La deuxième section du Livre Troisième du Capital de Karl Marx

La deuxième section du Livre troisième s’intitule « La transformation du profit en profit moyen ».

Il contient les chapitres suivants :

VIII. Différence des taux de profit dans les différentes branches de production par suite des différences de composition du capital

IX. Formation d’un taux général (moyen) du profit et transformation de la valeur des marchandises en coût de production

X. Action égalisatrice de la concurrence sur les taux généraux des profits – prix et valeurs de marché – surprofit

XI. Effet des oscillations du salaire sur les coûts de production
1. Composition moyenne
2. Composition inférieure
3. Composition supérieure

XII. Considérations complémentaires
1. Causes modifiant le coût de production
2. Coût de production des marchandises de composition moyenne
3. Causes de compensation pour le capitaliste

S’il y a une libération et une fixation du capital, dans la production, c’est qu’en général le capital est en mouvement.

Le capitalisme ne reproduit pas les conditions antérieures ; ce n’est pas une reproduction simple.

La reproduction élargie exige des modifications et c’est le mouvement du capital qui le décide.

Karl Marx passe alors de la qualité à la quantité et il constate qu’il y a différentes branches de production.

Il semblerait donc logique que les taux de profit soient différents selon ces branches.

Mais une telle chose impliquerait une régression.

Le taux de profit est un saut qualitatif ; s’il était différent selon les branches, alors il y aurait un tel développement inégal entre les branches qu’on ne pourrait plus parler du capitalisme : il faudrait parler des capitalismes.

Nous avons là une contradiction.

Une autre contradiction est qu’un capitaliste qui dépense 100 et un autre qui dépense 100 vont ramener le même profit, même si l’un va dépenser proportionnellement davantage dans les salaires que l’autre.

Cela semble incompréhensible.

Et c’est pour cela que le chapitre IX du Livre troisième, qui aborde cette question, est devenu célèbre et a donné naissance à une importante polémique du côté des économistes.

Les économistes libéraux ont prétendu voir ici une faille dans l’analyse de Karl Marx, car le principe d’un profit « égalisé » partout s’oppose fondamentalement au principe d’une plus-value décidée spécifiquement par la quantité de travail humain employé.

Il semble absurde de dire que les capitalistes font le même profit partout et en même temps que les profits dépendent de l’exploitation des travailleurs et donc de leur nombre spécifique.

Mais ce qui est absurde et paradoxal s’avère en fait, bien sûr, être dialectique.

Car il n’y a pas simplement des nuances entre les profits locaux, il y a des différences.

Ces différences provoquent des luttes, qui se concrétisent par le déplacement des capitaux et par la concurrence.

Tant ce déplacement que cette concurrence agissent puissamment et forcent à la mise en place d’une tendance égalisatrice concernant la moyenne du taux de profit.

Dialectiquement, la force qui permet de centraliser au niveau d’une classe les profits et de les mettre au même niveau partout dans la production… est l’opposé de la centralisation : c’est la dispersion, la séparation, la division du capital en de multiples capitalistes en concurrence.

Pourquoi ce phénomène contradictoire est-il possible ?

C’est que les capitaux des capitalistes ne sont pas qu’en concurrence : ils occupent tout le terrain du capitalisme et ce terrain devient homogène, parce que dès qu’il y a plus de profits à un endroit, les capitaux affluent et il y a surproduction, aboutissant à un recul et une égalisation.

De plus, la production faite à un endroit peut passer dans une autre production et il y a alors un effet d’ajustement.

C’est ce qui explique qu’une réplique du maillot de football de l’équipe de France pour la Coupe du monde 2026 puisse coûter 90 euros et que treize de ces maillots valent donc… le prix d’un ordinateur MacBook Air.

Voici comment Karl Marx présente ce constat :

« Par suite des différences qui existent dans la composition organique des capitaux engagés dans les différentes industries et de, l’inégalité des quantités de travail mises en œuvre par des capitaux de même grandeur, les quantités de surtravail appropriées et de plus-value produites sont très inégales.

Il en résulte qu’au début les taux de profit sont très différents dans les diverses industries.

Mais la concurrence intervient pour les ramener à un taux général qui représente la moyenne de tous les taux spéciaux.

On appelle profit moyen, le profit qui, calculé sur la base du taux général, échoit à un capital de grandeur déterminée, quelle que soit sa composition organique. »

Cela revient à dire que les capitalistes sont, dans le capitalisme, comme des actionnaires.

Ceux qui mettent la même somme en retireront les mêmes profits.

C’est comme s’il y avait un capital collectif.

Les prix des marchandises sont toujours des prix de production : ils ne sont pas déterminés seulement « localement », mais par l’existence du capitalisme en général.

Comme le capitalisme procède par des incessants va-et-vient de capitaux, ce prix de production est toujours défini tendanciellement ; il accorde toutefois une dimension générale au capitalisme, dépassant le niveau « local » de production.

Si on regarde bien, on a toujours chez Karl Marx comme un effet d’inspiration et d’expiration de la part du capitalisme.

Cela peut bien entendu se produire en même temps et concrètement, ce qui est à l’œuvre, c’est une démarche de centralisation et de dispersion à la fois.

C’est cela qui fait que le capitalisme a l’air insaisissable alors qu’il a clairement l’air d’être partout pourtant.

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plan dialectique du Capital : le Livre troisième