Émergence de 12 thèses sur le Québec

I La situation particulière de l’Amérique du Nord dans son rapport à l’Angleterre

a) L’Amérique du Nord a posé un problème historique à l’Angleterre, qui avait dans un premier temps sous-estimé l’importance de la modernisation nécessaire pour maintenir sa domination coloniale et impériale sur des économies qualitativement plus avancées que, par exemple, celle de l’Inde. L’échec de l’Angleterre a mené à l’indépendance des treize colonies et la formation des États-Unis. 61 ans plus tard, les rébellions patriotes-démocratiques ont presque coûté à l’Angleterre une seconde indépendance, sur le territoire canadien cette fois.

b) L’Angleterre a pu relativement maintenir sa mainmise historique sur le Canada au moyen d’un compromis historique due à la configuration particulière du droit de propriété coupant littéralement le pays en deux. Le Canada n’existe pas de manière unifiée lors du processus de colonisation et les conditions historiques de la partie colonisée par la France étaient arriérées en comparaison à la partie anglaise. C’est un développement inégal qui va façonner le Canada.

II La situation particulière du Canada français

a) La partie française du Canada, colonisée sous l’égide de la Compagnie de la Nouvelle-France (également appelée la Compagnie des Cent-Associés) a connu l’établissement d’un régime de type féodal. Les seigneurs ont immédiatement mis en place leur domination de type parasitaire, asseyant leur position monopolistique – bureaucratique, notamment au moyen des profits du commerce de la fourrure dont le roi de France leur a donné le monopole.

b) Le servage et le système seigneurial sont abolis en 1854, formellement seulement puisque les paysans doivent racheter à haut prix leur liberté, ce que l’écrasante majorité n’est pas en mesure de faire, passant au paiement régulier d’une rente. Cette situation perdura jusqu’en 1935 et c’est le Syndicat National du Rachat des Rentes Seigneuriales qui lui mit fin.

III Le double développement du Canada anglais

a) La partie anglaise du Canada a connu quant à elle une vaste colonisation de peuplement, sur la base d’une paysannerie immigrée qualifiée établissant des fermes. Le capitalisme anglais, déjà puissamment lancé, fit du Haut-Canada sa plaque tournante. Ce qui deviendra l’Ontario forma le levier du développement général du mode de production capitaliste au Canada, formé de la réunion des Haut et Bas Canada avec les autres colonies britanniques d’Amérique du Nord, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse.

b) Le capitalisme qui s’est développé dans la partie anglophone sous l’égide de l’impérialisme anglais contient une contradiction essentielle : celle entre une paysannerie libre produisant par définition le capitalisme sans entraves et une bourgeoisie formée de manière bureaucratique par son rôle d’entremetteur pour l’impérialisme anglais exportant son capital.

IV La mise en place du Canada sous l’égide du Canada anglais lui-même intégré dans le dispositif de l’impérialisme anglais

a) La prépondérance du Haut Canada s’appuie sur le fait qu’elle forme le bastion anglophone, à l’opposé d’un Bas Canada français, la France ayant perdu toute cette zone à la suite de la guerre de sept ans (1756-1763). Ensuite, il y a le fait qu’elle forme la base de repli des loyalistes britanniques fuyant les États-Unis ayant conquis leur indépendance. Enfin, c’est la base matérielle de la victoire sur la tentative d’invasion américaine de 1812.

b) Le régime canadien se développera dans plusieurs constitutions. L’Acte d’Union de 1840 servira de base de développement à l’idéologie canadienne, puisqu’elle entend « unir » les « deux » Canadas en une Province of Canada, comprenant le partage égal de la représentation parlementaire et une dette inégale des deux Canadas. C’est en 1867 que le Dominion du Canada voit le jour avec l’Acte d’Amérique du Nord Britannique, qui donnera petit à petit le Canada qu’on connaît aujourd’hui avec son partage actuel du pouvoir fédéral-provincial, de nouvelles provinces s’ajoutant au fil du temps. Ce n’est qu’en 1982, par le Rapatriement de la Constitution, que la souveraineté juridique du Canada est totalement reconnue par rapport à l’Angleterre et que la bourgeoisie nationale canadienne-anglaise a pour ainsi dire « acquis » son indépendance politique face à l’Angleterre, accompagnant toutefois une pénétration toujours plus accrue de capitaux en provenance des États-Unis sur son territoire.

V Le rapport contradictoire du Canada français au Canada anglais

a) La bourgeoisie nationale canadienne anglaise ne s’est pas révoltée contre la bourgeoisie compradore liée à l’Angleterre. Il y a eu un double développement, l’aspect principal étant la domination de la bourgeoisie compradore, avec une alliance avec la bourgeoisie nationale placée dans un rôle subordonné.

b) Le Canada ne naît pas sur la base d’un régime démocratique bourgeois, mais sur la base de la domination d’une oligarchie issue des formidables apports capitalistes par en haut de l’impérialisme anglais. Cet aspect est toutefois tempéré par un fort capitalisme par en bas issu de la paysannerie libre anglaise historique. Ce compromis historique n’a pu se réaliser que dans le partage d’un butin, qui a été le Québec.

VI Les contradictions propres au Canada français

a) La classe féodale du Bas Canada, c’est-à-dire du Québec, a été intégrée et non renversée. Il n’y a donc pas eu d’aboutissement démocratique dans les campagnes, seulement un transfert graduel du monopole terrien des féodaux vers les grands propriétaires capitalistes bureaucratiques.

b) Le rôle historique de la classe féodale du Bas Canada étant devenu inutile, le capitalisme impulsé par les anglo-saxons pouvait s’en défaire totalement, la laissant finir de se diluer dans les factions bourgeoises de la province québécoise, principalement celle des promoteurs immobiliers, nouvelle couche monopoliste.

VII L’origine des contradictions propres au Canada français

a) Le capitalisme du Canada anglais ne s’est pas systématisé, car lui-même a été impulsé par en haut dans une large partie, avec donc des aspects monopolistes. Si tel n’avait pas été le cas, si le capitalisme s’était réellement développé librement au Canada, alors le Québec arriéré dans ses forces productives, emprisonné dans ses formes féodales, aurait été intégré de manière complète, perdant toutes ses caractéristiques.

b) Le maintien d’une base féodale au Canada français trouve son origine dans le caractère en partie monopoliste du capitalisme du Canada anglais. La conséquence en est l’incapacité à parvenir à une forme républicaine et au maintien des couches dominantes au moyen de quatre encadrements provinciaux spécifiques, permettant une alliance de l’élite anglophone directement liée au capitalisme anglais, ainsi qu’aux capitalistes locaux, et l’élite francophone formant une aristocratie impulsant un capitalisme par en haut.

VIII Le Québec comme nation en formation

a) Le maintien du Québec malgré le développement du capitalisme canadien (anglais) ne fait pas que témoigner des faiblesses de celui-ci. Il aboutit inéluctablement, par de par la pénétration capitaliste dans les campagnes féodales du Québec, à l’émergence du sentiment national. À la langue et au territoire s’est associé l’établissement d’un marché avec une vie économique particulière, s’ajoutant à la formation psychique fondé sur l’origine française et la religion catholique.

b) De par la pénétration capitaliste d’origine extérieure, l’affirmation nationale du Québec ne pouvait être que déformé par le prisme de la religion et de la paysannerie, produisant un romantisme idéaliste. Les couches féodales ont pu profiter de cela pour user de démagogie afin de maintenir leurs propres positions tout en accompagnant la pénétration capitaliste.

IX Les positionnements face au Québec comme nation en formation

a) Le Canada anglais tenta de régler la question du Canada français par en haut, au moyen de mesures comme l’interdiction aux Français d’acheter des terres à l’Ouest du pays, la venue d’immigrants pour une recolonisation anglophone du Québec, l’intégration de « nègres de maison » francophones, une provincialisation extrêmement marquée, etc.

b) De par la situation historiquement coincée du Canada français, une lecture non communiste ne pouvait aboutir qu’à une volonté romantique d’aller en arrière ou bien inversement un désir libéral cosmopolite-apatride de pratiquer la fuite en avant dans l’idéologie canadienne, voire américaine.

X La crise moderniste du Canada du début de la seconde moitié du XXe siècle

a) L’élévation des forces productives a fracassé la chape de plomb féodal. La société québécoise se scinde durant la période d’administration de premier ministre Maurice Duplessis (1944-1959), la « grande noirceur ». La fraction libérale-démocratique l’emporte et mène au Québec la « révolution tranquille » (1960-1966). L’émergence d’un sentiment national, romantique mais ayant abandonné ses oripeaux féodaux, en est la conséquence, provoquant une importante agitation dans les années 1960-1970, portée par la petite-bourgeoisie principalement.

b) La remise en cause complète des rapports de force entre les États-Unis et l’Angleterre à partir de 1918 amena parallèlement une généralisation de l’emprise de l’impérialisme américain sur le Canada. La fraction pro-américaine de l’oligarchie canadienne l’emporta toujours plus sur celle liée à l’Angleterre, alors que l’essor de la bourgeoisie nationale canadienne s’est affaiblie sous la pression. Cette affaiblissement n’est toutefois que relatif, la bourgeoisie nationale (principalement canadienne-anglaise), qui s’est affirmée tout au long du 20e siècle grâce à la place laissée par l’impérialisme britannique, vient jouer un rôle d’avant plan, affirmant sa tendance monopoliste et même impérialiste par ses sphères reliées aux hydrocarbures et au secteur minier.

XI Le Québec face au défi historique

a) Le Canada français est peut être l’exemple le plus développé au monde d’un capitalisme de type bureaucratique, d’où une existence matérielle exceptionnellement très forte de la petite bourgeoisie et de l’aristocratie ouvrière. De par le haut niveau de développement des forces productives, le Québec fait face à la fois à des difficultés typiques des pays capitalistes avancés (24h/24 du capitalisme, petite bourgeoisie très puissante sur le plan culturel, aristocratie ouvrière liée aux syndicats etc.), mais également à une situation à la fois provincialiste et secondaire dans le dispositif canadien.

b) Le souci historique du Québec est qu’il a toujours été à la traîne par rapport aux modifications au Canada, de par sa situation historiquement arriérée. Ce caractère arriéré n’existe toutefois plus qu’à l’arrière-plan dans le cadre du capitalisme avancé. Le Québec apparaît comme le maillon faible non seulement du dispositif canadien, mais même pratiquement des États-Unis.

XII Les tâches national-démocratiques au Québec : une portée historique

a) La seule base pouvant permettre l’égalité des peuples en Amérique du Nord est le socialisme, qui lui-même doit venir de l’effort démocratique-populaire. De par sa mise de côté dans le dispositif canadien, lui-même une annexe de l’impérialisme américain, le Québec représente le détonateur pour une Union républicaine et populaire canadienne et même américaine.

b) Dans le cadre spécifique du Québec, la contradiction historique se pose par l’affirmation nationale-démocratique, avant de se généraliser au reste du Canada (voire de l’Amérique du Nord et de ses autres cadres spécifiques). Ainsi la première tâche des démocrates et des révolutionnaires québécois est d’arborer et de transmettre l’héritage nationale-démocratique, de le faire vivre, d’en étudier et d’en défendre ses acteurs historiques, sociaux comme culturels, ainsi que de débuter une étude matérialiste-historique de la situation nord-américaine, afin de mettre en branle le mouvement populaire démocratique ébranlant le dispositif impérialiste nord-américain. Cela conduit à une Union sur une base démocratique ou, sinon, à l’indépendance.

With people’s war, under the banner of MLM, facing the second general crisis of capitalism!

First of May, 2020 Declaration
MLM Center Belgium
, CPF (mlm)

We are entering the new era, one where everything will change in the most profound way, at all levels, in all areas. The strategic offensive of the world revolution has now its material basis to carry itself out in the fullest way.

This perfectly confirms the assertion of Mao Zedong, during the Great Proletarian Cultural Revolution launched in 1966, that humanity will experience upheavals like it has never known in the next fifty, hundred years. This confirms the assertion of the glorious Communist Party of Peru, led by Gonzalo, that the victory of the proletariat « will require, approximately, 200 years counting from the Paris Commune in 1871 ».

This is what has momentarily allowed the capitalist mode of production to relatively save itself which turns around in its opposite and comes to stab it.

Because this general crisis appears with covid-19, a disease in which the virus which produces it comes from a mutation directly resulting from contradictions developed by the capitalist mode of production: the contradiction between humans and animals on the one hand, the contradiction between town and countryside on the other.

Covid-19 is the product of a mutation made possible by the destruction of wildlife, its use by the capitalist market, as well as the formation of a livestock industry taking ever more horrible proportions on the scale world.

The capitalist mode of production has installed a so unnatural agro-industrial device that it causes disruption on the scale of life itself, on a planetary level.

The fact that the crisis started in China owes nothing to chance: this country has played a key role in the capitalist mode of production since its total integration into it under the aegis of the revisionist Deng Xiao Ping. Social-fascist China has helped to revive the capitalist mode of production, but its own development brings new contradictions, which are all the more explosive.

We affirm, on the First of May, 2020, that the capitalist mode of production is a complete obstacle to the development of humanity and to the enhancement of life itself. All the states which are at the service of the capitalist mode of production must be overthrown, so that humanity is able to establish socialist, dialectical and non-destructive relationships with all that forms the planetary Biosphere!

Strictly speaking, this problem has already appeared in a perfectly legible way with climate change. We even find it before with the animal question in parallel with the development of industrial farming and widespread animal testing. It is also the basis of the aggression against the human condition itself, since human beings are alienated and exploited, subjected to psychological and physiological pressures distorting them in the sense of capitalist utility.

If the capitalist mode of production developed the productive forces, which has been its historically positive role, it has now passed into the camp of destruction. It demolishes what the evolution of life has taken an immense time to develop, it distorts everything in order to integrate it into its own modalities.

It demolishes humanity, it demolishes animal life, it demolishes plant life, it demolishes the Biosphere. It advocates escapism into virtuality, into the futile consumer ego, into cynicism and selfishness, into abstractions no longer linked to reality. It produces decadence.

The concern is indeed that, at the same time as its negative aspect, it is the capitalist mode of production which ensures the reproduction of the life of humanity and the latter is therefore trapped in it in terms of values, mentalities, world view.

The cultural battle against the values carried by the capitalist mode of production is therefore essential.

In imperialist metropolises, where triumphs the 24 hours a day of capitalism, there must be a spirit of rupture at the height, an ability to be consistent to the end in the affirmation of communism. We underline thegrowing weight of subjectivity in imperialist metropolises and recall that revolutionary consciousness never emerges mechanically, but as a fracture with dominant values.

This aspect is also present in semi-colonial semi-feudal countries, although to a lesser extent, because instability takes precedence by definition in most of the countries of the world, which are experiencing a situation of dependence on the hard core of the mode of capitalist production which are the imperialist countries.

However, given the magnitude of the general crisis of capitalism that is opening up, the return of instability in the latter is inevitable and already appears. The global confinement has deeply shaken minds, it has broken many certainties, it has challenged many routines, it has devalued a whole series of traditions.

This is also true at the world scale. Humanity, of course, fluctuates between the idealistic hope of a hypothetical return to normal and the materialist understanding that the capitalist mode of production is at an impasse.

The higher the level of consciousness, the more there is the grasp that the current situation is the result of an evasive rush forward of the capitalist mode of production, which seeks to escape the tendency of the profit rate to fall by always finding more spaces to develop.

The covid-19 crisis then appears as a natural bulwark against the hallucinatory development of a capitalist mode of production which is global and destructive.

We affirm here that only a correct dialectical materialist understanding of the crisis can bring about a correct political and cultural orientation, naturally also of the ideological, scientific dimension.

Who does not use the concepts of Biosphere, who does not want to understand the dignity of the reality of the animal question, who has never grasped the scope of global warming, who does not use the contradiction between cities and countryside in his approach… can absolutely not capture our time.

We wish to emphasize that this is in no way a modification, a revision or a contribution to Marxism-Leninism-Maoism. It is a use of existing concepts, a deeper understanding of them due to our times.

We note with sadness, moreover, that all of this is completely cleared out by the organizations claiming to be Marxist-Leninist-Maoist, when they should come to this by their very approach. It is true that, unfortunately, in recent years, two trends have dominated, leading straight into the wall.

The first trend, mainly grouping together all the organizations in America (North and South), wanted in an abstract-formal approach to make Gonzalo a classic of Marxism-Leninism-Maoism, with a deny of the principle of guiding thought. A stereotypical style has led this tendency to negate the covid-19 crisis, to see it as a sort of bourgeois conspiracy to mask the crisis and strengthen political and police grip. Such a vision leads to total bankruptcy.

The second trend brings together organizations with a syndicalist-populist approach stemming from their “Marxist-Leninist” origin of the 1970s. It is always strange to see the Maoist Communist Party of Italy talking about people’s war when it already existed when the armed struggle was general in Italy, which seemed to it a simple anarchism. As for the other organization forming the core of this approach, the Revolutionary Communist Party of Canada, it openly assumes to consider that the Great Proletarian Cultural Revolution is a completely secondary fact, much less important for example than the Chinese revolution culminating in 1949.

It is hardly surprising that this trend has a lot to say, but that it is part of a syndicalist-populist approach, without any depth, without any scale. The emptiness of this approach is all the more obvious now.

We affirm that there are three lines in the movements claiming to be Marxist-Leninist-Maoist. There is the opportunist left line, which offers a turnkey ideology where Gonzalo would be the universal key to do anything one wants in its own way, which is leftism. There is the right opportunist line who wants to unite all the Maoists without any regard for ideological content. Finally, there is the correct line which makes the teachings of Gonzalo and the Communist Party of Peru the correct interpretation of Maoism and advocates the formation of guiding thoughts to go to people’s war.

This amounts to a two-line struggle, because the opportunist line on the right and the opportunist line on the left have the same anti-historical materialist and anti-dialectical materialist approach, as evidenced by the many noisy and picturesque, often ephemeral groups, oscillating between both, such as those structures that have already disappeared, like Jugendwiderstand in Germany, or also in the United States the Tampa Maoist Collective, the Red Guards Kansas City, the Red Guards Charlotte, the Red Guards Los Angeles, the Red Guards Austin, etc.

We for our part, with different forces, sought to develop another tendency, going in the direction of a real level in the field historical materialism, of a real ideological clarity, which goes hand in hand with the acceptance of the teachings of Gonzalo and the Communist Party of Peru. We consider that our 2013 joint document on the guiding thought is a very rich source of information. The refutation of Prachanda’s revisionism was carried out first by the CPF (mlm) and it is also a totally correct contribution.

It is very harmful that the international refutation of Prachanda did not continue politically until it was achieved in international unity. Here we must underline the harmful role of the Colombian UOC (MLM), which yesterday denounced the Maoist Communist Party of Italy as centrist and ultimately became one of its vassals.

It must be seen that the failure of the UOC (MLM) is all the more damaging since this organization had the qualities of its faults. It did not understand the concept of semi-colonial semi-feudalism and mistakenly considered its country, Colombia, as capitalist. This however reflected a very fine observation of the development of agro-industrial (bureaucratic) capitalism in its own country. The UOC (MLM) should have played a key ideological role in the current crisis, by the nature of it. But as it was haughty with the animal question and climate change,it did not grasp the contradiction between town and country adequately, it failed to make a qualitative leap which would have been of great value.

It is possible to think that the Communist Party of India (Maoist) could also have played here a very important role, because of the situation of India within the framework of the contradiction between town and countryside, of the historical culture existing in this country in relation to the animal condition. This Party, however, preserves its tradition of non-interference in the International Communist Movement, just like the Communist Party of the Philippines. These two parties have by the way always refuted Gonzalo’s teachings, like the TKP / ML of Turkey.

In any case, the problem of the assertion of Marxism-Leninism-Maoism can only have a concrete and not syndicalist, populist, semi-anarchist, etc. basis : this must be a concrete historical basis.

The basic problem in each country is the question of assimilating the principles of dialectical materialism and the concrete study of reality from revolutionary subjectivity recognizing the dignity of reality. This forms the basis for the generation of a guiding thought, orientation for the communist engagement in class struggles having, by definition, a national framework.

This movement of generation of guiding thoughts will experience a powerful development with the crisis. The bourgeoisie has no choice but to seek to make pay for it the oppressed countries, but also the proletariat of the imperialist countries. In the same way, the massive indebtedness of the States following the pandemic of covid-19 does not consist in any way of an accounting abstraction on the part of the central banks realizing a “creation” of money, but simply in a credit to the detriment of the proletariat .

The pressure is going to be enormous, dynamiting the neutralized relations between the classes due to the great wave of capitalist accumulation which started in the 1950s and was reinforced by the collapse of Soviet social-imperialism and the triumph of revisionism in China.

The class struggle will therefore not be limited to a conflict for a better distribution of wealth, as it was mainly the case for fifty years in the most advanced capitalist countries because of the relative nature only of the pauperization of the proletariat, allowing the formation of a powerful working class aristocracy. This process was relatively true in the oppressed countries as well.

The reason for this change is that the class struggle now knows the contribution of the contradiction between town and country, which gives it an explosive dimension. It reflects the planetary dimension of the revolutionary question, it plunges the capitalist mode of production into a contradiction with life itself, it reveals to the world its tendency to destructive absolutism.

And, since it is triumphant, the capitalist mode of production will storm the broad masses to try to get out of this general crisis.

It means the materialization of the most bitter class struggle due to an immense polarization within the framework of the class struggle whose framework is planetary both in form and in content of the crisis. The proletarian fabric will recompose, the confrontation between the classes will resume its authentic character, its substance being war, the battle for power.

This is an essential aspect to grasp the new period which is coming, and whose understanding will distinguish more than ever the authentic revolutionaries from the usurpers and this throughout the revolutionary process. This is the meaning of the MLM slogan: PEOPLE’S WAR UNTIL COMMUNISM!

The question is that of power. We need a state that is that of the masses, under the leadership of the working class. This state can only be born in war, in the overthrow of the old state and we see with the crisis of covid-19 how decadent, bureaucratic it is, ever more disconnected from reality and the masses.

The contradiction between State and society has been flagrant since the start of the health crisis, in all countries of the world. It is a constitutive aspect of the crisis as a product of the capitalist mode of production and its concrete embodiment. The decadence of the bourgeoisie, at the helm of the States, is as much the product of this crisis as its political and cultural, ideological manifestation.

The most fragile imperialist powers like France, Italy or Belgium have particularly marked the international opinion by their great weakness, leaving no more no less than the health crisis to settle in their country by taking measures only very late and in a largely insufficient way. The same is true in many countries of the world, whether in India where the government has literally given up confining the population due to the total disorganization of the country or even in most African countries, terrorized by the observation of their powerlessness.

This decline of the state apparatus also largely concerns the two superpowers of today, China and the United States. In China, where the covid-19 pandemic started, the state was particularly shaken in its expansionary impulse, despite an apparent capacity to manage in terms of health, which was actually of the police-military type. The United States finds itself deeply upset by a confrontation between federal authorities and state governors, recalling the situation of the 19th century, bringing the state back to instability in its very original foundations.

We affirm that the state question is central. The people must become the new state and that requires a very high level of organization and awareness. Whoever does not work in this sense has an anarchist approach, totally foreign to the principles of Bolshevism. Not a populist activity, but a basic work must be to carried, at the same time organizational and programmatic, so that a new State is constituted, violently breaking the old State, crushing it in all the fields, therefore also culturally and ideologically.

This poses, once again, the need for a guiding thought, for a correct understanding of national culture, popular mentalities, the historical course specific to a country. It is not a question of stopping, slowing down, framing, making regress the mode of capitalist production in each country, but to overpass it.

We insist on this principle of overpassing. Historical materialism, providing the concept of mode of production, underlines that History has a meaning and this meaning is integrated, in fact, in the universal movement of matter towards more complexity, more connections, more interpenetration .

A mode of production concerns the social life of Humanity and this social life always takes place in a concrete situation. This is why we cannot understand the covid-19 crisis without seeing that it is an aspect of the destructive development of the capitalist mode of production… Just as we cannot understand the covid-19 crisis without considering life on Earth as a Biosphere, an organized, moving, evolving whole.

This cannot be understood without the dynamics of the capitalist mode of production, which seeks to escape the downward trend in the rate of profit by the pressurization of wage labor, by the widening of its fields of intervention, by the imperialist war with here the background of the inevitable Sino-American conflict. This cannot be understood without grasping the nature of the overproduction of goods and the overproduction of capital, the dialectical relationship of which forms the hard core of the general crisis of capitalism.

And all this is expressed concretely, in each country, as a revolutionary contradiction with very specific aspects.

The unity of the authentic international communist movement, Marxist-Leninist-Maoist, can only go through scientific exchanges on the concrete character of these aspects. We affirm the need for an international platform allowing access to each other’s perspectives on these concrete aspects.

This process is in any case inevitable, because revolutionary subjectivity breaks with the dominant ideology, inevitably tends to Marxism-Leninism-Maoism, seizing the universal to return to the particular and develop the people’s war in the country having been the breeding ground for this subjectivity.

There can be no formal spread of Marxism-Leninism-Maoism, this only produces an opportunism all the more folkloric in the trying to mask its real nature.

Long live proletarian Internationalism!

Long live Marxism-Leninism-Maoism!

People’s War until Communism!

Avec la guerre populaire, sous la bannière du MLM, face à la seconde crise générale du capitalisme !

Déclaration du premier mai 2020

PCF(mlm), CMLMB

Nous rentrons dans la nouvelle époque, celle où tout va changer de manière la plus profonde, à tous les niveaux, dans tous les domaines. L’offensive stratégique de la révolution mondiale dispose désormais de sa base matérielle pour se réaliser de la manière la plus pleine.

Cela confirme parfaitement l’affirmation de Mao Zedong, lors de la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne lancée en 1966, comme quoi l’humanité connaîtra des bouleversements comme elle n’en a jamais connu dans les cinquante, cent années à venir. Cela confirme l’affirmation du glorieux Parti Communiste du Pérou, dirigé par Gonzalo, comme quoi la victoire du prolétariat « demandera, approximativement, 200 ans en comptant à partir de la Commune de Paris en 1871 ».

C’est ce qui a momentanément permis au mode de production capitaliste de relativement se sauver qui se retourne en son contraire et vient le poignarder.

Car cette crise générale apparaît avec le covid-19, une maladie dont le virus qui le produit est issu d’une mutation provenant directement de contradictions développées par le mode de production capitaliste : la contradiction entre les êtres humains et les animaux d’un côté, la contradiction entre les villes et les campagnes de l’autre.

Le covid-19 est le produit d’une mutation rendue possible par la destruction de la vie sauvage, son utilisation par le marché capitaliste, ainsi que la formation d’une industrie de l’élevage prenant des proportions toujours plus horribles à l’échelle mondiale.

Le mode de production capitaliste a installé un dispositif agro-industriel tellement contre-nature qu’il provoque des dérèglements à l’échelle de la vie elle-même, au niveau planétaire.

Que la crise soit partie de Chine ne doit rien au hasard : ce pays joue un rôle clef dans le mode de production capitaliste depuis son intégration totale dans celui-ci sous l’égide du révisionniste Deng Xiao Ping. La Chine sociale-fasciste a permis de relancer le mode de production capitaliste, mais son propre développement amène de nouvelles contradictions, qui se révèlent d’autant plus explosives.

Nous affirmons, en ce premier mai 2020, que le mode de production capitaliste est un obstacle complet au développement de l’humanité et à la valorisation de la vie elle-même. Tous les États qui sont au service du mode de production capitaliste doivent être renversés, afin que l’humanité soit en mesure d’établir des rapports socialistes, dialectiques et non destructeurs, avec tout ce qui forme la Biosphère planétaire !

Au sens strict, cette problématique est déjà apparue de manière parfaitement lisible avec le changement climatique. On la retrouve même auparavant avec la question animale parallèlement au développement des élevages industriels et de l’expérimentation animale généralisée. C’est également la base de l’agression contre la condition humaine elle-même, puisque les êtres humains sont aliénés et exploités, soumis à des pressions psychologiques et physiologiques les déformant dans le sens de l’utilité capitaliste.

Si le mode de production capitaliste a développé les forces productives, ce qui a été son rôle historiquement positif, il est passé désormais dans le camp de la destruction. Il démolit ce que l’évolution de la vie a mis un temps immense à développer, il déforme chaque chose afin de l’intégrer dans ses propres modalités.

Il démolit l’humanité, il démolit la vie animale, il démolit la vie végétale, il démolit la Biosphère. Il prône la fuite dans le virtuel, dans l’ego consommateur et futile, dans le cynisme et l’égoïsme, dans les abstractions sans plus aucun lien avec le réel. Il produit la décadence.

Le souci est en effet que, en même temps que son aspect négatif, c’est le mode de production capitaliste qui assure la reproduction de la vie de l’humanité et cette dernière est donc prisonnière de lui sur le plan des valeurs, des mentalités, de la vision du monde.

La bataille culturelle contre les valeurs portées par le mode de production capitaliste est pour cette raison essentielle.

Dans les métropoles impérialistes, là où triomphe le 24 heures sur 24 du capitalisme, il faut un esprit de rupture à la hauteur, une capacité à être conséquent jusqu’au bout dans l’affirmation du communisme. Nous soulignons le poids croissant de la subjectivité dans les métropoles impérialistes et rappelons que la conscience révolutionnaire n’émerge jamais mécaniquement, mais comme fracture avec les valeurs dominantes.

Cet aspect est également présent dans les pays semi-féodaux semi-coloniaux, même si de manière moindre, car l’instabilité prime par définition dans la majeure partie des pays du monde, qui connaît une situation de dépendance par rapport au noyau dur du mode de production capitaliste que sont les pays impérialistes.

Cependant, de par l’ampleur de la crise générale du capitalisme qui s’ouvre, le retour de l’instabilité dans ces derniers est inévitable et apparaît déjà. Le confinement mondial a puissamment ébranlé les esprits, il a cassé nombre de certitudes, il a remis en cause beaucoup de routines, il a dévalorisé toute une série de traditions.

Cela est d’ailleurs vrai à l’échelle mondiale. L’humanité oscille bien entendu entre l’espoir idéaliste d’un hypothétique retour à la normale et la compréhension matérialiste que le mode de production capitaliste est dans une impasse.

Plus le niveau de conscience est élevé, plus il y a la saisie que la situation actuelle est le fruit d’une fuite en avant du mode de production capitaliste, qui cherche à échapper à la chute tendancielle du taux de profit en trouvant toujours plus d’espaces pour se développer.

La crise du covid-19 apparaît alors comme un rempart naturel au développement halluciné d’un mode de production capitaliste mondial et destructeur.

Nous affirmons ici que seule une juste compréhension matérialiste dialectique de la crise peut amener une juste orientation politique et culturelle, sans parler de la dimension idéologique, scientifique.

Qui n’utilise pas les concepts de Biosphère, qui ne veut pas comprendre la dignité du réel de la question animale, qui n’a jamais saisi la portée du réchauffement climatique, qui n’utilise pas dans son approche la contradiction villes/campagnes… ne peut absolument pas saisir notre époque.

Nous tenons à souligner qu’il ne s’agit en aucun cas d’une modification, d’une révision ou d’un apport au marxisme-léninisme-maoïsme. Il s’agit d’une utilisation de concepts déjà existants, d’une compréhension plus approfondie de ceux-ci en raison de notre époque.

Nous notons avec tristesse d’ailleurs que tout cela échappe complètement aux organisations se revendiquant du marxisme-léninisme-maoïsme, alors qu’elles devraient aboutir à cela de par leur démarche même. Il est vrai que, malheureusement, ces dernières années, deux tendances ont dominé, menant tout droit dans le mur.

La première tendance, regroupant principalement l’ensemble des organisations d’Amérique (du Nord et du Sud), a voulu dans une approche abstraite-formelle faire de Gonzalo un classique du marxisme-léninisme-maoïsme, en niant au passage le principe de pensée-guide. Un style stéréotypé a amené cette tendance à nier la crise du covid-19, à y voir une sorte de complot bourgeois pour masquer la crise et renforcer l’emprise politique et policière. Une telle vision aboutit à une totale banqueroute.

La seconde tendance regroupe des organisations ayant une démarche syndicaliste-populiste issue de leur origine « marxiste-léniniste » des années 1970. Il est toujours étrange de voir le Parti Communiste Maoïste d’Italie parler de guerre populaire alors qu’il existait déjà lorsque la lutte armée était générale en Italie et qu’alors cela lui semblait un simple anarchisme. Quant à l’autre organisation relevant du noyau de cette approche, le Parti Communiste Révolutionnaire du Canada, il assume ouvertement de considérer que la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne est un fait tout à fait secondaire, bien moins important par exemple que la révolution chinoise culminant en 1949.

Il n’est guère étonnant que cette tendance ait beaucoup de choses à dire, mais que cela relève d’une approche syndicaliste-populiste, sans aucune profondeur, sans aucune envergure. La vacuité de cette approche n’est que d’autant plus flagrante désormais.

Nous affirmons qu’il existe trois lignes dans les mouvements se revendiquant du marxisme-léninisme-maoïsme. Il y a celle opportuniste de gauche, qui propose une idéologie clef en main dont Gonzalo serait la clef universelle permettant de faire ce que l’on veut comme on veut, ce qui est du gauchisme. Il y a celle opportuniste de droite voulant unir tous les maoïstes sans aucun égard pour le contenu idéologique. Il y a, enfin, la ligne juste qui fait des enseignements de Gonzalo et du Parti Communiste du Pérou l’interprétation correcte du maoïsme et prône la formation des pensées guides pour aller à la guerre populaire.

Cela revient à une lutte de deux lignes, car la ligne opportuniste de droite et la ligne opportuniste de gauche ont la même démarche anti-matérialiste historique et anti-matérialiste dialectique, comme en témoigne les multiples groupes folkloriques et bruyants, souvent éphémères, oscillant entre les deux, telles ces structures déjà disparues comme Jugendwiderstand en Allemagne, ou encore aux États-Unis le Tampa Maoist Collective, les Red Guards Kansas City, les Red Guards Charlotte, les Red Guards Los Angeles, les Red Guards Austin, etc.

Nous avons de notre côté, avec différentes forces, cherché à développer une autre tendance, allant dans le sens d’un réel niveau quant au matérialisme historique, d’une véritable clarté idéologique, ce qui va de pair avec l’acceptation des enseignements de Gonzalo et du Parti Communiste du Pérou. Nous considérons que notre document commun de 2013 sur la Pensée-Guide est une source très riche d’enseignement. La réfutation du révisionnisme de Prachanda a été réalisé en premier par le PCF (mlm) et c’est également une contribution tout à fait juste.

Il est fort dommageable que la réfutation internationale de Prachanda ne se soit pas prolongée politiquement jusqu’à se réaliser en une unité internationale. Il faut ici souligner le rôle néfaste de l’UOC(MLM) de Colombie, qui hier dénonçait le Parti Communiste Maoïste d’Italie comme centriste pour devenir finalement un de ses vassaux.

Il faut bien voir que l’échec de l’UOC(MLM) est d’autant plus dommageable que cette organisation avait les qualités de ses défauts. Elle ne comprenait pas la notion de semi-féodalisme semi-colonialisme et considérait de manière erronée son pays, la Colombie, comme capitaliste. Cela reflétait toutefois une observation très fine du développement du capitalisme (bureaucratique) agro-industriel dans son propre pays. L’UOC(MLM) aurait dû joué un rôle primordial idéologiquement dans la crise actuelle, de par la nature de celle-ci. Mais comme elle a été hautaine avec la question animale et le changement climatique, elle n’a pas saisi la contradiction villes/campagnes de manière adéquate, elle a échoué à réaliser un saut qualitatif qui aurait été d’une grande valeur.

On peut se douter que le Parti Communiste d’Inde (maoïste) aurait également pu jouer ici un rôle très important, de par la situation de l’Inde dans le cadre de la contradiction villes/campagnes, de la culture historique existant dans ce pays par rapport à la condition animale. Ce Parti préserve cependant sa tradition de non-interférence dans le Mouvement Communiste International, tout comme le Parti Communiste des Philippines. Ces deux Partis ont d’ailleurs toujours réfuté les enseignements de Gonzalo, à l’instar du TKP/ML de Turquie.

De toutes manières, le problème de l’affirmation du marxisme-léninisme-maoïsme ne peut avoir qu’une base concrète, mais non pas syndicaliste, populiste, semi-anarchiste, etc. : cela doit être une base concrète historique.

Le problème de fond dans chaque pays est la question de l’assimilation des principes du matérialisme dialectique et de l’étude concrète de la réalité à partir de la subjectivité révolutionnaire reconnaissant la dignité du réel. Cela forme la base de la génération d’une pensée guide orientant l’engagement communiste dans les luttes de classes ayant, par définition, un cadre national.

Ce mouvement de génération des pensées guides va connaître un puissant développement avec la crise. La bourgeoisie n’a pas d’autre choix que de chercher à faire payer celle-ci aux pays opprimés, mais également au prolétariat des pays impérialistes. De la même manière, l’endettement massif des États consécutif à la pandémie de covid-19 ne consiste nullement en une abstraction comptable de la part des banques centrales réalisant une « création » d’argent, mais simplement en un crédit au détriment du prolétariat.

La pression va être gigantesque, dynamitant les rapports neutralisés entre les classes en raison de la grande vague d’accumulation capitaliste partie des années 1950 et renforcée par l’effondrement du social-impérialisme soviétique et le triomphe du révisionnisme en Chine.

La lutte de classe ne se bornera donc pas à un conflit pour une meilleure répartition des richesses, comme c’était principalement le cas pratiquement depuis cinquante ans dans les pays capitalistes les plus avancés en raison du caractère relatif seulement de la paupérisation du prolétariat, permettant la formation d’une puissante aristocratie ouvrière. Ce processus était relativement vrai dans les pays opprimés également.

La raison de ce changement est que la lutte de classes connaît désormais l’apport de la contradiction entre villes et campagnes, qui lui confère une dimension explosive. Elle reflète la dimension planétaire de la question révolutionnaire, elle plonge le mode de production capitaliste dans une contradiction avec la vie elle-même, elle révèle à la face du monde sa tendance à l’absolutisme destructeur.

Et, étant donné qu’il est triomphant, le mode de production capitaliste va partir à l’assaut des larges masses pour chercher à se sortir de cette crise générale.

Cela signifie la matérialisation de la lutte de classes la plus acharnée en raison d’une polarisation immense dans le cadre de la lutte des classes dont le cadre est planétaire tant dans la forme que dans le contenu de la crise. Le tissu prolétarien va se recomposer, l’affrontement entre les classes va reprendre son caractère authentique, sa substance étant la guerre, la bataille pour le pouvoir.

C’est là un aspect primordial pour saisir la nouvelle période qui s’annonce, et dont la compréhension distinguera plus que jamais les révolutionnaires authentiques des usurpateurs et ce tout au long du processus révolutionnaire. C’est le sens du mot d’ordre MLM : GUERRE POPULAIRE JUSQU’AU COMMUNISME !

La question est celle du pouvoir. Il faut un État qui soit celui des masses, sous la direction de la classe ouvrière. Cet État ne peut naître que dans la guerre, dans le renversement du vieil État et on voit avec la crise du covid-19 à quel point celui-ci est décadent, bureaucratique, toujours plus déconnecté de la réalité et des masses.

La contradiction État / société a été flagrante depuis le début de la crise sanitaire, et ce dans tous les pays du monde. C’est un aspect constitutif de la crise en tant que produit du mode de production capitaliste et son incarnation concrète. La décadence de la bourgeoisie, aux commandes des États, est tout autant le produit de cette crise que sa manifestation politique et culturelle, idéologique.

Les puissances impérialistes les plus fragiles comme la France, l’Italie ou la Belgique ont particulièrement marqué les esprits sur le plan international de par leur grande faiblesse, laissant ni plus ni moins que la crise sanitaire s’installer dans leur pays en ne prenant des mesures que très tardivement et de manière largement insuffisante. Il en va de même dans des nombreux pays du monde, que cela soit en Inde où le gouvernement a littéralement renoncé à confiner la population en raison de la désorganisation totale du pays ou encore dans la plupart des pays africains, terrorisés devant le constat de leur impuissance.

Cette décadence des appareils d’États concerne également largement les deux superpuissances actuelles que sont la Chine et les États-Unis. En Chine, d’où est partie la pandémie de covid-19, l’État a été particulièrement ébranlé dans son élan expansionniste, malgré une apparente capacité à gérer sur le plan sanitaire, qui fut en réalité de type militaro-policière. Les États-Unis se retrouvent quant à eux profondément bouleversés par un affrontement entre les autorités fédérales et des gouverneurs d’État, rappelant la situation du XIXe siècle, ramenant l’État à une instabilité dans ses fondements originaires mêmes.

Nous affirmons que la question étatique est centrale. Le peuple doit devenir le nouvel État et cela demande un très haut niveau d’organisation et de conscience. Qui ne travaille pas en ce sens a une démarche anarchiste, totalement étrangère aux principes du bolchevisme. Il ne faut pas mener une activité populiste, mais réaliser un travail de fond, à la fois organisationnel et programmatique, pour qu’une nouvel État se constitue, brisant violemment le vieil État, l’écrasant dans tous les domaines, donc également culturellement et idéologiquement.

Cela pose, encore une fois, la nécessité de la pensée guide, d’une juste compréhension de la culture nationale, des mentalités populaires, du parcours historique propre à un pays. Il ne s’agit pas en effet de stopper, freiner, d’encadrer, de faire régresser le mode de production capitaliste dans chaque pays, mais bien de le dépasser.

Nous insistons sur ce principe de dépassement. Le matérialisme historique, fournissant le concept de mode de production, souligne que l’Histoire a un sens et ce sens s’intègre, de fait, dans le mouvement universel de la matière vers plus de complexité, plus de liaisons, plus d’interpénétrations.

Un mode de production concerne la vie sociale de l’Humanité et cette vie sociale se déroule toujours dans une situation concrète. C’est pourquoi on ne peut pas comprendre la crise du covid-19 sans voir que c’est un aspect du développement destructeur du mode de production capitaliste… Tout comme on ne peut pas comprendre la crise du covid-19 sans considérer la vie sur Terre comme une Biosphère, un ensemble organisé, en mouvement, en évolution.

Cela ne se comprend pas sans la dynamique du mode de production capitaliste, qui cherche à échapper à la chute tendancielle du taux de profit par la pressurisation du travail salarié, par l’élargissement de ses domaines d’interventions, par la guerre impérialiste avec ici en toile de fond l’inéluctable conflit sino-américain. Cela ne se comprend pas sans saisir la nature de la surproduction de marchandises et la surproduction de capital, dont le rapport dialectique forme le noyau dur de la crise générale du capitalisme.

Et tout cela s’exprime concrètement, dans chaque pays, comme contradiction révolutionnaire avec des aspects bien spécifiques.

L’unité du mouvement communiste international authentique, marxiste-léniniste-maoïste, ne peut passer que par des échanges scientifiques au sujet du caractère concret de ces aspects. Nous affirmons la nécessité d’une plate-forme internationale permettant d’accéder aux mises en perspectives des uns et des autres quant à ces aspects concrets.

Ce processus est de toutes façons inévitable, car la subjectivité révolutionnaire rompt avec l’idéologie dominante, tend inéluctablement au marxisme-léninisme-maoïsme, saisissant l’universel pour revenir au particulier et développer la guerre populaire dans le pays ayant été le terreau de cette subjectivité.

Il ne peut pas y avoir de diffusion formelle du marxisme-léninisme-maoïsme, cela ne produit qu’un opportunisme d’autant plus folklorique pour masquer sa nature réelle.

Vive l’Internationalisme prolétarien !

Vive le marxisme-léninisme-maoïsme !

Guerre populaire jusqu’au communisme !

Centre Marxiste-Léniniste-Maoïste de Belgique

Parti Communiste de France (marxiste-léniniste-maoïste)

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