La troisième section du Livre Troisième du Capital de Karl Marx

La troisième section du Livre troisième s’intitule « Loi tendancielle de la baisse du taux de profit ».

Elle contient les chapitres suivants :

XIII. La loi en elle-même

XIV. Facteurs antagonistes
1. L’accroissement de l’exploitation du travail
2. La réduction du salaire au-dessous de la valeur de la force de travail
3. La dépréciation des éléments du capital constant
4. La surpopulation relative
5. Le commerce international
6. L’accroissement du capital par actions

XV. Le développement des contradictions internes de la loi
1. Considérations générales
2. Le conflit entre l’extension de la production et la mise en valeur
3. Pléthore de capital et surpopulation
4. Considérations complémentaires

Cette section est extrêmement célèbre ; elle a donné naissance à toute une littérature immense.

La question à l’arrière-plan est de savoir si la loi tendancielle de la baisse du taux de profit correspond ou non à la conception d’un effondrement à terme du capitalisme.

Il a été dit de très nombreuses choses ici : que Karl Marx avait tort et que le capitalisme pourrait éternellement grandir, que la chute était mécaniquement inévitable, que la dimension sociale et politique primerait sur l’effondrement avant qu’il ne se produise, etc.

Plus concrètement, revenons-en à la dimension dialectique du processus de formation de ce concept.

Qu’a-t-on vu dans la section précédente ?

On a vu qu’il y avait une action égalisatrice de la concurrence sur les taux généraux des profits.

Elle est tendancielle, bien sûr ; il y a beaucoup de paramètres et c’est un système qui se remet en place de manière permanente.

Cela découle du fait que le capitalisme est un tout, qu’il s’uniformise.

Et dans ce panorama total, cela implique que ce processus d’égalisation a lui-même un contraire.

Ce contraire, c’est la chute tendancielle du taux de profit.

Le principe, sur lequel un nombre incroyable de gens s’est cassé la tête, peut être expliqué comme suit : au fur et à mesure, le capitalisme se modernise techniquement de plus en plus.

Il a beau prendre toujours plus de travailleurs à sa disposition, ce qui se passe, c’est qu’en proportion, la part des travailleurs dans la production devient plus faible, et avec elle la plus-value qu’on leur arrache.

Le taux de profit a donc tendance à inexorablement chuter.

Si on regarde bien, ce phénomène de « modernisation » du capitalisme est précisément ce qui permet l’égalisation, car tout le monde chez les capitalistes rattrape tout le monde en rattrapant tout le monde.

La concurrence force à la modernisation, la modernisation à la concurrence.

Tout s’ajuste par ce jeu de constant affrontement, de perpétuelle mise sous pression.

La loi de la chute tendancielle du taux de profit est la conséquence de cela ; c’est en réalité davantage son contraire, car plus il y a l’un, plus il y a l’autre.

S’il n’y avait pas égalisation, le capitalisme déraillerait ; sans la chute tendancielle du taux de profit, il n’y aurait plus de modernisation.

La cohérence générale et la modernisation qui portent le capitalisme ne peuvent pas exister l’une sans l’autre, et chacune se nourrit de l’autre.

Karl Marx passe ensuite en revue les phénomènes pouvant contrecarrer relativement la loi : on exploite davantage les travailleurs, le commerce extérieur, etc.

Il regarde ensuite le développement des contradictions internes de la loi.

Pour faire simple, plus on renforce la productivité et la production, plus on entre en conflit avec le fait que le capitalisme a une base étroite de consommation.

Pareillement, le capital ne sait plus où se placer alors que la bataille pour le profit fait rage.

Il y a à la fois surproduction de capital et surproduction de marchandises, ce qui est absurde du point de vue des intérêts de l’humanité, lorsqu’une large partie de celle-ci est mise de côté encore historiquement.

Tout cela est la substance des crises.

=>Retour au sommaire du
plan dialectique du Capital : le Livre troisième