La troisième section du Livre premier du Capital (la production de la plus-value absolue)

La troisième section du Capital a un nombre de divisions plus important que précédemment. On a ainsi :

VII. Production de valeurs d’usage et production de la plus-value

VIII. Capital constant et capital variable

IX. Le taux de la plus-value

X. La journée de travail

1. Limite de journée de travail
2. Le Capital affamé de surtravail – Boyard et fabricant
3. La journée de travail dans les branches de l’industrie où l’exploitation n’est pas limitée par la loi.
4. Travail de jour et nuit. – Le système des relais
5. Lois coercitives pour la prolongation de la journée de travail depuis le milieu du XIV° jusqu’à la fin du XVII° siècle.
6. Lutte pour la journée de travail normale – Limitation légale du temps de travail – la législation manufacturière anglaise de 1833 à 1864
7. La lutte pour la journée de travail normale. Contrecoup de la législation anglaise sur les autres pays.

XI. Taux et masse de la plus-value

Tout cela semble bien chargé et la raison en est la suivante.

Dans la première section, Karl Marx nous parle de l’objet produit par la culture humaine, qui a une valeur d’usage mais également une valeur d’échange, car il est lancé sur un marché.

Dans la seconde section, Karl Marx nous explique que l’argent peut être davantage que l’argent : lancé dans la production, il en ressort plus grand ; ce phénomène, une fois généralisé, consiste en le capital et c’est alors le capitalisme.

Le sens de la troisième section, c’est donc d’expliquer pourquoi cet argent qui rentre dans la production ressort plus grand qu’à l’origine.

Naturellement, c’est de nouveau avec la prise en considération d’une contradiction qu’il va formuler cela.

Cette contradiction concerne le capital, c’est-à-dire l’argent investi dans la production.

Que permet de procurer cet argent ?

D’une part, des machines et des matières premières, de l’autre, de la force du travail.

Au fond, il n’y a pas de différence, puisque la force du travail, c’est un être humain dont on utilise la force. Karl Marx explique, et la phrase est très importante :

« L’homme lui-même, en tant que simple existence de force de travail, est un objet naturel, un objet vivant et conscient, et le travail n’est que la manifestation externe, matérielle de cette force. »

Or, cet objet naturel existe encore dans la production, contrairement aux matières premières qui, elles, disparaissent dans l’objet produit, appelé à devenir une marchandise.

Il y a donc une différence de nature entre l’objet naturel dont on utilise la force de travail et les machines, les matières premières.

Karl Marx la précise en définissant le premier comme le capital variable, le second comme le capital constant.

Pourquoi ces termes ?

Déjà, Karl Marx veut indiquer qu’ils forment les deux aspects de la même contradiction.

Le capital, c’est la contradiction entre le capital constant et le capital variable, dont le résultat est la production de marchandises.

Ensuite, maîtrisant le matérialisme dialectique, Karl Marx veut dire par là qu’il s’agit de la contradiction interne.

On pourrait penser, en effet, qu’il serait possible de mieux utiliser les matières premières.

Ces dernières pourraient changer de nature et il n’y aurait alors aucune raison de les caractériser comme « constant », comme un capital constant.

Cependant, une telle utilisation améliorée serait trouvée par les scientifiques, en dehors de la production ; elle concernerait toute la société, elle ne jouerait pas au sens strict sur le rapport contradictoire entre les travailleurs et les machines avec les matières premières.

Par contre, les travailleurs restent eux tout le temps « variable », car on peut agir sur eux.

On peut faire en sorte qu’ils travaillent plus… Et non seulement on peut faire en sorte qu’ils travaillent plus, mais on peut recommencer le processus !

C’est ce qui fait dire à Karl Marx que :

« La force de travail en activité, le travail vivant a donc la propriété de conserver de la valeur en ajoutant de la valeur ; c’est là un don naturel qui ne coûte rien au travailleur, mais qui rapporte beaucoup au capitaliste ; il lui doit la conservation de la valeur actuelle de son capital. »

Karl Marx appelle plus-value cette force de travail qui est poussée à travailler au-delà de ce pourquoi elle est payée.

C’est une forme moderne d’exploitation.

Le capitaliste ajoute de la valeur aux marchandises, en plus de son argent initial, en jouant sur le travail apporté, en forçant le travailleur à fournir plus d’efforts, de manière insidieuse.

Le travailleur croit être payé pour ce qu’il fait, mais ce qu’il fait dépasse en réalité ce pour quoi il est payé.

Tel est l’aspect principal, et Karl Marx va ensuite justement regarder les aspects secondaires.

Il constate, déjà, qu’il existe plusieurs taux de plus-value, selon le degré d’heures de travail en réalité non payées aux travailleurs.

Ensuite, il fait tout un panorama des situations de l’époque relative à la durée de la journée de travail.

Car l’objet naturel qu’est l’être humain s’use et s’abîme, il peut même mourir si on le pousse à bout, comme les esclaves noirs en Amérique.

La question des horaires de travail est donc inévitablement à prendre en compte et on comprend que les capitalistes font de savants calculs afin d’augmenter au mieux leur rentabilité dans l’utilisation de la force de travail.

Et plus les travailleurs forment une masse grande, plus le « surtravail » qui leur est arraché est grand, et plus le capitalisme est lui-même.

Karl Marx résume parfaitement cette réalité en expliquant que :

« La vie du capital ne consiste que dans son mouvement comme valeur perpétuellement en voie de multiplication. »

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plan dialectique du Capital : le Livre premier