Bartholomeus van der Helst

Bartholomeus van der Helst, ici sur un autoportrait de 1655, a été une figure majeure à Amsterdam dans le domaine des portraits.

On ne sera pas étonné qu’on retrouve des personnes appartenant à la haute bourgeoisie, au milieu des régents, à celui des banquiers et marchands importants, etc.

Cela veut dire que sa peinture est fonctionnelle ; néanmoins, elle peut parvenir à de résultats excellents aussi.

Sa représentation, en 1668, de Geertruida den Dubbelde, femme du lieutenant-amiral Aert van Nes, est ainsi un vrai chef-d’œuvre.

Le fondement de la démarche repose sur une vraie arrogance, mais le résultat est une composition avec un vrai style, qui exprime une grâce réelle et une personnalisation remarquable.

Le caractère réel, pour ne pas dire vivant, de la femme représentée prend le dessus de manière admirable.

Sont également très réussis, peints la même année, le portrait de son mari, et celui du vice-amiral Johan de Liefde, réalisés en collaboration avec Ludolf Bakhuizen.

À ce moment-là, les Pays-Bas emploient autour de 160 000 marins, pour dix mille navires. Le pays est en mesure de construire mille nouveaux bateaux par an, avec principalement les chantiers navals d’Amsterdam, Rotterdam et Middelbourg.

En 1602 avait été créée la Compagnie néerlandaise des Indes orientales ; on notera ici l’importance du roman Max Havelaar, publié en 1860 par Multatuli (en fait Eduard Douwes Dekker), qui dénonce le colonialisme néerlandais à Java et plus généralement dans les Indes néerlandaises.

Bartholomeus van der Helst connut un succès retentissant pourLe banquet à l’occasion de la célébration de la paix de Münster, le 18 juin 1648, par la Garde civique des arbalétriers (garde de Saint-Georges) d’Amsterdam dans son quartier-général.

C’est la fin de la guerre de Quatre-Vingts Ans contre l’empire espagnol, avec la formalisation de la séparation des Pays-Bas et de la future Belgique (restée dans le camp espagnol et catholique).

L’œuvre fait pratiquement 5,5 mètres de large.

Dans la même perspective, voici l’œuvre qui fut sa première grande commande, qui lui ouvrira des portes par la suite : la Milice du district VII dirigée par le capitaine Roelof Bicker et le lieutenant Jan Michielsz Blaeuw, dans une œuvre de 7,5 mètres de long peinte entre 1639 et 1643.

Bartholomeus van der Helst était de fait habitué à peindre en taille réelle, conformément à une attente des membres de l’oligarchie néerlandaise.

C’est ce qui lui permet de fournir une réelle incarnation aux personnages en combinant de manière intelligente les différentes postures grâce à une palette vraiment très bien maîtrisée.

De son vivant, il fut extrêmement reconnu et on peut le considérer comme le peintre le plus représentatif de ceux tournés vers l’oligarchie et un certain d’esprit complaisant dans la réalisation des œuvres.

Voici sa représentation des administrateurs du quartier général des arquebusiers d’Amsterdam, en 1655.

Tout à droite, on a Gerrit Reynst, un important marchand, ainsi qu’un grand amateur d’art avec son frère Jan, les deux possédant ce qui était sans doute la collection la plus importante du pays à l’époque.

Autre figure très importante de l’époque, Daniël Bernard était un très riche marchand, dont la famille était à la croisée des plus riches familles (Six, Tulp, d’Orville, Coymans, De Geer, Trip), grandement impliqué dans le commerce depuis l’Espagne jusqu’à l’Orient, et commerçant avec la Moscovie.

Bartholomeus van der Helst le représente ici, en 1669, et on devine bien comment il essaie de « rattraper » une figure peu agréable.

C’est qu’il était possible de faire face à des situations difficiles, comme par exemple pour les tableaux représentant Andries Bicker et Gerard Andriesz Bicker.

Le premier est alors maire d’Amsterdam, ce qu’il sera plusieurs fois ; il fut également directeur de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales.

Présenté dans un style calviniste classique, son fils est par contre représenté comme une sorte de figure décadente, sans doute malgré tous les efforts faits.

Il va de soi qu’on n’a pas ici le meilleur de la peinture néerlandaise.

Coupée du peuple et orientée vers l’oligarchie, celle-ci perd sa substance et se ramène à une logique néo-féodale.

Un dernier exemple parlant est le Double portrait de Jan Jacobszoon Hinlopen et Lucia Wijbrants. Le premier était un riche marchand de tissus, bien entendu officier dans la garde civique, grand propriétaire à Amsterdam et un amateur d’art reconnu.

Sa femme était la fille d’un maire richissime, amateur d’art, par ailleurs directeur de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, possesseur de parts dans la Magelhaense Compagnie (Compagnie Magellan) qui commerçait avec l’Amérique du sud et .

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la peinture néerlandaise