela prouve que nous avons tracé une ligue de démarcation bien nette entre l’ennemi et nous.

Et si celui-ci nous attaque avec violence, nous peignant sous les couleurs les plus sombres et dénigrant tout ce que nous faisons, c’est encore mieux, car cela prouve non seulement que nous avons établi une ligne de démarcation nette entre l’ennemi et nous, mais encore que nous avons remporté des succès remarquables dans notre travail. »

Simonov-le-parvenu et sa bande prétendent que notre révolution culturelle est un «phénomène étranger au peuple ». Bien sûr, notre grande révolution culturelle prolétarienne paraît un « phénomène étranger au peuple » à des gens tels que vous, valets de l’impérialisme, fils dévoués des révisionnistes. C’est contre vous que nous nous rebellons. Comment pourriez-vous apprécier ce que nous faisons ? Le torrent de la grand révolution culturelle prolétarienne vous emporte et vous anéantit, vous qui n’êtes rien d’autre que des immondices puants.

Bien sûr, vous n’êtes que peur et haine lorsque vous l’entendez gronder.

Oseriez-vous comme nous mobiliser le peuple du pays tout entier pour coller des dazibao, organiser de larges et francs exposés d’opinion et de vastes échanges d’expériences révolutionnaires ? Oseriez-vous créer une Garde rouge ?

Non. Vous auriez trop peur. Car si vous osiez agir comme nous, vous ne resteriez pas un seul jour en place.

Tout ce que vous savez faire, c’est placer le peuple sous votre férule et le saigner à blanc.

Etre attaqué par l’ennemi n’est pas une mauvaise chose mais une bonne chose. Si des gens comme Simonov-le-parvenu et sa bande nous louaient, cela ne signifierait-il pas que nous faisons cause commune avec eux ?

Vous, les parvenus, vous êtes aussi sots que des ânes : Espérer que notre «évolution sera « transitoire »!

Renoncez à cette idée, cela vaut mieux !

Nous, les gardes rouges révolutionnaires, sommes justement décidés à mener jusqu’au bout la grande révolution culturelle prolétarienne.

Nous sommes justement décidés à nous révolter contre tout ce qui ne correspond pas à la pensée de Mao Zedong, à extirper radicalement les racines vénéneuses de l’impérialisme et du révisionnisme.

Nous sommes détermines à lutter jusqu’à la fin, jusqu’à ce que les êtres néfastes du monde entier soient définitivement balayés et nous ne nous arrêterons pas avant la victoire totale ! Simonov-le-parvenu crie avec extravagance que nous entonnons un « chœur dissonant et mensonger de hurlements antisoviétiques. »

Or, en réalité, qui sont les vrais soviétiques ?

Quels sont ceux qui utilisent une plume ignominieuse pour salir la glorieuse histoire du peuple soviétique ?

Personne d’autre que des révisionnistes comme Simonov et ses semblables.

Ils ont écrit des romans, fait des films, monté des pièces et composé des poèmes qui ne sont qu’insultes contre Staline, contre l’Armée rouge soviétique et contre le peuple soviétique, qui présentent la société socialiste soviétique sous la direction de Staline comme un vaste chaos.

Est-ce que cela n’est pas une vaste campagne antisoviétique ? Est-ce que cela n’est pas la plus vile des campagne antisoviétiques ? A l’heure actuelle, il y a en effet un « chœur dissonant et mensonger de hurlements » : c’est celui des parvenus soviétiques qui aboient contre la Chine.

Vous marchez sur les talons de l’impérialisme américain, vous hurlez jusqu’à vous égosiller, vous mordez tout ce qui vous tombe sous la dent, comme des chiens enragés.

Si l’impérialisme américain dit « est », vous n’osez pas dire « ouest »; si l’impérialisme américain dit « le soleil est noir », vous n’osez pas dire « le soleil est rouge ».

Vous mentez à tort et à travers, vous répandez des faux bruits dans tous les coins, vous vous enfoncez jusqu’au cou dans les calomnies et les insultes, propageant à cor et à cri votre philosophie de la survivance, bradant la révolution, la vérité et tout ce qui peut servir à vous sauver, vous qui n’êtes que de la vermine.

Pour toute chose, vous êtes de mèche avec l’impérialisme américain, vous l’aidez en essayant de trahir la révolution du peuple vietnamien.

Il y a quelque temps, vous avez interdit la manifestation organisée par des révolutionnaires de plusieurs pays qui étudiaient en Union soviétique, et vous avez provoqué de graves et sanglants incidents. Récemment, vous êtes allés encore plus loin en renvoyant nos étudiants.

Par vos paroles et par vos actes vous avez montré clairement qui dirige le chœur antichinois.

Le « chœur dissonant et mensonger de hurlements », c’est vous qui le faites, contre la Chine.

Simonov parle aussi avec extravagance de Lou Sin dont le nom « sonne haut et clair ».

Le nom de Lou Sin sonne haut et clair parce qu’il était un combattant d’avant-garde sur le front culturel prolétarien, le plus ferme des rebelles révolutionnaires, un homme d’une absolue intégrité, qui prenait position et qui exprimait ses haines et ses affections de la manière la plus ferme et la plus claire. Un renégat abject tel que vous, Simonov, n’a pas le droit de mentionner le nom de Lou Sin !

Nous, les gardes rouges, nous vous avertissons que votre tentative est vouée à l’échec : vous ne parviendrez pas à calomnier le peuple chinois et à vous faire valoir en profitant de l’occasion. Ecoutez-vous : vous ne faites que braire !

Les peuples révolutionnaires ne peuvent que vous vomir. A côté de Lou Sin, vous, les traîtres, n’êtes que honte et l’on ne voit même pas votre visage.

Nous sommes les jeunes soldats rouges du président Mao, nous sommes des rebelles rouges.

Tenant haut levé la grande bannière rouge de la pensée de Mao Zedong, utilisant la pensée de Mao Zedong comme arme acérée, et avec Lou Sin comme modèle, nous mènerons la révolution culturelle jusqu’au bout !

Nous devons répandre dans le ciel et sur la terre la pensée de Mao Zedong et nous devons donner à tous les peuples cette arme invincible.

Nous voulons planter partout dans le monde la grande bannière rouge de la pensée de Mao Zedong ! Nous voulons faire la révolution jusqu’au bout ! Nous voulons donner notre jeunesse et notre sang pour la révolution prolétarienne mondiale !

Nous jurons de poursuivre jusqu’au bout la grande révolution culturelle prolétarienne !

Nous serons éternellement loyaux envers le président Mao ! Nous serons éternellement loyaux envers la pensée de Mao Zedong !

Vivre le grand Parti communiste chinois !

Vive notre grand dirigeant, le président Mao, qu’il vive longtemps, très longtemps !

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