Auteur/autrice : IoULeeM0n

  • La première section du Livre Troisième du Capital de Karl Marx

    La première section du Livre troisième s’intitule La transformation de la plus-value en profit et du taux de plus-value en taux de profit ».

    Il contient les chapitres suivants :

    I. Coût de production et profit

    II. Le taux de profit

    III. Rapport entre le taux du profit et le taux de la plus-value
    1. pl’ constant, – v/C variable
    2. pl’ variable

    IV. Effet de la rotation sur le taux de profit

    V. Économie dans l’emploi du capital constant
    1. Considérations générales
    2. Économies aux dépens des ouvriers dans les conditions du travail
    3. Économie dans la production et la transmission de la force mécanique et dans les bâtiments
    4. Utilisation des résidus de la production
    5. Économie due aux inventions

    VI. Effets des variations de prix
    1. Oscillations des prix de la matière première : leurs effets directs sur le taux du profit
    2. Renchérissement et dépréciation, dégagement et engagement de capital
    3. Exemple général : la crise du coton de 1861-1865

    VII. Considérations complémentaires

    Karl Marx commence par opposer deux contraires : on a le coût de la production d’un côté et le profit de l’autre.

    Ce sont deux mouvements contradictoires, qui fournissent des tendances qui se confrontent.

    Quel est le résultat dialectique de leur confrontation ?

    C’est le taux de profit.

    Pour que celui-ci soit haut, il faut que tout fonctionne efficacement et comme le dit Karl Marx :

    « Dans le procès de circulation, à côté du temps de travail, le temps de circulation joue un rôle et limite la masse de plus-value réalisable dans un laps de temps déterminé. »

    On passe alors à l’élément qui s’oppose au taux de profit : c’est le taux de plus-value.

    Et c’est essentiel, car si le taux de profit est une chose incontournable, le taux de plus-value détermine au fond la réelle puissance du capitalisme.

    C’est, en effet, l’exploitation des travailleurs qui est la réelle substance du « mouvement du capital considéré comme un tout ».

    Le capitaliste ne doit pas que produire efficacement : il doit exploiter les travailleurs adéquatement.

    Karl Marx regarde donc comment les deux taux ont des trajectoires parallèles mais bien distinctes en même temps ; il étudie l’effet de la rotation du capital, les diverses économies qu’on peut faire (grâce aux inventions, aux dépens des travailleurs, avec les machines, par une meilleure utilisation de l’énergie, etc.).

    Tout cela se déroule dans une « atmosphère » où vit la production capitaliste, c’est-à-dire un environnement caractérisé par la présence du crédit et l’existence d’une concurrence sur le marché mondial.

    Cela fait que Karl Marx trouve deux nouveaux opposés : la libération du capital, la fixation du capital.

    Selon les situations (augmentation des prix, afflux ou pénuries de matières premières, etc.), il faut parfois davantage de capital pour produire la même chose, ou bien moins de capital.

    Après avoir longuement élaboré, il fournit un exemple avec une crise du coton dans les années 1860.

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    plan dialectique du Capital : le Livre troisième

  • L’organisation du Livre troisième

    Le Livre deuxième du Capital s’est intéressé à la métamorphose concrète du capital : comment à chaque cycle, il devient plus grand.

    Cela a débouché sur une compréhension de la rotation du capital, c’est-à-dire de la façon dont tout se déroule concrètement dans le rythme de la production et de la consommation.

    Puis, Karl Marx a affirmé qu’il fallait prendre les choses globalement, car tous les capitaux sont entremêlés.

    C’est cela qui amène au Livre troisième dont le titre est Le procès d’ensemble de la production capitaliste.

    Dès le début, Karl Marx souligne d’ailleurs qu’en arriver là est le fruit de tout le processus précédent dans Le capital.

    « Dans le premier volume nous avons analysé les phénomènes que présente le procès de production capitaliste pris isolément et abstraction faite de toutes les circonstances secondaires qui lui sont étrangères.

    Ce procès n’occupe pas toute l’existence du capital ; il est complété par le procès de circulation dont les phénomènes ont été étudiés dans le volume II.

    Cette étude, surtout dans la troisième section qui traite du procès de circulation comme intermédiaire de la reproduction sociale, a démontré que l’ensemble du procès de production capitaliste comprend les phénomènes de production et de circulation.

    Le troisième volume que nous publions maintenant n’a pas pour objet de développer des réflexions générales sur ce point ; il se propose de rechercher et de caractériser les formes concrètes qui surgissent du mouvement du capital considéré comme un tout. »

    Ici, on n’est plus dans le processus lui-même du capital, mais dans le capital dans son rapport direct avec la société toute entière.

    Autrement dit, ou présenté de manière « simple » ou simpliste, on a la chose suivante : dans le Livre premier, Karl Marx constate le capital ; dans le Livre deuxième, il constate le capitalisme et dans le Livre troisième, il constate le capitalisme comme mode de production.

    Malheureusement, comme on le sait, Karl Marx n’a pu publier de son vivant que le Livre premier.

    Si on trouve malgré cela une cohérence solide dans le Livre deuxième, c’est que cela fonctionnait bien en raison du caractère bien abouti des expositions.

    On n’a pas cela dans le Livre troisième.

    S’il fait pratiquement le double du précédent, c’est que les thèmes sont très variés, pas nécessairement reliés ; le Livre dans son ensemble ne se présente pas synthétiquement, et qui plus est il y a une dimension non terminée.

    Le dernier chapitre de la dernière section est ainsi consacré aux classes et à leur définition ; il ne fait qu’une page, n’ayant pas été terminé.

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    plan dialectique du Capital : le Livre troisième



  • La troisième section du Livre deuxième du Capital de Karl Marx

    La troisième section est aussi longue que la précédente, à peu de choses près ; elle a comme titre « La reproduction et la circulation de l’ensemble du capital social ».

    Elle se divise comme suit :

    Introduction
    I. Objet de l’analyse
    II. Le rôle du capital-argent

    CHAPITRE 19 : exposés antérieurs de la question
    I. Les physiocrates
    II. Adam Smith
    1) Le point de vue général de Smith
    2) Résolution par Smith de la valeur d’échange en v + s
    3) La part constante de capital
    4) Capital et revenu chez A. Smith
    5) Récapitulation
    III. Les auteurs plus tardifs

    CHAPITRE 20 : la reproduction simple
    I. Position de la question
    II. Les deux secteurs de la production sociale
    III. La conversion entre les deux secteurs : I (v + pl) contre IIc
    IV. La conversion au sein du secteur II, subsistances nécessaires et objets de luxe
    V. La médiation des conversions par la circulation d’argent
    VI. Le capital constant du secteur I
    VII. Capital variable et survaleur dans les deux sections
    VIII. Le capital constant dans les deux secteurs
    IX. Retour sur A. Smith, Storch et Ramsay
    X. Capital et revenu : capital variable et salaire
    XI. Remplacement du capital fixe
    1) Remplacement sous forme-argent de la part de valeur de l’usure
    2) Remplacement du capital fixe in natura
    3) Résultats
    XII. La reproduction du matériau monétaire
    XIII. La théorie de la reproduction de Destutt de Tracy

    CHAPITRE 21 : accumulation et reproduction élargie

    I. Accumulation dans le secteur I
    1) Thésaurisation
    2) Le capital constant additionnel
    3) Le capital variable additionnel
    II. Accumulation dans le secteur II
    III. Présentation schématique de l’accumulation
    1) Premier exemple
    2) Deuxième exemple
    3) Conversion de IIc lors de l’accumulation
    IV. Addendum

    Que fait Karl Marx ?

    Après avoir parlé de la métamorphose du capital (en un capital plus grand) et de sa rotation (qui permet techniquement sa réalisation), il dit : attention, là on a parlé que du capital individuel, mais tout est lié.

    « Les cycles des capitaux individuels s’entrelacent, se supposent et se conditionnent les uns les autres et c’est précisément cet enchevêtrement qui constitue le mouvement de l’ensemble du capital social. »

    Autrement dit, Karl Marx dit : la quantité se transforme en qualité.

    Tous les capitaux individuels, par leur quantité, deviennent un capital social.

    Si on préfère : le capitalisme n’est pas « dans » la société, c’est la société qui est capitaliste.

    Pourquoi cela change-t-il tout ?

    C’est simple : tant qu’on étudiait la métamorphose et la rotation en soi, peu importait ce qui était produit, puisque le principe est toujours le même.

    Dans une société toutefois, il y a une interaction entre les productions et les consommations.

    Cela conditionne le processus.

    Karl Marx va alors recommencer, si l’on veut, la même étude, mais en prenant en compte que si du capital passe dans tel secteur, alors cela va influer sur tel autre secteur, et comme quoi aussi il faut distinguer les biens nécessaires et ceux relevant du luxe.

    Il fait ainsi ce qu’ont dû faire les planificateurs en URSS à l’époque de Staline, prévoyant quel impact aurait telle production et telle consommation sur telle autre, quelle proportion de capital allouée à tel secteur aurait tel impact sur tel autre, etc.

    Et c’est là le sens du Livre deuxième.

    Il complète le premier, en fournissant les modalités opérationnelles du phénomène capitaliste par rapport à l’alternance production / consommation, et en expliquant bien qu’il fallait regarder les choses dans leur ensemble, c’est-à-dire considérer le capital social et pas seulement les capitalistes individuels.

    En ce sens le Livre deuxième est, en pratique, indissociable du Livre troisième, qui s’intitule justement Le procès d’ensemble de la production capitaliste.

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    plan dialectique du Capital : le Livre deuxième

  • La deuxième section du Livre deuxième du Capital de Karl Marx

    La deuxième section s’intitule « La rotation du capital »; elle est trois fois plus longue que la précédente.

    On y trouve les éléments suivants :

    CHAPITRE 7 : temps de rotations, nombre de rotations

    CHAPITRE 8 : capital fixe et capital circulant
    I. Les différences formelles
    II. Composantes, remplacement, réparation, accumulation du capital fixe

    CHAPITRE 9 : la rotation totale du capital avancé, les cycles de rotation

    CHAPITRE 10 : théories sur le capital fixe et le capital circulant, les physiocrates et Adam Smith

    CHAPITRE 11 : théories sur le capital fixe et le capital circulant, Ricardo

    CHAPITRE 12 : la période de travail

    CHAPITRE 13 : le temps de production

    CHAPITRE 14 : le temps de circulation

    CHAPITRE 15 : l’effet du temps de rotation sur le montant de capital avancé
    I. Période de travail égale à la période de circulation
    II. Période de travail plus grande
    III. Période de travail plus petite
    IV. Résultats
    V. Effet des changements de prix

    CHAPITRE 16 : la rotation du capital variable
    I. Le taux annuel de la survaleur
    II. La rotation du capital variable singulier
    III. La rotation du capital variable considérée d’un point de vue social

    CHAPITRE 17 : la circulation de la survaleur
    I. Reproduction simple
    II. Accumulation et reproduction élargie

    Karl Marx commence par poser la question du nombre de rotations qu’il y a chaque année, c’est-à-dire le nombre de fois où le cycle présenté dans la première section se reproduit.

    Et il s’intéresse tout de suite à l’impact des rotations sur le cycle.

    Dialectiquement, il trouve un groupe d’opposés : le capital fixe et le capital circulant.

    Le premier ne s’use pas en un seul cycle (tels les machines, les bâtiments, etc.), le second est utilisé pendant le cycle (matières premières, énergie, force de travail).

    Il s’ensuit qu’il faut regarder les aspects de chacun par rapport à la production, mais également à la vente.

    Karl Marx décline donc les possibilités et situations possibles, selon la rapidité des différents éléments.

    Naturellement, l’expérience d’Amazon, de Shein et de Temu, par exemple, permet aujourd’hui d’avoir un aperçu relativement clair de la question.

    Ce n’était pas le cas à l’époque.

    Karl Marx, de par son analyse matérialiste dialectique, parvient à intégrer le temps comme donnée dans l’espace – ce dernier étant celui des moyens de production et de la consommation.

    Et bien sûr il a compris que le temps se fondait précisément sur la production et la consommation.

    Voici comment il synthétise les choses :

    « Plus la période de rotation du capital est courte, c’est-à-dire plus les intervalles sont courts entre les échéances de sa reproduction dans l’année, et plus rapidement la partie variable du capital primitivement avancée par le capitaliste sous la forme argent se convertit en la forme argent du produit créé par l’ouvrier pour remplacer ce capital variable (produit qui comprend en outre la plus-value).

    Plus court est donc le temps pour lequel le capitaliste est forcé d’avancer de l’argent sur son propre fonds, et plus faible est, par rapport au volume donné de la production, le capital qu’il avance.

    Et plus grande relativement est la masse de plus-value qu’avec un taux donné de plus-value il retire chaque année, puisque, avec la forme argent de la valeur produite par l’ouvrier lui-même, il peut plus fréquemment racheter cet ouvrier et mettre son travail en mouvement. »

    C’est ce qui permet de reproduire la production, et même de la reproduire de manière élargie.

    Et voilà pourquoi cette section s’intitule la rotation du capital : Karl Marx scrute les modalités de la production dans son rapport à la consommation, par l’intermédiaire du capital utilisant le travail salarié.

    Ce que Karl Marx, un peu plus tard dans le Livre 2, résume comme suit :

    « Dans la deuxième section, nous avons étudié le cycle sous sa forme périodique, c’est-à-dire la rotation du capital.

    Nous avons montré comment les différents composants du capital (fixe et circulant) accomplissent le cycle de leurs formes en des temps différents et de façon différente. »

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    plan dialectique du Capital : le Livre deuxième

  • La première section du Livre deuxième du Capital de Karl Marx

    La première section s’intitule « Les métamorphoses du capital et leur cycle ».

    Elle contient les chapitres suivants :

    CHAPITRE 1 : le cycle du capital-argent
    I. Premier stade
    II. Deuxième stade : fonction du capital productif
    III. Troisième stade : M’–A’
    IV. Le cycle global

    CHAPITRE 2 : le cycle du capital productif
    I. Reproduction simple
    II. Accumulation et reproduction sur une échelle élargie
    III. Accumulation d’argent
    IV. Fonds de réserve

    CHAPITRE 3 : le cycle du capital-marchandise

    CHAPITRE 4 : les trois figures du procès cyclique

    CHAPITRE 5 : la période de circulation

    CHAPITRE 6 : les frais de circulation
    I. Coûts de circulation purs
    1) Temps d’achat et temps de vente
    2) Comptabilité
    3) Argent
    II. Coûts d’entreposage
    1) Constitution de stock en général
    2) Stock de marchandises à proprement parler
    III. Coûts de transport

    Dans cette section, Karl Marx revient sur ce qu’il a exposé dans le Livre premier.

    Il y dit qu’il y a deux types d’argent, pour faire simple l’argent qu’on dépense et l’argent qu’on investit.

    C’est bien sûr une contradiction.

    Karl Marx se fonde donc ici sur le capital-argent, c’est-à-dire l’argent qu’on investit. Il regarde comment, par la production, il devient capital-marchandise.

    Puis, il nous raconte comment il redevient capital-argent une fois la marchandise vendue.

    Il y a donc un cycle et pour qui comprend la dialectique, on s’aperçoit qu’on a : thèse, antithèse, synthèse.

    Le capital-argent est la thèse, il fait face au capital-marchandise qui est l’antithèse.

    Ce sont les deux pôles contraires, qui deviennent l’un l’autre.

    C’est une contradiction, qui forme la synthèse, avec à la fois l’un et à la fois l’autre, mais d’une nature différente, car dépassant la nature ancienne dans un saut qualitatif.

    C’est là où Karl Marx est le maître du matérialisme dialectique. Il a compris que le capital argent, dans le cycle capital argent – capital marchandise – capital argent, ne devenait pas simplement « plus grand ».

    L’ajout n’est pas quantitatif, il est qualitatif. Et c’est rendu possible par un élément masqué : l’exploitation des travailleurs.

    Karl Marx a-t-il compris l’exploitation parce qu’il a compris la dialectique et qu’il fallait bien un saut qualitatif, ou bien a-t-il compris la dialectique parce qu’il a compris l’exploitation ?

    Il va de soi que les deux sont vrais.

    Mais on ne soulignera jamais assez cela : ce que Karl Marx cherche, c’est l’exponentielle.

    C’est son obsession : il cherche ce qui porte le développement à l’infini.

    Continuons. Après avoir abordé le capital-argent et sa transformation, Karl Marx doit se tourner vers son contraire.

    C’est là le mouvement dialectique.

    Le contraire de argent – production – argent, c’est production – argent – production.

    Il va de soi que la conversion – le mot de nature dialectique est celui employé par Karl Marx – du capital-argent en capital productif implique, là encore, une contradiction et une production issue de cette contradiction.

    Le capital-argent fait face au capital productif dans cette contradiction ; le saut qualitatif consiste en l’accumulation.

    Autrement dit : dans la contradiction capital argent – capital productif, il y a conversion de chaque contraire en son contraire (ce que nous appelons le nexus), et c’est le saut.

    Il faut ici bien noter que tous ces éléments dont il est parlé appartiennent à la contradiction ; aucun élément ne peut agir de manière séparée, isolément.

    Karl Marx nous avertit bien, en soulignant au sujet de la marchandise et de l’argent :

    « C’est uniquement parce qu’elles sont liées entre elles comme formes de fonctions que le capital industriel doit accomplir à différents stades de son procès cyclique, que la fonction argent et la fonction marchandise sont en même temps fonctions du capital argent et du capital-marchandise.

    On commet donc une erreur si l’on veut faire dériver leurs propriétés et fonctions spécifiques qui caractérisent l’argent comme argent et la marchandise comme marchandise, de leur caractère capitaliste, et c’est commettre une égale erreur que de faire dériver au rebours les propriétés de capital productif de ce qu’il existe sous forme de moyens de production. »

    Autrement dit, nous avons un mouvement dialectique et il n’est pas possible de prendre les pôles de la contradiction « à part ».

    C’est ici, si l’on veut, la différence entre qui reconnaît l’apport de Karl Marx avec son ouvrage sur le Capital, et qui ne le reconnaît pas.

    Soit on s’en inspire pour prendre des morceaux, des éléments qu’on isole, soit on comprend qu’il y a une opération dialectique qui se joue, implacablement.

    Le cycle existe en tant que cycle, le phénomène prime sur ses éléments, le mouvement est irrépressible et les caractères autres par rapport aux fonctions dans la contradiction deviennent secondaires.

    Progressons encore. L’accumulation ne s’arrête pas.

    Quand on dit que le capital-argent fait face au capital productif dans cette contradiction et que le saut qualitatif consiste en l’accumulation, il faut bien comprendre que le processus est relancé.

    Le capital est réinvesti et donne de nouveau une marchandise.

    Karl Marx s’arrête sur cette étape, où le capital-marchandise est issu du capital, qui lui-même est issu d’une étape au préalable où il était déjà devenu marchandise.

    C’est très important, car sinon on n’aurait pas, en effet, thèse – antithèse – synthèse !

    Il n’y a pas seulement argent – production – argent, production – argent – production. Il y a le mouvement qui repart, avec un saut qualitatif.

    Karl Marx insiste bien dessus :

    « Le capital, étant de la valeur qui se met en valeur, n’implique pas seulement des rapports de classe, ou un caractère socialement déterminé reposant sur l’existence du travail comme travail salarié.

    C’est un mouvement, un procès cyclique traversant différents stades et qui lui-même implique à son tour trois formes différentes du procès cyclique.

    C’est pourquoi on ne peut le comprendre que comme mouvement, et non pas comme une chose au repos. »

    Karl Marx analyse ensuite les choses dans leur rapport à l’espace-temps : combien de temps dure le cycle, quels sont les frais liés au cycle.

    Pour donner un exemple concret : on ne travaille pas la nuit la plupart du temps et c’est à prendre en compte, il faut également engager un comptable parce qu’il faut bien tenir les comptes, il est nécessaire qu’il y ait un transporteur, etc.

    On comprend le titre, « Les métamorphoses du capital et leur cycle »; on a, effectivement, le capital qui se transforme d’argent en marchandise, de marchandise en argent redevenant marchandise.

    C’est une métamorphose, pour tout un cycle, avec tous les à-côtés du cycle.

    Karl Marx, un peu plus tard dans le Livre 2, résume comme suit ce qu’il a expliqué dans la première section :

    « Nous avons examiné les diverses formes prises par le capital au cours de son cycle et les diverses formes de ce cycle lui-même.

    Au temps de travail étudié dans le Livre Ier est venu s’ajouter le temps de circulation. »

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    plan dialectique du Capital : le Livre deuxième

  • L’organisation du Livre deuxième du Livre deuxième du Capital de Karl Marx

    Karl Marx n’a pu publier que le Livre premier du Capital de son vivant ; c’est son ami Friedrich Engels qui a compilé les deux Livres suivants, à partir de manuscrits.

    On n’y trouve donc pas dans ces Livres deuxième et troisième la même synthèse que dans le Livre premier.

    Il y a parfois des accumulations de notes d’ailleurs qui rendent l’ensemble particulièrement indigeste.

    Néanmoins, de nombreux aspects sont abordés en tant que tels et même si on n’a pas un mode d’exposition en général, on parvient à plonger dedans.

    C’est ce qui fournit le sens de l’organisation du Livre deuxième du Capital.

    Il ne contient que trois sections, fondées à chaque fois sur un découpage interne précis ; l’ouvrage se veut très technique dans ses explications.

    La démarche n’est plus, en effet, de présenter les fondamentaux.

    Ici, il est œuvré à présenter le fonctionnement et le déroulement des activités du capital.

    Est-ce à dire que la dialectique n’est plus présente ? Pas du tout.

    Cependant, elle se présente fort différemment.

    Dans le Livre premier du Capital, Karl Marx part du particulier pour remonter au général. Il découvre plusieurs couches de contradiction.

    Ici, il part du général pour délimiter le particulier. On peut donc tout à fait lire comment Karl Marx a saisi la réalité et la présente.

    On ne profite toutefois pas d’une dynamique générale permettant, comme pour le Livre premier, d’être porté par un « assemblage » dialectique.

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    plan dialectique du Capital : le Livre deuxième

  • Message de Mao Zedong au président Nguyen Huu Tho

    Le 19 décembre 1967.

    AU PRÉSIDIUM DU COMITE CENTRAL DU FRONT NATIONAL DE LIBERATION DU SUD-VIETNAM, PRÉSIDENT NGUYEN HUU THO,

    A l’occasion du 7ème anniversaire de la fondation du Front national de Libération du Sud-Vietnam, j’exprime, au nom du peuple chinois, mes plus chaleureuses félicitations au peuple sud-vietnamien engagé dans le combat.

    Vous avez combattu splendidement !

    Comptant sur vos propres forces, vous avez, dans des conditions extrêmement dures, battu à plate couture l’impérialisme américain, l’impérialisme le plus féroce du monde, et l’avez acculé à une impasse ; c’est là une grande victoire.

    Le peuple chinois vous salue.

    Votre victoire montre une fois de plus qu’un pays, grand ou petit, est à même de vaincre tout ennemi, si puissant soit-il, s’il mobilise pleinement son peuple, s’appuie fermement sur lui et mène une guerre populaire.

    Par sa guerre contre l’agression américaine et pour le salut national, menée sous la direction éclairée de son grand guide, le président Ho Chi Minh, le peuple vietnamien a donné un brillant exemple à tous les peuples et nations opprimés du monde en lutte pour la libération.

    Les agresseurs américains n’en ont plus pour longtemps au Vietnam.

    Cependant, toute force réactionnaire au seuil de sa perte se lance nécessairement dans un ultime sursaut.

    Elle recourra invariablement à l’aventure militaire et à la tromperie politique sous toutes leurs formes pour se sauver de sa ruine.

    Un peuple révolutionnaire rencontrera inévitablement toutes sortes de difficultés avant de remporter la victoire finale ; mais elles sont toutes surmontables, et aucune difficulté ne peut entraver sa marche en avant.

    La persévérance signifie la victoire.

    J’ai la ferme conviction qu’en persistant dans une guerre prolongée, le peuple vietnamien ne manquera pas de chasser les agresseurs américains de son pays.

    Nous vous soutenons fermement.

    Nos deux pays sont des voisins étroitement liés comme le sont les lèvres et les dents.

    Nos deux peuples sont des frères partageant joies et épreuves.

    Le peuple frère du Sud-Vietnam, le peuple du Vietnam tout entier peut être sûr que sa lutte est la nôtre.

    Les 700 millions de Chinois soutiennent puissamment le peuple vietnamien, et les vastes étendues du territoire chinois constituent son arrière sûr.

    Face à la solide unité militante de nos deux peuples, toutes les aventures militaires et les tromperies politiques de l’impérialisme américain sont vouées à l’échec.

    La victoire reviendra au vaillant peuple vietnamien !

    =>Oeuvres de Mao Zedong

  • Sur la rééducation des intellectuels

    [Commentateurs du Renmin Ribao (Le Quotidien du peuple) et du Hongqi (Le drapeau rouge), paru dans le Renmin Ribao du 12 septembre 1968.]

    La fondation des comités révolutionnaires dans 29 provinces (à l’exception de Taïwan), municipalités relevant directement des autorités centrales et régions autonomes du pays tout entier montre que dans son ensemble, la grande révolution culturelle a accédé nationalement à la phase de combat — critique — réforme.

    A la lumière des plus récentes directives du président Mao, le puissant contingent des ouvriers de l’industrie a commencé et va continuer, de façon dirigée et méthodique, à se rendre dans les établissements d’enseignement, dans les secteurs de la superstructure, dans tous les organismes où la tâche de combat — critique — réforme n’a pas encore été menée à bien, afin de l’y faire progresser.

    Cela a non seulement créé une situation toute nouvelle dans la révolution prolétarienne de l’enseignement, mais va accélérer aussi inéluctablement le processus qui voit notre classe ouvrière remodeler à son image les rangs des intellectuels.

    En entrant dans les positions de la culture et de l’enseignement, la classe ouvrière a les intellectuels pour objet principal de son travail.

    L’assimilation correcte de la politique du Parti quant aux intellectuels est une garantie importante pour obtenir la victoires dans cette lutte.

    La note très importante de la rédaction de la revue Hongqi (Drapeau rouge) publiée le 5 septembre 1968 dans la presse, apporte la voix de notre grand guide, le président Mao.

    Cette note soulève un problème d’une importance extrême, à savoir que nous devons porter une attention particulière à la rééducation des nombreux anciens diplômés des écoles supérieures et secondaires qui travaillent depuis longtemps ou débutent juste dans leur travail.

    Y sont formulées les diverses mesures de la politique prolétarienne à observer à l’égard des intellectuels, et on y met encore davantage en lumière la seule orientation juste, celle de l’intégration des intellectuels aux ouvriers et aux paysans.

    Notre grand guide, le président Mao, nous enseigne que la réforme des intellectuels constitue un très grand problème tout au long du processus de la révolution et de l’édification socialistes.

    Le prolétariat, après la prise du pouvoir, entreprend de refondre à son image les intellectuels, de former un contingent d’intellectuels prolétariens à son service.

    Il s’agit là d’un impératif pour la consolidation et le développement de la dictature du prolétariat, pour la prévention d’une restauration du capitalisme, un impératif pour l’établissement par le prolétariat de sa domination absolue dans tous les secteurs de l’idéologie et de la culture.

    Afin de former de tels rangs d’intellectuels prolétariens, il importe d’entreprendre une révolution prolétarienne radicale dans l’enseignement, de suivre la voie révolutionnaire qui consiste à former les techniciens et autres intellectuels parmi les ouvriers, les paysans et les soldats, à sélectionner les élèves parmi les ouvriers, paysans et combattants de l’Armée de Libération, qui ont une expérience pratique dans la production ; en même temps, il faut rééduquer les nombreux intellectuels sortis des vieilles écoles, nous efforcer de les gagner à notre cause et de les rallier à notre cause.

    Au fur et à mesure du développement en profondeur de la grande révolution culturelle prolétarienne qui est entrée dans la phase de combat — critique réforme, l’importance que revêt la solution de ce problème apparaît chaque jour plus évidente.

    La note de la rédaction souligne: « Nous devons prêter une attention particulière à la rééducation des nombreux anciens diplômés des écoles supérieures et secondaires qui travaillent depuis longtemps ou débutent dans le travail.»

    Cela ne s’applique pas seulement aux intellectuels des écoles, mais aussi à la masse de ceux qui travaillent sur le front de la culture et de l’éducation ainsi qu’à ceux qui se trouvent dans les rangs des cadres. Pourquoi appeler cela rééducation ?

    Dans un sens, parce qu’autrefois, ils avaient reçu une éducation de la bourgeoise et qu’à présent ils sont éduqués, à nouveau, mais cette fois par le prolétariat.

    Dans l’autre sens, parce qu’autrefois, sous la ligne révisionniste empoisonnée du Khrouchtchev chinois, ils avaient été éduqués par des intellectuels bourgeois, alors que maintenant, éclairés par la ligne révolutionnaire prolétarienne du président Mao, il faut que leur rééducation se fasse par les ouvriers, paysans et soldats.

    La refonte en soi de la conception du monde est un changement radical.

    Éduquer les intellectuels dans la conception prolétarienne du monde, pour qu’ils rejettent les idées bourgeoises inculquées par l’éducation bourgeoise, voilà le contenu de cette rééducation.

    La voie fondamentale à suivre dans cette rééducation consiste à rentrer dans les rangs des ouvriers, paysans et soldats et à les servir.

    Dans ce processus de rééducation, il faut mettre pleinement en œuvre les facteurs positifs.

    La question de la ligne politique est essentielle; telle ligne, tel enseignement, telle formation.

    Il faut concentrer notre haine sur la poignée des plus hauts responsables du Parti engagés dans la voie capitaliste et leurs agents, car c’est leur ligne révisionniste contre-révolutionnaire en matière d’enseignement qui a empoisonné les jeunes.

    La critique et la condamnation radicales de cette ligne réactionnaire nous aideront à pousser plus avant l’application de la ligne prolétarienne du président Mao en matière d’enseignement.

    Dans la nouvelle Chine socialiste, par l’éducation dans le sens de la pensée de Mao Zedong, la majorité voire la grande majorité des élèves formés dans les vieilles écoles peuvent se fondre graduellement aux ouvriers, aux paysans et aux soldats.

    Il y en a certainement qui, parmi eux, se montreront hésitants et instables, mais s’ils avancent en suivant la ligne révolutionnaire prolétarienne du président Mao, s’ils acceptent d’être rééduqués par les ouvriers, les paysans et les soldats, s’ils critiquent à fond et rejettent sans cesse et à jamais les vieilles idées bourgeoises, legs de leur famille et de l’école, alors, ils pourront apporter dans leur domaine, leur contribution au service des ouvriers, paysans et soldats.

    Tous ceux-ci font bon accueil à ces intellectuels en voie de rééducation. Il y a, certes, des contre-révolutionnaires, des irréductibles, mais ils ne représentent qu’une infime minorité.

    La masse des intellectuels qui acceptent d’être rééduqués sous la direction de la classe ouvrière, et sont disposés à se fondre dans les ouvriers, paysans et soldats, ont devant eux de larges perspectives en régime socialiste.

    La note de la rédaction souligne: « Parmi eux, il en est sûrement qui ont obtenu de bons résultats dans cette fusion, et ont réalisé des inventions et des innovations techniques. Nous devons en faire état dans la presse pour les encourager. »

    Il faut précisément encourager et stimuler, par l’exemple positif, la masse des intellectuels pour qu’ils s’intègrent résolument aux ouvriers, paysans et soldats.

    Dans toutes les régions du pays, on peut en voir qui accomplissent bien cette intégration et qui ont aussi réalisé des inventions et des créations dans leur domaine professionnel.

    À travers leur exemple il est bon d’éduquer les intellectuels qui occupent déjà un poste ou qui vont bientôt travailler.

    La grande révolution culturelle prolétarienne a ouvert une voie plus large que jamais à la fusion des intellectuels aux ouvriers, aux paysans et aux soldats, pour la refonte de leur conception du monde, afin de mieux servir le peuple.

    La masse des intellectuels s’est profondément aguerrie et a été mise à l’épreuve dans cette révolution; elle a senti très vivement son point faible, à savoir : le caractère inconséquent et l’instabilité de son comportement dans la révolution, elle demande impérieusement à rentrer dans les rangs des ouvriers, paysans et soldats; c’est là une très bonne chose, dont il faut se réjouir.

    Les comités révolutionnaires de tout le pays ainsi que les équipes ouvrières chargées de propager la pensée de Mao Zedong, qui se rendent dans les établissements intéressés, doivent savoir déceler cet esprit d’initiative des intellectuels, les soutenir dans leur fusion avec les ouvriers, paysans et soldats, les guider pour qu’ils prennent une part active à la tâche de combat — critiqué réforme de leur propre organisme.

    Désormais, là où sont en masse des intellectuels, il faudra non seulement, dans chaque établissement, sous la direction de la classe ouvrière, mener à bien la tâche de combat – critique – réforme ainsi que les divers stages d’étude de la pensée de Mao Zedong, mais encore organiser les intellectuels pour qu’ils retournent, par périodes et par groupes, parmi les ouvriers, les paysans et les soldats, afin d’être rééduqués par eux.

    Il faut toujours donner une « voie de sortie ».

    « Ne pas donner une « voie de sortie » n’est pas conforme à la politique prolétarienne. »

    Le prolétariat ne pourra finalement réaliser sa propre libération qu’après avoir émancipé toute l’humanité.

    La politique prolétarienne doit indiquer une issue aux masses populaires de toutes les classes et couches sociales qui sont dirigées par le prolétariat et, de plus, s’efforcer de transformer les facteurs négatifs en facteurs positifs.

    L’adoption d’une telle politique permet mieux à ceux qui ont commis de graves erreurs de les avouer et de les corriger.

    Quant à ceux qu’on appelle responsables du Parti irrémédiablement engagés dans la voie capitaliste et « sommités » techniques bourgeoises qui sont en butte à la colère des masses, et que l’on doit abattre, ceux-là ne représentent qu’un nombre fort restreint, et à eux aussi, nous devons laisser une issue après les avoir critiqués et stigmatisés à fond.

    C’est là une question qui mérite notre attention dans la dernière période du mouvement de la grande révolution culturelle prolétarienne.

    Nous devons appliquer résolument toutes les mesures politiques prolétariennes définies par notre grand guide, le président Mao, à l’égard des intellectuels, il faut établir une distinction nette entre les deux types de contradictions de caractère différent.

    Pour résoudre les contradictions au sein du peuple, il faut adopter le procédé : «Unité — critique et autocritique — unité».

    Pour résoudre les questions idéologiques, il faut adopter la méthode du raisonnement avec faits à l’appui, et mener avec patience un travail politico-idéologique minutieux.

    L’excellente situation de la grande révolution culturelle prolétarienne qui approche de sa victoire complète ouvre aux larges masses révolutionnaires des perspectives magnifiques.

    Nous sommes convaincus qu’à la lumière de la grande pensée de Mao Zedong et sous la direction de la classe ouvrière, dans notre pays, les masses des intellectuels révolutionnaires et des intellectuels susceptibles d’être rééduqués avanceront plus rapidement encore dans la voie de leur révolutionnarisation et de leur transformation en travailleurs.

    « Nous espérons que nos intellectuels continueront d’avancer et que, progressivement, dans le cours de leur travail et de leur étude, ils acquerront une conception communiste du monde, s’assimileront le marxisme-léninisme et se fondront en un tout avec les ouvriers et les paysans.

    Nous espérons qu’ils ne s’arrêteront pas à mi-chemin et qu’à plus forte raison ils ne feront pas marche arrière, car cela les conduirait à une impasse. » (De la juste solution des contradictions au sein du peuple)

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    sur la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne

  • L’édification du Parti doit être étroitement liée à sa ligne politique

    [Notes d’étude sur «Pour la parution de la revue Le Communiste, publiées dans le Hongqi, Le drapeau rouge, 1973.]

    « Le noyau dirigeant de notre cause, c’est le Parti communiste chinois. »

    Pour que notre Parti soit à même de diriger avec dynamisme le prolétariat et le peuple révolutionnaire dans l’accomplissement des tâches révolutionnaires aux différentes périodes historiques, nous devons en faire un parti politique marxiste-léniniste tout à fait consolidé sur les plans idéologique, politique et organisationnel.

    Notre grand dirigeant, le président Mao, a toujours porté une attention particulière à cet important problème.

    Et c’est pour le régler correctement qu’il écrivit, en octobre 1939, le brillant article marxiste-léniniste intitulé: « Pour la parution de la revue Le Communiste« .

    Dans cet article, après avoir fait le bilan de l’expérience historique de la lutte entre les deux lignes au cours des dix-huit années qui suivirent la fondation du Parti communiste chinois, le président Mao énonça explicitement cette thèse importante : l’édification du Parti est « étroitement liée à sa ligne politique ».

    Dans la période de la révolution de démocratie nouvelle, le front uni et la lutte armée furent deux armes fondamentales qui nous permirent de vaincre l’ennemi.

    L’édification du Parti fut toujours « étroitement liée… à sa façon, juste ou erronée, de résoudre les questions du front uni et de la lutte armée ».

    Quand notre Parti apportait une juste solution aux questions du front uni et de la lutte armée, il accomplissait un pas en avant dans son développement et sa consolidation ; mais il reculait d’autant lorsqu’il les réglait incorrectement, comme ce fut le cas à la suite de l’interférence et du sabotage dus aux lignes opportunistes avancées par Tchen Tou-sieou, Wang Ming et autres.

    L’édification du Parti est donc en soi un processus de lutte entre ligne juste et ligne erronée.

    Et par un tel processus, le Parti se développe, grandit et se consolide.

    C’est là une expérience historique capitale de l’édification du Parti.

    Étudier à nouveau l’enseignement du président Mao, selon lequel l’édification du Parti doit être étroitement liée à sa ligne politique, revêt, à l’heure actuelle, une signification importante pour parfaire, au cours de la période socialiste, l’édification du Parti selon la théorie et le style révolutionnaires marxistes-léninistes.

    La société socialiste s’étend sur une assez longue période historique, au cours de laquelle continuent d’exister les classes, les contradictions de classes et la lutte de classes, de même que la lutte entre la voie socialiste et la voie capitaliste, le danger d’une restauration du capitalisme, et la menace de subversion et d’agression de la part de l’impérialisme et du révisionnisme moderne.

    Dans de telles conditions historiques, un parti politique prolétarien peut, de parti marxiste-léniniste, dégénérer en parti révisionniste s’il n’est pas conduit par une ligne marxiste-léniniste.

    La ligne fondamentale (1) du Parti, formulée par le président Mao, pour la période historique du socialisme, non seulement résout correctement les problèmes relatifs à la théorie, aux principes et aux mesures politiques, que pose la continuation de la révolution sous la dictature du prolétariat, mais elle répond aussi correctement aux questions fondamentales concernant l’édification du Parti pendant la période socialiste.

    Conformément à cette ligne fondamentale du Parti, l’édification du Parti doit être liée à la lutte qui se déroule entre le prolétariat et la bourgeoisie, et entre la voie socialiste et la voie capitaliste, au renforcement et à la consolidation de la dictature du prolétariat, et à la continuation de la révolution sous la dictature du prolétariat.

    Le Parti doit savoir distinguer, dans la lutte de classes, qui est complexe, les contradictions entre l’ennemi et nous de celles au sein du peuple, qui sont deux types de contradictions de caractère différent.

    C’est seulement ainsi qu’il peut unir autour de lui le peuple de toutes les nationalités pour défaire les ennemis de classe de l’intérieur et de l’étranger, qui provoquent des troubles et mènent des activités de sabotage, et qu’il peut conduire la révolution et l’édification socialistes de victoire en victoire.

    Le président Mao a mis l’accent sur l’importance des trois grands mouvements révolutionnaires que sont la lutte de classes, la lutte pour la production et l’expérimentation scientifique, disant qu’ils « constituent une sûre garantie permettant aux communistes de se garder de toute bureaucratie, de se prémunir contre le révisionnisme et le dogmatisme et de demeurer toujours invincibles, une sûre garantie permettant au prolétariat de s’unir avec les larges masses travailleuses et de pratiquer une dictature démocratique ».

    C’est seulement en appliquant la ligne fondamentale du Parti, en apprenant à résoudre de façon correcte les deux types de contradictions, en persistant dans les trois grands mouvements révolutionnaires et en maintenant fermement la dictature du prolétariat, que notre Parti peut éviter de changer de nature et exercer pleinement son rôle dirigeant en tant qu’avant-garde du prolétariat.

    Si nous nous écartons de la ligne fondamentale du Parti et des trois grands mouvements révolutionnaires, si nous supprimons ou relâchons la lutte du prolétariat contre la bourgeoisie, si nous abandonnons ou affaiblissons la dictature du prolétariat, et ne savons pas résoudre correctement les contradictions entre l’ennemi et nous, ni celles au sein du peuple, l’édification de notre Parti sera compromise et sapée, et il lui sera impossible de jouer son rôle d’avant-garde du prolétariat.

    Les escrocs du genre de Liou Chao-chi ont fondamentalement trahi les thèses marxistes-léninistes sur la dictature du prolétariat et la théorie relative à l’édification du Parti Leur ligne révisionniste en matière d’édification du Parti visait à changer la nature prolétarienne du Parti au moyen de la diffusion d’idées bourgeoises réactionnaires, d’activités conspiratrices pour diviser le Parti, et de la corruption des cadres et des membres du Parti, et à faire du Parti un instrument leur servant à restaurer le capitalisme et à renverser la dictature du prolétariat.

    Pour poursuivre la révolution sous la dictature du prolétariat tout au long des années qui ont suivi la fondation de la République populaire de Chine, notre Parti a, sous la direction de la ligne révolutionnaire du président Mao, dirigé le peuple tout entier dans une série de grandes luttes menées sur les fronts économique, politique et idéologique, et repoussé les furieuses attaques successives déclenchées par la bourgeoisie et ses agents au sein du Parti.

    La Grande Révolution culturelle prolétarienne déclenchée et dirigée par le président Mao en personne a complètement détruit le quartier général de la bourgeoisie ayant à sa tête Liou Chao-chi, et a brisé tous les complots contre-révolutionnaires tramés par les escrocs du genre de Liou Chao-chi.

    Ces luttes, âpres et acharnées, entre les classes, les deux voies et les deux lignes, ont soumis notre Parti à de rudes épreuves et l’ont consolidé sur une vaste échelle, lui faisant pleinement jouer son rôle de noyau dirigeant dans la révolution comme dans l’édification.

    Notre Parti est aujourd’hui plus mûr que jamais sur le plan politique, plus pur au point de vue de l’organisation et plus uni dans le domaine idéologique.

    L’expérience pratique accumulée au cours des luttes des vingt et quelques années écoulées a maintes fois corroboré cette vérité : la ligne vitale de notre Parti, c’est la ligne fondamentale qu’il applique.

    Ce n’est qu’en liant étroitement l’édification du Parti avec cette ligne fondamentale que nous pouvons résoudre de façon correcte les problèmes suivants : quel genre de parti doit-on édifier et comment l’édifier?

    Durant la Grande Révolution culturelle prolétarienne, le président Mao a indiqué : « le Parti doit être composé d’éléments avancés du prolétariat; il doit être une organisation d’avant-garde, dynamique, capable de diriger le prolétariat et les masses révolutionnaires dans leur combat contre l’ennemi de classe. »

    Cette brillante directive a, une fois de plus, défini la nature de notre Parti en tant qu’avant-garde du prolétariat et formule la grande tâche de combat qui incombe aux organisations du Parti sous la dictature du prolétariat.

    Le programme fondamental du Parti communiste chinois est de renverser définitivement la bourgeoisie et toutes les autres classes exploiteuses, de substituer la dictature du prolétariat à la dictature de la bourgeoisie, d’assurer le triomphe du socialisme sur le capitalisme.

    Le but final du Parti est la réalisation du communisme.

    Notre Parti est un instrument du prolétariat dans la lutte contre la bourgeoisie et toutes les autres classes exploiteuses.

    A la veille de la Libération, le président Mao a indiqué que tout le Parti devait apprendre à lutter contre les impérialistes, le Kuomintang et la bourgeoisie sur les plans politique, économique et culturel.

    « Si nous ne prêtons pas attention à ces problèmes, si nous n’apprenons pas à mener de telles luttes contre ces gens et si nous ne parvenons pas à remporter la victoire dans ces luttes, nous ne serons pas en état de garder le pouvoir, nous ne pourrons pas nous maintenir, nous échouerons. »

    Par conséquent, les organisations du Parti à tous les échelons doivent prêter attention à la lutte de classes, en particulier à celle dans le domaine de la superstructure, et donner à cette tâche une importance primordiale; jamais elles ne doivent la reléguer au second plan.

    Pour un membre du Parti communiste, la lutte de classes est un devoir de chaque instant, et toute la vie durant.

    Avant-garde du prolétariat, l’organisation du Parti ne saurait remplir le rôle de bastion dans le combat si elle néglige ou relâche la lutte de classes.

    Si un communiste fermait les yeux sur la réalité de la lutte de classes, il serait indigne du titre de combattant d’avant-garde du prolétariat.

    Cette avant-garde du prolétariat doit agir en conformité avec la philosophie de lutte dans le Parti communiste, mener une lutte inflexible contre l’ennemi de classe, et contre les idées de la bourgeoisie et de toute autre classe exploiteuse.

    L’expérience prouve que là où, entre toutes autres activités, l’organisation du Parti prend solidement en main le chaînon clé qu’est la lutte de classes et dirige les masses dans le combat contre l’ennemi de classe, les membres du Parti et les masses font preuve de vitalité, la révolution et la production sont en plein épanouissement, et la ligne révolutionnaire prolétarienne du président Mao et les mesures politiques qu’il a formulées sont appliquées avec conséquence.

    Inversement, si l’organisation du Parti néglige la lutte de classes, une atmosphère d’apathie politique s’y installera, et ni la révolution ni la production ne pourront progresser.

    La lutte entre les deux classes et les deux voies, qui se déroule dans la société, se manifeste nécessairement au sein du Parti.

    Faisant le bilan de l’expérience historique acquise au cours de plus d’un demi-siècle de luttes menées entre les deux lignes au sein du Parti, notre grand dirigeant, le président Mao, a souligné qu’il fallait « pratiquer le marxisme et non le révisionnisme ; travailler à l’unité et non à la scission; faire preuve de franchise et de droiture, et ne pas tramer complots et intrigues ».

    Ce sont là les trois principes fondamentaux à suivre dans la lutte au sein du Parti. Toutes les luttes engagées au sein du Parti sous le rapport de la ligne politique convergent, en définitive, sur ce même problème: pratiquer le marxisme ou le révisionnisme.

    Et l’enjeu des luttes qui se sont déroulées à ce sujet en période socialiste était invariablement de maintenir ou de changer la ligne fondamentale du Parti.

    Aussi variées que soient les formes par lesquelles elles s’extériorisent, leur essence reste la même, qu’il s’agisse de l’alliance antiparti de Kao Kang – Jao Chou-che, de la clique antiparti opportuniste de droite de Peng Teh-houai, de la clique renégate de Liou Chao-chi ou des activités sournoises contre-révolutionnaires des escrocs du genre de Liou Chao-chi.

    Leur but est de changer foncièrement la ligne et les mesures politiques fondamentales du Parti, de renverser la dictature du prolétariat et de restaurer le capitalisme.

    Celui qui pratique le marxisme travaille nécessairement à l’unité et fait preuve de franchise et de droiture, tandis que celui qui pratique le révisionnisme ne peut que travailler à la scission et tramer des complots.

    La ligne marxiste-léniniste formulée pour notre Parti par le président Mao incarne les intérêts et aspirations des masses populaires et reflète la loi objective du développement historique.

    Et par cela même, notre Parti est en mesure de renforcer son unité sur la base de la ligne révolutionnaire du président Mao, et ses membres sont capables d’une grande franchise politique, toujours prêts à exprimer leurs opinions politiques, et peuvent mobiliser les larges masses pour qu’elles œuvrent à l’application de la ligne du Parti.

    La ligne révisionniste de Liou Chao-chi et d’autres escrocs de son genre représente de façon concentrée, quant à elle, les intérêts des propriétaires fonciers, des paysans riches, des contre-révolutionnaires, des mauvais éléments et des droitiers, et elle répond aux besoins du social-impérialisme révisionniste soviétique qui tente de renverser la dictature du prolétariat dans notre pays.

    Du fait que leur ligne va à l’encontre du développement de l’histoire et que les masses populaires ne sauraient la sanctionner, ils ne peuvent que se livrer à des activités scissionnistes et ourdir dans l’ombre des complots contre-révolutionnaires pour trahir le Parti et la patrie.

    Les contradictions et la lutte au sein du Parti sont le moteur du développement du Parti.

    Sans ces contradictions et cette lutte, la vie du Parti cesserait.

    Tous les membres du Parti communiste vivent au milieu de la lutte entre les deux lignes ; ils ne peuvent s’en tenir à l’écart.

    Se soustraire à la lutte et dissimuler les contradictions au sein du Parti est contraire à la dialectique révolutionnaire et préjudiciable à la cause révolutionnaire.

    Ces contradictions ne sauraient être étouffées, elles doivent être résolues par la lutte.

    C’est seulement en luttant énergiquement contre les lignes erronées, qui sont préjudiciables à la révolution, et en les surmontant, qu’il est possible d’appliquer la ligne juste et que les membres du Parti peuvent élever leur niveau de conscience quant à la lutte de classes et à la lutte entre les deux lignes.

    Dans la lutte au sein du Parti, il est impératif de s’en tenir aux principes et mesures politiques justes, de distinguer strictement et de résoudre correctement les deux types de contradictions de caractère différent.

    C’est là une garantie importante pour que le Parti puisse renforcer son unité et diriger le prolétariat et les masses populaires dans la lutte victorieuse contre l’ennemi.

    C’est aussi là un aspect important de l’application de la ligne fondamentale du Parti.

    A l’intention des camarades qui ont commis des erreurs, le président Mao a formulé les principes suivants: « Unité – critique – unité » et « tirer la leçon des erreurs passées pour en éviter le retour et guérir la maladie pour sauver l’homme ».

    Ils constituent le critère à observer pour mener correctement la lutte au sein du Parti.

    Cela en vue d’atteindre le double but d’éclaircir les idées et d’unir les camarades.

    Conformément à ces principes, notre Parti a, au cours de la Grande Révolution culturelle prolétarienne et du mouvement pour la critique du révisionnisme et la rectification du style de travail, dénoncé et critiqué la ligne révisionniste de Liou Chao-chi et d’autres escrocs de son genre ainsi que leurs crimes contre-révolutionnaires, récupéré bien des camarades qui avaient commis des erreurs, et éduqué la grande masse des cadres et des membres du Parti.

    Tout le Parti s’en est trouvé plus uni sur la base des principes du marxisme, du léninisme, de la pensée-Mao Zedong.

    Cela constitue un trait saillant de l’épanouissement de notre Parti et une base solide qu’aucun ennemi de classe ne saurait détruire.

    Pour permettre à notre Parti de conserver son caractère d’avant-garde du prolétariat, il est extrêmement nécessaire d’entreprendre parmi tous les membres du Parti une éducation sous le rapport du marxisme, du léninisme, de la pensée-Mao Zedong, et de prêter une grande attention à la refonte de leur conception du monde.

    C’est là un contenu important de l’édification idéologique du Parti.

    Le président Mao a toujours insisté sur l’importance de la refonte de la conception du monde et s’oppose au « perfectionnement idéologique individuel », théorie idéaliste de Liou Chao-chi.

    Il a souligné que « le changement de conception du monde est un changement radical« .

    Le problème essentiel de la transformation de la conception du monde, c’est de s’opposer à l’idéalisme et à la métaphysique en se basant sur le matérialisme dialectique, de combattre l’idéalisme historique en s’armant du matérialisme historique.

    Un membre du Parti communiste qui acquiert une conception du monde matérialiste-dialectique et matérialiste-historique est à même d’appliquer fermement et consciemment la ligne révolutionnaire prolétarienne du président Mao et d’assumer le rôle d’un combattant d’avant-garde du prolétariat dans la lutte.

    Tandis que celui qui ne transforme pas sa conception du monde et laisse subsister dans son esprit des pensées idéalistes et métaphysiques, ne peut ni distinguer le pseudo-marxisme ni résister aux lignes erronées.

    La conception du monde matérialiste-dialectique et matérialiste-historique ne tombe pas du ciel, elle n’est pas quelque chose d’inné.

    On ne l’acquiert qu’après avoir passé par de longues et dures épreuves, tout au long de la lutte pratique et à la lumière de la théorie marxiste.

    La refonte du monde subjectif a lieu dans le processus de la transformation du monde objectif.

    En tournant le dos à la pratique dans le cadre des trois grands mouvements révolutionnaires – la lutte de classes, la lutte pour la production et l’expérimentation scientifique – et en particulier à la lutte pratique du prolétariat contre la bourgeoisie, on ne peut qu’amener la putréfaction dans le tréfonds de son âme.

    La refonte de la conception du monde doit s’accomplir par un processus long et répété.

    On n’aura jamais fini de « rejeter ce qui est altéré et absorber le nouveau » sur le plan idéologique, et la lutte entre idées prolétariennes et idées bourgeoises se poursuivra durant toute la période historique de la dictature du prolétariat.

    Les escrocs du genre de Liou Chao-chi s’étaient démenés pour colporter leur « perfectionnement individuel »- théorie idéaliste prônant le divorce du subjectif d’avec l’objectif, de la connaissance d’avec la pratique – aux fins de transformer et de corrompre le Parti au moyen de la conception bourgeoise du monde, d’amener notre Parti à délaisser la ligne marxiste-léniniste et de faire de ses membres, par le « perfectionnement individuel », des bourgeois hypocrites et à double-face.

    Dans « Pour la parution de la revue Le Communiste », le président Mao nous a appelés à résumer sur la base de notre compréhension de l’unité entre la théorie marxiste-léniniste et la pratique de la révolution chinoise, l’expérience acquise au cours des luttes passées et actuelles dans l’édification du Parti, à accumuler et à propager cette expérience dans tout le Parti, de sorte que notre Parti soit solide comme le fer.

    Conformément à la directive du président Mao, nous devons dresser consciencieusement le bilan de l’expérience obtenue dans le renforcement de l’édification du Parti, pour que notre Parti devienne encore plus solide, plus ferme et plus dynamique, et avance toujours victorieusement en suivant la ligne révolutionnaire prolétarienne du président Mao.

    (1) La société socialiste s’étend sur une assez longue période historique, au cours de laquelle continuent d’exister les classes, les contradictions de classes et la lutte de classes, de même que la lutte entre la voie socialiste et la voie capitaliste, ainsi que le danger d’une restauration du capitalisme.

    Il faut comprendre que cette lutte sera longue et complexe, redoubler de vigilance et poursuivre l’éducation socialiste.

    Il faut comprendre et résoudre correctement les problèmes posés par les contradictions de classes et la lutte des classes, distinguer les contradictions entre l’ennemi et nous, et les contradictions au sein du peuple, puis leur donner une juste solution.

    Sinon, un pays socialiste comme le nôtre se transformera en son contraire : il changera de nature et verra la restauration du capitalisme.

    Dès maintenant, nous devons parler de cette question, jour après jour, mois après mois, année après année, afin d’en avoir une compréhension suffisamment claire et de suivre une ligne marxiste-léniniste.

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    sur la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne

  • Il faut accorder une grande attention à la ligne fondamentale du Parti

    [Article publié dans la revue Hongqi, Drapeau rouge, novembre 1973.]

    Dans le rapport politique qu’il a présenté au Xe Con-grès du Parti communiste chinois, le camarade Chou En-laï a souligné :

    « Le président Mao a élaboré, à l’intention de notre Parti, la ligne et les principes politiques fondamentaux pour toute la période historique du socialisme, et arrêté, en outre, les lignes et les mesures politiques particulières à appliquer dans les divers secteurs du travail concret.

    Nous devons, dans nos activités, accorder une grande attention non seulement aux lignes et mesures politiques du Parti pour un travail spécifique, mais encore et surtout à sa ligne et à ses principes politiques fondamentaux.

    C’est là la garantie essentielle permettant à notre Parti de remporter des victoires encore plus grandes. »

    La ligne fondamentale, du Parti est guidée par le marxisme, le léninisme, la pensée-Mao Zedong.

    Elle énonce les lois objectives de la lutte de classes pour l’époque historique du socialisme ; elle désigne la contradiction principale de la société socialiste et les moyens de la résoudre ; elle fixe le programme stratégique pour la poursuite de la révolution sous la dictature du prolétariat, et expose la politique d’ensemble qui consiste à distinguer et à résoudre correctement les contradictions entre l’ennemi et nous, et les contradictions au sein du peuple, ces contradictions qualitativement différentes.

    Cette ligne fondamentale est le phare qui oriente tout notre travail, et des déviations de droite ou « de gauche » seront commises toutes les fois qu’on s’en écartera.

    En persistant dans cette ligne fondamentale, nous consoliderons la dictature du prolétariat, unirons le peuple du pays tout entier et remporterons des victoires encore plus grandes dans la révolution et l’édification socialistes.

    Appliquant les analyses théoriques du marxisme, d’ léninisme, de la pensée-Mao Zedong sur la continuation de la révolution sous la dictature du prolétariat, le IXe Congrès du P.C.C. a fait le bilan des expériences historiques passées et des expériences toutes récentes acquise dans la Grande Révolution culturelle prolétarienne ; il a critiqué la ligne révisionniste de Liou Chao-chi et réaffirmé la justesse de la ligne fondamentale définie par le Parti pour toute la période historique du socialisme.

    Le documents adoptés par le Xe Congrès ont entièrement confirmé la ligne du IXe Congrès, fait le bilan de l’expérience fondamentale acquise dans l’écrasement du groupe antiparti de Lin Piao et réaffirmé la justesse de la ligne fondamentale du Parti.

    Le développement de 1a lutte des classes, tant à l’intérieur du pays que sur plan international, ainsi que les victoires de la Révolution culturelle, et du mouvement de critique de Lin Piao et de rectification du style de travail, ont prouvé que la lige fondamentale du Parti était totalement juste.

    Une ligne juste n’existe qu’en contraste avec un, ligne erronée et ne se développe que dans la lutte contre cette dernière.

    La ligne fondamentale de notre Parti, elle aussi, s’est développée au cours des combats livrés contre les lignes opportunistes, tout particulièrement contre le lignes révisionnistes de Liou Chao-chi et de Lin Piao.

    À la veille de la fondation de la Chine nouvelle, le président Mao a souligné en termes explicites, à la deuxième session plénière du Comité central issu du VIIe Congrès du Parti, qu’après la victoire à l’échelle nationale de la révolution de démocratie nouvelle, la contradiction fondamentale en Chine était celle entre la classe ouvrière et la bourgeoisie.

    C’est-à-dire que lorsque la révolution est passée de l’étape de démocratie nouvelle à l’étape de la révolution socialiste, la contradiction entre la classe ouvrière et la bourgeoisie, entre la voie socialiste et la voie capitaliste devenait la contradiction principale de la société chinoise.

    Le président Mao a très explicitement énoncé les principes, les mesures politiques et les étapes pour procéder à la transformation socialiste dans les campagnes et les villes ; il a déclenché toute une série d’offensives contre la bourgeoisie sur les fronts économique, politique et idéologique, conduisant ainsi le Parti et le peuple tout entiers dans leur marche en avant sur la voie socialiste.

    Liou Chao-chi, par contre, s’est dressé pour répandre ouvertement ses mensonges réactionnaires sur la classe capitaliste; « plus elle exploite, plus ses mérites sont grands », disait-il de cette dernière.

    Et il avança le slogan : « consolider l’ordre de démocratie nouvelle ».

    Il s’opposait ainsi à l’accomplissement graduel et systématique de la révolution socialiste dans les domaines économique, politique et idéologique.

    En 1956, après qu’eut été remportée en Chine la grande victoire de la transformation socialiste de la propriété des moyens de production, la question suivante fut au cœur de la lutte entre les deux lignes : les classes, les contradictions de classes et les luttes de classes existaient-elles encore en Chine ?

    La contradiction entre prolétariat et bourgeoisie restait-elle en Chine la contradiction principale ?

    Le président Mao attira à temps l’attention du Parti tout entier sur le fait que l’on devait continuer d’analyser la société socialiste du point de vue de la lutte des classes.

    Liou Chao-chi et Tchen Po-ta, par contre, firent tout ce qu’ils pouvaient pour répandre le mensonge suivant : la contradiction principale dans le pays ne serait plus celle entre prolétariat et bourgeoisie, mais la contradiction entre « le système socialiste avancé et les forces productives sociales arriérées ».

    En fait, c’était dire que la révolution socialiste était allée trop vite en Chine ; c’était nier complètement les grandes victoires remportées sous la direction de notre Parti dans la transformation socialiste de l’agriculture, de l’artisanat, ainsi que de l’industrie et du commerce capitalistes.

    Dans le dos du président Mao, ils glissèrent cette théorie révisionniste dans la résolution du VIlle Congrès.

    Mais elle fut immédiatement décelée par notre grand dirigeant qui critiqua leur déviation avec tout le sérieux voulu.

    Au début de 1957, le président Mao fit le bilan de l’expérience historique accumulée par notre Parti depuis la deuxième session plénière du Comité central issu du VIIe Congrès.

    Dans son œuvre De la juste solution des contradictions au sein du peuple, il souligna de manière pénétrante qu’ « il faut du temps pour que notre régime socialiste grandisse et se consolide », que « la question de savoir qui l’emportera, du socialisme ou du capitalisme, n’est pas encore véritablement résolue », et que « la lutte de classes entre le prolétariat et la bourgeoisie, entre les diverses forces politiques et entre les idéologies prolétarienne et bourgeoise sera encore longue et sujette à des vicissitudes, et par moments elle pourra même devenir très aiguë ».

    Les deux catégories foncièrement différentes de contradictions qui existent au cours de la révolution socialiste, dit le président Mao, doivent être traitées de manière correcte si l’on veut consolider effectivement la dictature du prolétariat.

    Cette théorie du président Mao a pulvérisé la théorie de « l’extinction de la lutte des classes » élaborée par Liou Chao-chi et Tchen Po-ta ; elle continue, défend et développe le marxisme-léninisme et fixe l’orientation à suivre pour la continuation de la révolution sous la dictature du prolétariat dans notre pays.

    En 1959, dans la critique de la ligne opportuniste de droite de Peng Teh-houai, le président Mao a souligné de nouveau la ligne fondamentale du Parti en disant que« la lutte dont Louchan est le théâtre constitue une lutte de classes ; elle est le prolongement de la lutte à mort qui s’est poursuivie au cours des dix dernières années de révolution socialiste entre les deux grandes classes antagonistes, la bourgeoisie et le prolétariat ».

    Il a éduqué tout le Parti pour qu’il comprenne la nature prolongée de cette lutte.

    En 1962, à la dixième session plénière du Comité central issu du VIlle Congrès, le président Mao a poussé plus avant le bilan de l’expérience historique acquise dans l’exercice de la dictature du prolétariat sur les plans intérieur et international ; il a réaffirmé, de manière encore plus complète, la ligne fondamentale du Parti pour toute la période historique du socialisme.

    Il a fait remarquer : « La société socialiste s’étend sur une assez longue période historique, au cours de laquelle continuent d’exister les classes, les contradictions de classes et la lutte de classes, de même que la lutte entre la voie socialiste et la voie capitaliste, de même que le danger d’une restauration du capitalisme.

    Il faut comprendre que cette lutte sera longue et complexe, redoubler de vigilance et poursuivre l’éducation socialiste.

    Il faut saisir et résoudre correctement les problèmes concernant les contradictions de classes et la lutte des classes, distinguer, d’une part, les contradictions entre l’ennemi et nous, d’autre part, les contradictions au sein du peuple, puis leur donner une juste solution. Sinon, un pays socialiste comme le nôtre se transformera en son contraire : il changera de nature et verra la restauration du capitalisme.

    Dès maintenant, nous devons parler de cette question, jour après jour, mois après mois, année après année, afin d’en avoir une compréhension suffisamment claire et de suivre une ligne marxiste-léniniste ».

    Cependant, ne renonçant pas à leur rêve de restaurer le capitalisme, Liou Chao-chi et son groupe firent le maximum pour déformer et contrecarrer la ligne fondamentale du Parti.

    Pendant le mouvement d’éducation socialiste, ils inventèrent « une contradiction entre les quatre assainissements et les quatre non-assainissements », et « un enchevêtrement entre les contradictions en dehors du Parti et les contradictions au sein du Parti » (1).

    C’est contre la ligne fondamentale du Parti qu’ils avaient inventé cela, afin de camoufler la lutte entre les deux classes, les deux voies et les deux lignes, et de s’opposer à la lutte déclenchée au cours du mouvement d’éducation socialiste contre les responsables du Parti engagés dans la voie capitaliste.

    En janvier 1965, à la conférence nationale de travail convoquée par le Bureau politique du Comité central, le président Mao a souligné, en réplique aux mensonges de Liou Chao-chi et compagnie: « Durant toute la période de transition existent les contradictions de classes, la lutte de classes entre le prolétariat et la bourgeoisie, la lutte entre les deux voies, socialiste et capitaliste.

    Nous nous engagerions dans une fausse voie si nous oubliions cette théorie et cette pratique fondamentales qui sont celles de notre Parti depuis plus de dix ans ».

    La Grande Révolution culturelle prolétarienne et le mouvement de critique de Lin Piao et de rectification du style de travail menés par le Parti et le peuple tout entiers sous la direction du président Mao, et toutes les importantes directives qu’il a formulées au cours de ces luttes, ont contribué à enrichir et à développer encore la ligne fondamentale du Parti.

    Dans ledit mouvement, le président Mao a résumé ainsi de manière pénétrante l’expérience fondamentale acquise par le Parti dans la lutte entre les deux lignes : « pratiquer le marxisme et non le révisionnisme; travailler à l’unité et non à la scission; faire preuve de franchise et de droiture, et ne pas tramer complots et intrigues ».

    Une ferme mise en application de cette directive est absolument nécessaire si l’on veut persévérer dans la ligne fondamentale du Parti, consolider la dictature du prolétariat, empêcher la restauration du capitalisme et s’unir pour remporter des victoires encore plus grandes.

    Après l’écrasement du groupe renégat de Liou Chao-chi, la lutte menée par notre Parti contre le groupe antiparti de Lin Piao à propos de la ligne du IXe Congrès portait sur la question suivante : fallait-il continuer à suivre la ligne fondamentale du Parti ou fallait-il la changer ?

    Lin Piao et Tchen Po-ta s’opposaient à la continuation de la révolution sous la dictature du prolétariat et considéraient que la tâche principale après le IXe Congrès était de développer la production.

    C’était la reprise pure et simple, dans de nouvelles circonstances, du mensonge révisionniste de Liou Chao-chi et de son groupe sur la « contradiction entre le système socialiste avancé et les forces productives sociales arriérées ».

    Le marxisme-léninisme a toujours soutenu que dans la contradiction entre les rapports de production et les forces productives, ces dernières constituaient le facteur le plus actif et le plus révolutionnaire. « Le plus grand pouvoir productif, c’est la classe révolutionnaire elle-même.« 

    Dans le socialisme, la classe ouvrière et le reste du peuple travailleur deviennent les maîtres du pays et l’on fait jouer à plein leur initiative socialiste.

    Ils deviennent la force principale dans la révolution et l’édification socialistes, et créent d’innombrables choses prodigieuses.

    Dans notre pays, les rapports de production socialistes correspondent au développement des forces productives et leur ont ouvert un large champ.

    Cependant, ils ont certaines imperfections qui sont en contradiction avec le développement des forces productives.

    La pratique de la révolution et de l’édification socialistes a montré que c’est toujours la supériorité du système socialiste qui stimule le développement des forces productives, et que c’est toujours en transformant ce qui, dans les rapports de production, ne correspond pas au développement des forces productives, que l’on arrive à les faire correspondre à ce développement et à le stimuler.

    Il n’existe absolument rien qui ressemble à la « contradiction entre le système socialiste avancé et les forces productives sociales arriérées ».

    Il était tout à fait impossible pour Liou Chao-chi et Lin Piao, qui se tenaient sur la position réactionnaire de la bourgeoisie, de discerner l’enthousiasme des masses.

    Cette formule antimarxiste qu’ils concoctèrent avait pour but de s’opposer à la révolution socialiste et à la ligne fondamentale du Parti élaborée par le président Mao.

    Leurs mensonges sont caractéristiques de la théorie révisionniste des « forces productives ».

    C’est en gardant bien présente à l’esprit la ligne fondamentale du Parti que nous pourrons analyser correctement la situation politique, mener en pro-fondeur la lutte des classes, la lutte entre les deux lignes, et faire que la situation de la révolution évolue dans un sens toujours plus favorable au peuple.

    Au cours de la révolution socialiste, chaque grande lutte entre les deux lignes est un coup puissant assené aux ennemis de classe : chaque lutte trempe et éduque les cadres et les masses.

    Elle permet un développement rapide de la révolution et de l’édification socialistes, et crée une excellente situation.

    Mais, voyant tout de travers, les meneurs des lignes révisionnistes ont toujours cherché à nier les nombreux succès remportés sous la direction de la ligne fondamentale du Parti.

    Après la victoire éclatante remportée par la Grande Révolution culturelle prolétarienne, le groupe antiparti de Lin Piao, mû par sa position réactionnaire, agonit d’injures notre système socialiste de dictature du prolétariat et présenta sous un jour sombre l’excellente situation qui régnait à l’intérieur du pays.

    Il cherchait ainsi à nier les réalisations prodigieuses qu’avait réussi à accomplir le peuple révolutionnaire au cours de ses luttes.

    Les réalisations et les succès de la cause socialiste, aucun ennemi de classe ne saurait les effacer.

    En continuant à nous appuyer sur la théorie fondamentale du Parti et sur notre pratique guidée par cette théorie, pour analyser la situation politique et les rapports des classes entre elles, nous pourrons arriver à une appréciation correcte de la situation, sans nous trouver désorientés par les phénomènes superficiels du moment ; ainsi nous ne serons jamais portés à conclure que l’excellente situation, après tout, n’est pas si bonne que ça, ou même pas bonne du tout.

    Nous ne perdrons pas non plus la tête au point d’abandonner toute vigilance dans une excellente situation.

    En gardant bien présente à l’esprit la ligne fondamentale du Parti, nous pourrons continuer à poursuivre la révolution sous la dictature du prolétariat et à mener jusqu’au bout la lutte contre la bourgeoisie et le révisionnisme.

    La lutte de classes opposant le prolétariat à la bourgeoisie, et la lutte contre les tentatives d’agression et de subversion fomentées par l’impérialisme et le social-impérialisme existeront pendant une longue période dans la société socialiste.

    Cela fait que dans l’avenir, le nœud de la lutte entre les deux lignes sera encore la question de savoir si l’on pratique le marxisme ou le révisionnisme, si l’on suit la voie socialiste ou la voie capitaliste.

    Et en particulier dans les domaines politique et idéologique, la question de savoir qui l’emportera, du socialisme ou du capitalisme, ne pourra être réglée qu’après une très longue période.

    Afin de restaurer le capitalisme, le groupe renégat de Liou Chao-chi et le groupe antiparti de Lin Piao ont toujours masqué les contradictions et la lutte de classes, et répandu des absurdités sur « l’extinction de la lutte de classes » et « l’extinction de la lutte entre les deux lignes ».

    C’est en soi une manifestation de la lutte des classes et de la lutte entre les deux lignes.

    Nous devons, à tout instant, garder la tête froide, étudier et analyser sans relâche le développement de la lutte des classes ; nous devons faire attention à la tendance cachée par une autre, et faire preuve de l’esprit prolétarien d’oser aller à contre-courant, appliquer sans nous en écarter d’un pouce la ligne révolutionnaire du président Mao, et combattre les tendances erronées qui vont à l’encontre de l’orientation socialiste et portent tort à la révolution.

    En gardant bien présente à l’esprit la ligne fondamentale du Parti, nous pourrons, de manière consciente, distinguer et résoudre correctement les deux types de contradictions de nature différente dans tous les aspects de notre travail ; nous pourrons unir, sous la direction du prolétariat, toutes les nationalités de notre pays et toutes les forces susceptibles d’être unies, nous appuyer sur l’enthousiasme nourri par les larges masses pour le socialisme et assurer effectivement que la tâche de la consolidation de la dictature du prolétariat soit bien accomplie partout à la base.

    On doit faire en ces domaines le bilan concret des nombreuses expériences.

    La théorie fondamentale du Parti et sa pratique guidée par cette théorie pendant ces 24 dernières années montrent que le courant du socialisme est irrésistible.

    Dans un État de dictature du prolétariat comme le nôtre, les masses populaires, qui constituent plus de 95% de la population, sont fermement décidées à suivre la voie socialiste.

    La poignée des meneurs des lignes révisionnistes qui s’acharnent à vouloir arrêter le mouvement en avant de l’histoire et à suivre la voie capitaliste, tels que Liou Chao-chi et Lin Piao, est extrêmement isolée parmi les masses.

    Les contre-courants antisocialistes qu’ils s’efforcent de susciter ont été balayés les uns après les autres, tandis que la dictature du prolétariat en Chine reste ferme comme un roc, et que la cause du socialisme se développe sans cesse avec vigueur.

    Après avoir fait le bilan des 24 années écoulées, le peuple chinois a désormais une compréhension plus profonde que jamais de cette vérité énoncée par le président Mao: « Seul le socialisme peut sauver la Chine« .

    Aujourd’hui, dans la Chine socialiste, quiconque voudrait faire aller l’histoire en arrière et pousser la Chine dans la voie du capitalisme, serait balayé par l’histoire. N’est-ce pas là une réalité tangible ?

    L’avenir est radieux, mais notre chemin est tortueux.

    L’expérience historique des 24 années écoulées depuis la fondation de la République populaire de Chine, et tout particulièrement les expériences acquises dans la Grande Révolution culturelle prolétarienne et le mouvement de critique de Lin Piao et de rectification du style de travail, ont prouvé que tant que nous suivons la ligne révolutionnaire prolétarienne du président Mao, que nous observons la théorie fondamentale du Parti pour l’étape socialiste et poursuivons notre pratique dirigée par cette théorie, nous pouvons être assurés d’avancer sans arrêt dans la voie socialiste.

    Par contre, si nous nous écartons de la ligne fondamentale du Parti, et oublions la théorie et la pratique fondamentales de notre parti, nous nous égarerons.

    La ligne fondamentale du Parti indique l’orientation à suivre au Parti tout entier, au peuple tout entier.

    En suivant cette orientation, la marée du socialisme montera toujours plus haut et, avec sa force foudroyante, balayera tous les obstacles sur son chemin.

    (1) Le mouvement d’éducation socialiste s’est développé dans les villes et les campagnes après la tenue en septembre 1962 de la dixième session plénière du Comité central issu du VIIIe Congrès.

    Le mouvement fut également appelé « mouvement des quatre assainissements », car son but était de réaliser une épuration dans les quatre domaines: politique, économique, organisationnel et idéologique.

    Le fond de ce mouvement, c’était la contradiction entre le socialisme et le capitalisme, et la cible principale de ce mouvement était les responsables du Parti engagés clans la voie capitaliste, cela afin de consolider et de développer davantage les positions du socialisme dans toute la Chine.

    Liou Chao-chi et compagnie, pour s’opposer à la ligne fondamentale du Parti, camouflèrent la lutte entre les deux classes, les deux voies et les deux lignes, et s’opposèrent à ce que l’on dirigeât le fer de lance contre les responsables du Parti qui suivaient la voie capitaliste ; ils prétendaient en effet pour cela que la nature de ce mouvement était « la contradiction entre les quatre assainissements et les quatre non-assainissements », et « l’enchevêtrement entre les contradictions en dehors du Parti et les contradictions au sein du Parti ».

    À la fin de 1964, le président Mao convoqua une conférence de travail du Comité central, et sous sa direction fut élaboré le document intitulé : « Certains problèmes actuels soulevés dans le mouvement d’éducation socialiste à la campagne» (c’est-à-dire le document « en 23 points »).

    Cela constitua une dénonciation vigoureuse de la ligne réactionnaire bourgeoise de Liou Chao-chi et ramena le mouvement d’éducation socialiste dans une juste orientation.

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    sur la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne

  • Importante épigraphe manuscrite par le président Mao aux amis ouvriers du Japon

    [Éditorial du Renmin Ribao, le Quotidien du peuple, 18 septembre 1968.]

    Le 18 septembre 1962, au cours de sa visite en Chine, une délégation d’ouvriers japonais, militants assidus à l’étude, a été reçue par le président Mao Tsé-toung.

    Celui-ci a alors manuscrit une importante épigraphe à tous les amis ouvriers du Japon.

    Demain, il y aura six ans de cela, et à l’occasion de cet anniversaire, nous publions ici le texte intégral de l’épigraphe écrite par le président Mao:

    Si l’on s’emploie réellement à fondre la vérité universelle du marxisme-léninisme dans la pratique concrète de la révolution japonaise, la victoire de celle-ci se fera à coup sûr.

    A la demande des amis de la délégation des ouvriers japonais, militants assidus à l’étude, en visite en Chine, j’écris ces lignes aux amis ouvriers du Japon.

    MAO ZEDONG

    Le 18 septembre 1962

    Une orientation victorieuse pour les peuples révolutionnaires des divers pays

    Le 18 septembre 1962, le président Mao Zedong calligraphiait cette épigraphe pour les amis ouvriers japonais : « Si l’on s’emploie réellement à fondre la vérité universelle du marxisme-léninisme dans la pratique concrète de la révolution japonaise, la victoire de celle-ci se fera à coup sûr« .

    Voilà le 6ème anniversaire de cette brillante épigraphe. Notre journal lui consacre en première page une place importante.

    Elle revêt une importance capitale et profonde non seulement pour la cause révolutionnaire du peuple japonais, mais encore pour celle de tous les peuples du monde.

    Il n’y a pas de mouvement révolutionnaire sans théorie révolutionnaire.

    Le marxisme-léninisme est la cristallisation des pensées scientifiques les plus justes et les plus révolutionnaires du prolétariat mondial; il est une vérité de portée universelle.

    Le prolétariat et les larges masses révolutionnaires des divers pays, dès qu’ils assimilent le marxisme-léninisme, en retirent une sagesse et une force inépuisables pour faire progresser victorieusement la cause de la révolution.

    L’union du marxisme-léninisme et de la pratique concrète de la révolution dans les divers pays constitue la garantie fondamentale pour la victoire de la cause révolutionnaire de leurs peuples.

    En dirigeant la révolution chinoise, le président Mao nous a enseigné à maintes reprises qu’il fallait « unir pleinement et de façon appropriée la vérité universelle du marxisme et la pratique concrète de la révolution chinoise », et qu’« allier intimement la théorie marxiste-léniniste avec la pratique de la révolution chinoise, voilà le principe directeur idéologique suivi avec conséquence par notre parti ».

    C’est ainsi qu’a agi invariablement le Parti communiste chinois.

    La vérité universelle du marxisme-léninisme, une fois liée à la pratique de la lutte révolutionnaire du prolétariat et des larges masses populaires de Chine, est devenue pour le peuple chinois une arme invincible.

    Le camarade Mao Zedong illustre de façon vivante l’intégration de la théorie à la pratique par cette comparaison: « décocher sa flèche en visant la cible ».

    C’est précisément en décochant la « flèche » qu’est le marxisme-léninisme, avec pour « cible » la révolution chinoise, que le camarade Mao Zedong a mis en lumière la théorie, la ligne, l’orientation, les mesures politiques et la tactique relatives à la révolution démocratique, à la révolution socialiste de Chine et à la continuation de la révolution sous la dictature du prolétariat, conduisant ainsi la révolution chinoise de victoire en victoire.

    Le principe selon lequel le marxisme-léninisme se fond dans la pratique concrète de la révolution d’un pays donné, est valable aussi bien pour la révolution chinoise que pour la révolution japonaise et, celle de tout autre pays.

    En d’autres termes, le parti prolétarien d’un pays donné, tout en s’en tenant à la vérité universelle du marxisme-léninisme, doit partir de la réalité, se lier étroitement aux masses, faire sans cesse le bilan de son expérience acquise dans la lutte et élaborer et appliquer, en toute indépendance, la politique et la tactique qui correspondent à la réalité de ce pays.

    Sous prétexte de « développer le marxisme-léninisme de façon créatrice », la clique révisionniste de Khrouchtchev a rejeté cette vérité universelle qu’est le marxisme-léninisme.

    C’est là, de l’opportunisme pur et simple, c’est-à-dire le révisionnisme moderne!

    Alléguant que les « conditions intérieures et extérieures » du Japon sont différentes, la clique renégate révisionniste de Miyamoto au sein du Parti communiste japonais affiche son « indépendance ».

    Ce ne sont là en réalité que paroles vides de sens.

    Cette clique garde aux lèvres le mot marxisme-léninisme, mais ce à quoi elle s’attaque et s’oppose de toutes ses forces, c’est justement ce qu’il y a de plus fondamental dans le marxisme-léninisme.

    Elle s’évertue à dénaturer et à tronquer celui-ci; elle s’oppose à la révolution violente, à la prise du pouvoir politique par la force des armes; elle prône une « révolution pacifique », colporte la pacotille de la « voie parlementaire ».

    En fait, elle ne veut pas la révolution; elle la trahit et s’y oppose.

    Elle n’est qu’une vile bande de fieffés traîtres au marxisme-léninisme et à la cause de la révolution japonaise.

    Aujourd’hui, la lutte révolutionnaire du peuple japonais prend son essor.

    Le niveau de conscience révolutionnaire du peuple japonais s’élève constamment et les rangs de la gauche marxiste-léniniste authentique se renforcent et s’élargissent de jour en jour.

    Les révolutionnaires prolétariens et le peuple révolutionnaire japonais se révoltent énergiquement contre la clique révisionniste de Miyamoto et prennent le marxisme-léninisme authentique comme une arme puissante dans leur lutte contre l’impérialisme U.S., la bourgeoisie monopoliste japonaise et le révisionnisme moderne. La situation de la révolution japonaise s’améliore toujours davantage.

    Les révolutionnaires prolétariens japonais comprennent que la tâche glorieuse et grandiose qui leur incombe est d’appliquer de façon concrète et encore plus à fond le marxisme-léninisme authentique à la pratique de la lutte révolutionnaire du peuple japonais, de résoudre, à partir des conditions spécifiques du Japon, une série de problèmes stratégiques et tactiques de la révolution japonaise, et de faire constamment progresser celle-ci.

    Il est inévitable que la conquête de la victoire dans la révolution japonaise passe par une fusion de plus en plus grande du marxisme-léninisme avec la pratique concrète de la révolution japonaise.

    Nous sommes fermement convaincus qu’un authentique parti révolutionnaire japonais, armé du marxisme-léninisme, naîtra dans les flammes de la lutte révolutionnaire.

    Sous sa direction, le prolétariat et les larges masses populaires du Japon engageront une lutte prolongée et pleine de vicissitudes, surmonteront tous les obstacles et difficultés et remporteront la victoire finale dans la révolution.

    =>Oeuvres de Mao Zedong

  • Les équipes ouvrières chargées de propager la pensée de Mao Zedong entrent dans les universités et les écoles

    [28 octobre 1968]

    Se guidant sur le grand plan stratégique du président Mao, la première équipe ouvrière chargée de propager la pensée de Mao Zedong, composée d’ouvriers de l’industrie et avec la participation de combattants de l’Armée populaire de Libération, est entrée à l’Université Tsinghoua, à Pékin, le 27 juillet passé.

    Depuis ce fait marquant, en différents endroits, de puissantes armées d’ouvriers de l’industrie sont entrées ou vont entrer incessamment dans les universités et autres instituts d’enseignement supérieur, dans les lycées et les écoles primaires, dans les secteurs de la superstructure tels la littérature et l’art, le journalisme et l’édition, et dans tous les organismes où la tâche de lutte — critique — transformation n’a pas été menée à bien.

    Ainsi, la classe ouvrière chinoise a pris héroïquement sa place sur l’avant-scène politique de la tâche de lutte — critique — transformation dans toutes les branches de la superstructure.

    C’est là un grand événement des années 60 du XXe siècle et une grande entreprise créatrice dans l’histoire de la révolution prolétarienne.

    C’est un important développement du marxisme-léninisme dû au président Mao, qui marque le début d’une grande et nouvelle ère au cours de laquelle le prolétariat chinois transformera, selon sa propre conception du monde, les universités et écoles et toutes les sphères et tous les secteurs de la superstructure qui ne sont pas conformes à la base économique socialiste et exercera une dictature intégrale sur la bourgeoisie.

    Ce fait aura sans nul doute une formidable influence dans les domaines politique, économique et culturel de la Chine où, grâce à lui, d’énormes changements auront lieu.

    Bien que cet événement date d’il y a peu, cette influence et ces changements ont déjà commencé à se manifester clairement.

    Animée d’un profond sentiment prolétarien pour le président Mao, l’équipe ouvrière chargée de propager la pensée de Mao Zedong à l’Université Tsing-houa diffuse sans discontinuer les toutes récentes directives du président Mao, transmet le plus rapidement possible chaque instruction de combat émanant du quartier général prolétarien et utilise la pensée de Mao Zedong pour rééduquer les masses des jeunes combattants de la Garde rouge et des enseignants et étudiants révolutionnaires.

    L’équipe a recours aux haut-parleurs, aux journaux muraux écrits en gros caractères, aux débats et causeries, pour propager la pensée de Mao Zedong ; elle se divise en quelque 100 groupes qui, en allant dans toutes les classes et tous les dortoirs, établissent d’étroits contacts avec les enseignants et étudiants et font là un travail approfondi de propagande et d’éducation.

    Ces efforts sont bien accueillis par tous, et nombre de ces enseignants et étudiants ont pris l’initiative de discuter avec les ouvriers, de leur parler de la situation à l’université; et ainsi s’appuient-ils sur la direction de la classe ouvrière.

    Les deux organisations antagonistes existant auparavant à l’université, ont formé maintenant une grande alliance révolutionnaire.

    Après avoir réalisé cette alliance, conformément à l’enseignement qui nous est donné par le président Mao sur la création des stages d’étude, l’équipe ouvrière de propagande a immédiatement réuni les membres des deux fractions pour organiser de façon généralisée des stages d’étude de la pensée de Mao Zedong.

    Ces stages existent maintenant à l’Université Tsinghoua dans chaque classe et dans chaque secteur de travail.

    Les participants y combattent l’égoïsme et réfutent le révisionnisme, condamnent la ligne révisionniste contre-révolutionnaire avancée par le Khrouchtchev chinois dans l’enseignement, réfutent la théorie bourgeoise réactionnaire de l’existence de « plusieurs noyaux dirigeants » et dévoilent la poignée d’ennemis de classe qui a pu pousser les masses à s’affronter entre elles, qui a voulu saboter, mais en vain, la grande révolution culturelle prolétarienne.

    Ainsi la direction politique prolétarienne de la classe ouvrière à l’université en est-elle renforcée.

    L’enthousiasme révolutionnaire est soulevé dans la masse des enseignants et étudiants, leur unité en est consolidée et de nombreux problèmes y sont résolus.

    Par exemple, au cours d’un stage d’étude de la pensée de Mao Zedong dans une classe de la section de Contrôle automatique, certains enseignants n’avaient pas pleinement compris au début l’importance des enseignements du président Mao sur la nécessité de « pratiquer, le plus possible, l’autocritique » et sur la consolidation de la grande alliance révolutionnaire.

    En fait, ils étaient encore sous l’influence de l’esprit de clan, de l’individualisme et du sectarisme.

    Se basant sur leur expérience personnelle, des ouvriers vétérans de l’Usine de Transformateurs de Pékin, membres de l’équipe de propagande, expliquèrent dans cette classe, comment leur usine s’était divisée en deux groupes par suite de l’influence de la ligne réactionnaire bourgeoise, comment ils avaient plus tard formé une grande alliance conformément aux instructions du président Mao, comment, devant le groupe opposé, ils avaient critiqué leur sectarisme bourgeois et comment finalement, ils s’étaient unis ensemble avec ce groupe pour affronter leur ennemi commun.

    Les enseignants et étudiants du stage d’étude ont été profondément émus par cette expérience.

    Certains ont fait immédiatement leur autocritique de n’avoir pas bien étudié les directives du président Mao et ont déclaré qu’ils suivraient l’exemple des ouvriers et feraient un examen de leur propre sectarisme bourgeois.

    De cette manière, la grande alliance révolutionnaire dans cette classe a été vite consolidée.

    L’équipe de propagande entrée à l’université a bien conscience du fait que les mesures politiques prolétariennes avancées par le président Mao constituent de puissantes armes pour la mise en valeur du facteur positif qui existe dans la masse des enseignants et étudiants révolutionnaires.

    Ces derniers peuvent être vraiment unis dans leur majorité et les masses intellectuelles révolutionnaires peuvent être guidées vers la voie de l’intégration aux ouvriers, paysans et soldats, à la condition d’appliquer consciencieusement cette politique.

    Depuis leur entrée à l’université, les membres de l’équipe de propagande ont appuyé activement les propositions révolutionnaires formulées par les enseignants et les étudiants.

    Ils mangent, vivent, travaillent et étudient avec les enseignants et étudiants révolutionnaires et ils les aident sur le plan idéologique.

    Ils ont pleinement affirmé le rôle positif joué par les jeunes combattants de la Garde rouge de l’université dans le mouvement de la grande révolution culturelle et l’importante contribution qu’ils ont apportée à la révolution.

    Ils ont également aidé et éduqué avec chaleur et patience les gardes rouges qui avaient commis des erreurs.

    Les jeunes combattants révolutionnaires ayant ainsi reçu l’enseignement vivant de la lutte des classes, leurs sentiments de classe et leur profonde affection pour le président Mao en ont été encore stimulés.

    Ils ont élevé davantage le niveau de leur conscience de la lutte des classes et de la lutte entre la ligne révolutionnaire prolétarienne et la ligne réactionnaire bourgeoise.

    Le fait que l’équipe de propagande utilise la pensée de Mao Zedong pour mener la rééducation prolétarienne parmi les masses des enseignants et des étudiants a énormément encouragé ceux-ci.

    Depuis un peu plus de deux mois, de grands changements ont eu lieu à l’Université Tsinghoua.

    Les enseignants et étudiants révolutionnaires sont décidés à étudier et à appliquer de façon vivante les œuvres du président Mao et, sous la direction de la classe ouvrière, ils sont résolus à s’engager sur la voie de la fusion aux ouvriers, paysans et soldats, décidés à accomplir la tâche de lutte — critique transformation dans leur université et à mener jusqu’au bout la révolution prolétarienne de l’enseignement.

    L’équipe ouvrière chargée de la propagande de la pensée de Mao Zedong à l’Université de Hang-tcheou, dans la province du Tchékiang, fait de l’éducation de classe un des cours principaux de la rééducation des intellectuels.

    Des ouvriers vétérans de cette équipe ont tenu des réunions avec les enseignants et étudiants révolutionnaires au cours desquelles ils ont rappelé leurs propres souffrances dans l’ancienne société et parlé du bonheur survenu après la Libération.

    De cette manière, ils les ont aidés à élever leur niveau de conscience de classe et de conscience de la lutte entre la ligne révolutionnaire prolétarienne et la ligne réactionnaire bourgeoise.

    De là est sorti un puissant essor dans la révolution de l’enseignement à l’université.

    Au début de septembre, l’équipe de propagande a découvert dans une poubelle un gros paquet malpropre contenant des vêtements, chaussettes, gants et autres choses, soit 27 pièces au total.

    Après enquête, elle a découvert que ces objets avaient été jetés là par Petite Louo, fraîche émoulue de la section des langues étrangères, et issue d’une famille de travailleurs.

    Ce paquet devint l’objet d’une discussion sérieuse entre les ouvriers. Pourquoi Petite Louo, qui portait ces vêtements à son entrée à l’université, les avait-elle maintenant jetés à sa sortie ?

    Profondément peinés, ils ont dit: « Elle n’a pas simplement jeté des vêtements, elle a rejeté avec, les belles qualités du peuple travailleur ! »

    « C’est la ligne révisionniste appliquée par le Khrouchtchev chinois dans l’enseignement qui a corrompu des jeunes comme elle, lui faisant oublier le passé ! Il nous appartient à nous, la classe ouvrière, de ramener ces jeunes sur la large voie révolutionnaire indiquée par le président Mao ! »

    L’équipe de propagande a décidé d’utiliser cette affaire comme un fait type pour donner une éducation de classe à toute l’université.

    Elle a fait du ballot de vêtements une exposition, ayant pour nom : « Accusation implacable contre les crimes sinistres de la ligne révisionniste avancée par le Khrouchtchev chinois dans l’enseignement ».

    Toute l’université est allée voir l’exposition.

    Elle a convoqué alors un certain nombre de réunions pour rappeler la tristesse du passé, réunions au cours desquelles 21 ouvriers vétérans ont pris la parole, évoquant leurs malheurs d’autrefois et parlant du bonheur actuel pour donner une éducation de classe aux étudiants et enseignants de toute l’université.

    Ting Houan-tchang, vieil ouvrier qui compte à son actif des dizaines d’années de labeur, a fait spécialement le voyage pour ramener de chez lui les oripeaux tout rapiécés et raccommodés qui ont été ses seuls vêtements pendant de longues années, dans l’ancienne société.

    Il a rapporté également à l’université les mêmes légumes sauvages qu’il mangeait alors.

    Les larmes aux yeux, il a condamné la persécution dont a souffert le peuple travailleur dans l’ancienne société et, très bouleversé, il a parlé à tous de la vie heureuse qu’il mène depuis que le président Mao l’a libéré des souffrances atroces du passé.

    Les jeunes gardes rouges, les étudiants et enseignants révolutionnaires présents en étaient émus jusqu’aux larmes.

    Beaucoup de jeunes gardes rouges, issus de familles d’ouvriers, de paysans pauvres ou de paysans moyens de la couche inférieure, ont pris la parole eux aussi pour condamner la ligne révisionniste exercée par le Khrouchtchev chinois dans l’enseignement et ses terribles effets sur eux.

    De même, ils ont examiné les changements survenus dans leur idéologie après leur entrée à l’université, comment ils en sont peu à peu arrivés à oublier le peuple travailleur et ils ont exprimé leurs regrets de ne pas avoir répondu à l’attente des ouvriers, des paysans pauvres et des paysans moyens de la couche inférieure.

    Le vif désir des jeunes combattants révolutionnaires de transformer leur conception du monde en a été avivé davantage, et ils ont compris profondément que la classe ouvrière est le meilleur professeur que leur ait envoyé le président Mao.

    En évoquant la tristesse du passé comparée au bonheur de la nouvelle société et en analysant leur position de classe, les enseignants et étudiants en viennent encore davantage à haïr l’ancienne société et à aimer la nouvelle, et ils éprouvent la plus grande haine pour le Khrouchtchev chinois et pour sa ligne révisionniste dans l’enseignement et manifestent une affection plus profonde encore pour leur grand guide, le président Mao, et pour sa ligne prolétarienne dans l’enseignement.

    Ils se sont engagés à ne jamais oublier les souffrances passées du prolétariat, à accepter résolument la rééducation par les ouvriers, paysans et soldats, et à suivre étroitement le président Mao pour faire la révolution.

    Les camarades ouvriers sont allés aussi à trois reprises voir Petite Louo chez elle.

    Ils lui ont rapporté proprement lavés, tous les vêtements qu’elle avait jetés, et l’ont aidée à mieux étudier et à comprendre la récente directive du président Mao concernant la rééducation des intellectuels.

    Ensemble, ils ont évoqué le dur passé et parlé du bonheur actuel et ensemble, ils ont étudié les enseignements du président Mao.

    Pour Petite Louo, tout cela a été d’une profonde éducation ; depuis, elle a pris la décision d’aller travailler dans une ferme, de devenir une travailleuse ordinaire et de transformer radicalement son ancienne idéologie.

    Par une éducation de classe énergique, l’équipe ouvrière de propagande a stimulé la tâche de lutte — critique — transformation à l’université.

    Les enseignants et étudiants révolutionnaires sont résolus à mener jusqu’au bout la révolution prolétarienne dans l’enseignement sous la direction de la classe ouvrière.

    UNE atmosphère dynamique et révolutionnaire règne dans les instituts, universités, écoles secondaires et primaires depuis l’arrivée des équipes ouvrières de propagande de la pensée de Mao Zedong.

    Les jeunes combattants de la Garde rouge, les étudiants et les enseignants révolutionnaires, pleins d’enthousiasme, étudient les œuvres du président Mao en compagnie des ouvriers et, avec eux, ils critiquent et réfutent la ligne révisionniste en matière d’enseignement.

    Par ces contacts directs avec les ouvriers, ils ont appris à connaître les belles qualités du prolétariat, et leurs sentiments révolutionnaires en ont été renforcés.

    Les ouvriers de l’équipe de propagande venus de l’Usine de Bicyclettes de Shanghai sont entrés à l’Institut d’Économie et des Finances de cette ville.

    Suivant le conseil de leurs vieux compagnons de travail, ils ont conduit les étudiants et les enseignants pour participer tous ensemble au travail de production dans leur propre usine.

    À chaque fois, ils ont emmené un groupe de 200 étudiants et enseignants et ont travaillé avec eux durant une semaine tous les mois.

    Pendant cette période, tous ont également pris part aux activités de la lutte critique — transformation à l’usine.

    Les étudiants et enseignants révolutionnaires considèrent comme très précieuse cette forme de «rééducation».

    À l’usine, ils ont constaté la loyauté infinie des ouvriers en suivant, de très près le grand plan stratégique du président Mao.

    Ils ont vu leur enthousiasme sans bornes versé dans la production et les grandes victoires remportées, du fait d’utiliser la pensée de Mao Zedong pour gérer l’usine et liquider radicalement la ligne révisionniste dans la gestion d’entreprises.

    Ils ont également constaté l’esprit révolutionnaire et la sagesse inépuisable des ouvriers.

    À partir de là, ils ont eu une compréhension plus nette du grand enseignement du président Mao : « La classe ouvrière doit exercer sa direction en tout. »

    Ainsi, avec les ouvriers à la tête du mouvement de lutte — critique — transformation dans leur institut, les étudiants et les enseignants sont pleins de confiance en la victoire.

    Ils disent: « Les ouvriers sont réellement de bons enseignants! Nous devons mener jusqu’à son terme la révolution prolétarienne dans l’enseignement sous la direction de la classe ouvrière! »

    Par l’exemple de leurs propres actes, les membres de l’équipe ouvrière de propagande entrée à l’École de Médecine Tchongchan à Kouangtcheou, en Chine du Sud, ont transformé les idées des étudiants qui méprisaient le travail manuel, les ouvriers et les paysans.

    Vivant à l’école, ils participent eux-mêmes à toutes les occupations de la vie quotidienne. Ils font le ménage de leurs chambres et nettoient les lavabos. Ils aident à la cuisine et au garage et travaillent avec le personnel de la clinique. Ils ont pris l’initiative de travailler partout.

    À l’école, ils ont accroché de nombreux portraits du président Mao et ses citations, et ont révolutionnarisé l’aspect de l’école.

    Et rapidement, toute l’atmosphère politique en a été changée.

    Les étudiants et enseignants révolutionnaires en ont été profondément émus.

    Certains ont dit : « Nous sommes des étudiants en médecine, pourtant nous ne prêtons pas attention à l’hygiène. Nous devrions être honteux de voir que ce sont les ouvriers qui nettoient pour nous ! »

    Des étudiants ont apposé des journaux muraux écrits en gros caractères, analysant le mode de vie qui a dorloté les jeunes, comme le dépeint cette phrase : « Quand les vêtements sont prêts, je les mets ; quand le repas est servi, j’ouvre la bouche.»

    Ils ont exprimé leur détermination de prendre exemple sur la classe ouvrière, de participer avec enthousiasme au travail manuel en vue de transformer complètement leurs idées bourgeoises de mépris pour le travail physique, de dédain des ouvriers et paysans.

    Beaucoup d’étudiants de dernière année ont affermi leur décision d’aller travailler à la campagne, d’aller parmi les paysans pauvres et les paysans moyens de la couche inférieure afin de réformer radicalement leur conception bourgeoise du monde et de mieux servir le peuple travailleur.

    Un étudiant a dit très justement: « Nous voulons être les continuateurs de la cause révolutionnaire du prolétariat, c’est-à-dire, comme l’a indiqué le président Mao, des travailleurs cultivés, ayant une conscience socialiste.

    À cet égard, la classe ouvrière est notre meilleur enseignant ! »

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    sur la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne

  • Message chinois à Enver Hodja et Mehmet Chehou

    Mao Tsé-toung, président du Comité central du Parti communiste chinois
    Lin Piao, vice-président du Comité central du Parti communiste chinois Chou En-laï, premier ministre du Conseil des Affaires d’État de la République populaire de Chine

    Pékin, le 17 septembre 1968

    Au camarade Enver Hodja, premier secrétaire du Comité central du Parti du Travail d’Albanie,

    Au camarade Mehmet Chehou, président du Conseil des Ministres de la République populaire d’Albanie,

    Nous avons bien reçu votre chaleureux message de félicitations au moment où 29 provinces, régions autonomes et municipalités relevant directement des autorités centrales c’est-à-dire tout notre pays à l’exception de la province de Taïwan, avaient achevé d’établir leurs comités révolutionnaires.

    Ce message constitue un immense encouragement et un puissant soutien pour le peuple chinois engagé dans la lutte pour arracher la victoire totale de la grande révolution culturelle prolétarienne.

    Nous tenons à vous adresser nos vifs remerciements et l’expression de notre plus haute estime.

    L’héroïque peuple albanais, sous la direction clairvoyante du Parti du Travail d’Albanie ayant à sa tête le camarade Enver Hodja, grand marxiste-léniniste, mène actuellement un mouvement de révolutionnarisation qui revêt une signification profonde dans la révolution socialiste ; et il a enregistré une série de grandioses victoires. La révolution dans l’enseignement et l’exercice du contrôle par la classe ouvrière, mis en avant cette année par le camarade Enver Hodja, ont enrichi le contenu de ce mouvement et impulsé son développement.

    Nous félicitons le plus chaleureusement le peuple frère d’Albanie pour les victoires toujours plus brillantes qu’il a remportées dans la voie de la révolutionnarisation.

    Ces victoires ont permis à l’Albanie, ce grand phare du socialisme en Europe, de briller d’un éclat encore plus vif.

    Il y a quelques jours, la République populaire d’Albanie a solennellement annoncé sa décision de dénoncer le traité de Varsovie et promulgué un décret à cet effet.

    C’est là un nouveau coup sévère porté à la clique renégate révisionniste soviétique et un immense encouragement pour les peuples d’Europe orientale en lutte contre cette clique.

    Le traité de Varsovie est devenu depuis longtemps un instrument utilisé par la clique révisionniste khrouchtchévienne pour pratiquer le chauvinisme de grande puissance et l’égoïsme national, contrôler et piller les peuples d’Europe orientale, un instrument dont se sert la clique renégate révisionniste soviétique pour passer des tractations avec l’OTAN qui est aux mains de l’impérialisme américain, et collaborer avec les États-Unis en vue de la domination mondiale.

    Récemment, racolant ses partenaires révisionnistes polonais, est-allemands, hongrois et bulgares, et arborant impudemment l’enseigne du traité de Varsovie, la clique renégate révisionniste soviétique a passé à l’agression armée contre la Tchécoslovaquie et a commis ainsi un crime monstrueux envers le peuple tchécoslovaque.

    Cela a dévoilé complètement devant les peuples du monde entier la nature agressive et réactionnaire dudit traité.

    Ayant adopté une politique de trahison nationale et de capitulation devant l’agresseur, la clique révisionniste de Tchécoslovaquie a trahi honteusement le peuple de ce pays.

    Sous la direction du Parti du Travail d’Albanie à la tête duquel se trouve son éminent guide, le camarade Enver Hodja, le peuple albanais a mené, depuis longtemps, une lutte résolue contre les activités criminelles entreprises par la clique renégate révisionniste soviétique au nom du traité de Varsovie.

    Le Parti communiste et le peuple chinois éprouvent une vive admiration pour le Parti du Travail et le peuple d’Albanie qui ont adopté dans cette lutte une position de principe élevée à l’égard du marxisme-léninisme et de l’internationalisme prolétarien.

    Nous soutenons résolument l’acte révolutionnaire accompli par la République populaire d’Albanie et le peuple frère albanais en dénonçant le traité de Varsovie ; nous soutenons résolument la juste lutte menée par les peuples d’Europe orientale contre l’Organisation du pacte de Varsovie contrôlée par le révisionnisme soviétique ; nous soutenons résolument la juste lutte menée par les peuples d’Europe occidentale et du reste du monde contre l’OTAN et les autres organisations des traités de caractère agressif contrôlées par l’impérialisme yankee ; et nous soutenons résolument la lutte révolutionnaire menée par tous les peuples qui sont victimes de l’agression, de la mainmise, de l’asservissement et de la menace de l’impérialisme U.S. et du révisionnisme soviétique.

    La grande amitié prolétarienne et militante que nos deux peuples ont forgée dans la tempête révolutionnaire est à même de résister aux rudes épreuves.

    A quelque moment et en quelque circonstance que ce soit, les 700 millions de Chinois, aguerris et devenus plus forts dans la grande révolution culturelle prolétarienne, se tiendront infailliblement aux côtés du peuple frère d’Albanie.

    Si l’impérialisme U.S., le révisionnisme moderne soviétique et leurs laquais s’avisent de toucher tant soit peu à l’Albanie, c’est la défaite totale, ignominieuse, irrémédiable qui les attend.

    Chers camarades, Le révisionnisme soviétique et l’impérialisme U.S. ont commis dans leur collusion tant de méfaits et d’infamies que les peuples révolutionnaires du monde ne les en tiendront pas quittes.

    Les peuples du monde sont en train de se dresser.

    Une nouvelle période historique a commencé, celle de la lutte contre l’impérialisme U.S. et le révisionnisme soviétique.

    Portons plus haut encore le drapeau rouge révolutionnaire du marxisme-léninisme et avançons, la main dans la main, dans la grande lutte contre l’impérialisme ayant comme chef de file l’impérialisme U.S., contre le révisionnisme moderne dirigé par le révisionnisme soviétique et contre tous les réactionnaires qui les suivent pas à pas !

    Vive la grande amitié militante et indéfectible entre les peuples chinois et albanais ! Vive l’héroïque peuple albanais !

    =>Oeuvres de Mao Zedong

  • La révolte ouvrière à Shanghai

    [Document publié en mars 1968 dans Regards vers la Chine, revue publiée par l’Association des amitiés franco-chinoises.]

    La plupart des gens en France, quand on leur parle de la Révolution Culturelle, pensent aux gardes rouges et au rôle joué par les étudiants, mais ils ignorent — à moins qu’ils ne l’oublient très volontairement — le rôle des travailleurs et plus particulièrement de la classe ouvrière.

    Les étudiants ont joué dans la Révolution Culturelle le rôle d’étincelle.

    C’est eux qui ont allumé les flammes de la Révolution Culturelle, mais cette révolution n’a réellement progressé victorieusement que lorsque les ouvriers l’ont prise en mains et amenée au but de toute révolution : « la prise du pouvoir ».

    En mai 1919, les étudiants avaient de la même façon jeté la première étincelle, mais ce fut la force principale constituée par les ouvriers et les paysans qui mena à bien la révolution (1927 – la Longue Marche – la Libération), car les soldats étaient en fait des ouvriers et des paysans en uniforme.

    Lors de la Révolution Culturelle, Shanghai, première grande cité industrielle de la Chine, a joué un rôle pilote : sa classe ouvrière a été la première à « abattre » les responsables engagés dans la voie capitaliste et à s’emparer du pouvoir. Mais, avant d’en arriver là, un long chemin avait été parcouru.

    Shanghai a joué un rôle important dans la Révolution Culturelle dès sa première phase : dès le déclenchement du mouvement de préparation idéologique, puisque c’est à Shanghai même que fut publié l’article de Yao Wen Yuan sur la destitution de Hai Rui.

    Cet article dénonçait une pièce qui utilisait un personnage historique, Hiai Rui, pour attaquer une décision du Comité central qui avait en 1958 destitué le général Peng Te-huai. Cet article de critique, publié à Shanghai avec l’accord du président Mao qui y résidait alors, ouvrit dans tout le pays un mouvement de discussion sur le contenu de l’art, de la littérature, de l’enseignement, et provoqua une véritable panique chez un certain nombre de responsables qui en comprirent fort bien les conséquences à long terme et essayèrent de le contrôler pour le détourner de ses véritables buts.

    Cette contre-offensive fut marquée par ce qu’on a appelé « le programme de février », établi par un groupe dirigé par Peng Cheng, et « qui cherchait par tous les moyens à faire dévier ce mouvement vers la droite ».

    Pendant la même période, les intellectuels, les artistes commencèrent à examiner et à dis-cuter de leur travail et de son orientation.

    Les plus avancés, et les plus courageux parmi eux, affichèrent des dazibao critiquant la ligne erronée et demandant une rectification.

    Ces éléments avancés furent soumis à des critiques extrêmement violentes de la part des responsables engagés dans la voie capitaliste.

    On les dénonça comme contre-révolutionnaires, comme éléments anti-parti et on les soumit à des pressions sans nombre.

    On trouvera un peu plus loin dans la revue un article relatant la lutte menée par une actrice de Shanghai et on verra le grand courage qu’il lui fallut dans sa lutte.

    Cette étape de la Grande Révolution Culturelle débute par une décision du Comité central (16 mai 1966), qui critique le programme de février et précise ce que doit être l’orientation de la Révolution Culturelle :

    « Il faut critiquer les représentants de la bourgeoisie infiltrés dans le Parti, le gouvernement, l’armée et les milieux culturels. Ces gens-là doivent être écartés et certains doivent être affectés à d’autres fonctions.

    Les représentants de la bourgeoisie qui se sont infiltrés dans le Parti, dans le gouvernement, dans l’armée et dans les différents milieux culturels constituent un ramassis de révisionnistes contre-révolutionnaires.

    Si l’occasion s’en présentait, ils arracheraient le pouvoir et transformeraient la dictature du prolétariat en dictature de la bourgeoisie.

    Certains de ces gens-là ont été découverts par nous ; d’autres ne le sont pas encore ; certains autres encore, par exemple les individus du genre Khrouchtchev, bénéficient maintenant de notre confiance, ils sont formés pour être nos successeurs et se trouvent à présent au milieu de nous. »

    Cette circulaire est diffusée dans toutes les organisations du Parti, à tous les échelons, et va jouer un rôle extrêmement important dans la prise de conscience des masses.

    Le 25 mai, un professeur de philosophie de l’université de Pékin affiche un dazibao dénonçant les responsables de l’université engagés dans la voie capitaliste, et quelques jours plus tard, sur décision du président Mao en personne, cette affiche en gros caractères est publiée dans la presse et suscite une réaction en chaîne.

    Dans un institut, les étudiants nous ont dit qu’après avoir lu le texte de ce dazibao, ils ne purent dormir et passèrent la nuit à discuter et à écrire des affiches en gros caractères.

    Mais immédiatement les responsables engagés dans la voie capitaliste préparèrent un contre-feu.

    Le plus haut responsable engagé dans la voie capitaliste envoie dans 59 instituts et universités des groupes de travail « chargés de mener la révolution culturelle », et il profite de l’absence du président Mao de Pékin pour essayer une nouvelle fois de vider le mouvement en cours de son contenu.

    [Chaque groupe de travail était composé d’un certain nombre de cadres responsables venus d’autres organisations et chargés d’impulser la Révolution Culturelle dans une école, un institut, une université.

    Le Khrouchtchev chinois et sa femme ont fait partie de tels groupes de travail.]

    Les groupes de travail dirigés par des cadres appliquant la ligne erronée empêchant les critiques de s’exprimer et qualifient les étudiants qui osent en émettre de « faux révolutionnaires », de « faux hommes de gauche » et exerçant contre eux toutes sortes de pressions et de sévices.

    C’est une période de terreur blanche.

    De cette façon, un très grand nombre d’étudiants sont attaqués dans certains instituts, tous les étudiants-chefs de classes baptisés pour les besoins de la cause « responsables engagés dans la voie capitaliste ».

    A ce moment-là la Révolution Culturelle a couru le danger d’être arrêtée.

    C’est alors que, le président Mao étant rentré à Pékin, le Comité central du Parti fut convoqué. Le président Mao afficha son célèbre dazibao « Feu sur le quartier général de la bourgeoisie ! » Quelques jours plus tard, c’était la publication de la Résolution en 16 points.

    C’est dans cette période de lutte aiguë entre les deux lignes que sont nés les Gardes rouges.

    Nous ne reviendrons pas ici sur le rôle énorme qu’ils ont joué dans bien des domaines : lutte contre les responsables engagés dans la voie capitaliste — lutte contre les anciennes coutumes — fouilles chez les ennemis de classe et découverte de quantités importantes d’armes, de munitions, d’or et… de titres de propriété soigneusement camouflés et conservés.

    Peu de temps après la publication de la Résolution en 16 points, les Gardes rouges de Pékin sont partis à travers tout le pays faire connaître leur expérience et allumer les flammes de la Révolution Culturelle.

    C’est ainsi qu’ils ont accompli des milliers de kilomètres à pied à travers tout le pays, se mêlant aux masses, amenant les nouvelles de la Révolution Culturelle, dont certains responsables avaient empêché la diffusion en bloquant le « Renmin Ribao » et en empêchant la retransmission par les radios locales des nouvelles centrales.

    La Révolte avait bien entendu commencé à Shanghai bien avant l’arrivée des Gardes rouges de Pékin. Mais ces derniers ont cependant joué un rôle important dans la mobilisation des masses.

    Quand ce ne serait qu’à cause de la manière dont ils furent reçus par le maire de Shanghai, Cao Di Qiu.

    En effet, en arrivant dans la ville, ils avaient demandé une entrevue à ce haut fonctionnaire pour lui poser quelques questions sur ses positions et son comportement.

    Au lieu de leur répondre calmement, ce cadre, maintenant destitué pour avoir suivi la voie capitaliste, fit appel aux masses ouvrières de la ville :

    « Des intellectuels contre-révolutionnaires veulent attaquer la municipalité de Shanghai, venez défendre le Parti. »

    Beaucoup d’ouvriers trompés vinrent effectivement manifester contre les Gardes rouges, pensant qu’ils défendaient la Révolution et le socialisme.

    Mais les éléments les plus avancés parmi eux se posèrent alors une question : « Depuis quand un responsable du Parti a-t-il peur de répondre aux questions des masses ? C’est contraire à la pensée du président Mao ».

    Et ils commencèrent à discuter avec les étudiants. Le maire de Shanghai adressa alors une protestation à Pékin contre l’action des Gardes rouges.

    Le Renmin Ribao riposta par un éditorial dirigé « contre ceux qui dressent les ouvriers contre les étudiants révolutionnaires ».

    Cependant, malgré l’opposition du maire de la ville, les discussions entre ouvriers et étudiants allaient bon train.

    Des réunions de « confrontation de points de vue eurent lieu dans les usines ».

    Les Gardes rouges aidèrent les ouvriers à écrire leurs dazibao et c’est ainsi, par des discussions et un travail en commun, qu’ouvriers et Gardes rouges se sont retrouvés au coude à coude dans la lutte contre les responsables engagés dans la voie capitaliste.

    Les mois de septembre et octobre furent donc des mois de mobilisation idéologique. Au début de novembre, les ouvriers groupés dans un certain nombre d’organisations de rebelles formèrent le quartier général de la Révolte révolutionnaire.

    Les rebelles allèrent trouver le maire de Shanghai, Cao Di Qiu, pour lui poser un certain nombre de questions.

    Ils furent reçus par des injures et des menaces : « Qui êtes-vous ? des déchets de la société. Jamais, jamais, nous n’admettrons votre prétendue organisation de masse. ».

    Et immédiatement il donna aux directeurs d’usines l’ordre de faire des enquêtes sur les révolutionnaires.

    Les rebelles, devant cette situation critique, décidèrent d’aller à Pékin et d’en référer au Comité central. Un certain nombre d’entre eux prirent donc le train.

    Le maire et le premier secrétaire du Parti contre-attaquèrent en faisant bloquer le train à quelques dizaines de kilomètres de Shanghai, à Anjing. C’est ce qu’on désigne à Shanghai sous le nom d’incident d’Anjing (9 novembre 1966).

    Le train fut ainsi arrêté pendant deux jours et deux nuits. Les rebelles n’avaient rien à manger, rien à boire.

    Ils décidèrent d’envoyer des lettres et des télégrammes à Pékin.

    Tout fut arrêté.

    Alors, les responsables engagés dans la voie capitaliste de Shanghai amenèrent à Anjing des membres des familles des ouvriers pour qu’ils fassent pression sur les révoltés.

    Ils amenèrent aussi du pain, disant aux rebelles : « Si vous voulez manger, rentrez ! ».

    Ils se heurtèrent évidemment à un ferme refus, les ouvriers déclarant : « S’il le faut, nous irons à pied à Pékin ». Leurs rangs s’étaient d’ailleurs renforcés d’un bon nombre de membres de leurs familles.

    Chen Pi-xian et Cao Di-qiu envoyèrent alors de fausses nouvelles au Comité central : « Le désordre règne partout, les glaives sortent …, les incidents contre-révolutionnaires se multiplient ».

    Et en même temps, les services de la sécurité recevaient l’ordre de ramasser tous les papiers des révoltés, de les arrêter et d’en fusiller quelques-uns.

    Mais à ce moment-là, le Comité central et le président Mao envoyèrent à Anjing un des responsables du groupe de la Révolution Culturelle, Zhang Xun-qiao — vice-secrétaire du Comité du Parti de Shanghai et vice-président du groupe chargé de la Révolution Culturelle du Comité central à Pékin —, qui déclara que le Comité central soutenait les rebelles.

    Un accord en 5 points fut signé.

    Une délégation continua le voyage vers Pékin, tandis que les autres ouvriers rentraient à Pékin.

    Les rangs de la rébellion se renforcèrent rapidement et atteignirent bientôt une centaine de milliers.

    Chen Pi-xian et Cao Di-qiu réagirent en organisant une pseudo-organisation de rebelles, le « corps de protection rouge », qui lors de sa fondation comptait 800.000 membres, alors que les rebelles ne comptaient à ce moment-là que 400.000 membres.

    L’écrasante majorité des membres du corps de protection rouge était trompée par ces mauvais dirigeants. Pourquoi un tel nombre de personnes purent-elles être abusées ?

    L’explication, on peut la trouver dans l’obéissance servile, prônée par le livre noir « Le perfectionnement de soi-même ».

    Ce livre a été le livre d’étude en Chine pendant les années qui ont précédé la Révolution Culturelle.

    Faut-il en effet rappeler que si les œuvres du président Mao, entre 1962 et 1966, ont été tirées à 4.419.000 exemplaires, les œuvres du Khrouchtchev chinois l’ont été à 18.400.000.

    Ce n’est donc pas un hasard si les thèses les plus pernicieuses de cet ouvrage ont amené beaucoup de militants honnêtes à penser que la seule attitude correcte envers les cadres du Parti, c’est l’obéissance servile, que critiquer, écrire des dazibao ce n’est pas respecter la discipline et que c’est mal.

    Aussi, lorsque le premier secrétaire du Parti de Shanghai appela à la constitution de cette pseudo-organisation, fut-il « obéi ».

    Les véritables organisations de rebelles révolutionnaires comprirent qu’il leur fallait non pas s’opposer par la force et la violence à ces travailleurs trompés, mais utiliser la persuasion, éduquer les masses, démasquer les responsables engagés dans la voie capitaliste.

    Cette lutte idéologique dura pendant tous les mois de novembre et de décembre et fut marquée par un nouvel incident : l’incident du « Jiefang Ribao » (Quotidien « Libération »).

    Dès octobre, les Gardes rouges avaient commencé à publier un petit journal dont le but était de combattre les positions erronées du maire et du premier secrétaire, et de dénoncer les positions révisionnistes du « Jiefang Ribao ».

    Ils demandèrent au maire que leur feuille fût distribuée en même temps que le « Jiefang Ribao », pour que les lecteurs « puissent se faire une opinion ».

    Le maire accepta, mais donna l’ordre aux services postaux de ne pas distribuer cette feuille des Gardes rouges.

    Ces derniers, indignés par de telles méthodes, décidèrent d’occuper le siège du « Jiefang Ribao ».

    « Il n’y avait pas de raison pour que le journal dirigé par les responsables engagés dans la voie capitaliste paraisse et empoisonne les masses, si la feuille révolutionnaire ne pouvait paraître elle aussi« .

    Les Gardes rouges restèrent neuf jours et neuf nuits dans les locaux du « Jiefang Ribao » malgré la faim, malgré les violences, mais avec le soutien des ouvriers rebelles.

    Cet incident mit Shanghai en ébullition, tout le monde en parla, tout le monde en discuta.

    Et finalement, la municipalité dut capituler et autoriser la distribution simultanée des deux journaux.

    Peu après, les rebelles prenaient le pouvoir à l’intérieur du « Jiefang Ribao » et la ligne politique du journal se trouva radicalement transformée. Il n’y avait plus besoin de distribuer la feuille de combat des Gardes rouges !

    Mais bientôt, les rebelles allaient devoir faire face à une nouvelle offensive des responsables engagés dans la voie capitaliste, offensive encore plus dangereuse que les précédentes.

    Ce fut ce qu’on appelle en Chine l’économisme.

    Les directeurs d’usine, les responsables de services publics engagés dans la voie capitaliste octroyèrent aux ouvriers des allocations, payèrent de soi-disant arriérés de salaires, distribuèrent des frais de déplacement pour que les ouvriers aillent à Pékin échanger leurs expériences dans la Révolution Culturelle.

    C’est ainsi que dans l’usine de roulement à billes de précision de Shanghai, on distribua 200 yuans de frais de déplacement à chaque apprenti désirant aller à Pékin, alors que le salaire mensuel d’un apprenti est d’environ 35 yuans.

    Du 3 au 8 janvier, la succursale de la Banque Populaire de Shanghai a ainsi payé 35 millions de yans (l’équivalent de 1,5 millions de quintaux de céréales).

    Le but de cette nouvelle manœuvre était clair : il s’agissait de désorganiser complètement la production, d’arrêter, à Shanghai, l’usine électrique et l’eau, de bloquer le port, de couper toutes les communications.

    En même temps, la distribution massive de fonds devait, dans leur esprit, provoquer une ruée dans les magasins et épuiser les réserves.

    Tout cela devait, dans l’esprit des responsables engagés dans la voie capitaliste, provoquer une désorganisation complète de l’économie, le mécontentement des masses et l’échec de la Révolution Culturelle.

    C’était réellement un plan diabolique.

    Certains ouvriers ne comprirent pas immédiatement ce qui se passait, acceptèrent l’argent et partirent ; mais les plus consciencieux sentirent immédiatement le danger.

    Aidés par les étudiants, ils travaillèrent vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour assurer la production, faisant en plus de leur le travail de ceux qui étaient partis, et réussirent finalement à déjouer le complot.

    En même temps, les organisations de rebelles révolutionnaires prenaient la situation en mains.

    Le 4 janvier, ils publiaient un « message à la population de Shanghai » appelant les ouvriers à appliquer la ligne directrice définie par le président Mao « Faire la révolution et promouvoir la production ».

    « Nous, ouvriers de la révolte révolutionnaire, nous devons devenir exemplaires dans l’exécution de cette ligne directrice.

    Nous devons nous tenir à l’avant-garde et nous faire l’ossature non seulement dans la révolution, mais aussi dans la production. »

    Et aux ouvriers trompés qui avaient quitté leur poste, il était dit :

    « Nous espérons que vous suivrez les enseignements du président Mao, que vous ouvrirez les yeux sur cet important problème de principe: distinguer le juste de l’injuste, que vous ne vous laisserez plus duper, que vous prendrez rapidement conscience de la situation et que vous rejoindrez votre poste de production, bref, que vous reviendrez à la ligne révolutionnaire prolétarienne.

    Nous, camarades de la révolte révolutionnaire, nous accueillerons chaleureusement votre retour pour faire en commun la révolution, mener à bien conjointement la production.

    Nous ne vous blâmerons pas, car nous sommes tous des frères de classe ; dans votre écrasante majorité vous êtes des victimes de la ligne réactionnaire bourgeoise, des masses révolutionnaires dupées par ceux qui, détenant des postes de direction, s’engagent, bien que du Parti, dans la voie du capitalisme et ceux qui s’accrochent obstinément à la ligne réactionnaire bourgeoise ».

    Le 8 janvier, les ouvriers rebelles mettaient sur pied un « commandement du premier front », qui mobilisait les ouvriers et les envoyait travailler là où les besoins étaient les plus urgents : dans les trains, sur les quais…

    Il s’agissait avant tout d’assurer du charbon en quantité suffisante pour l’usine thermo-électrique.

    Certains ouvriers restèrent six jours et six nuits sur la brèche.

    Le lendemain 9 janvier, les ouvriers publièrent un « avis urgent », qui gelait les fonds publics et annulait les augmentations de salaires accordées ; les problèmes de salaires seraient examinés ultérieurement, toutes les forces devaient être concentrées pour réaliser et dépasser le plan de 1967.

    La classe ouvrière de Shanghai, les paysans de banlieue répondirent à cet appel et le com-plot de l’économisme fut déjoué.

    Deux jours plus tard, le 11 janvier, le Comité central du Parti communiste chinois, le conseil des affaires d’État, la Commission militaire et le groupe chargé de la Révolution Culturelle félicitaient les rebelles révolutionnaires pour leur action.

    Cette action était en fait la première prise du pouvoir par les rebelles révolutionnaires. Prise du pouvoir qui aboutissait, les faits le prouvent, à une consolidation de la dictature du prolétariat.

    Les ouvriers trompés rejoignirent les organisations de rebelles qui, dans le courant de janvier, comptaient près de deux millions de membres.

    Cette prise du pouvoir effective fut consolidée quelques semaines plus tard, le 5 février, lorsque fut constitué le Comité Révolutionnaire de Shanghai, dirigé par Zhang Xun-qiao (vice-secrétaire du Comité du Parti de Shanghai et vice-président du groupe chargé de la Révolution Culturelle du Comité central à Pékin) et par Yao Wen-yuan, l’auteur du fameux article qui avait ouvert la phase de préparation idéologique de la Révolution Culturelle.

    Lorsque nos amis chinois font le bilan de l’expérience de Shanghai, ils mettent l’accent sur plusieurs points :

    Si la prise du pouvoir a pu être effectuée relativement rapidement, c’est parce qu’à Shanghai les organisations de rebelles révolutionnaires ont su placer la lutte sur le terrain où elle devait l’être : sur le plan idéologique.

    Le comportement des responsables engagés dans la voie capitaliste a fait l’objet d’une dénonciation et d’une critique systématiques.

    Les affiches en gros caractères, les tracts, les papillons, les meetings ont éclairé les masses trompées, qui ont ainsi été gagnées aux organisations rebelles.

    Dans cette lutte, les moyens les plus modernes ont été utilisés : c’est ainsi que certains meetings de critique de Chen Pi-xian et Cao Ji-qiu ont été télévisés et qu’un véritable dialogue s’est établi entre ces deux responsables et les téléspectateurs qui pouvaient à la fois suivre les discussions et intervenir, par téléphone, dans le meeting.

    « Tout le monde maintenant sait que ces deux individus sont des bandits. Ils ont perdu tout prestige ».

    Les masses ayant bien compris la véritable nature de ces cadres engagés dans la voie capitaliste, ces derniers n’ont pas pu, en levant le drapeau rouge pour s’opposer au drapeau rouge, continuer à tromper les travailleurs ; en conséquence, les luttes violentes ont été limitées.

    Mais pourquoi, demanderont certains, avoir attendu aussi longtemps pour destituer Chen Pi-xian et Cao Di-qiu ?

    N’était-il pas possible de le faire plus rapidement ?

    Il fallait attendre, répondent nos camarades, que les choses soient claires pour les masses, et non pas seulement pour un petit nombre d’éléments avancés.

    Il fallait laisser le temps à la prise de conscience de se faire.

    Sans prise de conscience, pas de prise du pouvoir, ou une prise du pouvoir fragile : un individu du type de Chen Pi-xian aurait pu surgir à nouveau.

    Ainsi donc, il fallait du temps parce que :

    a) la fixation d’une ligne juste demande un certain temps,

    b) il fallait que les masses tirent la leçon des erreurs passées pour éviter que des faits similaires ne puissent se reproduire,

    c) il fallait savoir attendre pour que les cadres qui avaient commis des erreurs aient le temps de les comprendre et de se corriger.

    Ainsi donc, la lutte idéologique, la critique sont les conditions essentielles d’une bonne prise du pouvoir. Ce sont aussi des garanties pour l’avenir.

    Pour prendre le pouvoir, il faut tout d’abord que la grande alliance soit réalisée.

    A Shanghai, il y a eu cinq prises du pouvoir, mais les quatre premières ont échoué parce que la grande alliance n’était pas réalisée.

    Prendre le pouvoir ce n’est pas prendre les sceaux du pouvoir. C’est être reconnu par les masses.

    Si l’on est coupé des masses, ou si l’on ne représente qu’une partie des masses, pas de prise de pouvoir possible ! Il faut donc que les très nombreuses organisations de rebelles révolutionnaires nées dans la lutte sachent surmonter leurs divergences (contradictions au sein du peuple).

    C’est là un point très important.

    Car dans cette alliance, on peut arriver à pousser des amis dans les rangs des ennemis.

    Si, parfois, il y a eu lutte violente, c’est parce qu’il y avait désunion dans les rangs des rebelles révolutionnaires et que les « conservateurs » ont su l’exploiter, l’attiser.

    La grande alliance réalisée, il faut aussi ce qu’on appelle en Chine la triple union : union des masses, des cadres révolutionnaires et de l’armée, qui tous doivent être adéquatement représentés dans le nouvel organe du pouvoir, le « Comité Révolutionnaire ».

    À Shanghai, le Comité Révolutionnaire comprend 16 membres, dont :

    8 cadres révolutionnaires, parmi lesquels Zhang Xun-qiao, vice-secrétaire du Comité du Parti de Shanghai, et Yao Wen-yuan.

    4 représentants de l’armée, organe essentiel de la dictature du prolétariat

    4 représentants des organisations de rebelles révolutionnaires.

    De plus, la triple union doit répondre à un autre impératif : il faut qu’il y ait « union » à l’intérieur du Comité entre les différentes générations ; que jeunes et moins jeunes se retrouvent dans une proportion convenable à l’intérieur du nouvel organe du pouvoir.

    C’est là un point très important.

    Il faut tout au long de la lutte savoir s’appuyer sur la pensée du président Mao ; il faut savoir étudier et appliquer ses œuvres.

    Tout au long de la Révolution Culturelle, des textes comme « les trois textes les plus lus » : « Servir le Peuple » — « À la mémoire de Norman Bethune » — « Comment Yukong déplaça les montagnes » — « De la juste solution des contradictions au sein du peuple » ont servi de référence constante aux révolutionnaires : « il faut aussi prendre le pouvoir dans sa propre tête ».

    C’est parce que les révolutionnaires de Chan-ghaï ont bien su appliquer la pensée du président Mao qu’ils ont mené correctement et à fond la campagne de répudiation et de critique.

    C’est aussi parce qu’ils ont su appliquer correctement la directive du président Mao correspondant à chaque phase de la Révolution Culturelle (« Faire la révolution et promouvoir la production » par exemple, lors de la phase de la lutte contre l’économisme).

    La prise du pouvoir n’a pas marqué la fin de la Révolution Culturelle.

    Le mouvement de critique et de répudiation a dû être mené dans chaque usine, dans chaque bureau, dans chaque école ou université.

    Cela prend du temps. Dans chaque organisme, usine par usine, il a fallu réaliser la grande alliance et la triple union. Cela ne s’est pas fait sans difficulté.

    UN EXEMPLE : L’ACIÉRIE N° 3 DE CHANGHAI, qui groupe 14.000 travailleurs.

    Dans cette usine, comme dans l’ensemble de la municipalité, les rebelles ont pris le pouvoir dans l’usine et formé un organe provisoire du pouvoir le Quartier général, composé des responsables des organisations de rebelles et de cadres révolutionnaires.

    Son but d’abord veiller au bon déroulement de la campagne de critique, au bon déroulement de la Révolution Culturelle, organiser la production et, d’autre part, préparer la grande alliance de façon à constituer le nouvel et définitif organe du pouvoir, le Comité Révolutionnaire de l’usine.

    Lors de cette prise du pouvoir, les ouvriers de l’usine se trouvaient participer à cinquante-sept organisations de rebelles.

    Certaines de ces organisations avaient soutenu l’économisme, d’autres faisaient du corporatisme : aussi furent-elles rapidement désertées par les ouvriers au fur et à mesure que le travail idéologique portait ses fruits : quelques mois plus tard, en mai, dix organisations véritablement révolutionnaires, ayant toutes la même orientation générale, demeuraient.

    II fallait réaliser la grande alliance.

    Mais à ce moment-là, « nous ne comprenions pas très bien — nous ont dit les ouvriers de l’usine — l’importance et le but de la grande alliance et nous avons commis beaucoup d’erreurs.

    Des réunions de représentants des dix organisations ont été organisées.

    Chaque organisation a envoyé ceux de ses membres qui savaient le mieux parler — des orateurs —, qui ont pris en considération l’intérêt de leur seule organisation, vanté ses mérites et ses bonnes actions et critiqué de façon acerbe les défauts des autres.

    De cette façon, une dizaine de réunions se sont succédé, sans résultat.

    Les réunions étaient parfois fort mouvementées. Une fois on a même renversé les tables.

    C’est à ce moment-là qu’une équipe de propagande de l’Armée Populaire de Libération est arrivée dans l’aciérie.

    Cette équipe, après quelques jours d’enquête, avait fait une analyse de la situation et des causes de l’échec de la grande alliance.

    Les soldats nous ont dit : « Asseyez-vous. Étudions ensemble la pensée du président Mao. Il vous faut mieux comprendre ce qu’est la grande alliance ».

    Tous les responsables des organisations de masse ont commencé à étudier les œuvres du président Mao et à comparer ses enseignements avec leur travail.

    Ainsi, les trois textes les plus lus, les textes sur la contradiction, sur les conceptions erronées dans le Parti ont fait l’objet d’une étude vivante.

    Alors nous sommes arrivés à la conclusion que nos contradictions étaient indubitablement des contradictions au sein du peuple et qu’en conséquence il nous fallait « persuader » et non « écraser ».

    L’esprit de coterie, l’anarchisme, le particularisme nous empêchaient de progresser.

    Petit à petit, nous avons compris les avantages de la grande alliance — « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » disait le Manifeste de Marx et d’Engels, c’était valable pour nous aussi.

    En conséquence, au mois de juin 1967, nous avons repris les discussions entre organisations.

    Le ton était bien différent cette fois.

    Les responsables de chaque organisation ont parlé de leurs propres erreurs, et non plus des erreurs des autres.

    Les responsables des organisations les plus nombreuses sont allés voir ceux des plus petites.

    Et chacun a fait son autocritique.

    C’est ainsi que le 1er juillet nous avons fait la grande alliance.

    Il n’y avait plus qu’une seule organisation de masse.

    Nous avons réalisé que la pensée du président Mao était la base de notre union et la grande alliance a été suivie d’un essor dans l’étude des œuvres du président Mao.

    Le niveau politique s’élevant, il y a eu parallèlement essor du mouvement de « grande critique » (critique du Khrouchtchev chinois).

    La critique est mené en étroite liaison avec la situation concrète de l’usine et même de chaque atelier.

    Sur la base de la grande alliance, nous avons progressé vers latriple union. Il nous a fallu résoudre les divergences qui existaient entre nous sur le rôle de tel ou tel cadre.

    Là encore, l’APL nous a aidés et nous a fait mieux comprendre « qu’on ne saisit pas le pouvoir en soi, pour soi, mais pour la classe ouvrière ».

    Finalement, après beaucoup de discussions, il a été décidé de nommer l’ancien directeur de l’usine président du Comité Révolutionnaire.

    Il avait certes commis des erreurs relativement sérieuses, mais son autocritique avait été jugée satisfaisante par les masses et son attitude était bonne.

    Le Comité Révolutionnaire fut établi le 24 septembre. »

    L’histoire de cette usine, des contradictions entre organisations rebelles révolutionnaires, du rôle exemplaire de l’Armée Populaire de Libération qui « fait asseoir et étudier ensemble » les militants séparés par des contradictions, est exemplaire.

    Elle reflète bien le déroulement de la Révolution Culturelle dans les usines.

    Avec cependant une particularité : c’est que la grande alliance y a été réalisée dès juillet, alors qu’en fait, dans beaucoup d’endroits, cela n’a été fait qu’en septembre-octobre, après la diffusion du mot d’ordre du président Mao :

    « Il n’existe pas de conflit d’intérêts fondamentaux au sein de la classe ouvrière.

    Surtout sous la dictature du prolétariat, il n’y a aucune raison pour la classe ouvrière de se diviser en organisations appartenant à deux grandes fractions antagonistes. »

    C’est ainsi que fin septembre, à Shanghai comme dans beaucoup d’autres villes de Chine, régnait une atmosphère de fête extraordinaire.

    Chaque usine, chaque magasin, chaque administration, chaque restaurant qui avait réalisé la grande alliance, envoyait une délégation au Comité Révolutionnaire de la municipalité.

    Ici, c’était des camions chargés de travailleurs qui se succédaient, là c’était une dizaine de travailleurs à pied ; les drapeaux rouges succédaient aux drapeaux rouges, le battement des gongs, les pétards créaient une atmosphère de liesse extraordinaire.

    On peut voir que la Grande Alliance est un processus long et complexe dans lequel on a pris le temps de convaincre, dans lequel on a évité toutes formes autoritaires et bureaucratiques.

    Est-ce à dire que la Révolution Culturelle soit terminée à Shanghai ? Évidemment non.

    Un pas important, décisif a été fait. Mais il faut mener à fond la campagne de critique et de répudiation du Khrouchtchev chinois. Il faut « lutter contre l’égoïsme et critiquer le révisionnisme ».

    Il faut prendre le pouvoir dans la tête de chacun. Cette phase n’est-elle pas aussi importante que les précédentes ?

    Certainement si.

    Car de son bon déroulement dépend en fin de compte la victoire de la Révolution Culturelle.

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    sur la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne

  • Résumé de la dialectique des sections du Livre premier du Capital de Marx

    On peut résumer comme suit le parcours dialectique des sections.

    Dans la première section, Karl Marx prend l’objet et dit qu’il a une valeur d’usage et une valeur d’échange.

    Cet échange se fait sur le marché, contre de l’argent.

    Dans la deuxième section, il dit que l’argent a deux aspects : il peut être argent, il peut être capital. L’argent permet de se procurer la marchandise, mais le capital veut lui récupérer davantage d’argent à partir de l’argent.

    Dans la troisième section, Karl Marx dit que le capital a deux aspects : capital constant et capital variable.

    Il y a une part pour les machines et les matières premières, une part pour payer les travailleurs qu’on a engagés.

    Tout cela a abouti à dire qu’il y a la plus-value, consistant en le résultat de ce qu’on a arraché aux travailleurs comme force de travail non rémunéré.

    Dans la quatrième section, Karl Marx affirme que la plus-value a elle-même deux aspects.

    Il distingue la plus-value absolue et la plus-value relative. Il y a le surtravail avec les heures non payées, mais également la pressurisation de la force de travail pour augmenter sa productivité.

    Dans la cinquième section, Karl Marx aboutit à la contradiction entre la plus-value et la force de travail.

    Dans la sixième section, il explique la contradiction entre la plus-value et la force de travail donne le salaire.

    Cela implique une contradiction au sein du travailleur, qui appartient à une société capitaliste à qui il vend sa force de travail, et en même temps ne lui appartient pas.

    Dans la septième section, Karl Marx montre que la contradiction entre le travailleur et sa force de travail produit l’accumulation du capital.

    La contradiction entre l’accumulation du capital et l’accumulation de prolétaires produit elle-même l’armée industrielle de réserve, ce qui est « la loi générale de l’accumulation capitaliste ».

    Dans la huitième section, Karl Marx raconte comment le travailleur est disponible en raison d’une expropriation ; la négation de la négation implique l’expropriation des capitalistes.

    La substance du Livre premier est de dire que le travailleur est séparé de la production et donc de la société, tout en fournissant sa force de travail et étant membre de cette société.

    Cette séparation consiste en une contradiction permettant au capital de trouver un moteur de croissance : la mobilisation forcée des travailleurs, aspect qualitatif associé à l’aspect quantitatif des machines et des matières premières.

    La contradiction entre l’élévation technique et la mobilisation des travailleurs provoque des flux et des reflux pour une partie des travailleurs, qui se voit marginalisée comme armée industrielle de réserve dans une situation de pauvreté.

    Ces flux et ces reflux sont obligés de prendre toujours plus d’ampleur en raison de l’ampleur des modernisations techniques.

    Le prolétariat, exploité, connaît une partie de lui toujours plus grande qui bascule dans une exclusion générale de la société.

    N’étant plus rien, ils doivent être tout et œuvrent à l’expropriation de ceux qui ont exproprié afin de devenir les propriétaires privés des moyens de production.

    N’étant plus rien, ils doivent être tout et œuvrer à l’expropriation de ceux qui les ont expropriés dans le but de devenir les propriétaires privés des moyens de production.

    C’est l’exigence de la socialisation des moyens de production.

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    plan dialectique du Capital : le Livre premier