UJC (ml) : A propos de la dissolution (1968)

[13 juin 1968.]

A la Sorbonne hier, c’était la grande dissolution. Pour certains, c’était de toute évidence la dissolution… finale.

Ceux-là, en pliant bagages fiévreusement, ils avaient l’air tout à fait dissous; on voyait bien qu’ils se sentaient disparaître comme un morceau de sucre sous le jet d’eau du ministre de l’intérieur. Adieu, donc, les dissous…

Mais pour d’autres dissous, le décret magique ne semblait pas faire beaucoup d’effet, sinon de les rendre plus confiants et plus optimistes que jamais :

«- Qui êtes-vous?

– Nous, on est les ex-Union des Jeunesses marxistes-léninistes

– Mais vous êtes dissous aussi, et c’est tout ce que ça vous fait?

– Eh oui!

– …?

– C’est pas compliqué : est-ce que le décret peut dissoudre la pensée de Mao Zedong? les masses laborieuses? Le mouvement de révolte des ouvriers, des paysans et de la jeunesse? Est-ce que le décret peut dissoudre la ligne prolétarienne de lutte de la jeunesse avec les luttes révolutionnaires du peuple français? Il peut faire ça le décret?

– Ben… non, évidemment!

– Juste. C’est ce qu’on pense aussi.

Le décret dissout une organisation. Mai sune organisation, c’est simplement un outil au service de la ligne politique.

C’est la ligne politique qui pénètre chaque jour les masses laborieuses de notre pays, c’est la pensée du camarade Mao Zedong à l’oeuvre qui arme chaque jour plus d’ouvriers pour le combat commun; alors des organisations, le peuple peut s’en fabriquer des quantités, tous les jours; et il s’en fabrique tous les jours.

Alors pourquoi s’affoler? Ce qui compte, c’est que chaque jour, le Parti Communiste Révolutionnaire Prolétarien s’édifie dans la lutte, et ça, le décret, il n’y peut rien. »     

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UJC (ml) : Les paysans et le capitalisme (1968)

[13 juin 1968.]

1. LE PROGRES TECHNIQUE ET LA CONCENTRATION CAPITALISTE

La question du progrès technique en agriculture sert souvent à masquer les conséquences désastreuses du développement du capitalisme.

Au nom du progrès technique que la bourgeoisie a érigé en valeur, on justifie le chômage, la ruine et la « migration » de milliers de petits paysans, et lorsqu’ils s’y opposent, il est alors facile de les traiter d’obscurantistes, de rétrogrades, etc.

La première bataille à mener, c’est de montrer que le progrès technique n’est pas une chose en soi, indépendant du type d’économie dans laquelle elle s’insère.

Il y a pour l’instant un progrès technique au service de la bourgeoisie capitaliste.

Il pourrait y avoir un progrès technique au service des travailleurs.

D’autre part, le progrès technique actuel ne peut être, à la campagne comme ailleurs, utilisé que par les capitalistes qui peuvent investir dans l’achat de machines le surplus de richesses produites par les salariés qu’ils emploient.

Ces machines coûtent de plus en plus cher et seuls les plus riches peuvent se les procurer.

Cela veut dire que le progrès technique exige la concentration (toujours plus de terre, toujours plus de machines et toujours moins de main-d’oeuvre).

Par ailleurs, le progrès technique à la campagne ne rapporte pas qu’aux paysans capitalistes, mais aussi aux industriels.

Le plus bel exemple est celui du tracteur. La mécanisation de la traction des outils a commencé à se faire en France après la deuxième guerre mondiale. Les premiers tracteurs vendus étaient lourds, puissants et chers.

C’était une nouveauté qui supprimait tant de fatigues que tous les paysans en voulaient.

Mais ces tracteurs étaient bien trop chers pour les paysans travailleurs, leurs économies n’y suffisaient pas. Mais comme il y avait là un marché potentiel, les firmes ont trouvé la solution : on a« miniaturisé » les tracteurs, c’est-à-dire qu’on a construit des tracteurs plus petits, plus faibles et moins chers.

Ainsi chacun pouvait avoir le sien. Mais ils se révélèrent fragiles, incapables de faire certains gros travaux : les petits paysans avaient été bernés. Les firmes constructrices empochaient les bénéfices.

Le progrès n’est pas ce dieu pur et bon devant lequel tout le monde doit s’incliner.

Mais cette idée fausse est tellement ancrée qu’elle arrive à passer pour naturelle. De tous côtés, on dit au paysan travailleur :« Il y a trop de monde sur les terres, trop de bras, pas assez de machines. Il faut beaucoup de terres, beaucoup de machines et peu d’hommes. Le progrès technique remplace l’homme par la machine et ceux qui parlent de ruine des petits paysans sont des communistes ou de vieux réactionnaires. En fait, c’est le progrès et vous feriez mieux de vous reconvertir. L’Etat accepte de vous aider en ce sens…»

Ces déclarations sont approuvées par les idéologues de l’économie, répandues par tous les moyens d’information, soutenues par les organisations professionnelles, etc.

Que peut faire contre ce flot le paysan travailleur ? Il peut au moins se poser deux questions :

1. Pourquoi nous ? Nous sommes d’accord qu’il faut produire davantage et mieux. C’est l’évidence même. Mais c’est nous qui travaillons la terre, qui produisons, et pas les gros agrariens. Ceux-ci ne sont pas vus souvent sur leurs exploitations.

Ils sont plus volontiers à la caisse des crédits, chez le directeur départemental des services de l’Agriculture, ou auprès d’hommes politiques locaux… Alors, si quelqu’un doit partir, pourquoi nous, et pas eux ?

2. Pour aller où ? Les ouvriers, les anciens paysans qui sont partis avant nous nous disent qu’à la ville aussi on leur dit de s’en aller. Pour les mêmes raisons : les exigences du progrès technique. Eux non plus ne peuvent pas trouver de travail.

Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans ce progrès.

Les économistes savants souriront à la naïveté de telles phrases, mais en les poussant dans leurs derniers retranchements, ils seront bien obligés de reconnaître :

– que le progrès technique s’achète et se vend comme une marchandise et que le but qu’on attend de lui est le maximum de profit et non la satisfaction des travailleurs ;

– que les centres de diffusion du progrès (écoles, centres d’études techniques agricoles, groupements de vulgarisation) ne font pas beaucoup d’efforts pour apprendre les techniques nouvelles à tous les paysans et réservent leurs soins aux gros et moyens paysans « intelligents » et à leur enfants ;

– que les diffuseurs du progrès (ingénieurs, techniciens, etc.) n’ont que mépris pour les paysans travailleurs et réservent leurs lumières à ceux qui les paient et se les sont ainsi attachés.

En fait, il est indéniable que la connaissance et l’utilisation du progrès sont réservées aux capitalistes de la campagne. En cela, ils accentuent leur opposition aux paysans travailleurs.

Ces derniers découvrent dans leur propre situation qu’il faut mettre à bas un système qui provoque et garantit de telles injustices et chercher ailleurs le véritable progrès.

2. ANALYSE DES CLASSES DANS L’AGRICULTURE

Chaque année, des dizaines de milliers de paysans ruinés sont obligés de quitter leur exploitation.

Chaque année des milliers de paysans pauvres vont s’embaucher pour quelques mois soit chez de gros exploitants, soit dans des industries saisonnières. Enfin, des milliers de paysans (ou leurs femmes) sont déjà ouvriers à plein temps dans une usine et cultivent leur lopin.

En face de ceux-là, une minorité de gros exploitants se développe, se modernise, accroît ses terres, empoche des bénéfices.

Ceci n’est pas un hasard. C’est notre système économique qui impose la ruine des faibles et favorise la prospérité des gros. La société où nous vivons est une société capitaliste.

Cela signifie que partout, dans l’industrie comme dans l’agriculture, une minorité s’enrichit sur le dos des travailleurs qu’elle exploite.

Cette minorité, à la ville comme à la campagne, domine les autres classes. Elle est leur ennemie.

1. La bourgeoisie agricole :

a) Les exploitants capitalistes. Ils emploient plusieurs ouvriers permanents et, pour les gros travaux, des ouvriers saisonniers. On ne les voit guère sur leurs champs.

Quand ils y sont, c’est pour diriger. Ils ont de grandes exploitations. Ce qui ne veut pas dire que la superficie cultivée soit énorme (20 hectares de vigne ou 7 hectares de « maraîchage » peuvent représenter plus que 200 hectares d’autres terres).

Ils sont de gros exploitants parce qu’ils livrent de grandes quantités de produits et en tirent un gros bénéfice.

Leur richesse vient de l’exploitation des ouvriers agricoles (allongement des journées, intensification du travail, maintien de bas salaires…). Ils dominent le marché, accaparent les terres, accumulent les machines modernes…

b) Les paysans riches.

Ils n’emploient qu’un ou deux ouvriers permanents (parfois même aucun). Ils font appel à une main-d’oeuvre temporaire ou saisonnière.

Ils ont des fermes importantes et « modernes ». Ils travaillent eux-mêmes la terre et en cela font illusion.

Ils paraissent n’exploiter personne. Mais bien souvent c’est après avoir, dans un premier temps, exploité des ouvriers agricoles qu’ils ont pu se moderniser.

Dans la plupart des cas encore, en tant que gros adhérents de coopératives, ils exploitent indirectement les salariés de celle-ci. Comme les exploitants capitalistes, ils se développent.

Exploitants capitalistes et paysans riches appartiennent en fait à la bourgeoisie. Ce sont par nature des profiteurs. Ils profitent du départ de paysans ruinés pour agrandir leurs fermes.

Ils profitent des besoins de ceux qui restent pour les embaucher saisonnièrement. Ils profitent de la misère des autres pour réclamer des mesures d’aide, des subventions, des hausses de prix, etc.

Ils profitent de leur notoriété pour prendre en main les organisations professionnelles et les mettre à leur service. Ils sont les ennemis du peuple des campagnes.

2. Les paysans travailleurs :

Ils travaillent eux-mêmes le sol. Ils ne tirent aucun revenu de l’exploitation directe d’ouvriers agricoles. Ils ressemblent :l ces petits artisans des villes et des villages que le capitalisme industriel a ruiné au siècle passé.

Certains, de par les moyens qu’ils possèdent, résistent mieux à la concurrence que les autres. Ils peuvent espérer tenir le coup. D’autres n’ont pour avenir immédiat que de glisser vers le prolétariat.

Ils ne constituent donc pas une classe bourgeoise, on trouve parmi eux des paysans moyens, des paysans pauvres et des semi-prolétaires.

a) Les paysans moyens ont eu – ou ont encore – les moyens de s’équiper en matériel, souvent en contractant de lourdes dettes. Comme ils possèdent un certain capital fixe qu’il faut rembourser ou amortir, ils doivent gérer leur ferme comme une entreprise. Pour rentabiliser le capital, ils ont tendance à intensifier leur production.

Ils s’imposent donc – à eux et à leur famille – des conditions de travail très dures. Pour eux, donc, deux issues : ou s’accroître comme de petits capitalistes ou être éliminés. Donc, deux couches sociales :

Les petits patrons dynamiques, paysans moyens qui arrivent à équilibrer leur budget et à s’équiper. Certaines circonstances les ont aidés (meilleures terres, meilleures conditions de vente, bénéfice d’un héritage, etc).

Leur équilibre relatif n’est que provisoire et ils doivent faire de lourds efforts pour le conserver.

Seulement, ils gardent l’espoir de s’en tirer et psychologiquement leur condition de « petit patron » est dominante.

Ils militent et entraînent les autres paysans sans moyens dans des revendications pour des réformes facilitant l’accès aux capitaux et à la terre.

Ils ne sont qu’une minorité et, parmi eux, seul un petit nombre parviendra à devenir des « paysans riches ».

La bourgeoisie peut donc se servir d’eux pour canaliser la colère des paysans équipés et ruinés.

Mais ils peuvent, aussi bien, participer à un mouvement populaire dirigé contre la bourgeoisie. Les paysans équipés et ruinés.

C’est la grande masse des paysans moyens. Depuis quelques années, ils ont suivi les conseils modernistes du C.N.J.A.

Ils se sont équipés (tracteur, machine s’y adaptant, machines de récolte).

Ils ont fait des emprunts. Pour rembourser et amortir leur matériel ils ont dû produire davantage. Ce qui les a amenés à acheter de plus en plus d’engrais et de produits de traitement. Pour cela aussi ils ont dû s’endetter.

Ils sont maintenant criblés de dettes. Les échéances sont chaque fois plus difficiles.

Il n’est pas question de se replier et de vivre sur les produits de la ferme. Cela ne paye pas les dettes. L’aventure moderniste dans laquelle les ont entraînés les petits patrons dynamiques du C.N.J.A. ne les a conduits qu’à une impasse. Lorsqu’ils se révoltent, les organisations professionnelles s’emploient à leur faire croire que quelque nouvelle réforme leur permettra de se moderniser plus encore, de devenir « compétitifs ».

Cependant, ils sont de plus en plus nombreux, ceux qui se rendent compte que ces paroles d’apaisement ne sont que des tromperies, que leur colère est exploitée pour obtenir des réformes qui ne profiteront qu’aux riches.

Ils sont donc prêts (et ils l’ont montré dans l’Ouest) à participer à un mouvement populaire.

Plus seront dénoncées les illusions que les organisations professionnelles et le gouvernement tentent d’implanter chez ces paysans, plus leur aspect de travailleur opprimé l’emportera sur leur aspect de petit producteur capitaliste.

b) Les paysans pauvres.

Ce sont ceux qui n’ont pas eu les moyens de s’équiper. Ils se trouvent en général sur de petites surfaces. Il n’est pas pauvre de la même façon que le paysan équipé et ruiné. Il a moins de dettes mais aussi moins d’argent.

En général, il s’endette le moins possible, tant pour cultiver que pour survivre. Sa production est plus faible, son bétail moins bien nourri, sa terre moins bien cultivée.

Il produit essentiellement pour nourrir sa famille et vend le surplus pour avoir un peu d’argent. Plus les autres paysans plus riches augmentent leur production, plus les paysans pauvres doivent travailler pour simplement vivre.

Quand ils ne parviennent plus à s’en tirer, même en restreignant leurs dépenses de consommation, ils cherchent à s’employer chez les autres ou à y placer leurs enfants.

Chaque fois qu’elle a besoin de l’appui de tous les paysans, la bourgeoisie fait croire aux paysans pauvres qu’avec l’accord du gouvernement elle est prête à les aider en relevant les prix ou en leur donnant des primes.

En période calme, on tente de les décourager en leur disant que de toute façon il n’y a plus de place pour ce genre d’agriculture dans une société moderne.

Plus les paysans pauvres comprennent que les mesures d’aide ne profitent qu’aux riches, plus ils se rendent compte qu’ils sont condamnés par notre société à la ruine et à la misère, plus ils sont prêts à s’engager dans cette lutte populaire contre les exploiteurs.

Dans cette lutte, ils peuvent découvrir comment sera construite une nouvelle société où ils auront leur place comme travailleurs de la terre, solidaires des autres travailleurs.

c) Les semi-prolétaires. Ceux qui n’ont plus assez d’argent, qui ne peuvent rembourser leurs dettes, sont obligés de trouver un emploi salarié.

Bon nombre d’entre eux n’ayant pas d’autre métier que celui de paysan et voulant, malgré tout, rester sur leur ferme, deviennent des semi-prolétaires.

Ils sont ainsi doublement exploités, comme paysans dans une situation de misère et comme salariés.

Parce que le salaire n’est pour eux qu’un appoint et parce qu’il leur faut absolument trouver du travail sur place, les patrons en profitent pour les embaucher à bon compte. Toujours ils donnent un salaire plus faible que le salaire moyen.

[Il convient cependant de ne pas se tromper ; tout paysan qui travaille à l’extérieur n’est pas obligatoirement un semi- prolétaire.

Des paysans riches ou de petits patrons dynamiques vont parfois travailler « à l’entreprise » pour rentabiliser leur matériel.

Dans certaines régions on trouve des paysans-ouvriers qui en tant que paysans sont de petits patrons dynamiques. Il s’agit cependant d’une exception. La majorité des paysans ouvriers sont des paysans pauvres.]

Il y a divers types de semi-prolétaires :

D’abord, les semi-prolétaires occasionnels, ou saisonniers. Ceux qui vont travailler chez des gros producteurs dès qu’on a besoin d’eux et souvent pour de gros travaux.

Certains doivent même émi grer et trouver du travail dans d’autres régions, pour démarier la betterave, faire la moisson ou les vendanges.

Parmi ces semi- prolétaires saisonniers, on rencontre les paysans et les femmes de paysans qui vont travailler dans certaines industries qui ne fonctionnent qu’une partie de l’année : conserveries, sucreries, etc.

Pour ces saisonniers ou occasionnels, il n’y a aucune sécurité d’emploi, dès que l’embaucheur n’a plus besoin d’eux, il les renvoie sur leur ferme où ils se retrouvent isolés et attendent la prochaine occasion de trouver du travail.

L’embaucheur en profite pour leur donner un salaire dérisoire et pour briser en eux toute tentative de révolte.

Ensuite, on rencontre des semi-prolétaires à temps partiel qui travaillent une partie de la journée seulement ou bien un jour sur deux, mais qui ont un emploi permanent dans une usine ou une grande ferme et tentent de vivre mieux en faisant des heures supplémentaires sur leur lopin de terre.

Suivant le temps qu’ils passent à travailler comme ouvriers, suivant l’importance de leur salaire dans la vie de la famille, les semi-prolétaires sont plus proches des paysans travailleurs ruinés ou plus proches des ouvriers.

Ainsi, par leur situation même, les semi-prolétaires sont les travailleurs les mieux placés pour expliquer au peuple des campagnes la lutte des ouvriers. Ils forment le maillon essentiel de l’unité du peuple.

3. Les ouvriers agricoles :

Les ouvriers agricoles travaillent dans les grandes exploitations capitalistes et chez les paysans riches.

Parce qu’ils sont généralement peu nombreux sur la même ferme, parce qu’ils sont isolés et peu organisés, ils subissent une exploitation plus dure encore que les ouvriers d’industrie.

On rencontre trois types d’ouvriers agricoles, les permanents, les journaliers et les saisonniers.

Les permanents ont un emploi relativement stable, cela ne veut pas dire qu’ils ne craignent pas le chômage, bien au contraire : l’ouvrier permanent travaille toute l’année sur la même ferme tant que son patron a besoin de lui, mais dès que son patron peut le remplacer avec profit par une machine il ne se prive pas de le mettre à la porte et l’ouvrier « permanent » est devenu chômeur.

Les journaliers sont en général des paysans pauvres ou des retraités qui ont besoin de s’embaucher pour vivre.

Les patrons de l’agriculture ne les emploient donc et ne les paient que lorsqu’ils ont besoin d’eux.

Ils profitent du fait que le salaire du journalier n’est souvent qu’un appoint pour payer mal ce travailleur.

Les saisonniers ne travaillent dans les grandes exploitations que pour les gros travaux. Que font-ils entre-temps? Sont-ils au chômage, dans la misère ?…

La plupart des saisonniers sont ainsi importés comme du bétail, logés et nourris dans les pires conditions, surveillés constamment, mal payés, renvoyés dès la fin des travaux permanents, journaliers et saisonniers sont les ouvriers de la terre.

Plus leur misère est grande, plus dures sont leurs de travail, plus grande est la richesse des exploitants capitalistes.

3. LES MYTHES.

L’augmentation des prix : Une façon de ruiner petits et moyens agriculteurs.

« Augmentez nos prix. Les prix sont nos salaires ». Ce slogan, souvent le principal mot d’ordre de bien des manifestations paysannes, correspond hélas à revendiquer la disparité entre la grosse et la petite ou moyenne agriculture.

a) L’exemple du blé.

Lorsque, l’an dernier, les céréaliers ont obtenu, par le truchement de l’Europe, une augmentation du prix du blé d’environ 12 F le quintal, pour un producteur de 1000 quintaux (soit 20 hectares dans les riches plaines), le surplus de gain était de 12 000 F (1200 000 anciens francs), de quoi rembourser un prêt de jeune agriculteur contracté il y a cinq ans, ou un tracteur de force moyenne.

Pour un petit producteur du Centre ou du Sud-Ouest, où les rendement atteignent rarement 40 quintaux à l’hectare, le surplus de gain annuel a le plus souvent oscillé aux environs de 400 F.

Si, dans l’immédiat, pour un paysan âgé qui n’a pas d’emprunt à rembourser, ce surcroît de revenu a apporté, pour un temps, un tout petit mieux-être, pour un jeune qui a contracté des emprunts cette augmentation n’a pratiquement rien apporté, si ce n’est le paiement des intérêts de l’emprunt.

Mais si l’on regarde l’avenir <+ plus long terme, cette augmentation plus avantageuse encore pour les gros producteurs, du fait de la suppression du quantum, a contribué pour une large part à enfoncer davantage et plus vite lus paysans pauvres et les jeunes qui ont investi.

En effet, avec le surcroît d’argent que les gros producteurs vont amasser ces années-ci, ils vont pouvoir investir soit pour s’agrandir, pour se moderniser, donc pour moins souffrir d’une stagnation ou d’une stabilisation des prix, soit pour se lancer dans des productions industrielles : la viande, les légumes (petits pois, haricots verts), l’aviculture, etc.

b) Celui de la viande.

On pourrait nous reprocher de n’avoir pris pour exemple que le prix du blé et nous dire qu’une augmentation des prix des produits d’origines animales, notamment de la viande et du lait, apporterait un réel accroissement du revenu de la masse des petits et moyens agriculteurs.

Pour la viande de boeuf, en 1967, les six pays de la C.E.E. ont connu un déficit de 500 000 tonnes. On estime qu’en 1970 ce déficit atteindra 1 million de tonnes.

Mais on préfère acheter de la viande à d’autres pays, par exemple à l’Argentine, à 3,30 F le kilo, même si de telles pratiques mercantiles contribuent à exploiter les paysans et travailleurs de ces pays dont certains ne gagnent que 30 000 anciens francs par an et même si, dans le même temps, « l’Europe », par la voix autorisée de Mansholt, a osé envisager de subventionner l’abattage des vaches des étables de moins de cinq vaches (soit, pour les régions d’élevage, réduire la reproduction annuelle de veaux d’environ 30 %).

c) Celui du lait.

Quant au lait, il n’a augmenté en 1968 que de 2,2 %, soit moins que le coût général de la vie et remarquons aussi que la viande n’a cessé de baisser : 11 % pour le porc, 1 % pour le boeuf, en un an. La priorité accordée à l’augmentation des prix des céréales (et de la betterave) n’est pas un hasard.

Elle montre que les représentants de ces producteurs sont ceux qui infléchissent, dominent la politique agricole de la C.E.E.

Elle est la preuve que, non satisfaits d’une politique égalitaire de hausse des prix, les gros producteurs (qui sont jusqu’à ce jour, en France, surtout céréaliers) accordent ou font accorder à leurs productions principales la priorité, voire l’exclusivité d’une hausse des prix.

Bien sûr, pour « expliquer » cette politique très sélective et bien cohérente, la propagande des forces au pouvoir ne manque pas d’avancer des raisons, notamment la surproduction de lait. Voyons au juste ce qu’il en est.

d) La surproduction ou le repli sur l’hexagone. Pour le lait, au 31 décembre 1967, l’Europe le stockait, transformé en beurre (environ 100 000 tonnes).

Mais, tandis que l’Europe des six produit par an autour de 980 000 tonnes de beurre, elle consomme 5 millions de tonnes de matières grasses dont la moitié d’origine animale.

Ainsi, si les six pays d’Europe produisent 10 % de beurre de plus qu’ils n’en consomment, il faut souligner que ces 10 % de beurre en « surproduction » ne représentent que 4 % des matières grasses animales consommées et 2 % des matières grasses totales.

Enfin, ce surplus de lait et de beurre, sous forme de poudre pour le premier et d’huile déshydratée pour le second, pourrait facilement être exploité sans aucune installation frigorifique, en vue d’être reconstitué n’importe quand, sous toutes les latitudes du globe, en lait, fromages, beurre, etc.

Mais voilà ! Les pays acheteurs qui ont faim ne sont pas solvables.

Les vendeurs ne représentent qu’un agglomérat de petits producteurs dont les intérêts à défendre ne sont pas « suffisamment importants » pour qu’on subventionne l’exportation de leur produit, ou lorsqu’on le fait, on l’orchestre d’une tapageuse propagande « de subvention d’assistance » qui sert d’appui à une politique de suppression des petits producteurs.

Les choses vont différemment quand les subventions jouent dans des secteurs privilégiés (celui des gros céréaliers par exemple).

En effet, pour le blé, les excédents de l’Europe s’élèvent à 30 millions de quintaux par an. On estime qu’ils atteindront 50 millions de quintaux au cours des prochaines années, mais personne n’a fait état de ces chiffres lors des augmentations décidées par l’Europe verte.

e) Lutter contre ce qui attribue un tel pouvoir.

On s’aperçoit donc qu’une augmentation uniforme du prix d’un produit accentue le décalage qui existe entre les agriculteurs pauvres et les agriculteurs riches.

De plus, sont augmentés en priorité les prix des producteurs riches. Ceux-ci ont donc plus de pouvoir économique et politique.

Un changement réel ne peut donc s’établir qu’en modifiant ce pouvoir économique et politique, c’est- à-dire en luttant non seulement contre ceux qui détiennent ce pouvoir, mais aussi contre ce qui le leur attribue : la propriété de l’appareil de production.

L’unité paysanne.

Sûrement, l’un des mythes les mieux utilisés par les gros agrariens et leurs alliés pour décourager la lutte autonome des paysans pauvres.

Par lui, on essaie de faire croire que les intérêts de toutes les catégories d’agriculteurs sont identiques et que la meilleure défense de ces intérêts dépend de l’unité des paysans dans leurs organisations, notamment syndicales.

L’autre aspect du mythe consiste à remuer dans un chaudron idéologique toutes les sottises « paysannistes » sur le bon sens paysan, la vie au contact de la nature, l’individualisme terrien, la peur du désordre, etc.

On retrouve là-dedans des thèmes réactionnaires, voire fascisants (Dorgères, Pétain) et des thèmes directement issus de l’idéologie religieuse catholique qui servent à protéger les paysans de la contamination urbaine et communiste et à les faire servir de masses de manoeuvre à toutes les droites réactionnaires et bourgeoises.

Le mythe pèse particulièrement dans les organisations professionnelles.

Sur ce sujet, il faut lire le livre de G. Wright qui rappelle comment, dans certains congrès du syndicalisme, les positions de classe des grands propriétaires du Bassin parisien étaient défendues par des petits exploitants de l’Ouest.

Depuis quelques années, ce mythe a été mis en cause ici ou là.

On peut analyser les débuts du C.N.J.A. comme une tentative de quitter le mythe, dans la mesure où le C.N.J.A. représentait au début les intérêts de certaines catégories de petits et moyens paysans. De même, le slogan actuel sur les trois agricultures.

Mais on voit où tout cela conduit : le ministère de l’Agriculture reprend ces idées à son compte pour proposer la distinction suprême entre une « agriculture économique » et une « agriculture sociale », la première devant être économiquement aidée pour qu’elle groupe plus d’argent, la seconde devant être socialement soutenue pour qu’elle ne fasse pas trop de bruit.

Les distinctions nouvelles qui vont apparemment contre le mythe de l’unité paysanne correspondent à un stade du développement des forces productives dans l’agriculture.

On est prêt aujourd’hui à déclarer publiquement qu’il faut lâcher une catégorie de paysans car c’est la seule solution pour maintenir les profits des autres catégories, mais s’il s’avère à nouveau que le mythe peut servir, on n’hésite pas à le « ressortir » (exemple : la bataille pour le prix du lait à Bruxelles).

Le mensonge ne peut donc être détruit qu’en mettant en pleine lumière l’idéologie de laquelle il se nourrit.

La fin de l’« unité paysanne », c’est l’affrontement des intérêts des différentes catégories d’agriculteurs et non la distinction dans la collaboration.

La compétitivité.

On en parle de plus en plus aux agriculteurs : il faut être compétitifs dans le Marché commun, nous devons être compétitifs par rapport aux autres producteurs, etc.

La façon dont on présente cette compétitivité est révélatrice : « Il faut… », « On doit… ».

C’est une nécessité qui découle « naturellement » de l’ordre des choses… bref, le tour de passe- passe classique et habituel de l’économie politique bourgeoise qui veut faire croire à tout prix que les règles de fonctionnement du capitalisme sont des lois naturelles et éternelles devant lesquelles tout le monde doit s’incliner.

Cette notion, par ailleurs très floue, de compétitivité véhicule dans ses implications idéologiques et économiques pas mal de traits essentiels au capitalisme.

La compétitivité implique, entre les entrepreneurs, sur un marché, une concurrence à l’issue de laquelle le ou les quelques « meilleurs », (c’est-à-dire ceux qui produisent les meilleurs produits au meilleur prix, c’est-à-dire encore ceux qui savent le mieux exploiter les machines et les hommes…) sortiront vainqueurs de la mêlée (c’est-à-dire s’assureront sur le marché une position profitable.)

On voit que la compétitivité exige une utilisation la plus rationnelle possible des capitaux et du travail humain, utilisation qui est permise seulement aux chefs d’entreprise possédant déjà une exploitation de taille et des structures importantes.

La compétitivité est un critère du développement économique que l’on aime à présenter comme un régulateur de l’économie alors qu’il ne s’agit que de la sanction des « bons capitalistes », que de la marque du profit.

En disant cela, on n’est pas retardataire pour autant et on ne cherche pas la régression.

Mais on voudrait essayer de montrer que le développement économique peut obéir à une autre rationalité que celle de la compétition et de l’individualisme et qu’on peut chercher la satisfaction des besoins du peuple autrement que par le moteur du profit.

4. LES FAUSSES SOLUTIONS.

La coopération

Par ce terme de coopération on entend généralement dans l’agriculture toute forme de propriété collective des moyens de production, que celle-ci implique ou non une coopération dans le travail lui-même.

Cette définition générale conduit à ranger dans la coopération des associations de type différent.

On peut les classer en deux grandes catégories :

– Les coopératives d’approvisionnement, de vente ou de transformation des produits agricoles qui sont des associations de producteurs indépendants.

Les coopérateurs sont alors codétenteurs des capitaux d’une entreprise qui se trouve en aval et en amont de leur exploitation. Cette entreprise peut utiliser du travail salarié.

– Les coopératives de production, qui ont été officialisées par le pouvoir sous le nom de G.A.E.C. (groupement agricole d’exploitation en commun) et qui sont des associations de producteurs utilisant en commun les moyens de production pour mettre en valeur leur propre travail.

Il y a là combinaison entre la propriété commune des moyens de production et le travail coopératif.

Il convient donc de distinguer ces deux types de coopératives, associations de producteurs ou associations de détenteurs de capitaux (qui ne sont que des formes juridiques particulières des sociétés par actions).

A. – Les coopératives : associations de détenteurs de capitaux. Ce sont des associations d’agriculteurs, regroupant à la fois de gros paysans riches, des agriculteurs moyens et des paysans pauvres, qui gèrent une entreprise dont ils possèdent en commun le capital.

Cette entreprise a pour fonction d’acheter des moyens de production (coopératives d’approvisionnement, C.U.M.A. (coopérative d’utilisation de matériel agricole ) ou bien de collecter, stocker, transformer et vendre leurs produits (exemples : coopératives laitières, caves coopératives, coopératives de stockage de céréales, etc.).

Tout en permettant l’achat et la vente dans de meilleures conditions, ainsi qu’une répartition entre les adhérents de ses bénéfices commerciaux ou de ses profits industriels, la coopérative de ce type augmente les échanges entre les associés et le marché.

Pour le gros agriculteur, être coopérateur revient à posséder une part sociale dans une entreprise qui lui fournira des conditions de vente ou d’achat favorables.

Comme les profits sont répartis au prorata des opérations et qu’il travaille plus avec la coopérative que les agriculteurs moyens ou pauvres qui lui sont associés, c’est donc à lui que reviendra la plus grande part du profit de l’entreprise coopérative.

Comme il est, en tant que capitaliste, meilleur gestionnaire que ses associés paysans, et comme il dispose de plus de temps libre parce qu’il a de la main-d’oeuvre salariée, c’est lui qui « gérera démocratiquement » la coopérative.

Si la coopérative permet aux petits et moyens agriculteurs une légère protection et un allongement de leur survie (en leur offrant des conditions d’achat et de vente plus favorables et en leur distribuant des miettes de profit), on voit qu’elle sert également très bien, et nettement mieux, les intérêts de l’agriculteur capitaliste.

Une des meilleures preuves, c’est que l’implantation coopérative est aussi avancée, sinon plus, dans les régions de grosse culture, et au niveau des productions des grosses exploitations capitalistes.

Sur le marché, la coopérative va se trouver en concurrence avec des firmes privées.

Pour ne pas faire faillite, elle devra avoir la même gestion que celle de ces firmes afin d’être compétitive ; c’est-à-dire pression sur les salaires de ses employés, accroissement de la productivité en augmentant les cadences de travail par exemple, détournement d’une partie importante de la plus-value apportée par le travail pour la consacrer à la prospection des marchés, à la publicité, etc.

Ainsi, des paysans pauvres et moyens, des agriculteurs capitalistes sont associés dans les coopératives en tant que détenteurs de capitaux d’une entreprise capitaliste qui utilise parfois des moyens de production très puissants, emploie des salariés, distribue les profits qu’elle réalise.

Il s’agit bien d’une forme particulière de « société par actions », mais d’une forme particulièrement bien adaptée à sa fonction dans la domination du capitalisme dans la production agricole.

Ne pouvant que se conformer aux lois du marché, les coopératives ne peuvent que contribuer à l’élimination progressive des plus faibles par les plus forts (même si, en un certain temps, elles peuvent freiner ce processus).

En même temps, elles réalisent une « intégration » des petits et moyens agriculteurs au mode de production capitaliste : en favorisant leur participation au marché, en mobilisant leur épargne pour constituer le capital d’une entreprise.

Enfin, par l’association dans la même entreprise des différentes catégories d’agriculteurs, par la participation de tous à la marche de l’entreprise, par le relais de l’idéologie coopératiste (qui contribue à masquer les luttes d’intérêt au sein de l’agriculture) le mouvement coopératif va constituer un « instrument d’encadrement politique » efficace.

B. – Les coopératives : associations de producteurs. Elles sont actuellement peu nombreuses et souvent limitées à la gestion commune d’un atelier.

Il s’agit donc là d’associations d’anciens producteurs indépendants qui mettent en commun tout ou partie de leurs moyens de production et mettent en oeuvre un processus de travail coopératif.

Il en résulte une diminution des coûts de production.

La formation d’une association se traduit donc par un renforcement de la position économique des adhérents et ceci d’autant plus que l’Etat fournit des conditions de crédit plus avantageuses.

Mais la coopérative de production est souvent présentée comme un moyen pour les petits et moyens agriculteurs d’échapper à leur élimination, de développer les forces productives sur un monde non capitaliste.

Or il y a vente sur le marché et concurrence et elle est ainsi conduite à une gestion capitaliste.

Elle ne pourra être rentable qu’en investissant davantage, qu’en accroissant ses terres, qu’en libérant de la main-d’oeuvre.

Elle devra donc, sous peine de faillite, reproduire le processus de décomposition de l’agriculture, soit en accroissant ses terres, c’est-à-dire en bénéficiant de l’expropriation des paysans pauvres, soit en expropriant ses propres adhérents.

Cette brève analyse nous démontre le caractère illusoire de la possibilité d’une agriculture non capitaliste fondée sur le développement des coopératives de production, dans un pays où les rapports de production sont des rapports capitalistes.

C. – Que penser de la voie de l’intégration coopérative de la production?

Face à la domination croissante des monopoles industriels sur l’agriculture sous la forme de l’intégration de la production, certains économistes suivis par des dirigeants syndicaux proposent la voie de l’intégration coopérative.

Puisque l’intégration est un mode d’organisation efficace, il suffit de l’utiliser tout en évitant l’exploitation des monopoles : les coopératives doivent donc elles-mêmes intégrer la production agricole, défendre les agriculteurs contre la domination des firmes, assurer le développement des forces productives et maintenir cependant une démocratie économique.

Cette argumentation oublie tout simplement une chose : que dans un pays capitaliste, les rapports de productions capitalistes sont dominants et qu’ils reproduisent dans tous les secteurs de la production les conditions de leur domination.

Les coopératives intégrantes, si démocratiques soient-elles, vont se trouver sur le marché en concurrence avec d’autres entreprises privées (mais aussi avec les autres coopératives).

Elles ne pourront survivre qu’en jouant le jeu de ce marché, qu’en s’agrandissant au détriment des producteurs plus faibles, qu’en participant elles-mêmes, comme toutes les entreprises, au processus général de la concentration monopoliste.

Le coopérateur intégré devra donc se soumettre à une discipline de production que l’on qualifiera de discipline technique, qui correspond en fait à celle qui lui serait imposée par un intégrateur privé.

Pour soutenir la concurrence, la coopérative devra, sous peine de faillite, réduire la part de revenus distribuée aux adhérents, faire pression sur les salaires et les conditions de travail des employés.

La voie de l’intégration coopérative n’est alors qu’une variante de cette forme de domination capitaliste par les monopoles que constitue l’intégration.

Une différence cependant : le cadre coopératif, la participation des coopérateurs au capital de l’entreprise qui les intègre sont des conditions favorables au maintien de l’alliance politique entre la bourgeoisie et les couches « intégrées » de la paysannerie.

Ce n’est pas un hasard si M. Pisani proposait un programme de réorganisation du marché par le développement des coopératives « dynamiques » à qui il conseillait cependant de mener une « concurrence au couteau » avec les firmes privées. Ce n’est pas un hasard si la majorité des gros agriculteurs du Bassin parisien et d’ailleurs ne combattent pas cette voie et s’y engagent même assez résolument.

La politique des structures.

L’industrialisation de l’agriculture et sa participation au marché impliquent une nationalisation des unités de production existant dans le cadre du système économique dominant.

En particulier, il convient d’agir sur les structures des exploitations agricoles de telle sorte qu’elles atteignent le plus rapidement possible la taille requise par le développement des autres forces de production.

Tel est le but assigné à la « politique des structures » et qui s’exprime ainsi dans la loi d’orientation du 5 août 1960 : mettre l’agriculture « et plus spécialement l’exploitation familiale en mesure de compenser les désavantages naturels et économiques auxquels elle reste soumise comparativement aux autres secteurs de l’économie ».

Pour cela, l’Etat va créer une série d’organismes ou d’institutions, ayant pour objet d’agrandir des exploitations considérées comme pouvant devenir rentables et de « dégager » les petits paysans âgés pour « libérer » des terres qui serviront à l’agrandissement des autres.

Les sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural ont pour « but d’améliorer les structures agraires, d’accroître la superficie de certaines exploitations agricoles et de faciliter la mise en culture du sol et l’installation d’agriculteurs à la terre ».

Dotées d’un droit de préemption qui leur permet d’intervenir prioritairement dans certaines transactions foncières, les S.A.F.E.R. achètent des terres, constituent des exploitations « viables », les aménagent ou améliorent celles qui existent et les rétrocèdent à des agriculteurs.

Depuis leur création jusqu’à la fin de 1966 elles ont acheté 167 465 hectares et en ont rétrocédé 88 583. Pour l’année 1966, les acquisitions des S.A.F.E.R. représentent 16,5 % de la part du marché foncier qui leur est accessible et 9,3 % du marché foncier global.

La moitié des rétrocessions constituent des agrandissements d’exploitations de l’ordre de 6 hectares ; et le quart, des créations d’exploitations nouvelles d’une superficie moyenne de 38 hectares.

Ces actions, même si elles restent relativement mineures par rapport à l’ensemble des transactions foncières, jouent en faveur des paysans moyens qui y trouvent un moyen d’agrandir leur exploitation individuelle ou de s’installer sur une meilleure exploitation.

L’indemnité viagère de départ (I.V.D.) qui fait partie de la politique de structures joue dans le même sens. Elle consiste à attribuer une certaine somme annuelle (de 1200 F à 2 500 F) à un agriculteur âgé (en général 65 ans) qui cédera sa terre à un agriculteur exploitant ou à la S.A.F.E.R.

Mais, depuis avril 1968, l’I.V.D. est plus importante pour l’agriculteur qui cède au moins 5 hectares à un agriculteur qui, par cet achat, franchira le minimum de 3 fois la surface de référence (c’est-à-dire à peu près 30 hectares).

C’est donc une incitation avantageuse pour les moyens paysans.

Ces deux exemples rapides montrent que la politique des structures tend à renforcer la propriété individuelle des paysans moyens au préjudice de la propriété parcellaire des petits paysans. L’actuelle politique des structures ne trouble pas le problème capitaliste à la campagne, elle en améliore seulement le fonctionnement.

La régionalisation capitaliste aggrave l’oppression des travailleurs.

La régionalisation, tout le monde en parle. A juste titre, bien des travailleurs la souhaitent.

Mais elle est un mythe dans le système de marché que nous vivons.

On pourrait sans doute expliquer théoriquement que les capitalistes concentrent leurs investissements dans les régions ou sur les axes qui facilitent leurs échanges, donc leurs profits. Mais pourquoi vouloir démontrer par un raisonnement théorique ce que la constatation des faits nous enseigne à l’évidence.

Dans l’Ouest, trois périodes, trois échecs.

Pour des régions comme l’Ouest, ce que l’on a appelé la décentralisation peut se classer en trois périodes. La première, celle des années 50, où l’agriculture a commencé à perdre massivement des bras alors que l’accroissement des emplois n’augmentait par an que de 1 % environ.

Ainsi, par exemple, dans la Basse-Normandie, le recensement de 1962 révélait qu’un jeune sur trois arrivant à l’âge de travailler trouvait un emploi dans la région tandis que les deux autres devaient s’expatrier.

C’est dans cette période que, dans une région comme l’Auvergne et les départements du Centre, les jeunes ont quasiment tous déserté les villages.

Au cours d’une seconde période qui s’est globalement située entre 1955 et 1964, pour les pays de Loire et de Bretagne, et entre 1960 et 1964 pour la Basse-Normandie, une certaine invitation à la décentralisation a produit quelques effets (l’arrivée entre autres à Rennes de Citroën, à Caen de la S.A.V.I.E.M.).

Mais il faut dénoncer ce genre de décentralisation. Il n’a rien apporté à ces régions, si ce n’est une très grande prolétarisation, qui risque de devenir rapidement une sous-prolétarisation quasi générale.

En effet, dans la grande période de cette décentralisation (en BasseNormandie par exemple, le taux de croissance de nouveaux emplois a atteint jusqu’à 13 % par an en 1962-1963), ce que l’on a vu arriver dans l’Ouest, ce ne sont pas des entreprises, mais des ateliers de fabrication ou, pire, de montage.

Le résultat ? Dans les usines décentralisées, la proportion d’O.S. est au moins d’un tiers supérieure (73 %) à la moyenne des usines françaises (52 %), tandis que la proportion d’employés, de techniciens et d’ingénieurs est près de la moitié inférieure à celle de la moyenne des usines françaises.

Ainsi, dans ces régions, les jeunes ou les paysans mutants qui ont appris un métier ne trouvent qu’un emploi d’O.S. et toujours dans une spécialité différente de la leur.

Le corollaire de cette forme de décentralisation c’est la déqualification, c’est l’embauche et la débauche permanentes.

La troisième période de cette décentralisation, c’est celle que nous connaissons depuis 1964. Les industriels ne se « décentralisent » plus. Les raisons en sont multiples : l’Europe, c’est-à-dire leur nouveau marché, les attire plutôt vers l’Est ; le plan Delouvrier leur a montré que le Bassin parisien, plus avantageux pour eux, pouvait être aménagé en harmonie avec leurs intérêts ; les premiers essais de décentralisation les ont déçus.

Si la main-d’oeuvre est nombreuse et donc bon marché, elle n’est pas pour autant docile. Les conflits les plus durs de ces dernières années ont tous eu pour foyer ces « genres d’usines décentralisées ».

Développement régional et liberté du capital sont incompatibles. Dans ce contexte, les agriculteurs travailleurs des régions périphériques n’ont rien à attendre d’une quelconque régionalisation toujours dépendante de la liberté du capital.

Ainsi, les industries alimentaires liées à l’agriculture, mais aux mains des capitalistes, quittent les régions excentriques pour s’installer dans le Bassin parisien.

Tous les capitalistes, ceux qui tendent à intégrer l’agriculture, comme ceux de la métallurgie ou de l’électronique, ont des intérêts qui sont de plus en plus européens, c’est-à-dire situés géographiquement sur certains axes : Rhône, Rhin, Rhur. Dans ce processus, les capitalistes ne sont intéressés par les régions excentriques qu’en tant que réservoirs de main-d’oeuvre à exploiter.

Mais ils préfèrent la déporter vers « leurs » régions de plus grands profits plutôt que d’accroître leurs charges en allant vers les travailleurs.

Il est illusoire de penser qu’un pouvoir politique qui préserve la liberté du capital, lui reconnaît son pouvoir économique, puisse obliger ces capitalistes à faire d’autres choix que ceux guidés par leurs intérêts, que ceux nécessités par l’expansion de leur entreprise de capitalisation.

Parallèlement, parce qu’obligés de se soumettre aux lois de la gestion rentable imposée par le marché capitaliste, les coopératives existantes ne peuvent pas grand-chose pour le développement harmonieux des régions.

Dans le meilleur des cas, si leurs dirigeants s’engageaient à essayer quelque chose dans ce sens, elles supporteraient mal la concurrence des firmes capitalistes et elles seraient rapidement menacées de faillite.

Enfin, dans tous les cas, en revendiquant la création d’emplois nouveaux dans une région sans mettre en cause la liberté du capital, les agriculteurs risquent de se battre pour peu de résultat, au mieux pour aboutir à ce que l’industrialisation de leur région signifie exploitation plus grande des ouvriers : bas salaires, déqualification, accélération des cadences, oppression dans les conditions de travail, c’est-à-dire qu’ils aboutiront au renforcement de la dictature du capital.

Bien sûr, avec les ouvriers, ils auront à dénoncer le sous développement de leur région dont ils sont victimes, mais pour une prise de conscience et une mobilisation des masses et non par des travaux en « commissions ministérielles » et préparés par dossiers, ce qui serait alors une complète mystification et une complicité avec le pouvoir de l’oppression.

La participation au pouvoir économique.

La participation au pouvoir économique est l’un des grands objectifs des syndicats agricoles.

« Investissons toutes les autres organisations professionnelles et économiques (coopératives, groupements de producteurs, etc.) et nous pourrons y faire appliquer la politique que nous préconisons », disent-ils. Que représente le pouvoir économique ? Qu’implique une participation à ce pouvoir ? Où cette participation peut-elle conduire ?

1. La véritable notion du pouvoir économique.

On appelle « pouvoir économique » les possibilités d’action et de résistance que donnent aux grandes entreprises et aux banques leur dimension, leurs réserves financières, etc. Ces interventions ont lieu sur le terrain économique, mais aussi dans le domaine politique (ex. : « Ce qui est bon pour la General Motors est bon pour les Etats-Unis. »).

Cette définition exhaustive nous est donnée par le Dictionnaire économique et social des Editions ouvrières.

Elle nous indique clairement que le pouvoir économique correspond au pouvoir exercé par les puissances financières sur l’économie et la politique.

Elle nous confirme ce que nous constatons tous les jours dans notre région économique : que le capital, représenté par les riches propriétaires, banquiers, industriels, etc., contrôle lui-même l’économie et la politique à son profit. Le pouvoir économique, dont l’expression elle-même indique que l’économie confère le pouvoir, donne ainsi au plus riche, au plus fort, le droit d’exploiter le plus faible, le salarié, l’artisan, le paysan inoffensif.

2. La participation au pouvoir économique et ce qu’elle implique.

Participer au pouvoir économique implique nécessairement que l’on gère les intérêts du capital.

En effet, un réel pouvoir économique ne peut exister que lorsque le poids économique représenté est assez important, en face des concurrents. Pour qui ne le détient pas encore, il s’acquiert par l’accroissement de son capital.

Ainsi, par exemple, lorsqu’une coopérative laitière voudra représenter un poids important en face de ses concurrents, elle devra avoir, d’abord, une dimension suffisante, puis se donner aussi, autant que possible, un taux d’accroissement plus grand que le concurrent.

Ceci demandera une très bonne gestion des capitaux investis et cette gestion nécessitera, entre autres, que la coopérative refuse d’effectuer la collecte trop coûteuse des producteurs ayant moins de 10 ou 15 vaches.

Pour être plus concurrentielle, la coopératice devra encore employer dans des mauvaises conditions ses propres ouvriers, leur refusant les augmentations de salaire, etc.

Assez récemment, tous les syndicalistes agricoles se sont félicités de ce que la coopérative d’Ancenis prenait le pouvoir dans la société Amieux.

Pourtant, aujourd’hui, les ouvriers contrôlés par la coopérative d’Ancenis sont les moins payés dans la région nantaise.

S’exerçant donc au détriment des petits paysans comme au détriment des ouvriers, le pouvoir économique, dans les coopératives elles- mêmes, est en fait détenu le plus souvent par les agriculteurs les plus riches.

Et ceux-ci, consciemment ou non, en gérant les intérêts du capital, organisent la ruine des paysans pauvres et l’exploitation des ouvriers.

La participation au pouvoir économique implique aussi une intégration à la logique de la gestion.

Or cette logique ne coïncide aucunement avec les véritables besoins des travailleurs. Elle ne consiste qu’à accroître les revenus et les profits du capital.

Ainsi, une coopérative laitière, tout comme l’industriel, devra consacrer une part relativement importante de son budget à un secteur qu’elle pourra appeler « promotion des ventes ».

Ce secteur servira, par exemple, à étudier la couleur, la forme et la résistance des pots de yaourt qui provoqueront le mieux le désir d’achat des consommateurs.

Ne pourrait-on pas envisager un autre régime où l’argent dépensé à la rechercher publicitaire serait utilisé pour rendre des services réels aux travailleurs (construction de logements, équipements sociaux, etc.) ?

Cet exemple nous prouve encore que la logique de la gestion ne peut être que la logique des intérêts du capital.

La gestion n’intéresse pas les travailleurs au niveau du calcul de rentabilité et du profit.

Elle ne peut les intéresser qu’au niveau des choix globaux, des choix politiques dans une société à leur service.

Contribuer à la gestion des intérêts du capital conduit les responsables agricoles à se trouver pieds et poings liés à son service et contre les intérêts des travailleurs les plus pauvres de l’agriculture et de l’industrie.

3. Où peut conduire la participation au pouvoir économique ? Et si les agriculteurs qui le cherchent obtiennent quelquefois le pouvoir économique qui les attire, qu’en font-ils ?

Devenus alors très riches ou gérants d’un capital important, ils ne pourront l’utiliser qu’à l’encontre des plus faibles qu’eux.

Ils commenceront d’abord, comme ils le font déjà dans les coopératives, par exploiter de la main-d’oeuvre salariée.

Ils accentueront ensuite, sous prétexte de constituer des exploitations viables, le processus de ruine des paysans pauvres.

Ils pourront enfin mener leur politique de patrons bien établis, organisés et puissants, mais dont la « puissance économique ne reposera que sur l’exploitation du prolétariat ».

De la part des syndicats, mobiliser tous les agriculteurs pour la conquête du pouvoir économique, c’est les bercer d’illusions, parce que celui- ci n’est accessible qu’aux plus riches et que les plus petits ne pourront jamais y parvenir qu’à condition de devenir gros.

Les Bretons, par exemple, savent très bien que, malgré tous leurs efforts, la production avicole leur est enlevée par de très gros producteurs du Bassin parisien.

C’est encore donner des illusions aux agriculteurs, parce que la participation au pouvoir économique ne peut que les intégrer à la défense de la politique du capital. Ainsi leur fait-on implicitement accepter la notion de domination économique des riches sur les pauvres, en les faisant aspirer à devenir riches pour exercer cette domination.

La participation au pouvoir économique ne peut en rien satisfaire les aspirations légitimes des travailleurs les plus pauvres, ci c’est en cela essentiellement qu’elle est un mythe.

La force du pouvoir populaire ne réside pas dans le pouvoir économique, mais bien plutôt dans la possibilité qu’il a d’accentuer les contradictions que met en relief le pouvoir économique, le pouvoir du capital.

On ne peut pas, comme le prétend le C.D.J.A. de Loire-Atlantique dans le rapport d’orientation de sa dernière assemblée générale, lutter contre le libéralisme de notre société avec les mêmes armes que lui : l’efficacité et la productivité économique.

On ne peut lutter contre le libéralisme qu’en neutralisant les représentants du capital, en leur arrachant le pouvoir pour instaurer celui des travailleurs qui est de nature différente. 

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UJC (ml) : Sochaux: le lion est mort ! (1968)

[13 juin 1968.]

Les accords de trahison de Grenelle ont été conclu.

A SOCHAUX comme partout ailleurs, les travailleurs n’ont rien obtenu. PEUGEOT veut leur faire rattraper le temps perdu.

20 voitures de plus par jour, récupération du prêt patronal le samedi.

5000 ouvriers ont voté la reprise à 100 voix près seulement. Les ouvriers occupent l’usine à nouveau pour lutter contre les cadences infernales et obtenir l’indemnisation à 100% non récupérable. Les membres du comité de grève jurent partout avoir arraché au préfet la promesse que les CRS n’interviendraient pas.

Ce prétendu pacte de non agression est en fait l’arme dont ils vont jouer pour démobiliser au maximum : les piquets sont dégarnis, seulement 6 gars à certaines portes, et puis, sous prétexte de ne pas les fatiguer, ils manigancent un décalage d’horaires de une heure pour la relève.

Inutile de dire que ce sera le moment choisi pour l’attaque des CRS. Il faut dire que chez PEUGEOT, la CFDT est majoritaire, les délégués sont un peu spéciaux.

Ici, le délégué s’occupe directement du flicage dans l’usine. Il pointe lui-même le dimanche les ouvriers qui vont à l’église.

Pour la CGT, ce n’est pas mieux, puisque les délégués actuels sont les rescapés de l’épuration du 1965 (23 ouvriers et 5 délégués CGT licenciés); ce sont ceux qui ont accepté de travailler main dans la main avec le patron.

A 3 heures moins dix, les CRS passent à l’attaque. Les jeunes travailleurs du piquet les attendent de pied ferme.

De puissantes lances à incendie sont mises en action, balayant les entrées. Les délégués du comité de grève s’affolent : ils n’avaient pas prévu le coup.

Ils craignent les provocations (!), ils décident donc de fermer les vannes d’alimentation d’eau. Les palabres ne suffisaient plus pour briser les luttes, ils n’ont pas hésité à poignarder les travailleurs dans le dos…

Les ouvriers se replient sur SOCHAUX et MONTBELIARD le long de la route et dans l’usine.

Entre 6h et 9h du matin, le combat atteint son paroxysme.

Les CRS ont investi les ateliers des pièces détachées; ils sont planqués derrière les portes metalliques et balancent par dessus des grenades au chlore, offensives, lacrymogènes.

Mais les travailleurs parviennent à enfoncer la porte. Les CRS, terrorisés, se ruent vers leurs commands-cars pour s’y mettre à l’abri.

L’un d’eux, abandonné, abat sauvagement d’une balle de PM un jeune travailleur de 23 ans qui se baissait pour ramasser une pierre.

Quant à l’autre, tombé tout seul d’un mur selon la presse du mensonge, il a été projeté par une grenade et tué. Les grévistes renversent un command-car, y mettent le feu et s’emparent des armes et des munitions.

Les combattants se replient vers MONTBELIARD. Dès qu’ils pénètrent dans la ville, la situation change.

Les CRS sont obligés de distendre leur front, de se disperser dans les rues qu’ils ne connaissent pas et où la population soutient les grévistes et participe au combat.

Sous le pont de chemin de fer de MONTBELIARD, la résistance s’organise.

Des bobines de câble sont couchées, un camion est mis en travers et incendié, on commence à dépaver.

Du haut de la voie ferrée, les combattants harcèlent les CRS, avec les cailloux du ballast. Les frondes entrent en action, les vitrines d’exposition de PEUGEOT volent en éclats, les CRS s’effondrent.

Finalement, sous la pression des masses, le préfet de BESANCON demande aux CRS de se retirer. Bonne aubaine pour les municipalités des socialos et les pontes de l’UD, qui tentent de rafler quelques voix de plus aux élections législatives, en se présentant comme les sauveurs du peuple.

Dare dare, le PCF édite un tract de calomnies signé Serge PAGANELLI, membre du CC.

Selon lui, comme à Flins, sans doute certains éléments provocateurs, étrangers au mouvement, ont accentué le climat provocateur ».

les ouvriers ont compris, ils font des petits morceaux avec le tract et se remplissent les poches de cailloux…

Vers 3h, les CRS commencent à se replier.

Ils reculent en troupeaux, la tête basse, sous les huées et les sifflets de la population de MONTBELIARD qui les raccompagne. De temps en temps, un caillou fait tinter un casque.

Ils s’amassent maintenant le long de la voie ferrée par petits groupes confus.

Ils ne sont pas fiers vus de près, les CRS, encombrés de tout leur attirail de boucliers, sacs à grenades et rembourrages, eux qu’un caillou anéantit à 50 mètres!

Ouvriers et ouvrières, enfants et vieux, les fixent sans crainte; eux ils baissent le regard ou bien font volte face.

Il sont maintenant complètement noyés dans la foule qui scande « CRS = SS ».

Une femme se détache, elle vient sous leur nez, les pointe du doigt, se retourne pour prendre les masses à témoin; elle explique sa haine pour ceux qui retournent leurs armes contre le peuple.

L’un d’eux, un ancien mineur, tout gauche, tente de se disculper : « ce n’est pas de notre faute, on nous paye pour cela; c’est comme vous, on vous paye pour construire des voitures ».

Un ouvrier leur donnera la clef du problème : « A SOCHAUX, c’est des coriaces, laisse tomber tes armes et ton barda, rentre chez toi et cherche- toi un autre boulot ».

Soumis à la critique des larges masses, et vu le rapport de forces qui leur est défavorable, certains CRS sont réellement ébranlés. Mais un supérieur, d’un geste, coupe court au dialogue.

Les combats ont recommencé. De grandes lueurs, suivies d’explosions violentes, trouent la nuit.

Au cours de l’ultime vague d’assaut, les CRS lanceront 600 grenades offensives.

Mais les travailleurs ne se laissent pas intimider : ils savent que ces grenades sont peu efficaces contre des combattants disséminés.

Du grand arrière de MONTBELIARD, la population afflue. Les vieux travailleurs qui se sont battus ici-même en 1936, viennent voir avec leurs femmes comment l’attaque se déroule.

Certains d’entre eux parlaient ce matin, avant l’ordre de retrait des CRS, d’aller chercher leur fusil.

Une milice de trente travailleurs était déjà prévue pour réquisitionner l’armurerie locale. Les vieux conseillent les jeunes et renforcent leur résolution. Certains ont leur fils ou leur fille en première ligne et ils en sont fiers.

La première ligne est mouvante et s’adapte très rapidement aux circonstances et au terrain qu’elle connaît.

Dans la bouche de tous les travailleurs, les CRS sont comparés aux yankees brutaux et stupides du Vietnam.

Les 5.000 travailleurs sont déterminés à opposer la lutte des masses jusqu’au bout contre la violence réactionnaire.

La situation devient intolérable pour les CRS maintenant, ils reculent et tout le monde sait que ce n’est pas grâce à l’ordre du préfet.

Sous les coups des frondes, les CRS s’écroulent, ils doivent se replier sur l’hôtel PEUGEOT où se trouve installé leur QG.

Ils commencent à vider les lieux en vitesse dans leur commands- cars.

Terrorisés, les CRS des trois derniers cars font pleuvoir sur la foule leurs dernières grenades.

Ils se rendent ainsi coupables d’un nouveau crime : un enfant a eu la jambe arrachée par une grenade.

La presse bourgeoise commente à sa façon la prise de l’hotel par les grévistes; elle parle de pillages, de dévastation… évidemment, elle n’expliquera jamais la signification du combat, de sa conclusion, lorsque les travailleurs seront passés maîtres du repaire à la vermine d’espions et de cadres fascistes.

PEUGEOT vole à chaque ouvrier environ 1.200.000 francs anciens de profits par ans.

Aussi les ouvriers n’ont pas été demander la permission pour se servir dans les caves, regorgeant de foie gras et de mousseux pour les banquets des patrons, de même, ils ne lui présenteront pas leurs excuses pour avoir sali les moquettes.

Maintenant que le front a fait la place nette, les arrières-lignes se rapprochent.

Les combattants organisent une chaîne ininterrompue de bouteilles qu’ils passent à l’extérieur par les soupiraux des caves.

En un temps record, des milliers de litres sont ramenés sur MONTBELIARD, dans un grand climat de liesse. La révolution populaire, c’est la fête des opprimés.

Sur un mur de l’usine, des travailleurs ont peint en lettres gigantesques : « LE LION EST MORT »     

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UJC (ml) : Un camarade est mort [Gilles Tautin] (1968)

[11 juin 1968.]

Un camarade est mort. Un jeune lycéen, Gilles TAUTIN du lycée Mallarmé. Un militant du mouvement de soutien aux luttes du Peuple. Un militant de l’Union des Jeunesses Communistes (marxiste- léniniste).

Il est mort à FLINS. Il est mort matraqué par les flics, noyé. D’autres camarades ne sont pas encore revenus. Des centaines de jeunes toute la journée ont été pourchassés, traqués, arrêtés.

Et le prolétaire de FLINS, oui ou non a-t-il été tué? Nous le saurons. Des centaines de prolétaires blessés. Gilles témoigne pour tous.

Qui a tué notre camarade ?

Les flics, la dictature Gaulliste. Ce gouvernement d’assassins fait horreur a peuple. Fondé de pouvoir des exploiteurs, ce gouvernement est honni par les ouvriers, les paysans, les intellectuels, par toute la population laborieuse.

Notre Peuple s’est soulevé contre ce gouvernement. La force des millions de prolétaires se rendant maîtres des usines a ébranlé le pouvoir des exploiteurs : les capitalistes ont tremblé.

Aujourd’hui leur gouvernement voudrait faire payer le peuple, lui faire oublier qu’il est une force invincible, il voudrait le diviser, le réprimer. Il ne le pourra pas.

Le gouvernement gaulliste espérait que tout rentrerait dans “l’ordre”, N’avait-il pas promis des élections législatives ? Oui, des élections pour que la travail reprenne. Pour que le travail reprenne avant LA SATISFACTION DES REVENDICATIONS OUVRIERES.

Des élections pour que les ouvriers rentrant dans leurs usines sous la pression des jaunes, des flics, des C.D.R.

Des élections pour vaincre le peuple. Et quand les ouvriers résistent comme à CITROEN, à RENAULT, le gouvernement d’assassins envoie ses C.R.S..

Mais comme tous les réactionnaires, le gouvernement gaulliste sous- estime la force du peuple : la classe ouvrière résiste et le jeunesse, la population, soutiennent les bastions de la résistance prolétarienne.

A FLINS, ouvriers, étudiants, et toute la population sont unis, unis pour la victoire d’une même cause, le cause du peuple. Qui a aidé le gouvernement dans sa besogne de division et de répression? Les politiciens anti-ouvriers et anti-populaires.

Les larges masses de notre pays les ont vus à l’oeuvre : la direction de FO, léchant les bottes des ministres, la direction de le CFDT., qui signait tous les accords de capitulation et trouvait le moyen, quand la classe ouvrière se battait pour la satisfaction de toutes ses revendications et pour un gouvernement populaire, de présenter SON candidat, un politicien anti-communiste à la retraite, MENDES-FRANCE.

Enfin, la DIRECTION CONFEDERALE de le CGT, et la clique de politiciens du PCF. L’attitude de le direction confédérale de la CGT a été IGNOBLE.

Elle a appelé è la reprise du travail à coups de votes à bulletins secrets et de mensonges.

Elle a saboté l’auto-défense des usines.

Elle a ouvert les portes de FLINS aux CRS POUR QUE LES ELECTIONS se DEROULENT, ELLE A DESARME LA CLASSE OUVRIERE. ET ELLE A ARME LES BRAS DES ASSASSINS à FLINS.

Que disait le bureau confédéral de la CGT et l’HUMANITE, le 7 Juin 1968 ? “Le gouvernement a omis de désigner les véritables fauteurs de troubles et de provocations dont les agissements, y compris contre la reprise du traveil, sont couverts par une singulière complaisance du pouvoir”.

Le gouvernement a répondu à cet appel il a tué notre camarade. Notre camarade est mort.

Les responsables de son assassinat sont le gouvernement gaulliste et SES COMPLICES DU BUREAU COFFEDERAL de la CGT et de le DIRECTION du PCF.

Notre camarade est mort pour SERVIR LE PEUPLE.

Pour l’Union du Mouvement de le Jeunesse et du Mouvement Ouvrier. Il est allé à FLINS se mettre sous l’autorité des travailleurs et des syndicalistes prolétariens de la CGT.

Perce qu’il faisait partie d’une organisation politique qui naît au coeur des masses ouvrières.

L’organisation est fière de compter parmi ses membres les défenseurs de la CGT des prolétaires.

C’était un jeune militant qui défendait la cause ouvrière et la cause de la grande CGT de lutte de classes, indissolublement liées.

Il ne confondait pas les traîtres du bureau confédéral et les centaines de milliers de militants cégétistes ardents défenseurs de la cause ouvrière.

Il faut savoir POUR QUOI, POUR QUI, il est mort : POUR LA CLASSE OUVRIERE, POUR LA C.G.T. de LUTTE DE CLASSES, POUR LE PARTI des REVOLUTIONNAIRES PROLETARIENS qu’il aidait à édifier, POUR LE PEUPLE.

Dans son esprit il avait gravé l’instruction du grand guide de le Révolution mondiale, le camarade Mao Tsé-toung : SERVIR LE PEUPLE.

CAMARADE, ton nom est désarmais inséparable de la révolution populaire, du printemps de notre peuple !

Nous te faisons le serment de suivre la voie que tu as tracée de ton sang.

Le sang des prolétaires, le sang de notre camarade lycéen, de ceux qui sont morts SANS QUE LE PEUPLE LE SACHE, est pour nous tous LE SANG des MARTYRS.

Des martyrs de la REVOLUTION POPULAIRE. Il soulève notre haine qui est immense, à la mesure des souffrances infligées au peuple par ses exploiteurs.

Camarades, autour du drapeau rouge de le résistance prolétarienne, de le Révolution Populaire, du communisme, UNIS JUSOU’A LA VICTOIRE!

– Syndicalistes prolétariens C.G.T.
– Mouvement de Soutien aux Luttes du Peuple.
– Union des Jeunesses Communistes (marxiste-léniniste) et Organisations sur la ligne de SERVIR LE PEUPLE.             

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UJC (ml) : En avant pour la longue marche de la jeunesse (1968)

La première étape de la révolution populaire a eu deux caractéristiques principales à partir de la révolte étudiante, le développement d’un puissant mouvement gréviste de masse; autour de le classe ouvrière, l’unité du peuple dans la solidarité avec les grévistes, dans le combat contre le régime du grand capital et des assassins,

Cette immense vague de fond a balayé tous les capitulards, tous les défaitistes, tous les révolutionnaires en chambre ou en paroles.

Les multiples sabotages et trahisons du PCF, s’appuyant sur la direction confédérale de la CGT, les manoeuvres des dirigeants sociaux-démocrates, le chantage et le répression du régime gaulliste, n’ont pas entamé la volonté populaire de lutte: un million de grévistes organise la résistance prolétarienne et ceux qui, trahis, ont repris, se préparent à nouveau pour la lutte; la population cas villes et des campagnes, est toute unie autour des ouvriers.

Nul ne pourra plus arrêter la marche de la révolution populaire, quels qu’en soient les détours.

Mais le pouvoir du capital et ses complices du PCF tentant de briser le flot populaire.

Leurs armes : la matraque et le fusil d’un côté, la duperie électorale et les manoeuvres de l’autre. Ils cherchent pour cela à s’appuyer sur les fractions du peuple qui ne sont pas encore entrées dans la lutte, sur les masses encore hésitantes.

La paysannerie pauvre et moyenne ne s’est pas encore soulevée; certaines fractions du prolétariat, non mobilisées en raison de la trahison des directions syndicales bureaucratiques, n’ont pas participé activement à la grève; une partie de la petite bourgeoisie des villes est restée dans l’expectative.

Qui gagnera à sa cause les masses non encore engagées? La bourgeoisie ou le prolétariat ? à coup sûr, ce sera le prolétariat car l’immense mouvement qui a dressé la peuple a montré que les 90 % de la population peuvent et doivent être unis, et que les réactionnaires ne sont qu’une poignée.

La jeunesse a pour cela un grand rôle à jouer. Les étudiants ont dans leur grande masse montré leur désir de se lier au peuple, de SERVIR le PEUPLE.

Ils ont par leur action, contribué à unir le peuple autour de la classe ouvrière.

Las tâches de la jeunesse sont claires :

1° – SOUTENIR LES BASTIONS de la RESISTANCE PROLETARIENNE, comme RENAULT, CITROEN, PEUGEOT;

2° – Aider le peuple à s’organiser dans les quartiers et les villages.

La masse des jeunes est prête à accomplir ces tâches. Beaucoup se sont déjà mis au travail.

Mais la jeunesse progressiste reste encore apparemment divisée en plusieurs mouvements et organisations, divisée par des disputes de chapelle.

La jeunesse progressiste a besoin d’être unie pour participer au combat du peuple.

Or tous les éléments de cette unité sont là.

Au cours de la lutte de ces dernières semaines, les principales idées justes issues de l’expérience d’un siècle de lutte du prolétariat et des peuples opprimés ont pénétré massivement dans la jeunesse, et sont devenues une puissante force matérielle.

Les diviseurs ont été balayés; l’arrogance de l’intellectuel bourgeois a été fortement ébranlée.

SERVIR le PEUPLE, s’unir au peuple, sont aujourd’hui des idées maîtresses du mouvement de la jeunesse qu’il fait siennes à travers l’expérience de plusieurs semaines de luttes.

Quel est ce bien commun de le jeunesse progressiste, qui permet et exige son unité ?

1. La jeunesse a joué et peut jouer encore, le rôle de pionnier donnent le signal de l’ébranlement de l’ordre ancien

2. Les étudiants ne se sont pas battus pour améliorer une université de privilégiés, pour quelques réformes de structures.

Ils ont attaqué le système universitaire qui forme les continuateurs de la cause bourgeoise et les cadres de l’exploitation capitaliste.

3. La jeunesse intellectuelle a compris qu’elle n’était qu’une petite partie de l’armée de le révolution, et qu’il lui fallait fusionner avec les forces principales.

Elle a compris qu’il lui fallait pour cela se lier aux masses laborieuses, qu’il lui lui fallait SOUTENIR les LUTTES du PEUPLE. Et elle l’a mise en pratique, même au prix de son sang, comme à FLINS.

4. La jeunesse a su reconnaître ses amis et ses ennemis. La clique dinguante du PCF et de le CGT a tout fait pour s’opposer à la fusion des étudiants et des travailleurs, elle a employé les calomnies les plus ignobles et a armé le bras des assassins.

Aujourd’hui, la jeunesse comprend que le meilleur allié du capital, ce sont les politiciens bourgeois infiltrés dans la classe ouvrière.

5. La jeunesse a u déjouer les manoeuvres de ceux qui voulaient utiliser sa révolte au profit d’une solution de rechange du grand capital. L’opération de “Combat” et le meeting de Charlety, les sourires de le CFDT pour mettre à l’avant-scène un MENDES FRANCE, ont fait long feu.

6. La jeunesse a balayé tous les donneurs de leçons à la classe ouvrière, tous eux qui voulaient faire du prolétariat une simple force d’appoint.

Elles s’est placée sous la direction de la masse des travailleurs, elle a su faire la distinction entre les directions syndicales de trahison et les militants syndicaux à la pointe du combat, avec à leur tête les syndicalistes prolétariens de la CGT.

7. La jeunesse a rejeté massivement la farce électorale; le mot d’ordre “Elections = trahison” a été repris massivement.

Elle sait qu’un gouvernement populaire doit naître de la masse des travailleurs, et non d’élections truquées et d’accords parlementaires entre partis bourgeois.

Sur tous ces points, le jeunesse est unie.

Cette unité doit aujourd’hui se concrétiser. Les bases, on l’a vu, sont claires et saines. Sur elles, un de mouvement de masse uni, puissant, doit s’édifier le plus vite possible mettant de côté les querelles. A cette condition, la jeunesse pourra faire sien ce mot d’ordre :

“S’UNIR AU PEUPLE”

“UNIR LE PEUPLE”.

Déjà les étudiants se sont lié aux travailleurs. Déjà ils ont, par leur action, aidé toutes les couches de la population à resserrer les rangs contre le capital. La longue marche de le jeunesse a déjà commencé.

Elle doit se poursuivre et s’intensifier. Vers les usines, les quartiers, les campagnes.

Vers les usines pour soutenir les bastions de la résistance prolétarienne. Vers les quartiers pour faire de chaque meeting électoral un meeting populaire de dénonciation du régime et des élections.

Vers les campagnes, pour expliquer massivement aux paysans pauvres et moyens la lutte des ouvriers et des étudiants, pour se mettre eu service de la paysannerie laborieuse et l’aider à entrer massivement dans le grand combat populaire.

La révolution populaire sera une lutte prolongée, celle-là même qui unira progressivement dans la lutte 90 % de la population contre la poignée d’exploiteurs, L’expérience de la revolution chinoise balaie les théories du « Grand soir », de la « minorité agissante prenant le pouvoir par surprise ».

Notre révolution ne sera pas le fruit d’un hasard heureux.

Mais d’une lutte âpre, sans merci et prolongée.

Elle ne sera pas l’oeuvre soudaine d’une minorité, mais le ralliement progressif, par étapes, des larges masses de notre pays. On ne fait pas le révolution pour le compte des masses, ce sont elles qui la font.

La tâche de la jeunesse : LA LONGUE MARCHE VERS LE PEUPLE, VERS CES 90 % de la POPULATION QUI ONT COMMENCE, AUTOUR DU PROLETARIAT, LA REVOLUTION POPULAIRE.

Nous balaierons aisément les courants négatifs qui freinent ou dévoient le mouvement étudiant : la routine de la violence stérile des barricades, le style de travail petit bourgeois et décadent, les manoeuvres de groupuscules.

Pour cela, l’unité de la jeunesse intellectuelle et de la jeunesse ouvrière est indispensable.

Les jeunes travailleurs qui sont une partie active et enthousiaste du prolétariat, aideront les étudiants à s’unir au peuple et à unir le Peuple.

EN AVANT POUR LA LONGUE MARCHE DE LA JEUNESSE.     

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UJC (ml) : A bas le régime gaulliste anti-populaire ! (1968)

[Mai 1968.]

La répression policière s’est abattue sur les étudiante ces derniers jours les étudiants y ont répondu courageusement par la violence.

Les ouvriers, eux, connaissent cette répression depuis longtemps.

Tous les jours, c’est la lutte contre le chômage, contre les salaires de nisère, contre les conditions de travail de plus en plus dures.

Pour la réprimer les patrons font appel à l’état bourgeois, leur fidèle serviteur : ce sont les méthodes de répression fasciste des CRS à Redon, à Caen, à la Rhodia de Lyon, etc …

Redon, Caen, La Rhodia ce sont des coups très durs portés par les ouvriers, les paysans pauvres au grand capital, au Règne gaulliste.

Les travail- leurs savent que ce sont leurs coups toujours plus forts, toujours plus déterminés qui mettront à bas le régime d’oppression du peuple. Les étudiants aussi ont porté des coups à ce régime de répression.

Mais les politiciens socialistes, les nouveaux arrivistes de la gauche, utilisent à fond les confusions et les inconséquences d’un mouvement petit bourgeois.

Ils font tout pour dévoyer la lutte des étu- diante, l’enrôler sous leur bannière : ils veulent uti- liser le mouvement étudiant pour arracher au prolétariat la direction de la lutte.

Comment ?

En appelant les ou- vriers à soutenir les revendications petites bourgeoises sur l’Université des fils à papa.

C’est le contraire qui est juste.

Les étudiants progressistes doivent se mettre au service de la lutte ouvrière et populaire contre le chômage, la misère, pour la liberté.

La direction opportuniste du PCF et de la CGT a d’abord attaqué de manière ignoble la lutte des étudiants.

Ensuite, face au développement de la situation, elle a tourné casaque : et elle appelle à cautionner la manœuvre social-démocrate, elle appelle au soutien entier, à la grève, sur la base des mots d’ordre petit bourgeois ; manœuvres et capitulations des directions opportunistes ne résisteront pas au courant de révolte ouvrière qui monte.

En masse les ouvriers ae aaiaissent du drapeau de la lutte contre le gaullisme.

En masse dans la CGT, ils vont renverser les bureaucraties réformiste», ils édifient le parti du pro- létariat dans les luttes de masse contre le chômage et la misère capitaliste.

En masse les étudiants progressistes se lèvent pour Servir le Peuple.

BRISONS LE CONTRE-COURANT SOCIAL-DÉMOCRATE 

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UJC (ml) : Brisons le contre-courant social-démocrate (1968)

[13 mai 1968.]

Nous entrons dans la grande époque de l’effondrement de l’impérialisme, de la victoire du prolétariat et des peuples, de la pensée de Mao Zedong!

Depuis plus d’une semaine, les événements politiques en France et dans le monde se précipitent.

En France, les manifestations des étudiants, de la jeunesse ont intéressé des centaines de milliers d’ouvriers, de paysans, de jeunes : la violence des forces répressives du gouvernement gaulliste et la riposte de milliers de jeunes ont donné à la lutte pour le pouvoir que mènent différentes forces politiques, une force nouvelle.

La réaction des larges masses populaires est claire et simple : tout ce qui tend à précipiter la chute du régime de chômage et de misère est une bonne chose.

Mais le prolétariat SAIT QU’IL EST LE SEUL CAPABLE DE DIRIGER EFFECTIVEMENT LA LUTTE CONTRE LE GAULLISME, POUR L’AVENEMENT D’UN REGIME DEMOCRATIQUE AU SERVICE DU PEUPLE.

Comment combattre le régime de chômage?

En unissant les ouvriers et les chômeurs pour briser net l’offensive du grand capital; en faisant payer aux riches le prix de la crise, des fermetures d’usine, des concentrations.

Comment combattre le régime de misère?

En unissant les ouvriers dans la bataille contre les salaires de misère, en unissant les ouvriers et les paysans travailleurs qui aspirent à s’organiser ensemble pour vaincre ou mourir comme l’ont crié les paysans de l’ouest.

Comment combattre le régime policier?

En unissant les ouvriers, les paysans pauvres, les étudiants progressistes, les larges masses populaires contre la répression de tous les jours, contre les flics et les vendus dans les usines, contre les méthodes fascistes des patrons, contre les mairies racistes.

LES COUPS MORTELS CONTRE LE REGIME GAULLISTE, LE POUVOIR POLICIER DE CHOMAGE ET DE MISERE, CE SONT LES MASSES POPULAIRES QUI PEUVENT LES PORTER.

Les ouvriers, les paysans pauvres, les étudiants progressistes qui se mettent au service de leurs luttes, tous ceux qui se mettent dans le camp du peuple sont la force immense capable de renverser le pouvoir anti populaire du grand capital.

Dans le camp des ennemis du peuple : il y a le pouvoir gaulliste et tous les politiciens bourgeois qui veulent profiter du combat des ouvriers et des paysans contre le chômage et la misère, du combat des jeunes progressistes en révolte contre l’université bourgeoise et les flics du gaullisme pour SE FAUFILER AU POUVOIR.

UN ENNEMI PERFIDE, LA SOCIAL-DEMOCRATIE

Le prolétariat français connaît bien cet ennemi.

Dans le passé, il a su éventer tous les complots des politiciens bourgeois de la social- démocratie.

En 1936, la marée ouvrière allait emporter le régime de chômage et de misère, la social-démocratie brisa le mouvement populaire.

En 1945, les forces populaires, les armes à la main, allaient conquérir définitivement la liberté.

La social-démocratie s’interposa et la bourgeoisie vola au peuple les fruits de la victoire.

En 1958, grâce à la participation active de la social- démocratie, le pouvoir du grand capital, ébranlé par sa défaite en Algérie, a été renforcé, le gaullisme instauré.

Mai 68 : après dix années de pouvoir gaulliste, de division des forces populaires provoquées par la social-démocratie, le peuple reconstitue ses forces, conquiert pas à pas son unité et prépare la chute du régime du grand capital.

Aujourd’hui comme hier, la social- démocratie regroupe ses forces pour comploter à nouveau contre le peuple.

Elle cherche de nouvelles forces, parce que les vieux politiciens, les massacreurs d’ouvriers, les J.Moch et Cie ne sont plus présentables.

Elle cherche désespérément à se constituer une base de masse qui lui permette d’exploiter le mécontentement du peuple envers l’équipe gaulliste, de duper les masses populaires, et de PERPETUER COMME ELLE L’A TOUJOURS FAIT, LE REGNE DU GRAND CAPITAL.

La social-démocratie a besoin de se renouveler, de se moderniser vite, PARCE QU’ELLE SENT SOUS SES PIEDS LE TERRAIN GLISSER. SUR LE DECLIN…

Depuis 1945, elle a lié son sort à l’impérialisme américain, CONFIANTE dans les forces agressives des USA.

Or aujourd’hui le colosse américain est ébranlé et entre dans une ère de déclin irréversible sous les coups de l’héroïque peuple vietnamien, de la lutte des Noirs et de toutes les victimes de son agression et de son exploitation.

La Chine rouge des ouvriers, des paysans, des peuples du monde entier, à la tête du front de tous les exploités qui partent à la conquête de l’émancipation, montre par la pratique que l’époque de l’impérialisme agonisant est l’époque du socialisme triomphant de la pensée de Mao Zedong.

La bête impérialiste saigne de toutes parts : l’agression à coups de dollars, de napalm, de B52, de corruption, ne paie plus; sur les champs de bataille du Vietnam, les patriotes en ont donné la preuve.

Un représentant qualifié de la grosse banque américaine, Rockefeller, a déclaré hier que les USA étaient acculés, qu’ils devaient être prêts à accepter au Sud Vietnam le gouvernement populaire pour lequel le peuple vietnamien les armes à la main a combattu.

LA SOCIAL-DEMOCRATIE NE PEUT PLUS S’APPUYER SUR LES FORCES AGRESSIVES DE L’IMPERIALISME AMERICAIN COMME ELLE LE FAISAIT HIER. SA DERNIERE CHANCE

Sa dernière chance, la social-démocratie la trouve dans le contre- courant révisionniste international qui a divisé le mouvement communiste.

La chance de la social-démocratie, c’est l’usurpation du pouvoir populaire en URSS, dans les démocraties populaires.

En 1956, elle s’était ruée à l’assaut des forces populaires, dans le camp de la contre-révolution en Pologne, en Hongrie.

Mais elle avait encore rencontré la résistance des forces prolétariennes. Le Parti Communiste en France avait encore tenu tête à l’assaut de la réaction, du Figaro aux trotskystes.

La manifestation contre-révolutionnaire contre le siège du Parti en 1956 n’avait pas effrayé le prolétariat; il avait su répondre fermement aux criailleries de la petite-bourgeoisie dupée par le complot impérialiste et social-démocrate.

MAIS AUJOURD’HUI LE CONTRE-COURANT REVISIONNISTE s’est renforcé : en Tchécoslovaquie de Dubcek, les ouvriers connaissent à nouveau le chômage, le blocage des salaires, les cadences infernales, la dictature des bureaucrates, des experts et des intellectuels bourgeois.

Ce contre-courant balaie l’Europe, il s’appuie sur une partie de la jeunesse intellectuelle pour développer son offensive.

En France, la social-démocratie déploie toutes les forces qui lui restent pour fusionner avec ce contre-courant. Le déclin de l’impérialisme américain exige ce renouvellement de la social- démocratie.

Elle a assimilé les leçons de 1956 et les leçons actuelles de la Tchécoslovaquie.

IL LUI FAUT UNE BASE DE MASSE DANS LA JEUNESSE INTELLECTUELLE POUR DEMOLIR LA DIRECTION PROLETARIENNE DES LUTTES DE MASSE EN FRANCE. La révolte de la jeunesse intellectuelle contre l’université bourgeoise et les flics du pouvoir a constitué L’OCCASION REVEE.

Elle a lancé dans l’opération les trotskystes, les jeunes arrivistes de la gauche pour diriger le mouvement étudiant et duper une grande partie de la jeunesse intellectuelle, toujours hésitante.

Dans le même temps, elle a lancé un ultimatum aux dirigeants du PCF et de la CGT, pour qu’ils fassent la preuve de leur bonne volonté.

Ensemble, sociaux-démocrates et dirigeants du PCF, ont signé sur le papier des accords communs.

Mais, prudente, la social-démocratie exige des actes concrets.

Si le PCF voulait vraiment la « Démocratie véritable » avec les sociaux-démocrates, il fallait appeler la classe ouvrière à servir de force d’appoint au mouvement étudiant manipulé par la social-démocratie.

LA DIRECTION OPPORTUNISTE DU PCF et de la CGT A REPONDU à l’appel de la social-démocratie.

Seguy a appelé les ouvriers à se mettre à la remorque des revendications étudiantes.

Le PCF et la direction opportuniste de la CGT ont montré qu’ils acceptaient de jouer jusqu’au bout le jeu des sociaux-démocrates : faire de la classe ouvrière une force d’appoint à la coalition petite-bourgeoise dirigée par la fraction social-démocrate du grand capital.

Ce que depuis 1966 la CFDT, instrument de la social-démocratie rénovée n’arrivait pas à obtenir, le Bureau National de l’UNEF, soutenu par la social-démocratie, essaie de l’obtenir : ligoter le prolétariat, dévoyer son combat contre le chômage et la misère.

C’EST UN EVENEMENT DE LA PLUS GRANDE IMPORTANCE, NATIONALE ET INTERNATIONALE

Et de très larges couches ouvrières le sentent.

Elles voient s’affirmer le nouveau complot de la social-démocratie. Pour beaucoup, malgré les inquiétudes suscitées par l’unité avec les politiciens corrompus Mitterrand-Mollet, la démocratie véritable devait couronner la lutte des prolétaires contre le chômage, les salaires de misère, la répression anti-démocratique.

Maintenant, ils peuvent voir que la « Démocratie véritable » couronnera la lutte de la petite-bourgeoisie dirigée par une fraction de la bourgeoisie des monopoles en alliance avec les fractions dupées du peuple.

Qu’est-ce qui leur permettra d’arriver à cette conclusion?

L’analyse de ce simple fait : le prolétariat, les paysans travailleurs combattent; on sabote leur combat au nom de la démocratie véritable.

Au nom de l’unité de la gauche, on brise les grèves, on interdit les grèves illimitées, on refuse le combat prolétarien contre le chômage, on interdit aux ouvriers et aux paysans unis par la misère capitaliste, de créer des organisations populaires de combat, comme c’est le cas dans l’ouest, on hurle à l’aventurisme quand les ouvriers et les paysans opposent leur violence de classe à la violence contre-révolutionnaires des forces répressives du patronat et du gaullisme.

Et quand une partie de la jeunesse, manipulée par la social- démocratie, se bat, ON EXALTE SA RESOLUTION.

Face aux fusils des patrons il y a les ouvriers, les paysans, les intellectuels révolutionnaires unis aux ouvriers et aux paysans. Sur les barricades du quartier latin, il y a des jeunes pleins de résolution et les aventuriers nécessaires à la réussite de l’opération social-démocrate.

Les dirigeants opportunistes du PCF et de la CGT ont montré aux yeux de milliers d’ouvriers dans quel camp ils se trouvaient.

A REDON, les permanents révisionnistes empêchaient les ouvriers d’aller manifester en masse leur soutien aux ouvriers d’une usine qui commençaient une grève illimitée sous prétexte que c’était une provocation; à Paris, le même jour, ils appelaient à soutenir les étudiants qui se heurtent à la police. La liaison entre ces faits est tout à fait significative.

Les Marxistes-Léninistes, sur les positions du journal « SERVIR LE PEUPLE », sont aujourd’hui les seuls à résister au contre-courant social-démocrate et révisionniste.

Ils relèvent le drapeau du Parti du Prolétariat et vont partout, dans toutes les usines, expliquer à la masse des ouvriers, qu’aujourd’hui LE PROLETARIAT COMBAT et que sous la bannière de la Démocratie véritable, LA BOURGEOISIE ESSAIE DE SE FAUFILER.

PARTOUT AU SEIN DES MASSES POPULAIRES, la jeunesse armée de la pensée de Mao Zedong se met au service du prolétariat et du peuple. PARTOUT ELLE DENONCE LE NOUVEAU COMPLOT DE LA SOCIAL-DEMOCRATIE.

PARTOUT, les ouvriers unis dans des groupes de travail communiste, arment leurs frères de classe pour l’assaut à venir contre le régime antipopulaire de chômage et de misère.

UN PARTI COMMUNISTE DE L’EPOQUE DE LA PENSEE DE MAO ZEDONG s’édifie au coeur des masses populaires.

Vive la lutte du peuple contre ses exploiteurs.      

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UJC (ml) : Et maintenant aux usines ! (1968)

[Tract du 7 mai 1968.]

La colère gronde parmi les masses populaires.

Un million de sans-travail. Des salaires de misère. La répression fasciste chez Dassault, Citroën, Simca et dans bien d’autres usines.

Les CRS contre les manifestations d’ouvriers et de paysans au Mans, à Redon, à Caen.

Depuis plusieurs mois, des révoltes populaires ont éclaté contre le patronat et le gaullisme.

Partout, les appareils réformistes, la direction révisionniste du PCF, la direction bureaucratique de la CGT se sont efforcés de briser le mouvement des masses à Rhodiaceta, à Schwartz-Hautmont, à Aluvac, à la Céramique d’Alès, et en bien d’autres endroits.

Mais, de plus en plus, les permanents de la CGT et du PCF sont mis en échec et démasqués par le mouvement des masses.

De plus en plus, les masses prennent conscience de leurs manœuvres visant à briser la lutte de classe dans l’usine, afin de canaliser l’action vers des objectifs réformistes et surtout vers les joutes parlementaires.

A l’occasion des manifestations d’étudiants et de la violente répression policière, une poussée populaire est apparue dans la rue : lundi et surtout mardi des ouvriers, des jeunes travailleurs sont venus manifester dans la rue avec les étudiants.

Cette participation des ouvriers reflète la colère qui gronde, parmi les larges masses de la classe ouvrière contre le gaullisme, régime de chômage et de misère, et le révisionnisme, appareil réactionnaire de démobilisation des masses.

Les masses veulent lutter contre le gaullisme.

Sur la question des manifestations de rue, de leurs mots d’ordre et de leur parcours, il faut désormais engager la lutte contre les obstacles que tentent d’opposer les réformistes, aider les masses à les rompre et à se frayer une voie vers la lutte révolutionnaire de classe.

Trois forces réactionnaires se sont liguées pour réprimer ou freiner le mouvement révolutionnaire des masses.
Le gaullisme lance, en assauts répétés ses troupes d’agression contre la population, les étudiants, les ouvriers.

La Social-Démocratie (PSU, SFIO, trotskistes, bureau de l’UNEF) a, très tôt, tenté de tirer parti du mouvement des étudiants.

Elle a pour objectifs de maintenir les étudiants isolés de la classe ouvrière et de limiter le mouvement à des objectifs réformistes : ” réformes de structure ” à l’université, débouchés pour les jeunes cadres, etc.

Ces objectifs sont reflétés par la ligne politique réactionnaire suivie ces derniers jours par le bureau de l’UNEF : maintenir à tout prix les étudiants au quartier latin; limiter les mots d’ordre à de dérisoires revendications étudiantes, incapables d’unir avec les étudiants de larges masses d’ouvriers et de paysans.

Les révisionnistes du PCF et de la direction de la CGT ont d’abord brutalement attaqué le mouvement étudiant démasquant ainsi leur véritable nature contre-révolutionnaire.

La colère des masses a explosé contre ces traîtres, complices de la police.

Affolés, ils ont battu quelque peu en retraite et se sont ralliés à l’opération de leurs amis sociaux-démocrates : limiter les objectifs du mouvement aux trois points du bureau de l’UNEF.

Ainsi les révisionnistes prétendent que les ouvriers descendent dans la rue pour les libertés universitaires.

C’est faux : les ouvriers descendent dans la rue parce qu’ils veulent se battre contre le gaullisme, régime de chômage et de misère, parce qu’ils veulent en finir avec la répression.

Un seul drapeau peut unir les larges masses des ouvriers, des paysans pauvres et des étudiants :

-le renversement du gaullisme,

-la conquête de la liberté pour les larges masses populaires, la dictature sur les exploiteurs.

Balayons les mots d’ordre réformistes, purement universitaires, et les petits groupes révisionnistes et sociaux-démocrates qui se liguent pour tenter de nous barrer la voie des masses populaires, la voie de la révolution !

Quittons les quartiers bourgeois où nous n’avons que faire. Allons aux usines et aux quartiers populaires nous unir aux ouvriers.

A BAS LE GAULLISME!
LIBERTE POUR LES MASSES POPULAIRES!

UJC (m-l), Cercles ” Servir le Peuple “

mardi 7 mai 1968

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UJC (ml) : Les tâches immédiates des communistes dans l’usine (1968)

[Mai 1968.]

La pensée de Mao est le marxisme-léninisme de notre époque parce qu’elle constitue le bilan et la synthèse de l’expérience d’un siècle de lutte du mouvement ouvrier.

Elle montre comment la lutte de classe acharnée entre prolétariat et bourgeoisie se traduit par la lutte entre deux conceptions du monde, la conception bourgeoise du monde, fondée sur l’individualisme et l’égoïsme, et la conception prolétarienne du monde, fondée sur le dévouement à la cause du peuple.

Cette lutte de classe se reflète dans chaque esprit.

C’est pourquoi un révolutionnaire prolétarien doit être, comme le dit LIN PIAO, à la fois une cible et un moteur de la révolution.

Nous devons faire la révolution, abattre la bourgeoisie et le capital, construire une société socialiste.

Mais il nous faut pour cela nous révolutionnariser nous-mêmes, abattre la conception bourgeoise du monde et implanter l’idéologie de ” Servir le Peuple “.

Sinon, en effet, nous ne pourrons pas gagner la confiance des masses de notre pays, nous ne pourrons pas lutter avec fermeté et clairvoyance, nous deviendrons de faux révolutionnaires, de faux communistes.

Si ce n’est pas l’idéologie de ” Servir le Peuple “, si ce n’est pas la théorie de la lutte de classe, si ce n’est pas la pensée de Mao, qui nous guident, ce sera l’idéologie révisionniste, bureaucratique et arriviste, ce sera la théorie de la collaboration de classe, ce sera la conception bourgeoise du monde qui nous guideront.

Le peuple a besoin de communistes de type nouveau, entièrement dévoués au peuple, inflexibles sur les principes, révolutionnaires et étroitement liés aux larges masses, des communistes armés de la pensée de MAO TSETOUNG.

C’est là notre tâche principale : ” former, dans un but réfléchi, des milliers et des milliers de cadres et des centaines d’excellents dirigeants des masses.

Ces cadres et ces dirigeants doivent s’assimiler le marxisme-léninisme, avoir de la clairvoyance politique, de la compétence dans le travail, être pénétrés de l’esprit de sacrifice, capables de résoudre les problèmes par eux-mêmes, inébranlables devant les difficultés et entièrement dévoués à la nation, à leur classe et au Parti “…

1° La trahison des directions syndicales a obligé la classe ouvrière à reprendre le travail. Mais la lutte continue, sous d’autres formes, contre le capital et les traîtres.

Les syndicalistes prolétariens et les communistes doivent également continuer la lutte sous d’autres formes. Les conditions sont excellentes.

A partir des leçons du mouvement gréviste de masse, d’énormes possibilités d’organisation de la gauche prolétarienne s’ouvrent.

Assemblées dans les ateliers, à tous les niveaux, pour faire le bilan de la grève, pour demander des comptes à tous les délégués, pour balayer les traîtres, pour obliger les indécis à se mettre sous le contrôle des masses.

Renforcement de la CGT de luttes de classe, organisation à la base des syndicalistes prolétariens de la CGT.

Lutte pied à pied contre l’offensive patronale, pour que ça ne redevienne pas comme avant, pour que l’immense capital de lutte accumulé ne dorme pas : contre les cadences, la répression, les salaires – nouveaux cahiers de revendications.

Action pour l’unité syndicale sur la base de lutte de classe, pour le travail en commun avec les militants résolus des autres syndicats.

Propagande pour le Front Populaire, large débat sur le projet de programme de Front Populaire.

Les camarades ouvriers doivent être sur l’initiative.

Il faut faire connaître aux masses la ligne du syndicalisme prolétarien (par tract, journaux), afin que tous ceux qui sont conscients de la trahison de la direction de la CGT se regroupent autour de notre drapeau.

Ils concentreront leurs attaques sur les délégués pourris en accentuant les contradictions entre eux et les cadres intermédiaires (délégués passifs, indécis, militants attachés aux vieilles traditions); ils uniront à eux tous ceux qui peuvent être unis en étant partout et toujours les meilleurs serviteurs du peuple, les vrais dirigeants.

2° Seuls des vrais communistes, armés de la pensée de Mao, peuvent correctement remplir ces tâches.

La condition d’un travail correct dans l’usine c’est l’existence d’un noyau communiste, étudiant la pensée de MAO en fonction des problèmes à résoudre, ayant une vue politique claire, pratiquant un style de travail fondé sur la critique, l’autocritique l’enquête.

Beaucoup de camarades se sont spontanément regroupés sur la ligne de syndicalisme prolétarien au cours des grèves.

Mais les tâches d’organisation communiste ont été souvent négligées.

Or dans tout syndicat la lutte est constante entre le prolétariat et la bourgeoisie pour en prendre la direction.

Si ce n’est pas la pensée de Mao Tsétoung qui dirige la CGT, ce sera le révisionnisme moderne.

Si ce ne sont pas les ouvriers /communistes qui dirigent la gauche prolétarienne, cette gauche prolétarienne ne balaiera pas radicalement la direction des révisionnistes dans le syndicat.

3° Seul un noyau communiste pourra organiser la lutte dans l’usine, pratiquer la ligne de masse, élaborer une tactique, faire une propagande correcte.

Ce noyau changera au cours de la lutte, mais il faut qu’il se constitue le plus vite possible, il faut que s’opère la fusion entre le marxisme-léninisme, la pensée de Mao, et les éléments les plus avancés du prolétariat.

En effet, notre ligne dans le syndicat déterminée par une ligne politique plus générale : comment diriger la révolution populaire, comment mener le combat de la classe ouvrière et du Peuple.

Pour avoir une tactique syndicale juste, il faut pouvoir expliquer pourquoi les à-géants CGT ont trahi (nature du révisionnisme), pourquoi le parlementarisme est une duperie (problème de la prise du pouvoir), pourquoi il faut s’organiser (relation entre parti et syndicat), etc.

De plus, un style de travail correct, un style de travail communiste, ne s’improvise pas : sans étude, sans enquête, sans critique et autocritique, les communistes ne pourront jamais organiser les masses et leur donner l’exemple Sur tous ces points, les GTC établiraient eux-mêmes un plan d’étude progressif.

4° L’existence de plusieurs centaines de noyaux communistes dans les usines, qui est possible dès aujourd’hui, permettra seule l’élaboration d’une tactique de lutte dans les usines et dans la CGT à l’échelle nationale.

Seuls les communistes dans les usines peuvent en effet recueillir les idées des masses ouvrières et les systématiser.

L’appel des syndicalistes prolétariens ne fixe qu’un cadre général; il faut une ligne commune d’action contre le patronat, dans la CGT, pour les rapports avec les autres centrales.

Cette ligne commune doit être élaborée par les communistes. Dès que les noyaux de communistes se seront renforcés à travers toute la France, dès que la pensée de Mao constituera leur bien commun, une réunion centrale permettra de constituer un groupe dirigeant d’ouvriers communistes et de mettre au point une tactique unifiée, et des textes d’orientation et de propagande.

5° L’existence de noyaux communistes est aussi vitale pour assurer une propagande politique dans l’usine.

En effet, le travail syndical n’est qu’un aspect du travail communiste, ce n’est qu’une des armes de la révolution.

Les masses veulent savoir ce qu’est le socialisme : il faut leur expliquer ce qu’es la Chine rouge, et la Révolution Culturelle, pourquoi le PCF a dégénéré, pourquoi l’URSS a changé de camp : il faut leur expliquer ce qu’est le révisionnisme, et le retour au capitalisme.

Elles veulent savoir comment répondre à la répression du capital, comment établir un gouvernement populaire : il leur expliquer ce qu’est la révolte populaire et le front populaire, comment unir le peuple autour de la classe ouvrière, quelles seront les étapes de notre révolution.

Il faut donc que les ouvriers communistes puissent répondre à ces besoins des masses, il faut qu’ils s’assimilent expérience historique du prolétariat international et les positions du mouvement communiste international, concentrées dans la pensée de Mao.

6° Les communistes n’ont pas pour seule tâche le travail dans l’usine.

Les communistes savent qu’ils ne libèrent le prolétariat que s’ils libèrent l’humanité tout entière du joug de l’impérialisme, du capitalisme.

Les noyaux d’ouvriers communistes prendront en main les tâches de propagande politique dans toutes les couches du Peuple (paysannerie laborieuse, intellectuels, couches travailleuses) avec l’aide du projet de programme de Front Populaire.

Les jeunes ouvriers participeront activement cet été à la Longue Marche de la Jeunesse.

7° Les communistes du Mouvement de Soutien aux Luttes
du Peuple ont su se lier aux masses et diffuser la ligne de
syndicalisme prolétarien “.

Ils doivent aujourd’hui armer les syndicalistes prolétariens de la pensée de Mao Tsétoung afin que de véritables noyaux communistes puissent à l’intérieur de chaque usine diriger la lutte.

Le travail communiste sur l’usine doit être pris en main par les ouvriers avancés afin de ne pas dépendre des communistes et des étudiants progressistes de l’extérieur.

Les camarades ouvriers, par l’étude du marxisme-léninisme, pourront prendre pleinement la direction de la lutte et mener les ouvriers à la victoire.

Toute passivité, tout opportunisme chez les étudiants et les Comités de soutien, qui retarderaient la diffusion de la pensée de Mao Tsétoung, doivent être combattus énergiquement.

Les syndicalistes prolétariens ont acquis une grande expérience au cours de la lutte, ils ont remporté des succès, et commis des erreurs.

Il leur faut tirer les leçons de cette expérience, l’élever au niveau de la théorie marxiste-léniniste.

Le camarade Mao Tsétoung déclare :

” Ceux qui ont l’expérience du travail doivent se consacrer à l’étude théorique et travailler sérieusement sur les livres : c’est alors seulement qu’ils pourront systématiser leur expérience, la synthétiser et l’élever au niveau de la théorie; ils éviteront ainsi de prendre leur expérience limitée pour une vérité générale et de commettre des erreurs d’ordre empirique. “

En étudiant les citations de Mao Tsétoung les communistes doivent avoir en tête l’instruction de Lin Piao : lier l’étude et l’application.

L’étude des citations de Mao Tsétoung permettra de guider et d’orienter l’étude d’autres textes importants du marxisme-léninisme et du mouvement communiste international, elle permettra de combattre la conception bourgeoise de l’étude, coupée de la pratique et formant des spécialistes bourgeois.

Chaque GTC établira à partir des citations proposées ci-joint, son propre plan d’étude.

En aidant les ouvriers communistes à étudier le marxisme-léninisme, la pensée de Mao Tsétoung, les étudiants marxistes-léninistes se rééduquent eux-mêmes, apprendront à lier la théorie et la pratique et à combattre la suffisance de l’intellectuel bourgeois.

8° La constitution ou le renforcement des noyaux communistes des groupes de travail communistes (GTC), se fera par des réunions d’étude de la pensée de Mao, appliquée aux problèmes concrets de l’usine et aux besoins de la formation et de la propagande idéologique et politique.

Une série de citations et de textes est donc proposée à l’ensemble des GTC. Elle tient compte des besoins immédiats de l’ensemble et doit servir aux discussions.

Ces réunions d’étude doivent se tenir le plus vite possible, et avoir lieu régulièrement, avec des rapports préparés.
Les trois points essentiels à travailler sont :

a) l’union de la théorie et de la pratique, c’est-à-dire l’étude des citations de Mao et des textes du mouvement communistes en fonction de la lutte syndicale et de la propagande politique,

b) un style de travail communiste fondé sur la critique et l’auto-critique : tirer le bilan de toutes les erreurs, en voir la racine politique, critiquer le relâchement, le découragement, l’impatience, le manque de sérieux, l’individualisme et l’égoïsme,

c) une pratique constante de l’enquête, afin d’éliminer le subjectivisme et connaître à tout moment les besoins et l’état d’esprit des masses. Par exemple le travail en direction des immigrés et des femmes a souvent été négligé. Par exemple la position de chaque délégué doit être ” étudier avant de porter des jugements”.

9° II nous faut distinguer soigneusement entre le noyau communiste (ou GTC), constitué à partir des syndicalistes prolétariens les plus résolus, et la gauche prolétarienne, que le GTC devra organiser.

Dans une première étape, les comités de soutien aideront les GTC à étudier et à appliquer la pensée de Mao.

Dans une deuxième étape, une conférence réunira des délégués de tous les GTC afin d’élaborer la ligne et de prendre des décisions.

Ainsi sera édifiée la base ouvrière du Parti Communiste Révolutionnaire Prolétarien.

Dans chaque usine où des syndicalistes prolétariens ont été constitués, une future cellule du Parti doit être mise sur pied. C’est la condition d’une direction ouvrière du futur Parti.

Le parti est l’une des trois armes de la révolution; le parti, front uni, armée rouge.

C’est la condition des deux autres armes, car le front uni et l’armée doivent être sous la direction d’un parti communiste, noyau du peuple français.

Ce parti est aujourd’hui une exigence des masses.

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UJC (ml) : Vive les étudiants de Nanterre de Paris Vive l’unité populaire contre la violence et la répression! (1968)

[4 mai 1968.]

Depuis plus d’un mois, un nombre grandissant d’étudiants et de jeunes se révoltent et luttent contre la bourgeoisie. Les étudiants de Nanterre ont dans cette révolte joué un rôle d’avant-garde.

Toutes les forces répressives de la bourgeoisie se sont mobilisées pour écraser ce mouvement; elles ont utilisé la presse, les bandes fascistes, l’intimidation par l’administration universitaire, les arrestations et enfin l’agression de forces policières massives.

Tous les réactionnaires (y compris la clique dirigeante révisionniste), pris de panique, ont constitué un front uni et fomenté un vaste complot contre les étudiants : calomnier les étudiants progressistes, déverser un flot de mensonges, tout mettre en oeuvre pour les isoler de la population et permettre ainsi leur écrasement par les bandes fascistes et les troupes d’agression policière.

Mais cette offensive de la réaction, loin d’intimider les étudiants, a renforcé leur résolution.

Le mouvement des étudiants progressistes s’est impétueusement développé.

Malgré les contre-courants la masse des étudiants progressistes a brisé les manoeuvres d’encerclement et s’est orientée vers le peuple, vers les larges masses de la classe ouvrière, des travailleurs et de la population.

LE MOUVEMENT DE SOUTIEN AUX LUTTES DU PEUPLE CONNAIT UN GRAND ESSOR.

Le 3 mai, pendant près de 6 heures, de 17 heures à 23 heures environ, la masse des étudiants du Quartier Latin s’est bravement dressée contre les C. R. S. et la répression.

Comptant sur leurs propres forces et bénéficiant de l’appui de la population, ils se sont spontanément organisés et ont sévèrement châtié les provocations policières.

Déjà le mouvement de résistance aux brutalités policières se développe parmi les masses populaires.

Le 3 mai, une partie de la population s’est elle-même portée aux côtés des étudiants pour les aider à résister à la violence.

Les C. R. S. se sont comportés à l’égard de la population comme des troupes d’occupation en territoire ennemi, s’en prenant brutalement aux masses sans aucune distinction.

Ils ont suscité ainsi une grande colère dans la population.

Des masses populaires de plus en plus larges sont frappées depuis des mois et des années par la répression et la violence contre-révolutionnaire. Ces derniers temps les C. R. S. et autres troupes d’agression contre la population se sont livrés à des attaques brutales à l’égard des paysans de Redon, puis à l’égard des ouvriers et des masses populaires du Mans, de Caen, de Redon qui ont vaillamment combattu et châtié les agresseurs.

Ainsi des masses de plus en plus grandes d’ouvriers, de paysans, et d’étudiants prennent conscience de la nécessité de mettre un terme aux agressions policières, de faire cesser la répression.

Dans leur lutte contre la répression, les étudiants doivent résolument s’unir avec les larges masses populaires, et en particulier de la classe ouvrière, qui combattent depuis longtemps le même ennemi.

Ils doivent se mettre au service des travailleurs, force principale de la révolution.

Ouvriers, paysans, étudiants doivent s’entraider et se soutenir mutuellement pour défendre la liberté populaire et mettre en échec la violence policière.

Si les larges masses populaires des ouvriers, des paysans, des étudiants, persévèrent dans la lutte, conquièrent leur unité et forment un vaste front contre la répression policière, elles briseront inéluctablement les plans d’agression de la bourgeoisie.      

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Message de l’UJCML au Gong (1968)

[Avril 1968.]

Au moment où la « justice » colonialiste française veut frapper à travers le GONG [Groupe d’Organisation Nationale de Guadeloupe] tous les patriotes guadeloupéens, le Bureau Politique de l’UJC{(ML) salue la lutte courageuse des patriotes guadeloupéens avec à leur tête le GONG.

Face à l’impérialisme français et ses valets, le peuple guadeloupéen a engagé le combat de l’indépendance nationale.

En eflet, seule l’indépendance exprime les justes aspiration du peuple guadeloupéen.

Les révisionnistes et les autres valets de l’impérialisme français ont tenté de dévoyer le peuple guadeloupéen vers la revendication traitresse de « l’autonomie » afin de préserver les intérêts fondamentaux de l’impérialisme français : mais les masses, instruites par leur lutte, les ont démasqués. Le procès actuel se retourne contre ses instigateurs.

Les patriotes dénoncent le colonialisme français, les révisionnistes français dévoilent leur position social-chauvine ; le colonialisme francais et ses valets sont mis au ban des accusés devant les peuples du monde.

Les marxistes-léninistes français se tiendront résolument aux côtes de leurs frères de combat guadeloupéens pour abattre leur ennemi commun, l’impérialisme français.

L’UJC (ML) soutient totalement la lutte du peuple guadeloupéen pour l’Indépendance et la liberté.

L’héroïque peuple vietnamien montre qu’un peuple, aussi petit soit- il, peut vaincre l’impérialisme, aussi puissant soit-il, si, comptant sur ses propres forces, il mène une lutte prolongée tirant sa puissance des masses populaires.

Nul doute que les marxistes-léninistes guadeloupéens, armés de la pensée de Mao Zedong, sauront libérer les immenses ressources des masses populaires et les conduire à la victoire.

VIVE LA LUTTE DU PEUPLE GUADELOUPEEN POUR L’INDEPENDANCE!
A BAS L’IMPERIALISME FRANÇAIS ET SES COMPLICES REVISIONNISTES !
VIVE LE GONG !
LE PEUPLE GUADELOUPEEN VAINCRA!

Le Bureau Politique de l’UJC (ML)         

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UJC (ml) : Pour un travail correct parmi les étudiants (1968)

[Directive du Bureau Politique de l’UJCML, avril 1968.]

1. Liquider le sectarisme.

Des erreurs sectaires sont apparues dans le travail de certains de nos camarades parmi les étudiants.

Il est arrivé que nos camarades se contentent de manifester du mépris à l’égard du caractère brouillon, anarchique et, à certains égards erroné, du mouvement de révolte des étudiants, sans en saisir le courant principal positif.

Certains de nos camarades ont adopté une attitude de supériorité se donnant le rôle de représentants du prolétariat parmi les étudiants ou bien manifestant une fierté trop voyante des liens qui nous unissent aux ouvriers et des connaissances que nous commençons d’avoir du mouvement ouvrier.

Ce sont des erreurs qui doivent être éliminées radicalement, et que l’on ne doit plus voir se reproduire.

Le Président Mao a indiqué : ” dans tout mouvement de masse, un communiste doit se comporter en ami des masses, et non en politicien bureaucrate “.

Cela s’applique également au mouvement de masse des étudiants.

Nous devons donc extirper toute trace de suffisance communiste, apprendre et éduquer à la fois, et gagner la confiance et l’amitié des étudiants parmi lesquels nous travaillons.

II est probable que le mouvement de masse de révolte des étudiants connaîtra un essor important dans les prochains mois.

Ce mouvement renforcera-t-il le front de la lutte prolétarienne et populaire ou sera-t-il détourné au profit de la bourgeoisie?

La réponse à cette question dépend pour une grande part de notre attitude et de notre travail.

Si nous nous comportons comme une secte repliée sur elle-même, si nous méprisons le mouvement de masse des étudiants, nous ferons le jeu de l’ennemi de classe, et l’énergie des étudiants et de la jeunesse sera détournée et gaspillée en vain : cela sera une perte relativement grave pour la cause révolutionnaire.

Par contre, si nous travaillons dans ce mouvement de masse en communistes armés de la pensée de Mao Tsétoung, nous parviendrons à entraîner, dans un processus révolutionnaire et par étapes, des milliers et des dizaines de milliers d’étudiants dans la solidarité active, directe, avec la lutte des ouvriers, et dans les rangs de l’armée prolétarienne.

Chaque camarade doit réfléchir à cette question, se convaincre de son importance et se préparer aux tâches nouvelles qui peuvent nous incomber prochainement en ce domaine.

2. Intensifier la lutte idéologique.

Le travail chez les étudiants présente des conditions particulières, la place qu’y occupe la lutte idéologique y est spécialement importante.

Certes, nous autres communistes, nous efforçons de mettre au premier plan l’expérience concrète, et pensons que les masses s’éduquent d’abord dans te lutte; nous savons que les idées justes viennent de la pratique sociale.

C’est pourquoi nous n’ignorons pas que ce n’est que dans la mesure où nous aurons entraîné une masse importante d’étudiants dans l’action unie avec les travailleurs, que le mouvement étudiant prendra une orientation idéologiquement correcte et ferme.

Mais, justement, pour parvenir à ce résultat, il nous faut être capable de mener parmi les étudiants la lutte des idées, sans négliger ni rejeter les questions que se posent les étudiants.

Cela signifie que nous devons être capables, non seulement de populariser les luttes ouvrières parmi les étudiants de façon à susciter dans leurs rangs un élan d’enthousiasme et de solidarité, ce qui est notre tâche principale, mais en même temps de donner des explications aux étudiants par exemple sur les événements qui se déroulent dans les pays révisionnistes, ou d’autres questions qui suscitent leur intérêt;

nous devons également participer à la critique du contenu de l’enseignement et des méthodes réactionnaires bourgeoises de l’Université, tout en montrant qu’aucune transformation décisive ne peut intervenir tant que le mouvement étudiant n’aura pas fait sa jonction, dans l’action révolutionnaire, avec la lutte de la classe ouvrière et du peuple travailleur.

Il nous incombe particulièrement de mener une campagne soutenue contre la ségrégation scolaire et l’injustice qui, par de multiples mécanismes, interdit aux enfants d’ouvriers et de paysans travailleurs l’accès à l’Université.

Sommes-nous armés pour mener cette lutte idéologique?

Oui, si nous nous appuyons sans réserve sur les enseignements grandioses de la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne.

Nous pouvons montrer aux étudiants que la Révolution chinoise la première a, sous la direction du Président Mao, résolu le problème de la large démocratie de masse sous la dictature du prolétariat, et de la révolution sous la dictature du Prolétariat.

Nous devons expliquer l’appel fulgurant du Président Mao : “ON A RAISON DE SE REVOLTER “, et montrer comment la juste révolte de la jeunesse, des étudiants contre les anciennes idées renforce, si elle est correctement appuyée et guidée, le grand courant révolutionnaire du prolétariat.

Nous devons montrer aux étudiants que les événements actuels qui se déroulent dans les pays révisionnistes ne sont qu’une accélération de la restauration du capitalisme, et une intensification de l’oppression du peuple.

Mais il faut présenter cela sans dogmatisme, en répondant soigneusement aux arguments de la propagande ennemie.

C’est parce que les démocraties populaires n’avaient pas résolu le problème de la démocratie de masse sous la dictature du prolétariat, et que la ligne de masse n’avait pas été appliquée d’une façon systématique, le Parti a pu se couper relativement des masses; que les contradictions au sein du peuple et les mouvements de révolte de la jeunesse ont été utilisés, canalisés par la nouvelle bourgeoisie, les résidus des anciennes classes capitalistes et agents de l’impérialisme.

Nous devons en particulier montrer très concrètement ce que signifie dans ces pays la restauration du capitalisme : cadences, primes, chômage, salaires bas, conditions de vie difficiles pour les masses laborieuses, insolence et richesse des privilégiés, etc.

Il faut opposer systématiquement à cela le déroulement lumineux de la révolution chinoise, la liberté et le bonheur dont jouissent les larges masses du peuple chinois.

Ce ne sont là que quelques indications, des thèmes sur lesquels nous pouvons avoir à intervenir. Il peut y en avoir bien d’autres.

Que faut-il retenir de tout cela, et quelle place cet effort idéologique doit-il tenir dans l’ensemble de notre travail chez
les étudiants?

1. Nos camarades qui travaillent chez les étudiants doivent, autant que possible, s’armer de façon à pouvoir soutenir des controverses idéologiques et théoriques.

Il faudra élaborer un matériel de référence en fonction des thèmes les plus souvent abordés dans le mouvement étudiant.

2. Nous ne devons à aucun moment donner l’impression d’être gênés d’aborder tel ou tel thème de controverse.

Il faut accepter la discussion dans le mouvement de masse des étudiants, tout en expliquant avec persévérance et patience aux étudiants, que ce qui compte avant tout, c’est le travail pratique, ce sont les liens effectifs avec les masses populaires; que les idées justes viennent de la pratique sociale, que bien des choses deviennent plus claires au contact des niasses ouvrières et paysannes.

3. La discussion idéologique doit de toute façon rester secondaire par rapport au travail concret de soutien aux luttes ouvrières, et par rapport aux campagnes d’éducation et de propagande sur la révolte ouvrière, la CGT, le sabotage révisionniste, l’offensive du capital, le chômage, etc.

En plus
du mouvement de soutien aux grèves et luttes ouvrières, il faudra engager des campagnes de dénonciation de masse, des conditions de vie et d’exploitation de la classe ouvrière, de la dictature fasciste dans les usines, de la répression, des accidents, etc.

Envisager de grandes offensives par affiches murales.

4. ” SERVIR LE PEUPLE ” peut et doit être actuellement le pivot de notre propagande et de notre recrutement : il importe absolument d’organiser sa diffusion dans les facultés et les lycées, d’une façon massive, soutenue et persévérante.


Notre plan stratégique est de redonner confiance et force à l’avant-garde ouvrière, et, par là, de permettre un nouvel essor de la lutte révolutionnaire, de l’initiative des larges masses. C’est pourquoi, briser l’isolement dans lequel les révisionnistes tentent de maintenir les détachements les plus combatifs de la classe ouvrière, constitue pour nous un objectif des plus importants.

Pour y parvenir, la meilleure force dans laquelle nous pouvons puiser à l’heure actuelle, c’est la jeunesse et les étudiants. Nous nous donnons donc pour tâche de canaliser la révolte et l’enthousiasme de la jeunesse et des étudiants dans le sens d’une solidarité agissante et directe avec les détachements de la classe ouvrière qui se mettent en lutte.

Nous voulons entraîner des milliers et des dizaines de milliers de jeunes et d’étudiants aux piquets de grève, à la porte des usines, dans les manifestations, partout où les travailleurs se battent contre le chômage, les salaires de misère, le fascisme dans l’entreprise, la répression dans la rue.

Nous voulons organiser dans les facultés et les lycées une propagande massive sur la lutte des travailleurs, des collectes de soutien, des manifestations, des meetings.

Le mouvement de soutien des étudiants aux ouvriers doit donc être un véritable mouvement de masse.

Ce mouvement de soutien joue un rôle important dans le réveil de la grande solidarité populaire, qui, aux moments d’essor de la lutte des classes, se noue étroitement autour des usines en grève, solidarité que, depuis quelques années, les révisionnistes font tout pour briser.

Deux types d’erreurs opportunistes menacent en permanence le mouvement de soutien :

– La première est la sous-estimation des immenses possibilités qu’ouvré le mouvement de soutien étudiant pour la pénétration des idées Marxistes-Léninistes dans la classe ouvrière; manifestations de cette erreur : manque de confiance dans l’enthousiasme que peuvent susciter parmi les masses ouvrières une ligne juste et un style de travail correct; crainte exagérée des capacités de répression des bureaucrates syndicaux coupés des masses; manque de persévérance dans le travail politique prolongé, après la fin d’un mouvement de soutien de masse ; utilisation très insuffisante de ” SERVIR LE PEUPLE “, etc.

Un autre texte abordera ces erreurs de droite et insistera sur le rôle spécifique des Marxistes-Léninistes dans le travail de soutien aux ouvriers.

– La seconde erreur, sur laquelle nous insistons ici, et qui, dans une certaine mesure, est l’inverse de la première est la suivante : certains camarades tendent parfois à s’imaginer que le mouvement de soutien n’est qu’un moyen destiné à permettre à des étudiants militants Marxistes-Léninistes d’ ” entrer en contact ” avec le mouvement ouvrier; il ne s’agirait, en somme, que d’une espèce de manœuvre d’infiltration.

Cette idée fausse, qui revient d’ailleurs en dernière analyse à tenter de duper certains détachements ouvriers, doit être absolument éliminée.

Lorsque nous disons aux ouvriers que nous voulons mobiliser les étudiants pour soutenir leurs luttes, nous disons la vérité: la solidarité d’autres éléments populaires avec la lutte des ouvriers est une contribution effective à cette lutte; elle élève le niveau de la résistance populaire et permet de progresser vers l’édification d’un front unique de la résistance populaire.

Travailler de toutes nos forces à organiser sur une grande échelle cette solidarité, c’est bien là notre ligne.

Or, pour y parvenir, nous devons élargir considérablement notre influence et notre recrutement parmi les étudiants.

Pour cela, nous devons chercher les étudiants là où ils sont; nous devons mettre en oeuvre, dans le mouvement étudiant, la ligne de masse.

Pratiquer la ligne de masse chez les étudiants, cela signifie s’appuyer sur les idées justes qui existent chez nombre d’entre eux pour élever par étapes leur niveau de conscience et les aider à s’appuyer sur leur propre expérience, au contact des masses populaires, pour éliminer leurs idées fausses.

Quelles idées justes existent chez les étudiants?

La révolte contre la société bourgeoise et les autorités réactionnaires; l’aspiration à la justice sociale; un élan révolutionnaire généreux qui les porte à soutenir la lutte des peuples, etc.

Ces idées justes constituent le courant principal de la “révolte” des étudiants.

Naturellement, elles existent avec un grand nombre d’idées fausses, qu’essayent d’utiliser les groupes trotskistes et autres.

C’est pourquoi il faut combiner la ligne de masse avec la lutte idéologique et le travail pratique qui permet aux étudiants de s’éduquer eux-mêmes.

Nous devons appliquer au mouvement étudiant la phrase du Président Mao “entraîner les idées petites-bourgeoises dans l’orbite de la révolution prolétarienne”.

4. Une grande fermeté de principe et d’action, une tactique souple et diversifiée.

Les masses étudiantes constituent un réservoir de forces révolutionnaires enthousiastes, dynamiques, capables d’esprit de sacrifice.

Mais elles ont de graves défauts propres à la petite bourgeoisie : instabilité, subjectivisme, piases alternées d’exaltation et de découragement, vanité, intellectualisme, sous-estimation des capacités du peuple travaileur, etc.

Ce double aspect, qui provient d’une position petite-bourgeoise, fait de la révolte étudiante l’enj;u d’une âpre bataille entre le prolétariat et la bourgeoisie, la bourgeoisie utilise la double méthode de la répression et d” la duperie : la répression se fait par l’appareil d’État et es institutions universitaires; la duperie par les groupes trotskistes, anarchistes, etc. qui exacerbent le subjectivisme et la vanité des étudiants, mêlent les questions politiques aux questions ” sexuelles “, ” culturelles “, etc.

Nous devons, pour notre part, analyser correctement toutes ces offensives de la bourgeoisie et les repousser par une tactique appropriée. Cela exige fermeté et souplesse :

1. Fermeté: l’essentiel pour les étudiants est de soutenir concrètement, directement le peuple travailleur; les étudiants doivent aller aux usines, se mêler aux ouvriers, apprendre d’eux et prendre exemple sur eux, se mettre sous la direction immédiate des masses ouvrières et de l’avant-garde ouvrière liée aux masses pour leur apporter toute l’aide possible.

Tout passe par là, tout doit y tendre : nous ne démordrons pas de cette position de principe, de plus, nous devons inviter les étudiants à se détourner des vaines querelles de groupuscules et des discussions sans fin qu’aucune expérience concrète ne sous-tend, et de se livrer à un travail positif qui les éduquera et leur permettra de prendre leur place dans le combat révolutionnaire de notre peuple.

2. Souplesse: Nous ne devons pas nous impatienter et avoir des réactions sectaires à l’égard des idées fausses, petites bourgeoises, qui existent dans le mouvement étudiant: nous devons user exclusivement de persuasion,permettre aux étudiants de s’éduquer par leur propreexpérience.

Ne nous comportons pas en donneurs de leçons!

Les masses populaires éduqueront les étudiants bien mieux que nous ne pourrions le faire nous-mêmes.

Lorsqu’apparaissent de nouvelles formes d’organisation, plus ou moins spontanée (le mouvement étudiant en est coutumier), nous ne devons pas nous en détourner comme de choses bizarres, mais apprécier dans quelle mesure elles ont un contenu de masse, et si c’est le cas, y travailler.

L’explosion étudiante qui s’est produite en Italie par exemple peut survenir prochainement en France. Il est fort possible que les événements de Nanterre n’en soient qu’un signe avant-coureur.

Que nos camarades mettent tout en oeuvre pour qu’au moment décisif ils puissent assumer pleinement le rôle d’avant-garde dans le mouvement étudiant, et la révolte de la jeunesse et des étudiants sera une nouvelle étincelle de la lutte populaire.

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UJC (ml) : La lutte des peuples d’Asie: un chant de gloire pour la théorie de la guerre du peuple (1968)

[Mars 1968.]

« Peuples du monde, unissez-vous, pour abattre les agresseurs américains et leurs laquais! Que les peuples n’écoutent que leur courage, qu’ils osent livrer combat, qu’ils bravent les difficultés, qu’ils avancent par vagues successives, et le monde entier leur appartiendra. Les monstres seront tous anéantis. » Mao Zedong

L’offensive du Têt est devenue pour tous les vietnamiens la fête des opprimés à la conquête de la liberté. Des rives Sud du fleuve de Ben Hai au Nord jusqu’au cap de Ca Mau, des hauts plateaux aux plaines et des campagnes jusqu’aux villes, les Forces Armées et la population, les paysans et ouvriers se sont organisés en une grande armée révolutionnaire qui a défait, sur ce vaste champ de bataille, l’ensemble des forces ennemies.

L’agresseur épuisé a perdu tout espoir de reprendre l’initiative. Le peuple a élargi ses rangs, de tous ceux que la victoire a convaincus de gagner la liberté.

Dans les villes et les campagnes, des millions de personnes se sont soulevés pour renverser les organes du pouvoir fantoche, et en finir dans les régions de « pacification », avec l’humiliation et les tortures.

Entre le 30 janvier et le 8 février, plus d’un million de paysans de la région du Trung Bo central se sont soulevés : ils ont balayé les troupes et les organes de l’admninistration fantoche ; ils ont coupé les routes stratégiques 1, 14, 18, 19 et 21, ont fait sauver plus de 50 ponts et pris les postes fortifiés.

Plus de 30.000 officiers et soldats de l’armée fantoche ont déserté et sont passés dans les rangs du peuple. En quelques jours de combat, les régions libérées se sont puissamment élargies : les paysans y consolident leur puissance politique et militaire et renforcent le pouvoir révolutionnaire établi.

Ils sont prêts à tout à moment à repousser toute attaque ennemie et augmentent la production afin de vaincre à jamais les gangsters américains.

Le dispositif militaire ennemi est liquidé. Dans les trois derniers mois, les soldats de la libération ont réussi à attirer dans les points d’appui des régions montagneuses un nombre considérable de forces ennemies.

Et quand l’ennemi concentrait son attention sur les camps encerclés, les patriotes sont montés à l’assaut des citadelles ennemies établies à l’arrière. Les bases logistiques, les villes elles-mêmes sont les nouveaux champs de bataille : Hué, Saïgon Da Nang, etc…

De la nuit du 3 mars au lendemain matin, les Forces armées ont attaqué dans le nord 7 villeses : Da Nang, Kontum, Pleiku… – dix quartiers généraux, 10 chefs-lieux de district, des aérodromes, des parcs de blindés, des positions d’artillerie.

Le 5 mars au matin. elles bombardaient la plus grande base américaine, réputée inaccessible: Cam Ranh. Le même soir, tout au sud, Camau était occupé, le temps de détruire les munitions, les navires, les avions et d’anéantir les forces ennemies.

Devant les vagues multipliées de cet assaut général, les «pacificateurs» ont dû à toutes jambes rentrer dans leurs repaires.

«Le monde sans fin où les révolutionnaires peuvent agir en toute liberté», les campagnes libres atteignent aujourd’hui la banlieue de Saigon !

En ces jours de victoire, un autre peuple lève haut la drapeau de la lutte armée. La lutte armée révolutionnaire du peuple birman a vingt ans.

Le 28 mars 1948, les classes dirigeantes, jetant le masque de la démocratie bourgeoise, déclenchaient la guerre civile. Aussitôt, organisant la prise d’armes aux soldats et à la police, mobilisant sans réserve les paysans, le Parti communiste de Birmanie opposait à la guerre civile réactionnaire la guerre populaire révolutionnaire.

L’histoire de la lutte armée en Birmanie est celle de la lutte à mort entre le marxisme-léninisme, la ligne militaire de Mao Zedong d’un côté, et la ligne militaire bourgeoise de l’autre.

C’est l’histoire de la victoire de la ligne conforme à la pensée de Mao Zedong, c’est une preuve de plus que cette pensée est universellement applicable.

Trois ou quatre heures après l’entrée en action de l’ennemi, le Parti communiste lançait la directive d’opposer force armée du peuple à la guerre civile. Le président Mao a dit : « Sans la lutte armée, il n’y aurait pas de place pour le prolétariat, ni pour le peuple, ni pour le Parti communiste, et pas de victoire pour la révolution ».

C’est en appliquant ce principe que le peuple birman partait à la conquête de la liberté. La persévérance est le chemin de la victoire vingt ans de guerre prolongée ont prouvé une nouvelle fois que le pouvoir est au bout du fusil; la force immense de l’armée populaire et des bases d’appui, la liberté du pouvoir démocratique sans les régions libérées, tout ce que possède aujourd’hui le peuple de Birmanie n’est rien d’autre que la pensée de Mao Zedong transformée en force matérielle.

Le Krouchtchev chinois et le révisionnisme international ont tout fait pour étouffer la lutte armée en Birmanie, pour étouffer le peuple.

Dans des conditions de guerre civile à outrance, ils prétendaient que les activités légales étaient une bonne chose que le passage pacifique au socialisme était possible. Il suffisait que le parti communiste fournisse des cadres au régime fasciste de Ne Win, et la voie socialiste germait dans la démocratie bourgeoise.

Le peuple birman a balayé cette pacotille de trahison. C’est en créant des bases à la campagne, en encerclant les villes par les campagnes qu’il s’est organisé, qu’il a rassemblé sa force innombrable et qu’il a pris à la gorge le régime de Ne Win.

Le peuple birman a choisi la voie de ta révolution chinoise, la voie conforme à la pensée de Mao Zedong.

Il viendra à bout de tous les réactionnaires. Devant la lutte révolutionnaire, le gouvernement militaire birman a lié son sort à celui de l’impérialisme américain.

Quand il sera incapable d’affronter l’armée populaire, il se peut que les yankees volent à son secours.

« Si l’impérialisme américain envahit la Birmanie, le peuple birman lèvera haut le drapeau de l’opposition à l’impérialisme américain et se plongera bravement dans la bataille ». Tel est le serment qu’a fait le Parti Communiste de Birmanie.

L’impérialisme américain se livre partout à l’agression et à l’oppression par les armes des peuples de l’Asie du Sud-Est. Mais sa politique de rapine, de conquête sanglante des marchés, d’exploitation forcenée et de pillage est près de faire faillite.

Vague par vague, les peuples de l’Asie du Sud-Est se lèvent et prennent les armes. Les yankees veulent noyer la révolte des masses dans le sang et le napalm.

Mais ni le sang ni le napalm n’arrètent ceux qui savent que la guerre trempe les peuples, qu’elle accélère le processus historique.

La peur n’arrêtera jamais les millions et les millions d’hommes, la muraille indestructible de la révolution.

7 août 1965 à Nong-Hee, petit village du Nord-Est de la Thaïlande. Un commando de la police fasciste s’apprête à torturer et massacrer des patriotes.

Des coups de feu : le sergent qui marche à la tête du commando est tué, le colonel qui commande l’opération grièvement blessé. Lourdes pertes. Le reste s’enfuit. Aussitôt, des centaines dc policiers sont parachutés, tout le district est bouclé.

Rien n’y fait, les patriotes sont introuvables, pour avoir l’appui total des paysans, fruit d’une longue lutte politique contre les brutalités policières, les impôts exorbitants, les expropriations des terres servant à la construction des bases U.S.

C’était la première étincelle de la guerre populaire en Thaïlande !

Aujourd’hui, « l’état d’alerte militaire générale pour toutes les troupes » est proclamé. Au Nord, au Nord-Est, au Sud, se multiplient les régions de guérilla, les libérations de villages, la destruction d’hélicoptères, de patrouilles et de postes ennemis.

Nam bac, région stratégique du Haut-Laos avait été libérée cn 1961 par la population locale. Mais sur l’ordre des yankees, les forces de droite ont tenté d’encercler et de reprendre la région, qui devait leur servir de tremplin pour envahir le Nord.

Nam bac est libre de nouveau!

Dans les 15 derniers jours de janvier, les Forces Armées ont anéanti prèsde 3.000 soldats ennemis. Le peuple Lao, armé de la pensée de Mao Zedong, est invincible!

En Inde, après Naxalbari, les paysans du Nord du Bihar se sont mis en révolte pour la saisie de la terre. Guidés par la pensée de Mao Zedong, les révolutionnaires du Parti Communiste de l’Inde ont pris la tête des mouvements paysans dans 50 régions.

La lutte pour la terre est en marche : les esclaves d’hier, les paysans pauvres se sont dressés!

L’éveil des peuples de l’Asie du Sud-Est s’accélère! Les offensives générales du peuple vietnamien sont les salves annonciatrices de la victoire et de la liberté. Au Laos, en Birmanie, en Thaïlande, en Indonésie, les peuples ont formé l’immense armée de la pensée de Mao Zedong! 

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UJC (ml) : Les révisionnistes soviétiques trahissent ouvertement la lutte du peuple indien (1968)

[Avril 1968.]

En 1967, le peuple indien a pris les armes.

Les paysans de Naxalbari, organisés par les révolutionnaires du Parti Communiste de l’Inde, se sont révoltés contre l’exploitation renforcée par les grands propriétaires fonciers, contre les fermages exorbitants, et contre la répression systématique exercée par le gouvernement réactionnaire de I. Gandhi.

Ils ont repris les terres usurpées par les féodaux, ils se sont emparés des récoltes et les ont réparties parmi le peuple.

Pour faire face à la répression, ils se sont organisés en groupes armés et ont constitué des tribunaux populaires pour juger les despotes locaux.

La presse réactionnaire de tous les pays a présenté « l’émeute » de Naxalbari comme une jacquerie, soulèvement désespéré de ceux qui n’ont plus rien à perdre !

Aujourd’hui, d’après les révélations faites par la presse indienne, les luttes paysannes pour la terre se sont développées dans huit états et cinquante localités ; à l’exemple de Naxalbari, des comités paysans se créent partout dans le pays.

Les grands propriétaires fuient la juste colère du peuple et se réfugient dans les villes, ou bien organisent la terreur blanche en faisant assassiner les paysans qui veulent se révolter. La police et l’armée lancent des assauts furieux contre les foyers insurrectionnels.

L’IMPÉRIALISME AMÉRICAIN : ennemi n° 1 du peuple indien

Aujourd’hui, d’après les révélations faites par la presse indienne, les luttes paysannes pour la terre se sont développées dans huit états et cinquante localités ; à l’exemple de Naxalbari, des comités paysans se créent partout dans le pays.

Les grands propriétaires fuient la juste colère du peuple et se réfugient dans les villes, ou bien organisent la terreur blanche en faisant assassiner les paysans qui veulent se révolter. La police et l’armée lancent des assauts furieux contre les foyers insurrectionnels.

L’IMPÉRIALISME AMÉRICAIN : ennemi n° 1 du peuple indien

Le peuple indien lutte contre des conditions de vie qui ne sont encore aggravées ces dernières années. La situation alimentaire est catastrophique : 150 millions d’Indiens seraient actuellement mourants de faim.

C’est là le fruit du pillage éhonté exercé par l’impérialisme américain avec la complicité des classes dirigeantes locales. Depuis vingt ans, l’Inde n’est plus une colonie, mais son indépendance n’est qu’une façade : l’impérialisme américain a progressivement pris la relève des colonialistes britanniques : 60% des investissements étrangers en Inde sont américains.

Les Etats-Unis contrôlent l’agriculture, les communications, etc… Ils camouflent leur politique impérialiste sous l’étiquette « d’aide économique et technique ». C’est là un moyen à peine déguisé pour ruiner l’économie indienne et écouler massivement les produits de l’industrie U.S.

90% des sommes prêtées de l’aide US doivent être consacrée à l’achat de produits américains, en particulier les surplus agricoles, à des prix supérieurs aux cours mondiaux.

Conséquence : le déficit commercial de l’Inde croît et les Etats- Unis contrôlent, par ce biais, la moitié de la monnaie indienne. Pour faire accepter ces conditions au peuple indien, les impérialistes US ont un gouvernement à leur dévotion, issu des couches sociales les plus réactionnaires – propriétaires fonciers, féodaux, bourgeoisie bureaucratique et compradore – et solidement encadré par un réseau de 1.500 conseillers U.S. qui se mélent de toute l’activité politique indienne (achat de députés, espionnage sous toutes les formes, etc.) et encadrent l’armée.

La politique soviétique en Inde : un cas flagrant de collusion avec l’impérialisme américain

L’Union Soviétique, elle aussi apporte son « aide » à l’Inde : révisionnistes s’acharnent à souligner qu’à la différence de l’aide américaine, la leur est désintéressée, généreuse, exempte de toutes conditions et qu’elle permet au peuple indien de sortir de la misère et d’édifier une économie nationale.

En fait, l’aide soviétique ressemble à s’y méprendre à l’aide américaine : les sommes prêtées doivent être consacrées à l’achat de produits soviétiques à des prix exorbitants.

Les usines construites par les Soviétiques en Inde, sont gérées par des patrons venus d’U.R.S.S., et les produits fabriqués à un prix de revient dérisoire grâce aux salaires de misère imposés à la main- d’oeuvre indienne, sont revendus souvent très cher en Europe ou en Afrique : les Américains ne procèdent pas autrement à Formose ou au Japon.

Récemment, Indira Gandhi a invité Kossyguine et Tito aux fêtes « nationales » indiennes : deux chefs prestigieux du bloc révisionniste venus donner leur caution à la clique fantoche de Indira Gandhi !

L’objectif principal de Kossyguine était de renforcer l’emprise économique de l’U.R.S.S. en Inde.

Il a visité plusieurs usines construites grâce à l’aide soviétique et s’est conduit en patron mécontent; il a trouvé les rendements insuffisants : les usines de matériel électrique de Harward ne travailleraient actuellement qu’à la moitié de leur capacité : les travailleurs indiens peuvent s’attendre à ce qu’on double les cadences d’ici peu.

Les décisions prises vont encore accroitre la dépendance de l’économie indienne : les Soviétiques vont acheter la plus grande partie de la production des usines qu’ils ont construites, les plans économiques des deux pays seront coordonnés et un nouveau contingent d’experts soviétiques va se rendre en Inde pour suggérer les réformes de gestion nécessaires, en d’autres termes pour réaliser de plus gros profits de type impérialiste, moyennant une exploitation accrue des travailleurs indiens!

Pour réaliser de gros profits, les révisionnistes soviétiques ont intérêt à ce que la main-d’oeuvre de leurs usines indiennes continue à toucher des salaires de misère, ils ont intérêt à ce que la clique fantoche d’Indira Gandhi se maintienne au pouvoir, ils ont intérêt à s’entendre avec l’impérialisme américain, contre le peuple indien, contre le mouvement de libération nationale, contre la Chine.

A l’exemple des paysans de Naxalbari, le peuple indien osera se révolter contre tous ceux qui l’oppriment.   

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